‹ De l'affinite des langues celtiques avec le sanscritChapitre 24 sur 27 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

A la fin de ce long et aride travail de comparaison , il importe de résumer brièvement les principaux résultats de nos recherches. Je crois que les faits divers examinés dans cl» mémoire autorisent à poser, comme des vérités acquises à la science, les conclusions suivantes :

i° L ensemble du système phonique du groupe celtique se lie de près à celui du sanscrit. Les modifications subies par quelques uns des éléments vocaux s'opèrent d'après des analogies régulières.

2° Les langues celtiques ne participent point à cette loi de modification des consonnes, que Grimm a signalée pour les idiomes germaniques, sous le nom de Lautverschiebung ; elles se placent, sous ce rapport, sur le même rang que le zend, le grec, le latin et le lithuanien; c'est-à-dire que leur système de consonnes correspond, en général, exactement au sanscrit.

3° Les voyelles, tout en subissant les changements que leur impose en quelque sorte leur mobilité, ne sortent point cependant de la sphère des analogies qui résultent de leur nature propre.

4° Les lois euphoniques du sanscrit ont laissé dans les langues celtiques des traces assez évidentes pour qu'on puisse en conclure qu'elles existaient déjà, à un assez haut degré de développement, avant la séparation de ces idiomes.

5° Le système de la permutation des consonnes initiales remonte pour le groupe celtique à une époque très reculée;

mais il ne s'est développé toutefois que depuis sa séparation de la souche commune,

6° Le fond des racines celtiques est en grande partie identique à celui des radicaux sanscrits.

7 0 Le système de la dérivation et de la composition des mots est le même dans les langues comparées, soit sous le rapport des analogies générales, soit sous celui des formes spéciales employées à cet effet. Un grand nombre de composés celtiques ne trouvent même leur explication que dans le sanscrit , ce qui prouve que leur formation est antérieure à la séparation de ces langues.

8° Le système tout entier des formes grammaticales, quelques mutilations que le temps lui ait fait subir, se rattache intimement au sanscrit, et ne trouve que là l'explication de ses anomalies, et quelquefois l'origine de ses éléments.

9° D'où il résulte avec évidence que les langues celtiques appartiennent à la grande famille indo-européenne, dont elles forment le point extrême à l'occident, et que leur étude, devenue indispensable pour compléter les recherches entreprises sur l'ensemble de cette famille, pourra contribuer à éclaircir les grandes questions qui ont surgi de ces recherches '.

Je suis loin de prétendre cependant que tout ce qui se trouve dans les idiomes celtiques soit d'origine indo-européenne. Toutes ces langues, et en particulier l'irlandais, offrent des traces de mélange avec des éléments étrangers à cette famille. Séparer ces éléments hétérogènes, et en rechercher les origines, est un problème d'une solution bien difficile, et qui ne peut être entrepris avec quelque chance de succès, que lorsque toute la portion indo-européenne aura été étudiée d'une manière complète a . Le travail que nous terminons ici n'est qu'un premier pas vers l'achèvement de cette grande tâche.

1 Voyez la note troisième à la fin du volume.

2 Voyez la note deuxième, ibid.

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