COMPARAISON DES CONSONNES
§ 26. 11 est temps d'arriver aux consonnes, que je passerai en revue d'après l'ordre de l'alphabet sanscrit. On a pu voir déjà, par les exemples nombreux cités à l'occasion des voyelles, combien est exacte en général la coïncidence des consonnes. Je me dispenserai , pour éviter les répétitions, de donner des tableaux très étendus de celles dont l'identité est à-peu-près constante, et jegarderai lesdévelopp< ments pour les consonnes qui sont modifiées ou remplacées d'après des principes réguliers.
§ 27. Çutlurates, ^ , A, l$T 3T 9> ^ (j\ sont représentées respectivement en gaélique par c, ch, g, gh; eu gallois, parc, ch, et g, cette dernière consonne ne s aspirant jamais.
1) Initiales. Les consonnes initiales, et ceci s'applique à toutes les classes, ne sont jamais aspirées en celtique que par suite de la loi de mutation dont nous avons parlé (§ 3); h et À 4 , g, et g 1 , ne sont â,oac rendus que par c, et g> comme dans les exemples suivants :
SANSCRIT. CELTIQUE
kau, luire. Irl. cain, blanc, pur. Oall. r«n,
splendeur.
kad, conserver. — cothaigh, id. Gall. cadw, id.
kas, aller, se mouvoir. — cas, pied. Bret.fow,mouveinent.
katnar, être courbe. — cam, courber. Gall. camti, id.
k l u<l, couvrir, cacher. — cothaich, couvrir. Gall. cuzitau.
SAMSCniT. CELTIQUE.
harg', essuyer. frl. cairt, nettoyer. Gall. carthu,
Bret. karza.
k'ai, creuser. Ers. cab, id. caibe, pelle, hoyau.
Gall. caib, id.
hâd, manger. Irl. caith, manger.
gâ, aller. — gabh, aller, Gall. go, progrès.
gad, parler. — gadh, voix , Gall. <jocd , parole.
gatb', être fort. — galbtta, force. Gall. galtu, id.
gtdi, cacher. — gu,gô, mensonge. Gall. gau, id.
couler. — gais, torrent ; guis, couler.
g f ôra, terrible, cruel. — gorg, terrible, cruel.
Etc.
Quelquefois cependant le c et le g se substituent Tan à l'autre, ce qui est d autant plus naturel qu en sanscrit même cela est le cas pour un assez grand nombre de radicaux, par exemple kai et gai, chanter, ku et gu, émettre un son, kug' et gug', parler indistinctement, etc.
i) Médiates et finales. Le gaélique et le gallois ont une tendance très marquée à aspirer toutes les consonnes médiales et finales, fait qui a déjà été signalé par Stewart par comparaison avec le latin On trouve donc bien quelquefois le c et le g simples pour le k et le g sanscrits, mais plus fréquemment ch pour k, et g h pour g (en gaélique). Les exemples suivants offrent des concordances exactes :
bak, courber. Irl. Ixn\ courbei (Gall. bachu, avec-
aspiration).
valk, parler. — faite, bouche.
tak, porter. — taca,support ; tacamhuit,$o\ide
tag, aller. — tagaidh, va ! viens !
lagada, beau. — lagach, beat».
cag, rassembler. Ers. ceig , amonceler t mettre en
touffe. Gall. cbg, diùg*, alonger. Irl. dragh, tirer.
lag'utâ, légèreté, petitesse. — laghadh, petitesse, faible
fj'ag'ânya, dernier. — deaghanach, dernier.
Etc.
• Stewart** Gaclk Grammar, p. ta.
Voici maintenant des gutturales aspirées pour des simples :
SANsCRIT.
pâka, peur.
tak, être pauvre.
nakta, nuit.
lôk, luire.
iôka, rue.
Vfka, loup.
tig, aller.
tvag, se courber.
<%<ra, brûlé.
s'akrt, excréments.
s'Iàgâ, respect, service.
Etc.
Irl. faichios, peur.
— tacha, disette, besoin.
— nochd, nuit.
— loiche, lumière. Gall, tluch, id.
— lochd, vue.
— bneach, loup.
— tigh, aller.
— tuagh, flexion.
— daghta, brûlé.
— - seachraith, excréments.
— sleachd, sletgh, adoration.
Les substitutions des gutturales les unes aux autres sont assez fréquentes dans les limites mêmes des idiomes celtiques, à plus forte raison dans leur rapport avec le sanscrit. Ainsi le sanscrit vask, aller, se mouvoir, est en irlandais fosg, approcher, et en gallois gwaisg, rapide , alerte ; s'anku, tronc , bâton, pal, est en gallois caing et cainc> branche ; dag 1 chérir, protéger, est l'irlandais deoch, id., etc., etc. En irlandais le dh , qui se prononce comme le gh , le remplace souvent comme médiate et comme finale.
3) Le A sanscrit et le c gaélique ont subi, assez fréquemment, une métamorphose remarquable en cymrique, où cette gutturale sest changée en p. Exemples :
sanscrit.
Ikrt, acheter.
Arfriomt, j'achète. knnia. ver.
ka, partie il sus'ka, Etc.
CYMRIQUE. GAELIQUE.
Gall. pâs, toux 1 ; Bref, pas, cas, tousser.
paz, id. casadh, toux.
Gall. prynu, id. crean, id.
Bret. prénay id. cria, marche.
Gall. pryvy id.; Bret. prev, id. cruimh, id.
Gall. pa, id. ; Bret. pé. ca, co, etc.
— hysp, id. seasg, seasc, id .
• Le grec fineov offre un changement analogue, tandis que le slave kasiti,et le germanique husten (anglais to cough), ont conservé la gut-
turale. Le latin fiiWre a substitué une dentale.
(Observations.) L'analogie du 37, k, avec la palatale
c', explique comment celle-ci se change quelquefois en
cymrique. Ainsi c'atur, quatre, est en gallois pedwar, en gaélique ceathar; pac\ cuire, est devenu pobi, le b remplaçant ici le p l .
§ 28. Palatales, xf c',^, c', Jf , g', ffi,g:
Les langues celtiques n'ont aucun caractère alphabétique pour exprimer les palatales sanscrites. Le son même en est tout-à-fait étranger à la branche cymrique, mais les deux palatales c' et </ se trouvent dans le gaélique. En effet, toutes les fois que t et d sont suivis, en irlandais, d'une voyelle faible, c ou 1, leur prononciation est un peu adoucie, et s exprimerait mieux parle français ti, dans tien, et di dans dieu; mais en erse elle est exactement celle des palatales sanscrites. Ainsi la prononciation de diù, refus, et de tinn, malade, se figurera en français par djiou , et tchinn. La comparaison avec le sanscrit prouve qoe c'est bien là la vraie valeur de ces consonnes.
Le g subit un changement de prononciation analogue devant les voyelles faibles.
I ) Initiales. Les palatales au commencement des mots se présentent en celtique sous quatre formes différentes.
A) Daborden gaélique, elles sont remplacées par t et d suivis dune voyelle faible, ce qui rend exactement la prononciation sanscrite;
B) En gaélique et en cymrique par t et d avec leur son ordinaire;
Ç) Dans les deux branches, par c, et g, ce qui s'explique par l'affinité, en sanscrit même, des palatales et des gutturales; D) Enfin, par s, sg, se, en gaélique et en cymrique.
II n'est pas rare de trouver simultanément plus d'une de c es formes pour la même racine. — Je fais suivre les exemples.
• Je laisse de côté les nasales de toutes les classes, pour les reprendre plus lard.
A) Cl, te, pour c'; di,de, <ji, (je, pour*/.
caya, couvert, édifice.
car, aller.
c'âla, toit d'une maison.
citi, c'itâ, monceau.
e% esprit, intellect.
rill, être flasque, sans consistance.
cyu, rire.
f/'im, manger.
gava, célérité.
g'ag'anya, dernier.
g'ag'ana, muliebria.
t/agat, vent.
g an, engendrer, naitrc.
gala, eau.
g tri, blesser, offenser.
g'arat, vieux, ancien.
g'ihma, courbe.
Etc.
Irl. teagh, maison, toit.
— tiaradli . action d'al 1er (ouffl-
ra<//i).
— tri lis, maison.
— teide, colline (ou ceide).
Krs. tith, intention, dessein, désir.
Irl. trileadh, malade, languissant.
— tibh, rire; f/7>/ie, plaisanterie.
— diamann, aliment.
— de.ibheadh, bâte.
— dêaghanncli, dernier.
— deonachd, pudenda.
— diogg, deaith, vent.
— gean, gein, naître.
— g il, eau.
— gear, blesser, offenser.
— gcarai f , sage, prudent.
— giomh, boucle de cheveux.
Dans les mots gallois qui correspondent à ce tableau . le /, le d et le g ont leur son naturel.
R) t pour c', d pour g'.
c'akra, multitude, armée.
c'ad, Otre en colère.
c'ap, aller, se mouvoir.
Irl. tarar, multitude.
— tath, colère.
— tapaidh, se bâter; tap, rapide,
agile.
c'am, manger; c'àmya, aliment. — toimhil, aliment Gall. tamu,
c'arg*, aller, se mouvoir.
c'al, jouer.
c'ap, jeter, lancer.
c'âpa, arc.
e ut, être humide.
cu{. diviser.
cul, élever, s'accroître.
c ul, tremper.
aliment solide.
— tairg, s'en aller.
— tàilcasg, jeu.
— tabhal, fronde; taiféid, rortlc
d'arc. Gall. tavlu, lancer ; tavyl, jet. toth, jus.
— toit, fragment.
— tutti, augmenter, s'accroître;
lula, monceau. Gall. tulo, masse.
Rrel. tula, tremper, mouiller.
Le d pour g 1 est très rare en gaélique ; je n'ai trouvé que les cas suivants:
<j'ana> hommes en général. Irl. duine. Gall. éyn, id.
g'us ( , aimer. — dûis, amour, estime.
g'agat, terre. — duitche,
g'alukd, sangsue. — dalUxj, sangsue. (Gall. ejeleu, id.)
C ) c pour c'y g pour g'.
c'anday lune. Irl. cann, pleine lune.
cVr/a, assemblage, monceau. Gall. cai, collection, concrétion.
c'arana, pied. Irl. cairine, jambes. .
c'arc'A, recherche, réflexion , con- — caircheach, avide. Gall. carc t
sideration. sollicitude, anxiété.
c'ali, couvr i t iir.. manteau. — caUa, voile,
c'uctë, tête. — cudh y tête.
c'éV(4, effort. Gall. cals, effort.
c'atur, quatre. Irl. ceathar, quatre.
c'aks*us, oeil. — cois, œil.
c'tirn, briser. — coirneach, fragment.
Etc.
Le g pour g' initial est plus rare en gaélique, comme le d pour g 1 . Eu voici quelques exemples :
g'ama, femme (en composiL). Irl. gamh y femme.
g 'âbna, cruel, sévère. — gabnha, rigueur, dureté.
g'aly être tranchant. Gall. gy/, tranchant.
tj'irna, vieillard. — gern, un ancien, un ancêtre
au cinquième degré.
9W, tuer. Irl. gus, mort.
g'ûrni, soleil. — gorn, tison, charbon enflam-
mé.
Toutefois lorsque g' est suivi des liquides n, r, ou de la semi-voyelle v, il devient constamment en gaélique g ou c guttural.
g W, savoir. Irl. £n*a, science.
gnây réjouir. — ^h/mm, joyeux,
ç'riap, frapper. — enap, frapper.
g niâmi, je deviens vieux. — criona, vieux.
7W, brûler. — ^t//i/, feu.
Ktc.
D) s, se, sg, pour
c', seulement.
cak,
c'ad, réjouir, se réjouir.
c'anga, adroit, habile.
câlana, tamis.
cira, long.
c'aya, multitude.
c'aluka, petit vase.
c'âla, toit d'une maison.
c'ud, aller, se mouvoir.
c'ad, briller.
Etc.
Irl. saich, satiété, abondance.
Gall. satg, repas.
— seide, joie. Gall. saethyta, ûtre
joyeux.
— seang, prudent, sage.
— siolairiy tamis.
— sir, long. GaJl. Air, long.
— sceo, multitude.
— sgala, gobelet, bol.
— scâil, couvrir, ombrager; sga-
laim, cabane.
— sguth, pas.
Bret. skéd, splendeur.
E) J'ai laissé de côté les deux aspirées palatales, c* et g", qui ont suivi une marche parfaitement uniforme dans leurs modifications. En effet c est exclusivement remplacé par sg, se, et 9* par g, dans les deux branches des idiomes celtiques. Exemples :
c"atâ, quantité, assemblage.
c m ad, couvrir.
c ada, aile.
Card, vomir.
c*alU\ peau, écorce.
c'avi, beauté.
câta, coupé, etc., divisé.
câyâ, ombre.
c*id, fendre, couper.
c "ut, couper.
r"ud, couvrir.
c'ur, couper.
</"aiâ, fille (filia).
<r<ifâ, splendeur, lumière.
Irl. sgata, multitude, troupeau.
— sgdth, couvrir. Ga.\\. ysgodt, id.
Bret. skeud, ombre.
— sgiath,ai\e.
— sgard, vomir, verser. Gall. ys-
garth, déjection.
— sgalaidh, écailles.
— sgeimh, sgiamh, scùanh, beauté.
— sgathla, coupe.
— sga, ombre. Gall.
couvert, etc.
— scioth, division. Gall. ysgkaw,
couper.
— sgothàg, coupure.
— scud, couvert, voile.
— sgor, couper.
— gaiiad, jeune tille.
gaUa, beauté, brillant Gall.
gawl, lumière.
g«as'a, taillis, bois.
g'UUy lumière.
CELTIQUF.
M . geasadan, buisson; gas, bouquet ,
touffe.
— giïc, blancheur.
2) Palatales médiates et finales.
Elles ont subi à-peu-près les mêmes transformations, mais la plus fréquente est celle en ch 9 et gh (dh), ou c, g. Les changements en t, d, z, s, sont rares. Les exemples suivent.
pac'ata, feu.
c'arc'ârî, symphonie musicale.
c uc i, teton.
sûc'aka, chien, frac', lier.
kuc\ être courbé,
rider.
pic'ca, queue.
vânca, désir.
pig'g'a, pouvoir, force.
tég'as, chaleur.
nig 9 , nettoyer, laver.
lug', luire.
vdg'in, flèche.
b'ag, parler.
b'ug, être courbe.
b'râg', luire.
masg, plonger, tremper.
mang', rendre un son.
ang, oindre.
gang ami, je combats.
g'arg', blesser.
lug\ donner.
têg'as, lustre, splendeur.
d'rag, aller, se mouvoir.
lyag'ana, don.
sac', dire.
vn/ana, rheveux.
Irl. hacht, feu.
— cairche, musique. Gall. cerz,
chant.
— cioch, téton.
— soich, chienne.
— cacht, lien.
— citach, plier, friser. Gall. cu-
chiaw, froncer.
— piac, péic, queue.
Gall. gwanc, id. Corn, whans.
— siciaw, tremper, laver.
Irl. feigh, prééminence, superiorite.
teagh, chauffer. GalL tés, chaleur.
— nigh, laver. Gall. nithiaw, id.
— logh, feu; logha, brillant.
— faglui, dard.
— baigh, baidh, parler.
— hogh> courber.
— breagh, breadh, beau.
— mas g, plonger, tremper.
— mongar, hurlement,
— ong, ung, oindre.
— geangaim, je bats , je frappe.
— gorgaigh, blesser.
— tug, donner.
Gall. têg, beau, brillant.
Irl. dm dit. exercice.
tiodhnacadh, présent, offre.
— seadh, discours.
— fridhean, crin, soie.
jMis'c'at, après, derrière.
rare', injurier.
vâc'ya, mauvais, vil.
mac', parler.
b*ug, manger.
c'anc'a, bec. s'ing'a, tintement.
kac'a, cheveux, /rue', être courbé.
krig', rôtir, griller.
Etc.
CELTI^I-'E.
Irt. feasda, après.
Gall. carz, injure, honte.
— gwacth, ici . Bret. gwaz.
— mezyd, parler.
— bwyd, aliment.
ïrl. cainse, face, visage.
— sîansa, mélodie.
— cas, cheveux.
— cas, plier, courber.
Gall. crasu. Bret. *raza,rôtir,griller.
Ce dernier verbe offre en irlandais le seul exemple que j'aie trouvé du changement de g' final en sg, dans grioscj , griller.
3 ) Les anomalies sont comparativement rares. En voici quelques unes des plus frappantes.
Le sanscrit c'arama (au superlatif), ce qui est extrême , dernier, a perdu en irlandais sa consonne initiale , et est devenu l'adverbe iaramli, iarma, après, dernier; g'ânu, genou, a pris la forme de glûn, en irlandais, et de g lin, en gallois. Quelquefois les palatales médiales et finales ont disparu; ainsi le gallois tés, chaleur, parait une contraction du sanscrit téga's; le verbe bwàw, courber, a perdu la finale du radical frug* ; enfin l'irlandais toi, taoi, parturition, naissance, pourrait être le corrélatif du sanscrit tug 1 , progéniture, enfants.
§ 29. Linguales ou cérébrales.
La modification particulière des dentales, qui a donné naissance à cette classe de consonnes , est tout-à-fait étrangère aux langues celtiques, comme au reste de la famille indo-européenne, et les linguales sanscrites sont par-tout remplacées par des dentales ordinaires, simples ou aspirées, t, th , d, dh (ou z gallois). Je m'abstiens d'en donner des exemples, que Ton rencontrera très fréquemment dans les 'autres tableaux de comparaison.
§ 3o. Dentales. ff *, 8f t\^ d,q <t.
La coïncidence de cette classe de consonnes , en sanscrit et en celtique , est aussi complète que pour les gutturales , et les mêmes restrictions s'appliquent aux unes et aux autres. Ainsi les initiales ne sont jamais aspirées , tandis que les médiales et les finales, au contraire , ont une tendance marquée à l'aspiration , et se remplacent fréquemment les unes les autres. Je fais suivre les exemples.
i ) Initiales.
bi
Ers.
talh, tuer ; tatôij, coup.
fajuuyn,étendre.Gal).&zmi, id. ton», peau. Gall. ton, id.
teim, obscur, sombre.
ftde, temps.
Gall. tat,tâd, père (Iri daid).
bi. toâw, contourner, t ordre, etc
— téitéan, conflagration.
Gall. tuzaw, couvrir, voiler.
Irl. daigh, meurtre.
— déad, dent. Gall. dont.
Gall. dodi, donner.
— daiv, feu, chaleur.
Irl. deidh, désir.
— durb, maladie.
— dàn, trésor.
Gall. daiar,'\d. ï\ret. duar.(jorn.doar.
Irl. daoirse, captivité, esclavage.
— dais, monceau. Gall. dds, id.
tat, frapper.
tan, étendre.
tanus, peau.
tama, obscurité.
fir*a, temps.
tdta, père.
tun, plier, courber.
tutt*a y feu.
t*ud, couvrir, voiler.
<%', tuer.
dot, danta, dent.
dad, donner.
dava, feu, chaleur.
dâdâ, désir.
du ru, blesser.
d*ana, richesse. d'arâ, terre.
d'ars'a, contrainte, oppression.
d'âsas, montagne.
Etc.
Une anomalie remarquable du </* initial se trouve dans le sanscrit dUima, fumée , devenu en irlandais dluimh.
2) Médiates et finales, pttta, puant. Irl.
tôta, butin.
kit, savoir.
vad, parler.
nad, rendre un son.
pad, pied.
latwi, cheval.
putar, id. Gall. pwdyr, pourri.
lot, rapine.
— cith, voir.
— /ead,parler.Gall.0uxx/,parole.
Gall. nadu, crier.
- jxHpied.
Iri toth, poulain.
frANSCBIT. CELTIQUE.
c'atur, quatre. Irl. ceathar, quatre.
latâ, branche. Gall. MeM,gaule,perche.Bret.i!az,id.
nxada, folie. Irl. madha, folie.
tnadya, liqueur spiritueu$e. — meadh, id. Gall. mêz.
pât f a y feu. Gall. poeth, igné, chaud.
mad*ya, moyen, central. Irl. meadhon, centre, milieu. Gall.
mêz, id.
hadùra, sourd. — bodhar, sourd. Gall. hyzar.
Bret. buzar, id.
rafa, char. — rath, courir. Gall. rhodawr,
char.
i^f demander. Gall. çwezi, prière.
Etc.
je citerai l'irlandais pôsadh , mariage, pds, se marier, qui se lie, comme le grec »rôatç, au sanscrit f>ati, époux, maître. Toutefois, comme je n.'ai rencontré aucun autre cas du changement d'une dentale en 5, je crois que pos pourrait venir du latin sponsus, avec retranchement de la nasale, et de Ys initiale.
§ 3i. Labiales, q p, tfi,P 4 , 5f, b, V[ , 6'.
Les labiales donnent lieu à des rapports un peu plus variés, quoique, dans la règle, leur coïncidence soit complète. Mais le p initial et le p' se sont fréquemment changés en/, soit en gaélique , soit en cyrarique.
Au milieu et à la fin des mots le p sanscrit s'est conservé quelquefois , mais s'est changé plus souvent en bh, ou b gaélique, en v, ou b gallois. Les tableaux qui suivent offrent des exemples de ces divers rapports.
1 ) Initiales.
A) p y p\ 6, 6', sanscrits par p, b, gaélique et cymrique.
palala, boue. Irl. poil, boue.
pavana, vent. — pwukn, souffle.
jxir'Jier. — pâsgân, paquet.
pâ, boire. , — pot, id. Gall. potiaw, id.
pars*, être affable. Gall. pprchu, honorer, respecter.
pis*, écraser, piler. Irl. p*osa, fragment. Bret. pisel,
pièce, morceau.
1 1 x.sCHIT.
Cl I.T1QIE.
pumja, monceau.
Gall.
pwnga, id.
put, triturer, écraser.
pwdyr, poussière. Bret. poot, id.
putra, fils, enfant.
Bret. paotr, garçon.
ftcun, cheval.
In.
Il "1/ • J / - r il
pwf/, pill, id. (aussi.
p'ull, fleurir.
nuit/r, ptûr, et yfar, fleur.
//a/, fructifier.
(rail.
pataau, pousser en végétant.
p'alati, arbre.
/w/tor/jr, tronc d arbre.
hdlaka, garçon.
Irl.
baltachf id.
halh, être grand.
grand. Gall. balch, id.
ùa&, lier.
/«m, bouquet, fascicule. Bret.
bôdy id.
harh, donner.
bnir, beir, id. Ers. biàrig, con-
férer, donner.
halo, feuille.
'VA', id.
I^âla, lumière.
l>raL soleil.
//'as 1 , orner.
beosaiglt, id. Ers. 6//\<y, id.
6'éLs, luire.
/'o/w/. briller.
b'û y être.
6/, être. Gall. bôd, id.
Etc.
B) Le changement du p initial en/ est très fréquent, et me paraît être, en irlandais du moins, une corruption relativement moderne. On trouve souvent, en effet, dans le> formes anciennes le p primitif, à la place de 1/ C'est le ca> de pulùr, plûr> et fiur, fleur (sanscrit p l utl, fleurir,) de peall, et feall, cheval (sanscrit pèlin,) de pasg etfasg , attacher, lier ensemble (sanscrit pas\ /W, lier,) etc.
pat, tomber.
p<it t an, chemin.
\mda, rayon de lumière.
paru, montagne.
pas' c'aty après.
pàla, roi.
puru, abondant, nombreux.
p'-alyu, privé de sève; vain.
p'al, diviser, fendre, colère.
Etc.
Irl. faotli, id. (Gall. pydu).
— fathan, voyage.
— fadaidh, allumer, éclairer.
— faire, id.
— fcasd, feasda^ apiès, doréna-
vant.
— fâly prince.
— fôir, furain, abondance, mul-
titude.
— fatcy sec, stérile.
fâly faucille, pelle. (Gall. pm fi, rolère, indignation.
Dig
Le gallois offre bien quelques cas du changement depenf, comme fwn, vent, sansc. pavana; fedon, voile, rideau, sanscrit pid'dna ;fil, dard, sanscrit pilu ;fds, lien , sanscrit pas' a, etc. ; mais en général il a conservé le p dans beaucoup de cas où l'irlandais la changé en /. Une modification plus rare en gallois est celle du p en gw. Cette dernière articulation composée correspond , comme nous le verrons, ordinairement au v sanscrit et à 1/ gaélique; je pense donc que la transition du p ou p* sanscrit au gw, suppose comme intermédiaire le changement en /opéré parle gaélique. Les exemples en sont du reste en très petit nombre. Je citerai gwull, fleur, sanscrit p*u//, fleurir (irlandais pulûr, et //tir, v. supr.) ; gwen , gwyn, blanc, irlandais fionn et bàn, pâle, blanc, sanscrit pându, et le préfixe gwrlh, contre, irlandais fiith , sanscrit prati. Un autre préfixe, gwor, irlandais /or, indiquant la prééminence, peut se rapporter au sanscrit vara, aussi bien qu'à parâ; toutefois ce dernier seul joue le rôle de préfixe.
Le 6 l sanscrit se change quelquefois en / gaélique et cymrique. Ainsi on trouve en vieux irlandais fu, pour bu, il fut (sanscrit 6 4 u, être) ; le gallois faw, rayon ,/ozi, briller,/au>z, splendeur, répond au sanscrit 6'd, b'âs, luire, etc.
G ) La substitution d une labiale à l'autre, 6 pour p, est assez fréquente en irlandais. Ainsi on trouve :
SANSCRIT. CELTIQUE
pac'ata, feu. Irl. bac ht, id.
paru, océan. — bar, id.
pavitra, eau. — beathra, id.
pâPis, mer. — bath, id.
pilu, fleur. — bit, id.
pàta, feu. — bot, id.
Etc.
Au reste, cette substitution se rencontre dans les limites mêmes du celtique. Ainsi, comme corrélatif du sanscrit bHdHra, foudre, on trouve également beithir, et peithir, un carreau de foudre.
2) Médiates et finales.
P, p l sanscrits sont restés intacts , ou se sont changés en b, bh, v, gaélique et cy unique, très rarement en/; 6 et 6 4 se sont conservés presque par-tout. Exemples :
SANSCIUT. CELTIQUE.
papu, protecteur/ nourricier. Irl. popa, maître. Gall. pâb, père. cap, aller, se mouvoir. — tap, tapaidh, prompt, actif.
Îtipra, fontaine; teben, goutte.
Gall. tip, ttpyriy miette, particule.
trajHÎ, femme impudique. Irl. striopach, strabôid, fille pu-
blique.
drp, causer de la douleur. — drip, affliction.
[srp, aller; sarpa, serpent. Irl. searpan, cygne.
ittzrpana, action d'aller, de glisser. Gall. sarf, serpent. kap'-a, écume. Irl. côip, cobhar, écume.
varp', tuer. — fearbh, id.
âp, acquérir; âpti, gain. — abaclid, gain.
— tebliot, chaleur intense.
— treabh, clan, famille. Gall.
trev, village, demeure.
— drabhas, id.
— tabhairt, discours. Gall. tlavar, id. Bret. laben, babil.
— cabhàg, hâte.
— tablial, fronde. Gall. tavyt, jet, action de lancer; taiféid, corde d'arc.
— cubhas, parole.
— cib, main. Gall. cipiaw, prendre.
Gall. diVf dif, jet.
— llobiaw, id.
Irl. tubh, id.
drb', arranger, attacher. — drib, drip, lacs, piège. Gall.
drevu, lier ensemble.
ra&asa, joie. — reabach, joyeux.
dalb'a, fraude. dalbli, mensonge, fiction.
Etc.
Le sanscrit nab'a, ciel, est devenu en irlandais neamh.
tapa, chaleur.
trapâ, feuille, race.
drapa, boue.
lap, parler.
kap, aller, se mouvoir.
(cap, lancer.
c'âpa, aie.
kup, parler.
cib, prendre.
dib, dip, jeter.
lub, tourmenter.
c'ubra, face, visage.
par l'affinité entre Ymh et le bh qui ont la même prononciation ; fa forme galloise est nêv.
3) Anomalies. Les pins remarquables sont celles du retranchement de p initial dans 1 irlandais athair, père, sanscrit pitr (pour pàtr, voyez § 1 8), et du 6*, dans uim, terre, sanscrit b'ûmi. Le p final a disparu également dans goil y babiller, gaill, parole, sanscrit g'alp, parler, babiller g'alpa, babil , etc.
§ 32. Après avoir traité les cinq premières classes de consonnes , je dois , avant de passer aux semi-voyelles et aux sibilantes, parler des nasales que j'ai laissées de côté jusqu'ici. Les idiomes celtiques n'ont pas, comme le sanscrit, de caractères particuliers pour exprimer les nasales de chaque ordre, et l'n ordinaire répond aux trois n , gutturale , linguale, et dentale, du dêvanagari. Toutefois l'ancien alphabet gallois (v. § 3) possédait des lettres spéciales pour distinguer les quatre formes nasales de c,g,t,d, soit entre elles, soit de Fn simple, de même que les deux formes nasales de p et 6, de Ym ordinaire. Il avait donc huit caractères pour cet ordre de consonnes. Nous avons vu (§ 3) comment l'alphabet moderne exprime ces diverses nuances d une manière moins complète.
Sous le point de vue de la philologie comparée, ces dis- ' tinctions ont peu d'importance , et nous n'avons à examiner ici la question que sous ce rapport.
i ) L'n ordinaire, comme je l'ai dit, représente les trois n et fréquemment aussi Yanousvàra, dans toutes les positions. Comme initiale et comme finale, elle s'est par-tout maintenue intacte; comme médiate et précédant immédiatement la consonne de sa classe, elle a très souvent disparu en gaélique; mais je ne me souviens pas de Fa voir jamais vue remplacée par une autre consonne. Je m'abstiens de citer des exemples de concordances: ils se rencontrent à chaque pas dans le cours de ce travail.
2) 11 est plus essentiel de constater par des rapprochements
le fait fréquent de la suppression de la nasale en gaélique, et de sa conservation en cymrique. Ce fait a de l'importance pour la science étymologique, et met en lumière des affinités qui sans cela passeraient inaperçues. En voici des exemples :
dcuita, dent.
s'anhi, bâton, pal.
Irl. déad, ici. Gall. dant, id.
— géag, branche. Gall. cainc, branche.
— fadlt, coupure. Gall. gwantu y diviser.
— sreaih. ordre, rang. Gall.
rheng y rhenc, id.
and, suffixe, de la 3' pers. plur., in- — aid, id. Gall. ynt, id. die. prés.
van(, diviser.
srant, arranger, meure en ordre.
panka,boue.
panc'a, cinq.
antar, entre.
tandka, filou, escamoteur.
nandana, Bis.
skantPa, branche.
s'ank'a, coquille.
manPara, batte à beurre.
tangâ, sommeil.
Etc.
— fochalt id. Bret. fank, boue,
fange.
— cuig, id. Gall. pump, id. '.
— eadar, id. Corn, yntre, id.
— tàd, voleur.
— tiaoidhin, enfant.
— scoth, sgoth, id.
— cochai, id.
— meadhar, id.
— behd, id.
Dans quelques cas rares , le gallois a aussi retranché la nasale; par exemple, dans ysgvuyz , bret. skoaz, épaule, qui est le sanscrit skand'a , épaule , et auquel se lie aussi Tirlandais scoid, nuque. Dans d'autres cas le gallois a ajouté une nasale là où le sanscrit n'en a point; par exemple: cant, cent, sanscrit, s'a/a, irlandais, céat, cead; ugaint, vingt, sanscrit, vihs'atV, irlandais , fichead. Cette fluctuation des nasales, qui se retrouve au reste dans toute la famille indoeuropéenne, existe déjà en sanscrit même, où uu grand nombre de radicaux sont caractérisés par l'insertion d'une
1 Cuig se rapproche le plus de quirujue, sans la nasale; dam pump, la nasale a été changée par l'effet du p final (eonf. mvrt).
nasale dans certaines formes dérivées. Souvent on trouve même une double forme pour le même mot, comme par exemple, dat, à côté de danla, dent, bad\ à côté de band', lier, kuc' à côté de kunc', être courbé , etc. Ceci est tout-àfait analogue à l'irlandais, où ces doubles formes sont fréquentes; ainsi badh, bouquet, touffe, se rattache au sanscrit bad' f lier, tandis que 6awi,lien,se rapporte à band i avec la nasale. A côté de la préposition eadar, idir,\c sanscrit antar, on trouve une autre forme plus ancienne, indir. Le radical sanscrit b'ras 1 , tomber, s'écrit aussi Gratis 1 , avec anousvâra; et ces deux formes se retrouvent dans li irlandais brachd, breis, goutte, larme, braon, couler ou tomber goutte à goutte , brionn , braen , goutte , etc.
3 ) Si le gaélique laisse tomber les nasales plus fréquemment que le cymrique , il les conserve cependant dans un grand nombre de cas , comme le montre le tableau suivant.
SANSCRIT. CELTIQUE
c ane y aller. ïrl. ceang, id.
cancu, bec. — caoinse, face.
s'ans'â, désir. — saut, id. Gall. chwant, id.
mang\ rendre un son. — mongar, hurlement.
ang' t aller. Ers. ang, se mouvoir.
franga, vague. Iris banc, id.
datts, mordre. — dant, morceau. Gall. danhezu,
mordre.
kunt'y être tourmenté parladouleur. — canlol, chagrin. Ers. caoîn-
teach, triste, misérable.
ing y aller. — ing, mouvement.
ang' t oindre. — ong y ung y id.
Etc.
Un effet remarquable et fréquent des nasales dans Tirlandais ( et quelquefois dans le cymrique ) , c'est de faire tomber la consonne qui les suit, et alors, comme compensation,!^ se redouble presque toujours, soit à la fin, soit au milieu des mots. Exemples :
band'a, lieu.
skand'a, multitude.
manda, mauvais, vil.
vanda, estropié, impotent, émasculé.
skandana, effusion.
pinda, monceau.
c'antla, violent, redoutable.
tunga y sommet.
vanga, plomb, étain. krnnc', être courbé.
Ktc.
Irl
bann, id.
scann, id.
matin, id.
fann, fanna, infirme, faible.
Gall. gwan.
sceinneadhy id.
pinn, sommet d'une colline.
teann, sévère, fort, rapide.
tonnach, monceau.
bann, cuivre.
cruinn, rond. Gall. cron. Bret.
KIYfUta
Dans le gallois ln se double rarement au milieu , et jamais à la fin des mots. Ainsi le sanscrit ang'ana, collyre, est devenu enaint. Un exemple de réduplication est cynneu, feu, que je rapporte au sanscrit s'undyu , feu , de la racine s'unc/ 4 ou s'iid', devenir pur.
4 ) L'm s est conservée par-tout intacte comme initiale , et souvent comme médiale et finale. Toutefois dans ces dernières positions elle a suivi la tendance de toutes les consonnes à l'aspiration , soit en gaélique , où elle devient fréquemment mh , soit en cymrique, où clic prend la forme de v ou de tu. Enfin comme finale, elle s'est quelquefois affaiblie en n, ou nn. Je laisse de côté Ym initiale, qui n'offre aucun cas d'exception, pour m attacher à ses modifications.
5) Médiale et finale.
T[m sanscrite par mh gaélique, v et w, cymrique.
g'ama, femme (en composit.).
tama, ténèbres, obscurité.
sama. semblable.
I nom, s'incliner par respect, j namasyâ, adoration.
g'ihma, courbe, crocbu.
Irl. garnli, id.
— toimheal, id. Gall. thvylL Bret.
teval, obscur.
— samhait, id. Gall. hevei Bret.
hevel, id.
— naohm, saint. Gall. nwv, id.
— giomh, boucle de cheveux.
SANSCRIT. CELTIQUE
g'àlma, sévère, dur. lrl, galmha, vigueur, dureté.
d i âmcm, maison. — daimh, id.
damara, fuite précipitée. — damhair, hâte, presse.
Etc.
6) Le changement de Ym finale en n, nn, ne ^observe que dans quelques formes grammaticales, où nous aurons à le signaler plus tard. Je me borne ici à le mentionner en passant.
7) L'm médiale a quelquefois disparu, comme les consonnes citées au § 23. Ainsi le sanscrit roman, poil, est devenu, en irlandais, rôin, et, en gallois, rhaum.
§ 33. Nous arrivons aux semi-voyelles, que je passerai en revue dans leur ord re al phabétique.
a subi dans les idiomes celtiques deux changements
en sens opposé. Comme initiale, y s'est changé en i, dont la prononciation devant d'autres voyelles est d'ailleurs exactement la même; comme médiale y s'est fréquemment transformé en 1 suivi d'une gutturale, dans le gaélique, où cette semi-voyelle se trouve représentée par igh, idh ou, ich , et quelquefois par la gutturale seule. Dans d'autres cas, elle a disparu en laissant une diphtongue comme un signe de son ancienne présence.
1) Y, initial, pan gaélique et gallois.
yâtanâ, douleur, agonie. Irl. iodhana, tourments, tortures,
va/, rassembler, réunir. — iadh, joindre, lier.
yâmala, paire, couple. — iomaille, adv. ensemble.
\yug\ joindre, lier. — iqdh, chaîne, collier.
\yuga, joug. Gall. tau, joug.
yuvan, jeune. — ieuank, id.
jW, combattre Irl. lodhna, armes.
yogi, médicament. — 10c, guérir; ioch, guérison.
Gall. iachàu, guérir.
yôtu, purification. — iodhna, pureté, et pur.
yut, luire. — iWA, jour.
yas'asy splendeur, gloire. Gall, iesin, glorieux, radieux, beau. Etc.
Vy initial a disparu dans quelques mots irlandais, par ex. ughmadh, joug, le sanscrit yugma; uige, tissu, du radical yug' y lier, joindre; p. ê. aussi ogh, jeune, oghân, jeune bomme, sanscrit yuvan (nom i n. yuvd).
2) Kmédial et final par igh t idh, gh, dh, ch, gaélique.
SANSCRIT. CELTIQUE
caya, couvert, édifice. M. teigh, couvert.
day, donner. — daigh, id.
lay, aller, se mouvoir. — laidh (pour laigh), id.
trayt, intellect, compréhension. — treidhe, id.
s'aya, lit. — soadh, id.
piyu, corneille. — fiach, corbeau.
aya, bonheur, fortune. — agh, id.
Le cas le plus fréquent de ce changement de y en igh se présente dans la syllabe épenthétique ay y qui caractérise en sanscrit les verbes de la 10" conjugaison et les causatifs. En irlandais cet ay est devenu par-tout aigh, ou aidh, en erse aichy comme nous le verrons en temps et lieu. Je n ai rencontré dans le gallois aucun exemple de cette gutturalisation de Yy. Ainsi le ay des verbes causatifs est devenu ia en gallois.
3) Disparition de Yy comme médiate.
caya, multitude, assemblage. Irl. sceo, multitude. Gall. cai, as-
semblage.
vâyaka, monceau. — feighe, sommet de colline.
b'ttyas, plus. — bus, id.
câyâ, ombre. — sga, GaM.ysghv, abri.
tonayos, fils (nom. sing.). — tànaise, le second , le succes-
seur, l'héritier présomptif d'un prince 1 .
1 Les mots sanscrits tanayas (nomin.) fils, descendant mâle, tanayâ, tille,dérivent delà racine ton,étendre;les enfants étant considérés comme une extension , une continuation de l'existence du père. Cette liaison d'idées s'est conservée, avec un sens plus restreint, dans l'irlandais ttuiaisc. Il est remarquable qu'en gallois le mot ail, eil, signifie également un second, un autre (soi-même), et un fils. L'idée fondamentale est la même.
priya, mari.
vayas, oiseau.
s'vayaPu, enflure.
tôyada, nuage (v. $ a 3).
GalL priawd, époux. Bret. pricd, id.
— aes y id.
— chwyz, id.
— tawch, brouillard; tawz, fu-
sion, dissolution.
§ 34. Je traiterai simultanément de r, et de /,rfT,
qui suivent dans 1 ordre des semi-voyelles. Elles ont ceci de commun qu elles nont point varié dans les langues celtiques, où r, / (en gallois rh, II) leur répondent constamment, et dans toutes les positions. La seule variation à laquelle elles soient soumises quelquefois est le changement de IV en /, lequel changement toutefois existe déjà dans le sanscrit même, où les doubles formes sont assez fréquentes. Ce remplacement est considéré par Bopp comme une altération du sanscrit primitif'. Si ce fait était bien établi, on pourrait peut-être en tirer quelques inductions curieuses sur l'ancienneté relative des diverses migrations des peuples indo-européens, en recherchant si les idiomes de ces peuples ont retenu r de préférence à / ou vice versa. Ainsi , par exemple , le sanscrit offre, pour le même radical,la double forme s'rôn, et s' /on, accumuler, amonceler, d où le substantif tfrôni, la hanche (lumbus, femur), mais point de s'Iôni. Maintenant le latin clunis, et le gallois c/un, hanche, se lient évidemment à la forme s 7ôn, tandis que le gaélique sron, nez, promontoire, se rattache à s'rôn, et par le sens et par la forme. Or si s'iôn était réellement une corruption plus moderne de s'rôn, ou pourrait en inférer que le rapport du gaélique repose sur une connexion plus ancienne que celle des deux autres langues. D'autres faits cependant sont contraires à cette supposition. Ainsi la racine s' ru, entendre (qui na point de seconde forme s 1 lu), est devenue également en grec xau, du et c/j, en gaélique et en gallois, tandis que 5' ru, ou sru, couler, est resté sruen gaélique Ainsi encore,desdeux formes sanscrites rôhita
1 Bopp. Verçl. Gramm. p. 19.
et lôhila, rouge, la première seule s'est conservée dans toutes les langues indo -européennes; grec po&oç, lat. ruber, russus; germ. rolh, gaël, ruadh, gall. r/iwz, etc.
L'opinion qui me paraît concilier le mieux ces contradictions, et qui est appuyée d'ailleurs, sous d'autres rapports, par l'examen des racines du sanscrit, c'est que plusieurs dialectes plus ou moins éloignés les uns des autres, ont contribué par leur agglomération à former la masse de cette langue si vaste, telle que nous la connaissons aujourd'hui, et que par conséquent les formes diverses que l'on observe pour des radicaux identiques au fond, ont pu être contemporaines, et se propager également dans des directions différentes. C'est là une question du plus haut intérêt, et qui mérite de fixer l'attention des linguistes.
La coïncidence constante des deux semi-voyelles r, /, en sanscrit et en gaélique, me dispense d'en citer des exemples.
§ 35. J'arrive au g, u, qui exige un examen plus détaillé.
Le v est étranger, comme lettre initiale, à toutes les langues celtiques. Le gaélique n'a point de v; ce sont le b et Ym, avec aspiration, bh, mh, qui représentent sa prononciation, et qui le remplacent presque toujours au milieu et à la fin des mots. En gaélique c'est 1/qui correspond, dans la règle, au v initial sanscrit. Dans les langues cyrariques, le v médial et final répond étymologiquement au v sanscrit, mais aucun mot ne commence par v, et l'on trouve par-tout à la place la combinaison gw (prononcez gou), en breton gw, gu, et go. Les rapprochements suivants établissent ces divers rapports.
i) c}\ v initial, par /, en gaélique, et gw en cymrique.
SAWSCRIT. CELTIQUE.
vac\ parler. M. faigh, id.
\>ar1, diviser. — fadh, coupure.
vara. excellent. * — feur, bon. Gall. gxvor, excel-
lent, prééminent.
CFI.TIQCE.
vara, mari.
Irl. fear, homme, mari.
varh, tuer.
— farg, id.
valaya, enceinte.
— fat, faite, id. Gall. gwàt, id.
vas, tuer.
— fes, id.
vas, demeurer, habiter.
— f os, fois, id.
vàsra, demeure.
— fosra, id.
vaut , emprunter, louer.
— fost, id.
vàmâ, femme.
— yêm, id. Bret. gwamm. femme
mariée.
vins'ati, vingt.
— ficliead, id.
vilti, science.
— feth, id. Gall. gwyz, id. •«
vug, abandonner.
— fuigh, id.
vê, tisser.
— yîy/i, id. Gall. gu>eu, id.
vahatia, char.
— fen, fionnadh, id. Gall. gwain.
vat/t, être proéminent.
Gall. gwalchu, s'élever.
vâsa, habillement.
— gxvisg, id. Bret. ^ivtiA.
vant, diviser.
— gwantu, id.
vad, parler.
— gived, parole.
vad'û, belle-fille.
— gwauz, id. Corn, guhidh, id.
Bret. gouhez.
vâma, beau.
— gwymp, id. *
vdnc*â, désir.
— gwanc, avidité.
Etc.
11 y a deux exceptions à cette régie; lune est le changement de v en b, lequel est déjà fréquent en sanscrit même; l'autre est la disparition ou la vocalisation du v initial. En voici des exemples :
vag, boiter.
\HUiga, plomb, vad'ii, femme.
vanitâ, femme.
vâù, maison.
\<âd'ù, bateau.
vila, cavité, trou.
Etc.
M. bacach, boiteux.
— bann, cuivre.
— badhbh, femme acariâtre,
cière.
— ban, beau, id.
— bath, id.
— bad. id. Gall. bâd, id.
— bit, bouche.
Quant à la vocalisation du v initial, le sanscrit en a également pris l'initiative, le v des radicaux se changeant quelquefois en u dans les formes dérivées, comme uhta r
(pour vakta) parlé, de la racine vac', uta, tissu, de la racine vê, etc.
SANSCRIT. CELTIQUE
vaks l as, poitrine, sein. Irl. uchd, ici.
vadana, face. — aodann, id.
vû*a, eau. — uisge, uisg, id.
vetyas, oiseau. Gall. aes, id.
vihs'atiy vingt. — ugaint, id.
Je ne parle pas ici des modifications du v initial , lorsqtfil est suivi dune semi-voyelle. Cette question sera reprise plus tard.
2) V médiat et final par 6, bh, mh, gaélique, et v cymrique (rarement ni).
Il est très rare que v soit remplacé par f au milieu des mois gaéliques, et il ne l'est jamais à la fin. Je n'ai trouvé que deux exemples du premier cas; foirfe, ancien, vieux, le sanscrit purva, premier, antécédent , et giofôg, servante, giofach y officieux, le sanscrit g'ivaka, serviteur, esclave ; encore trouvet-on aussi les formes foirbheach, un ancien, et giobôg. La règle indiquée est donc constante. Exemples :
auû'a, océan. Irl. aibheis, id.
avaria, hâte. — obainne, célérité.
pravana, rapide. — prab, id.
carv, mâcher. — carbad, mâchoire.
tatva, substance. — tadhbhachd, id.
tivra, rivage, bord. — /i'6/ie, id.
drava, mouvement. — drabli, char.
durv> blesser. — durb, maladie,
java, jus, eau. — sabh y salive, onguent.
savya, gauche, contraire. — saobh, erroné, mauvais, vil.
tirvf, terre. — uirb, id.
d'ruva, certain. — dearbh, id.
$rava, flux. — srabh, fleuve.
Vavi t beauté, lumière. — sciamh, sceimh, beauté, scamh-
ain, éclair.
nova, célébration , louange. — neimh, honneur.
av, croître. — aimhe, croissance.
kav, chanter, faire de la poésie. — caomlidha, poésie.
dam, feu. Gall. daiv, combustion.
Gl
SANSCRIT. CELTIQUE
venir. Gall. dvvti, id.
nova, neuf (novus). — newyz, id. Bref, nevez, id.
lava, action de couper. — Uaiv, tonte.
divas (no min.), jour. — diev, id. Bret. devez,
av, désirer. — awyz, désir ardent.
as'va, cheval. — osw, id.
Etc.
Je renvoie au § 2 3, pour les exemples des cas assez nombreux où le v médial a disparu, ou s'est vocalisé. J'ajouterai toutefois ici trois dérivés de la racine pu, purifier, où cette disparition a eu heu uniformément. Ce sont :
pavana, vent. Irl. punan, id. Gall. fwn, id.
pavâkâ, id. — focfiar, id. GaW.fugyl, id.
pavitra, pur. — fotragh, purifier.
Ce dernier verbe gaélique est la forme verbale causati ve de pavitra, qui serait en sanscrit pavitray.
§ 36. Il nous reste à comparer les trois sibilantes s', s; et l'aspirée A. Je vais m'occuper d'abord des premières.
Les langues celtiques n'ont qu'un seul caractère, 5, pour les
deux sibilantes ÇJ^s, et CjV. Le son de cette dernière "existe
cependant en gaélique, où s suivie d'une voyelle faible, e ou i, se prononce comme ch en français ; ainsi sé, six ( sanscr. s'as*) ,
se prononce ché. L' ÇJ, s', palatale, est particulière au sanscrit,
et, dans les autres langues indo-européennes, elle est ordinairement remplacée par des gutturales, mais souvent aussi pari'* ordinaire. Les tableaux qui suivent développeront les divers rapports de ces trois consonnes.
i) A) s, initiale, médiate et finale est représentée d'abord par s gaélique et cymrique.
sag, couvrir. Irl. seiche, peau. Gall. segan, cou-
verture, habit.
sarg', chercher, demander. — searc, aimer. Gall. syrch, de-
sir, amour.
sarpa, serpent, rac. (srp, ramper). — scarpan, cyjjne. Gall. sarf, serpent.
sasya, arme.
sic', asperger.
saptan, sept.
sâm, apaiser, tranquilliser.
sadana, habitation.
sap, lier ensemble.
sâyaka, flèche.
dâsas montagne.
âs, s'arrêter, demeurer.
kas, aller.
mas, mesurer.
vés, aller.
mask, aller.
râsa, bruit, parole.
as, être.
Etc.
Irl. sas, id.
Gall. siciaw, mouiller.
Irl. seachd. Gall. sait h, id.
— sam/i, repos. Gall. saviad, id.
— sadhail, id. Gall, syzj/i, id.
— sop, bouquet. Gall. sivp, id.
— saighead, id. Gall. saeth, id.
— aais, monceau. Gall. dàs, id.
— asaidh, id. Gall. e«(e, id.
— cas, pied. Gall. row, jambe.
Bret. kas, mouvement.
— meas, mesure. Gall. mesur, id.
Gall. gwesu, id.
— masu, id.
Irl. rascach, bruyant, babillard.
— as, is, il est. Gall. ys, id.
B) Dans un certain nombre de mots, Ys initiale sanscrite et gaélique se change en h en cymrique , sans qu aucune régie constaute puisse motiver ce changement. Exemples : 5a, celui-ci.
su (préfixe), bon, facile.
sali ta, eau.
sadman, maison, aima, semblable.
svapna, sommeil.
sag', tuer, frapper.
Irl. so, id.
— so, id.
— saiV, salive.
— sadhbh, id.
— samhuil, id.
— suain, id.
sttr, être stupide.
{cira, long).
Etc.
d epee.
suirigh, un fou.
sir, id.
Gall. lie.
— hu, lie, id.
— haliw, id.
— hazva, id.
— hevel, id.
— hëphun, id.
— hag, coupure.
— hurt, stupide.
htr, id.
C) Ls médiale et finale se change quelquefois, par exception, en gutturale ou en dentale. Exemples :
las, briller.
masta, tùte.
vasnasâ, tendon, nerf, fibre.
vâsiftr, sang.
Gall. iach, rayon.
Irl. mâcha, id.
feich, feith (plur. fcitlieanna), tendon, nerf.
Gall. gwytli, gwythien. Bret. <j\mzim, nerf, veine.
gxoaed, Corn, gois, gûdzli, id.
Dans d'autres cas le gaélique, tout en conservant ïs, y a ajouté une gutturale.
rasa, parole.
tus, rendre un son.
b'âs, luire.
Etc.
CELTIQt'E.
Irl. rase, babil.
— tosg f bruit, rumeur.
— boisg, là.
Enfin Ys finale de quelques suffixes de conjugaison est devenue r en irlandais, comme nous le verrons plus tard; ainsi, par exemple, le sanscrit dahamas, nous brûlons, est en irlandais dacjhamar. Le seul exemple que j'aie rencontré d'ailleurs de ce changement est le sanscrit hansa, oie, en irlandais ganra; encore y a-t-il quelque doute sur la corrélativité de sa et de ra.
2) A) $JV, initiale, médiate, et finale, a fréquemment une
gutturale pour équivalent, soit en gaélique, soit en cymrique. Exemple :
sata, cent.
s'ana, chanvre.
sanhu, bâton, pal.
s'apa, imprécation.
s ala, dard, lance, bâton.
s'âda, boue.
suntpyuyfeu.
s'ub 1 , parler.
is'ûr, être puissant, fort.
f s'ûra, héros.
s'akti, pouvoir.
pas 'u! vois! regarde!
dis', montrer, expliquer.
dés à, institut, loi.
drs'â, «il.
pars'u, hache.
dasan, dix.
vim'ati, vingt.
vis'ada, beau.
dos', voir.
Etc.
Irl. céat, céad, Gall. canl.
— canâib, id.
— géag, branche. Gall. came, id.
Gall. cattyt, id.
Irl. cait, lance. Gall. cala, aiguillon, bâton.
— caidlie, id.
Gall. cynneu, id.
Irl. cubhas, parole.
— cur, puissance, curadh, cham-
pion, chevalier.
Gall. cawr, un homme fort,un géant.
Irl. ceacht, id.
— feach, foie ! vois !
— deach, enseigner.
— deachdadh, loi
— dearc, œil. Gall. drych, vue.
— farcha, maillet.
— deich. Gall. dey.
— Jichcad. Gall. ugaint.
Gall. gwych, id.
Irl. deaclisa, vois!
B) Cependant, presque tout aussi souvent, IV est remplacée par Ys ordinaire.
s' ans, désirer.
s'âka, pouvoir, force.
s'akrt, excréments.
s'aPa, mauvais, dépravé.
s'aya, lit.
s'ara, injure, dommage.
s'arani, route, chemin.
s'âs, désirer, flirta, sommet.
sus', sécher.
s'aut, orgueilleux.
âs'a, nourriture.
krs'a, maigre.
krus'y crier.
pâs'a, chaîne, lien.
pés'i, pois en grain.
nâs'a, mort.
Etc.
Cette vacillation de IV palatale, entre les gutturales et 1"> dentale, a d'ailleurs sa source en sanscrit même, où dans une
foule de radicaux, et de mots dérivés, Tlf^et Y se remplacent mutuellement. Ainsi on trouve également s 1 rai, et srai t cuire, s 1 ru et srw, couler, s' ad et sad, aller, s'as, et sas, dormir, s'ik et sik, porter, etc.
Par suite de cette même confusion , l'A cymrique répond quelquefois à IV du sanscrit, comme dans s'us'ka, sec, gallois, hésp, breton, liesk, à côté de l'autre forme sych, qui se lie à la même racine, s 1 us 1 .
3) La troisième sibilante fT , s\ est extrêmement rare
comme initiale. Le nombre s l as\ six, en est un exemple. En gaélique, ce nombre est se, et se prononce chè. Le gallois chwech (breton chouecli) a changé IV en gutturale,et rappelle
Irl. sant, id.
— saighid, pouvoir.
— seachraith, id.
— sath, saith, mauvais, vil.
— sead, id.
— sàraigh, injurier, endomma-
ger. Gall. sâr, insulte, offense.
Gall. sarn, route pavée.
Irl. seiseach, libidineux.
— sigh, colline.
— seasg, id. Gall. sycltu, id.
— sotaly orgueil.
— es, id.
— créas, mince, ténu (Gall.
krach).
— cruisigh, musique. Gall. crwy-
sez, dispute, bruit.
Gall. /rfj, id.
Irl. pis, peasair,poh.Gal\.p)'s,id.
— nas, id.
la forme zend csas, que Bopp croit plus primitive que le sanscrit s'asS pour ks'ast.
a) Gomme médiate et finale^ est remplacée ordinairement par 1 s ordinaire.
SANSCRIT. CELTIQUE
pis*, briser, écraser. Irl. piosa, fragment.
prus 1 , asperger. — fros, pluie.
c'as'aka, vase à boire. — cascar, verre à boire.
c'e j'to, effort. Gall. cois, effort.
pus 1 , croilre. — posiaw, croître,
^us*, aimer. IrL ^uî, inclination, désir.
/jcV, approcher. — neasa, proche. Gall. nesu, approcher.
las', désirer. — Lis ad h, désir.
6*45*, parler. Ers. beas, langage, discours.
6^5*, orner. Irl. beosaigh, orner.
uw*(i, gages. • Gall. gwystyt, gages. Bret.£UAert/,id.
9W, tuer. Irl. gus, mort.
Etc.
b) On trouve quelquefois 59, se, pour s 4 , comme nous lavons vu pour s 1 .
vis i a, eau. Irl. uisge, eau. Gall. ^u/vsy, urysg, id.
6'réV, allejr. — breisg, rapide. Gall. 6rv^, ( id.
te 4 , tuer. — cas g air, tuer, ruj*, frapper, tuer, être furieux. — rusg, frapper avec véhémence.
pas 1 , lier. — pasg, faisg, lier. Gall fasgu. Etc.
c) Enfin les gutturales remplacent aussi IV dans plusieurs cas, comme :
I parus l a, rude, dur, cruel. Irl. /arracA,violent,rude; violence. \parus k ya, violence.
pars*', être affectionné. Gall. parchu, honorer, respecter.
Arj*, sculpter, creuser. Irl. creachair, sculpter, creuser.
§ 37. L' h, est la seule consonne que nous ayons encore à examiner.
En gaélique Xh manque complètement comme lettre radicale; elle n'y est employée que pour indiquer l'aspiration des
consonnes, ou quelquefois pour aspirer les voyelles initiales des mots dans certains cas déterminés. Le cymrique, au contraire, possède 17*, mais cette lettre semble avoir une double origine sous le point de vue étymologique; nous l'avons vue répondre à Ys du sanscrit et du gaélique (§36. i b), et dans d'autres cas elle paraît être le corrélatif de Y h du sanscrit.
Toutefois, dans la règle, 1^, h, est représentée en gaélique et en cymrique par une gutturale simple ou aspirée, et plus spécialement par g ou g h. Exemples :
i) h initiale, médiate et finale.
hculsa, oie.
hima, neige, froid.
hirmatu, saison froide.
han, frapper, tuer.
liât, luire, briller.
Itatnu, arme.
i har$ l a, joie.
yhar&ûla, un amant.
ha rit, lia ri, vert.
c'ah, broyer, briser.
itah, brûler.
druh, chercher a nuire, à blesser.
tih, lécher.
salui, pouvoir, force.
i ûh, raisonner, rechercher.
j«/ta, raisonnement.
maliat, grand.
malt, adorer, révérer.
gcdiana, dense.
c'ihna, signe, tache.
mahi, terre.
ûhani, balai.
i nih ira, soleil-
Etc.
Irl. (junra, geadh, oie. Gall. gwyz,
Bret. gwaz, oie.
gamh, geimh, hiver. Gall.
gauav.
geimhrith, hiver.
— gon, blesser.
gath, rayon.
— gathnadli, lance, pique.
— gairseacli, femme amoureuse,
impudique.
Gall. gwerz, gwyr, vert.
Irl. cagnad, mastication. Gall.
cêg, bouche.
— dagli, brûler.
droch, mauvais, nuisible. Gall.
drwg, id.
tigh, lécher.
— saighid, pouvoir, force.
— ui^e, science, habileté.
— uga, choix.
— mochd, grand.
— mogh, honneur, respect. Gall.
myged, id. mygaw, révérer.
— gaggatij nœud dans le bois.
— sighin, signe, tache.
mcag, terre.
ogân, branche, rameau.
— midhr, rayons solaires {dit
pour qli).
2) Dans beaucoup de cas l'A médiale a disparu en celtique. Exemples :
Itahulà, vac he.
vâhaua, char.
duhitr, fille.
dàhada, désir.
vaJianta, vent.
vrhati, discours.
maiias, lumière.
hafnm't, truie.
t/ralia, planète.
mahat, grand.
Etc.
CPLTIQUE.
Irl. bol, vache.
féun,ftonnadh, id.Gall.</n><(//j.
— ' dè.ar, fille.
— deotlias, désir.
Gall. guynt, vent. Bret. gweiti.
Irl. />nof, babil, conversation.
— mais, éclat, lumière.
Gall. tarez, sanylier.
— greiden, étoile.
maith, grand.
(Observation.) La racine nn/i, lier, aurait changé son h en .sy, s, dans le gaélique nasy, nos, le gallois nais, lien, mais il est plus probable que Ys celtique est un suffixe nominal, et que nos, nais, sont des contractions d une forme plus complète, nahas, naghas, etc. Le breton a conservé PA de ce radical, dans nahen, nachen, une tresse de cheveux. L'A médiale s'est maintenue aussi dans le gallois mohyn, taureau, le sanscrit maha. mahis l a, buffle, de la racine mah , croître.
3) Les cas où l'A cymrique initiale répond à l'aspiration sanscrite ne sont pas nombreux. Voici ceux que j'ai remarqués :
lu, aller, se mouvoir.
hr, prendre (harâmi, je prends).
hvé, appeler, crier.
Uàd, liâtuj, aller, se mouvoir.
hêd, cacher, voiler.
Iian, aller, se mouvoir.
kui, couvrir.
Uval, se mouvoir. tirés'', hennir.
hid, se mouvoir.
Gall. lie, action d'aller, liai, hâje.
— hwra, prendre.
— hwa, appeler, crier.
— hawd, mouvement rapide.
— huzaw, couvrir, ombrager.
Corn, hutha, id.
— Iiawn, actif, prompt.
— huliaw, couvrir.
— hwyl, progression, cours.
Bref, harza, aboyer.
Gall. Iiidyl, coulant, fluent.
§ 38. Nous avons terminé maintenant la revue des consonnes examinées isolément. Il nous reste à les considérer dans les combinaisons quelles peuvent former entre elles. Je bornerai toutefois cet examen aux combinaisons binaires initiales, qui contribuent le plus à donner à un idiome sa physionomie caractéristique. Pour l'étendre aux groupes de consonnes médiales et finales , aux redoublements , etc. , il faudrait des travaux préparatoires plus complets qu'on ne peut les faire actuellement sur l'histoire des idiomes celtiques.
En sanscrit presque toutes les classes de consonnes sont susceptibles de former le premier élément d'un groupe initial; les linguales seules font exception. Parmi les semivoyelles, r, / et y n'occupent jamais la première place dans ces combinaisons Le second élément, au contraire, est le plus souvent formé par une semi-voyelle, quelquefois par une nasale, ou une sibilante ; les gutturales, dentales et labiales ne succèdent qu'àls seulement. En thèse générale les mêmes rapports se retrouvent dans les langues celtiques. Je vais faire une revue comparée de ces combinaisons de consonnes en m'arrêtant plus spécialement à celles qui sont soumises à des modifications régulières.
i) Les semi-voyelles r, /, appelées aussi liquides, forment les combinaisons les plus nombreuses , en sanscrit et en celtique. Le tableau suivant offre des exemples comparés de presque toutes.
SANSCRIT. CELTIQUE
krus', crier. [ri. cruisigh, musique. Gall. cnvy-
scz, dispute, querelle.
kravya, chair. — cru, sang. Gall. crau, id.
klap, parler indistinctement. Krs. cliopach, qui balbutie. Gall.
clepiaw, babiller.
1 La seule exception est la racine sanscrile foi, aller, se mouvoir, conservée dans l'irlandais lui, jambe.
A M», être faible, impuissant.
grâma, multitude (en composit.) gris^ma, chaleur.
glas, manger, dévorer.
glah, saisir.
ig'râ, sentir (odorari).
{gfrâna, g'râti, nez.
g ri, vaincre, subjuguer.
tri, trois.
tras, aller vite, courir.
drâpa, boue.
drunak-a, épine.
(fru, être ferme, fixe.
pravana, rapide, (c. pru, aller).
priya, mari.
plu, aller, se mouvoir.
plava, action de flotter.
ptavana, action de plonger.
6rû, dire.
bran, rendre un son.
aller.
6 4 /a/, luire.
vras'c', couper, rompre, déchirer.
vit, tenir.
sris*, brûler.
s'r4, cuire.
s'nSw, amonceler.
s la?, tuer.
s'iâtfâ, louange, service.
sru, et s'ru, couler.
srai, et s'rai, cuire.
CfcJ-TIQIE.
Mrs. cliob, vaciller, chanceler. Irl
cbbhradh, chancellement.
Irl. gramaisg, la multitude.
— grh, feu. Gall. gres, ce qui est
chaud.
— glaidhe, aliment. Galî. gtwth,
glouton.
— g lac, id.
— gras, museau.
— g n ad ha , héros , guerrier ,
champion. ($ 28. 1. c.)
— tri, id. Gall. tri.
— trosdan, pied, pas. Gall. trosi,
avancer, aller.
— drib, id.
— draighean, id. Gall. draen, id.
— droth, constant.
— prab, rapide.
Gall. prïawd, id. Irl plôd, flotter.
Bret. pltmia, plonger. Gall. pbvng,
plongeon.
Irl. bruthan, babil. Gall. brud, récit.
— brind, gémissement.
— braise, rapidité. Gall. brys, id.
— blosc, lumière.
— fraigh , mur de séparation*.
Bret.Jreûza, rompre, briser.
— fleasg, chaîne. Gall. fléd, cap-
tivité, contrainte.
— criosach, charbons ardents.
(Gall.rn^e</,id.(S36. 2. a.)
— crnm/i, digérer, faire une con-
coction.
— sràn, nez, promontoire.
— slaod, id. (Gall. llâz, id.)
— sleigh, sleachd, adoration.
— sruth, id.
— sraidvog, gâteau.
Itratj, aller.
hrag, rassembler.
filas, rendre un son.
ïrl.
grad, rapide, afjile. (§ 3?. t.) gragh, troupeau. Gall. gn; id.
glm, lamentation.
(Observations.) Ce tableau compreDd des exemples de toutes les combinaisons qui correspondent en sanscrit et en celtique. J'ai renvoyé pour chaque consonne initiale qui subit une modification aux paragraphes qui l'ont établie antérieurement. Les observations à faire sur les cas exceptionnels sont les suivantes :
i) Le sanscrit offre deux combinaisons des liquides qui manquent en celtique, ce sont mr et ml. La comparaison du petit nombre de racines caractérisées par ces initiales prouve cependant qu'il en existe plusieurs dans les langues celtiques, mais que ces dernières ont toujours intercalé une voyelle entre les deux consonnes. Ainsi la racine midi, déchoir, se flétrir, d'où dérivent mlâna, languissant, exténué, sale, flétri; mldni, langueur, saleté, décadence, se retrouve évidemment dans l'irlandais milighe, melghi, meilg, agonie, derniers instants de la vie 1 ; milighthtaeh , pâle, faible; malc, pourrir; mal, lent, tardif, et p. ê., avec une signification active, mill, détruire, ruiner; et dans le gallois mail, débile, mou (latin, mollis). Voici encore d'autres exemples analogues :
mtéff, mlét, être fou.
rnrêd, mrét, id.
mlév, servir.
mraks*, oindre, graisser.
Irl. meille, fou, idiot.
— meanlliachd, folie; mit*, id.;
mearcdghe, fou.
— tnaol, mael, serviteur ; mile,
mileadh,$6\dat. Gall. milwr (latin, miles).
— mwaraigh, id. ; smior, moelle.
Gall. mer, moelle.
1 Je trouve même dans O'Reilly une forme mligh, mais, comme cosi l'unique mol qui commence par ml, je soupçonne quelque erreur d'orthographe dan? la source d'où il a été tiré.
2) Les idiomes celtiques ont aussi deux combinaisons de /qui manquent au sanscrit; ce sont tiet (//.Dans certains cas cette combinaison de consonnes semble être le résultat d'une contraction, comme dans tlachd, terre (autrement teallach, teallur, talam /i),sanscrit, tala, surface, superficie. Dans d'autres cas la dentale paraît avoir été ajoutée à la racine , comme dans dliglie, loi (autrement ligh),àxi yerbedligh, devoir, avoir droit (latin, lex). 11 faut toutefois que cette addition remonte à une époque fort ancienne, puisqu'elle se trouve également dans le gallois dlyed, obligation, devoir, et le breton dléad, id., dlé, dette, etc. 11 y a de même une double forme lli et li ou ligh, couleur, en irlandais, de la racine sanscrite lig, peindre. Enfin dl paraît remplacer quelquefois d'autres consonnes, comme dans dluimh, fumée, le sanscrit d'ûma, etc. Je dois me borner ici à ces indications, mais le sujet mériterait un examen spécial.
3) Dans les combinaisons initiales de v avec les liquides, le gallois ne pourrait changer le v en gxv (prononcez gou) sans rendre la racine dissyllabique; aussi, dans ce cas-là, remplacet-il,commeIegaèlique,let> par/.Outre les exemples du tableau, je puis citer encore ici le sanscrit, vrag\ aller, se mouvoir, en gallois^//"aifzt/, semouvoir,s'agiter. Dans un seul cas, j'ai trouvé le v rendu par gw; c'est la racine sanscrite vlékf, voir, devenue, en gallois, gweled, voir; gwel, vue, regard; breton, gwélut, voir.
4) Le gallois n'a aucune combinaison initiale de 5 avec une. autre consonne, et dans les mots corrélatifs à des formes sanscrites (ou gaéliques) commençant par se, s/, sk, st, etc., cet idiome retranche Ys, ou la fait précéder d'un y. C'est ainsi que le sanscrit sHath, tuer, devient, en gallois, llaz.he basbreton, au contraire, a conservé la plupart de ces combinaisons, ainsi que le comique, de sorte que le fait signalé est limité au gallois dans la branche cymrique.
§ 39. Les semi-voyelles v et y forment le plus grand nombre de groupes binaires après r et /. Dans cette position les
idiomes celtiques les ont constamment vocalisées, en changeant ordinairement le v en u, ou o,et Yy en i ou e. Quelquefois le v s'est confondu entièrement avec la voyelle qui le suivait. En sanscrit même le v se vocalise fréquemment dans les formes dérivées ; ainsi s' van, chien , devient s 1 un dans les cas obliques, et g'ûrti, fièvre, dérive de la racine g'var,eic. Les exemples suivants établissent suffisamment la règle.
y'val, briller, flamboyer.
g'var, avoir la fièvre.
g'ûrti, g'vara, fièvre.
dui, deux.
d'vdna, son.
d'vânta, obscurité.
i tvahs 1 , amincir.
\ tvaJtr, charpentier.
tvag, aller.
tuar, aller en hâte.
tvag, se courber.
svar, blâmer, réprouver.
svard, être agréable.
svid, être pur, blanc.
) c'yu, aller, se mouvoir.
[cyavami (i ra pers. prés.).
k'ya, dire.
g'yéfta, vieillesse.
tyagana, action de donner.
dyu, jour.
dyut, luire.
vyâtfra, chasseur.
syand, asperger, tomber par gouttes.
syôna, soleil, rayon.
Etc.
Irl. gual, feu.
— gurt, trouble, souffrance.
Gall. dwy. Irl. di.
M. duan, chant.
— dunn, doinne, sombre, brun.
Gall. dwn.
— tuagh, hache; tuis, aminci,
laminé.
— toigh, id.
Gall. twyrau, agiter, mettre en
mouvement.
Irl. tuagh, courbure. Gall. tuteg,
boucle.
— stiarach, vil, méprisable.
— suaire, agréable.
— cuid, pur.
— seabhoid, errer.
Ers. siab, passer rapidement.
Irl. ceadach, loquace.
— giostaireas, id.; gast, vieille
femme.
— tiodfmacadh, )>rési'nt,ofhari<Je.
— dia, id. Gall. dyw, id.
— diuid, pur, propre.
— fiadhaige, id. sian, pluie.
sion, ciel, clarté.
Comme exemples de cas de contraction, je citerai
kva, où. Irl. ca, id.
dvéd'â, double. — deidhe, id.
dttar, porte, /rua**, cuire.
svaira, libre.
sva, soi.
Etc.
Irl.
dbr, id.
coca, cuisinier.
«w>r, «icr, id.
sa, id.
i) Les groupes s'v et$v méritent un examen spécial. La confusion entre IV et s, que j'ai déjà signalée plus haut (§ 36, 2. b), s'est étendue à ces combinaisons avec le v, de sorte que s'v est représenté dans la régie par eu, co, gu y go, en gaélique, chw en gallois; et sv par su, sa en gaélique, et hu,ho, en gallois ; mais l'inverse a également lieu assez fréquemment. Voici d'abord les exemples réguliers :
s'van, chien.
s'vart, aller, se mouvoir.
s'vatk, parler.
s'vas rû, belle-mère.
s'vayafiu, enflure (rac. s'ui).
J s'vas, souffler.
t s'vâsa, vent, souffle.
s'vid, être pur, blanc.
s'vabr, se mouvoir.
Etc.
svapiia, sommeil.
svar, mépriser, reprocher.
svaf, se mouvoir.
svan, vêtir.
Etc.
Irl. cuan, chien.
— cuartach, courant, cuairt, vi-
site, promenade.
Gall. chwalu, babiller.
— chwegyr, belle-mère.
— chwyz, id. chwyzaw, enfler.
— chwyth. Bret. chouez, vent,
souffle. Irl. gast, id.
Irl. cuid, pur.
Gall. chwaeru, se mouvoir.
Irl. suarn, id. Gall. hephun, id.
— 5uaroc/i,vil,méprisable.Gall.
hort, reproche, calomnie.
— suath, suadh, mouvoir.
— suanach, vêtement, peau.
Maintenant dans les exemples suivants, le gallois remplace sv par chw.
svasr, sœur. Gall. chwaer, sœur. Bret vUoar, id.
s vâd, goûter. — chwaethu, goûter. Bret.c/me*i,
sentir, flairer.
svid, suer. — c/iiuv5u,suer.Bret.c/tuez,sueur.
svàdti, doux, suave. — chwèg, id. Bret. chuek, id.
svaru, flèche. — chivaret, flèche.
Etc.
(Observation.) Le zend offre la même incertitude entre sv et s'v que le gallois, sv devenant tantôt kh, tantôt liv (gallois clav et hu, h (v. Bopp Vcrgl. Gram. p. 34 et 47)- Au sauscrit svasr, sœur, répondent régulièrement le gaélique dur ou seathar, le latin soror t le gothique svistar, le slave scstra, etc. , tandis que sv s'est gutturalisé dans le zend khanha , le persan chdher, l'afghan , cfiûr, l'arménien À'uir, le kurde chusk, etc. Cette confusion s'est étendue plus ou moins à toutes les langues indo-européennes.
2 ) Dans quelques cas rares le gaélique a changé sv en sp. En zend c'est le s'v qui devient régulièrement s 1 p. ( Bopp loc. cit. ) Exemple :
SANSCRIT. CELTIQIE.
svar, ciel. Iri. speur, ciel.
svask, aller. — t/taist, aller.
svad, fendre. — spad, abattre en frappant (ere-
drre) '.
§ 4°- ^ cs nasales n, m, ne forment en sanscrit que les groupes, g'n, (frm, uni, s' m, sm, et sn. Tous, excepté d l m, se retrouvent dans les langues celtiques.En sanscrit d l m neforme que la seule racine d' m ri, souffler, dont les dérivés intercalent un a entre d i et m; par exemple, d'ama, un joueur de trompette. L'irlandais domadh, son, pourrait bien se lier à cette racine. Il n'y a de même qu'un seul radical nwà, fixer dans la mémoire ( le grec pow), dont les formes dérivées deviennent man. L'irlandais mnigh, épitaphe (conf. le grec fmw, souvenir, f*v»5pa monument), s'y rapporte évidemment. Le gaélique mna, génit. et plur. irrégulier de /Vvw, femme , s'y rattache probablement aussi, par l'intermédiaire de manu y homme, etc.
Voici des exemples comparés des autres combinaisons :
gnà, connaître. Irl. gnia, science, gnô, notable, fa-
meux, ymith, usage, coutume.
( raU.gnaw, habitude, instinct.
• Ce verbe se rapporte mieux encore a la racine sanscrite spatl, battre.
SAftSCIUT.
gnapt battre.
v'mî/, cligner de Toril.
s mit, faire signe.
smi, sourire.
f .smr, se rappeler avec regret, gretter.
smarutia, regret.
siiu, couler.
snéfui, maladie.
Etc.
CLLT1QUB.
Ir!. cnap, battre. Gall. cnipws, chiquenaude.
— smehîy id. Gall. ysmig, id.
— smigmdh (subst.), sourire.
— smuairean, i liagriti, abattement-
— tmuaireanachf pensif.
— snuadli, couler, siiodhach, ju>.
Gall. hôz, id.
— sneidh, anxiété, chagrin.
§ 4i. L s sanscrite ne se combine, comme second élément, qu'avec k, f, p. Les deux dernières combinaisons, ps et (s, ne se trouvent chacune que dans une seule racine, psâ, manger, et tsar, agir tortueusement, frauduleusement, et sont toutes deux étrangères aux langues celtiques. Après A, s devients 4 , d'après les régies de l euphonie,et forme As 4 , lequel groupe correspond à \% grec , et à Yx latin (Bopp Vergl. Gramm. p. 21), et se trouve dans un grand nombre de mots sanscrits, au commencement, au milieu et à la fin. La réunion de ces deux consonnes manquant tout-à-fait dans les idiomes celtiques, il est curieux de rechercher quel équivalent y a été substitué. Or, la comparaison d un assez grand nombre de mots m'a prouvé que le As 4 sanscrit abandonnait toujours en celtique l'un de ses éléments , tantôt la gutturale et tantôt la sibilante.
fies exemples qui suivent ne laisseront aucun doute à cet égard.
k.s i aya, maison. Iil. cai, maison.
hs t id, libérer. — ceadaiyh, libérer, permettre
kfama, fort, patient. — cam,cama, fort, puissant, brave.
aks l a, monceau. — acha, monceau.
vaks'as, poitrine. — uchd, poitrine.
ft l âiks l yn, mendicité. — bofchde, pauvreté.
ikâks*, désirer. — cachta, faim.
ikdnks'â, désir.
niks l a, lente.
vaks 1 , être en colère.
kfad, être bon.
ks i ap, pouvoir, être fort.
krtv, être ivre.
ks i mây, vibrer, faire trembler.
c'aks'us, œil.
daks'-a, adroit.
dvâksï, croasser.
chvânks'a, corneille.
uks x âla, élevé, excellent.
aks*na, temps.
uks', asperger, mouiller.
Etc.
Irl. snigh, sneagh, lente. Gall. nez.
Bret. nez, nech.
— feachair, irrité, colère.
— saoilh. Ers. saoidh, bon.
— sabh, fort, capable.
— siobhas, fureur, folie.
— tmeacadh, palpitation.
— cais, œil.
— deas, adroit.
— duis, corneille.
— uasal, grand, noble.
— rasnadh, temps.
— uasadh, sauce.
Quelques mots ont à-Ia-fois les deux formes; ainsi ks i attia f fort, patient, ou plutôt la racine ks'am, supporter avec patience, a donné naissance également à cama, fort, brave, et à seamanach, robuste, en erse, sèaman, un homme de taille ramassée et robuste.
Dans la branche cymrique As* est devenu ordinairement h (qui correspond à s gaélique). Exemples :
k&ufr, agiter.
ks'ip, jeter.
fatal, rassembler.
ks'ad, couvrir.
daks'a, adroit
Gall. hwbian, pousser subitement.
— hipiaw, jeter, lancer.
— hei, rassembler.
— huzaw, couvrir.
— deheu, adroit. Bret. delnt ,
droit (le côté).
Etc.
§ 42. H ne reste plus, en fait de combinaisons binaires initiales des consonnes , que celles de s avec les gutturales , dentales et labiales; savoir, sk, sk\ st, stf sp, sp', et sb; cette dernière ne se rencontre que dans la racine sbr, blesser, tuer (sbrnàmi, je blesse, etc.). L'irlandais n'a guère non plus que le verbe sbâim, combattre, lutter, qui paraît identique au radical sanscrit. Sb est également très rare en cymrique. Les
autres combinaisons sont très fréquentes en sanscrit, comme en celtique. En voici quelques exemples :
SANSCRIT. CELTIQUE
skaïuiana, effusion. lr\. sceinneadh, effusion.
skatuta, épaule. — sco/</,nuque.Gall./5yu^z,épauIe.
Bret. skoaz.
skanctâ, branche. — sco/A, branche. Gall. ysgainy,\d-
shady couper. — scaith, sgath, couper. Gall.
ysgythru, id.
stamb'a, pilier, colonne. — stumpa, \d. Gn\\. ystwmp.
stôma, courbé, plié. — Uatnnidh, flexible. Gall. ystutn,
courbure.
stây être debout. — stad, être debout. Gall. ysladu t \d.
spad, aller, se mouvoir. — spid, mouvement.
spas'a, espion. — sphthoire, espion. Gall. yspeicnv,
espionner.
sp l al, frapper. — spaU, frapper.
j/?*it, blesser, endommager. — spiod, mépriser, injurier.
Etc.
On voit que les différentes classes de consonnes ne sont jamais aspirées après IV, dans les langues celtiques. La combinaison sd y qui manque en sanscrit , est rare en gaélique , el tous les mots où elle se rencontre ont une autre forme st f ce qui prouve qu'elle est dérivée de cette dernière. La même observation s'applique à sg.
§ 4 2 - Après avoir terminé l'examen des consonnes, il nous reste encore la question de leur influence les unes sur les autres. On sait qu'en sanscrit cette influence joue un très grand rôle, et qu'elle est réglée par des lois euphoniques invariables. Que sont devenues ces lois dans les idiomes celtiques ? Y ont-elles jamais existé? et la séparation de ces langues d'avec la souche commune ne se serait-elle point opérée à une époque antérieure à la formation de ces lois par le sanscrit ? C'est là une question d'un haut intérêt, pour l'histoire de la famille indo-européenne; car, si elle peut être résolue pour la race celtique, qui , très probablement s'est séparée la pre-
mière du centre commun, elle le sera à plus forte raison pour les autres idiomes de la famille. Sans vouloir aborder ici ce problème dans toute son étendue , je présenterai quelques faits qui me paraissent décisifs en faveur de l'existence antérieure des lois euphoniques.
On peut présumer a priori que 1 introduction du système de la permutation des consonnes initiales (v. § 3), qui est propre aux langues celtiques, et qui prédomine si puissamment sur l'euphonie proprement dite, a dû contribuer à effacer de plus en plus les traces de ces anciennes lois. C'est en effet ce qui est arrivé. Le système euphonique sanscrit a complètement perdu son actualité, et son existence antérieure ne se trahit plus que par quelques anomalies dont l'explication ne se trouve qu'en remontant au sanscrit. En voici quelques unes des plus remarquables.
La racine sanscrite bHd, diviser, fendre,forme, sans changer sa consonne finale, les dérivés b l êda> division, b'édana, fissure; b'idaka, épée , etc. ; auxquels répondent l'irlandais bid t bidean, baie, séparation, bidcog , poignard, et le gallois bid, haie, et bidawg , épée comte. En prenant les suffixes ti et la, le d de la racine se change en t , et il en résulte 6'itta, bHlli , fragment, morceau, mur de terre, fente, fissure. Les formes analogues de ce changement, en irlandais, sont hit h, blessure, bith (erse, bithis), cunnus, et, par extension, femme. Mais ce n'est pas tout, le suffixe du participe na fait changer d en n , et nous avons en sanscrit b l inna, fendu , d'où le substantif neutre b l innam (nom. sing.), morceau, portion, fraction, auquel répond l'irlandais béine, séparation, disjonction. Il aurait été difficile,sans la comparaison du sanscrit, de ramener cette forme à la même racine que bid, haie.
Voici d autres exemples de l'influence du suffixe na :
Sanscrit, ad, manger, anna (ad + na), mangé, arouan (neutre, nom. sing.), nourriture, blé. Irlandais, uaidh, manger, ana, anna, nourriture, abondance, richesse. De la même racine a ■ le suffixe ta, alla, mangé, est venu en ir-
landais le nom du blé, ith, ioth, elha; eal/ia, gallois, itfi, bret. cd , corn. tt.
Sanscrit, c a ad, couv rir, c^anna , couvert. Irlandais, sgâlh, couvrir, sgann, scanna, membrane, peau.
Sanscrit, pad, aller; panna , allé , tombé , descendu ; pannas (subst. masc.n. sing.), chute, descente. Irlandais,//7i,y<irm<//<. descente, déclivité. Gallois, panmt, descendre, s'enfoncer.
Sanscrit, c''id, couper, c°inna, coupé. Irlandais, sciotlt y division; sein, scian, couteau. Gallois, ysgïen y id.
Sanscrit , vid, connaître, vitti, science ; vinna , connu, jugé, discuté, irlandais, yî£/ir, docteur, feth, science; firme, témoignage. Le verbe finn, comprendre, paraît être dérivé d'une de ces formes secondaires.
On trouve aussi quelques exemples de la mutation de m en n, n, etc., devant t, d, etc. Ainsi de la racine kam , aimer (d'où kàma, amour, en irlandais caemh , caomh , en gallois, par contraction, eu), se forme kânti, désir, beauté, splendeur. Le gallois cuaint, amour, et le breton koant, beau, joli, se lient évidemment à cette dernière forme. De même le sanscrit dam, dompter (d'où daman , corde, en irlandais, damhnadh; damya, taureau, irlandais , damh, etc. ), forme danda, orgueil, arrogance, en irlandais, danachd, présomption, impudence. Le gallois paraît avoir suivi la régie sanscrite, dans la formation du mot cant, cercle, de la racine cam, courber.
Enfin un exemple fort remarquable du changement de / en n devant m se trouve dans l'irlandais onmhilh , oinmhid fou, en gallois, ynvyd, avec leurs dérivés oinmhideachd, folie (gallois ynvydcz), etc. Ce mot est identiquement le sanscrit unmatta, ou unmada, fou, insensé, unmada y folie, formé du préfixe ut et de l'adjectif matia ou mada.
Cqf , exemples que Ton pourrait multiplier encore me paraissent trancher la question proposée. Ils prouvent d'ailleurs combien la comparaison du sanscrit est indispensable pour l'investigation des idiomes celtiques, et jusqu'à quel point ces
deux extrêmes les plus éloignés, géographiquement parlant, de la famille indo-européenne, sont liés entre eux par leurs origines.
Les observations à faire sur l'influence mutuelle des consonnes , en ce qui concerne plus spécialement les langues celtiques, se réduisent à peu de choses et ne doivent pas nous occuper ici. En général les consonnes restent intactes , lorsqu'il y a rencontre , ce qu'on pourra voir quand il sera question des suffixes.
£>econtn mttit.