‹ De L'AlbumineChapitre 11 sur 13 · LUN · texte numérisé non relu

LUN

Quant aux oxydes métalliques proprement dits, Berzelus à observé que quelques-uns récemment précipités se dissolvent dans le sérum et le blanc d'œuf. Avec l’oxyde de cuivre, la solution est pourpre, verte avec le protoxyde de fer, et rose avec le peroxyde; avec le bioxyde de mercure elle est incolore. Si on vient à chauffer ces solutions jusqu’à coagulation, l'oxyde se précipite avec l’albumine en la colorant.

D'après les diverses propriétés de l’albumine que nous venons de passer en revue, on voit que ce corps peut être caractérisé par de nombreuses réactions ; mais les unes ne se manifestent que dans des solutions concentrées d’albumine, et d’autres ne lui sont pas exclusives. Il en résulte que si l’on veut déceler l’albumine dans des solutions étendues, on devra avoir recours de préférence à quelques réactions seulement. Pour n’avoir pas à répéter ce qui a déjà été dit dans le cours de cette étude, j'énumérerai rapidement les réactifs de l'albumine, les discutant en quelques mots. Je supposerai, ce qui est le cas le plus habituel, qu’il s’agit de la rechercher dans l'urime.

La chaleur peut ne pas précipiter l'albumine en solution alcaline. Il sera donc nécessaire la plupart du temps d’aciduler légèrement avec de Pacide acétique. — On de

Or

vra, comme on l'a vu, en éviter un excès. — Dans le cas d'une urine non acidulée, il pourrait se faire par la chaleur une précipitation de phosphates terreux qui étaient dissous à la faveur de l'acide carbonique que la chaleur a chassé. On les distinguerait aisément de l’albumine, en ce qu’ils ne se précipitent pas en flocons et qu'ils sont redissolubles dans l’acide acélique, même à froid. Ainsi, la chaleur aidée de l'acide acétique est un réactif certain de l'albumine.

S'il n’y a que des traces d’albumine, à l’action de l’acide acétique et de la chaleur devra se joindre celle du sulfate de soude (page 28).

L'acide nitrique employé en quantité suffisante précipite l'albumine et le précipité est inso uble à froid dans un excès d'acide !. Si l'urine est très-riche en urates, l'acide s’emparant de leur base peut en précipiter de l'acide urique peu soluble à froid, et qui est facilement reconnaissable à ce que le précipité est pulvérulent et redissoluble à une légère chaleur; mais une température élevée devra être évitée, l'albumine pouvant se dissoudre aussi à l’état d'acide xanthoprotéique, et donner lieu ainsi à une confusion. Mais si le précipité est riche en acide urique, et très-peu en albumine, il pourra arriver quelquefois que par la chaleur l’albumine disparaisse avec l'acide urique. C’est un des inconvénients de l'emploi de l’acide nitrique;

1 J'ai cependant plusieurs fois rencontré dans des urines albumineuses et dans un liquide provenant d’une hydropisie de l’amnios de l’albumine qui se redissolvait à froid dans un excès d’acide.—Cette variété d’albumine précipitée par l’alcool, était redissoluble dans l’eau, et pour la coaguler par la chaleur il fallait avec soin éviter un excès d'acide. — Le sulfate de maguésie employé seul ne la précipitait pas. — La solubilité du précipité produit par l'alcool la rapproche de la métalbumine,

is =

mais à part ce cas el celui du précipité de la variété d’albumine soluble à froid dans un léger excès d'acide, ce réactif peut être employé avantageusement la plupart du temps.

On a proposé, pour s'assurer que le précipité par l'acide azotique est bien de l’albumine, de le recueillir, le laver et le redissoudre dans la potasse caustique, et de le traiter par la liqueur de Fehling. Dans le cas de l’albumine, il apparait une belle couleur violette.

Le nitrate d'argent serait un excellent réactif sans la présence des chlorures.

L'urée et les matières extractives de l'urine interdisent aussi l'emploi du sublimé corrosif.

Le tannin ne peut non plus être employé comme réactif de lalbumine, parce qu'il précipite aussi les autres principes albuminoïdes.

Îlen est de même des ferrocyanure et ferricyanure de potassium employés en solution fortement acidulée par l'acide acétique.

L'acide phénique est un excellent réactif de l’albumine. M. Méhu l’emploie dissous dans un mélange d'alcool et d’acide acétique.

ACIAE ACÉTITUO RER EE LE 10 gr.

ACIde DhéNIŒUETETISE CRC RE 10 AILCOOLE A OO RER AL EN ER AN TTRREE 20

Pour qu’il ne se produise pas de trouble quand on le verse dans de l'eau non albumineuse, il ne faut pas plus de À partie de réactif pour 10 parties d’eau. Quand il n'y a que des traces d’albumine, M. Mébhu combine son

= action à celle de l’acide nitrique ou du sulfate de soude ajoutés auparavant dans le liquide à essayer.

L'alcool pouvant précipiter des sels et d’autres matières animales que l’albumine et devant être employé en trèssrande quantité, doit être rejeté.

La réaction du liquide, qui est de la plus grande imporlance avec l'emploi du chloroforme et de l’éther, le rend donctrès-délicat. C'est pour l’avoir méconnue que l'on a avancé qu’il y a dans les urines albumineuses une partie de l'atbumine que le chloroforme ne peut coaguler.

Les réactifs de Frœdhe (couleur bleue avec acide sulfurique et acide molybdique), de Caventou (couleur violette avec l'acide chlorhydrique), de Pettenkoffer (couleur rouge violet avec sucre el acide sulfurique) et de Millon (couleur rose avec liqueur nitromercurique nitreuse) s'appliquent aussi bien aux autres matières albuminoïdes qu’à l'albumine. Je n’y insiste donc pas.

L'emploi de la lumière polarisée n'étant pas assez pratique et la plupart du temps impossible, à cause de la nécessité de décolorer les liqueurs, je ne fais que le citer.

Tous les sels de mercure solubles précipitent l'albumine; mais Ce qui empêche de s’en servir dans ses recherches, c'est qu'ils précipitent en même tempsles autres matières animales de l’urine et surtout l’urée. Or L'iodure double de mercure et de potassium fait exception. Il précipiie l'urée en solution alcaline ‘, tandis qu’en solution très-acide, il ne précipite que l'albumine avec laquelle

! La présence de l’albumine empêcherait la réaction avec l’urée — comme avec tous les sels ammoniacaux — de sorte que si on veut découarir l’urée dans le sang avec ce réactif, il faut d’abord en séparer l'albu-

— Ja

il forme la nouvelle combinaison Alb. Hg. La solution que j'emploie est fondée sur la réaction.

2KI + HeCl — Hel. KI + KCI.

Je appelle liqueur réactif titrante.

Iodure de potassium pur. . . . 3gr.32 Bichlorure de mercure. . . . . 1 35 AGIT ACENES RC 20 cc.

Eau distillée q.s. pour faire.. . 64 cc.

L’acide acétique est mis pour dispenser d’aciduler chaque fois les liquides qu’on analyse.

Les avantages de ce réactif sont : 1° la sensibilité : elle west égalée que par la chaleur aidée du sulfate de soude, et par l’acide phénique, et il décèle 5 centigrammes d’albumine dissoute dans 1 litre d’eau ; 2° la non-nécessité de se servir de la chaleur; 3° l’insolubilité du précipité dans un excès de réactif. Si cependant l'urine était trèschargée d’urates, on pourrait, comme avec l'acide nitrique, obtenir un précipité d'acide urique. Mais ici, dans le doute, on n'aurait pas besoin de chauffer pour le faire disparaître; on étendrait la liqueur de moitié ou même de son volume d’eau avant de recommencer un second essai, Vu la sensibilité du réactif, cette fois il se formerait encore un précipilé, mais seulement dans le cas où la solution renferme de l'albumine.

Dans le cas où le malade aurait pris des alcaloïdes, le réactif donnerait un précipité qu’il serait facile de distinsuer de celui produit par l’albumine. Le précipité alcaloïdique se redissout à chaud dans la liqueur où il s’est mine en acidulant légèrement le sérum, en la coagulant par la chaleur et

filtrant. — Dans la liqueur filtrée on verse de la potasse caustique, puis l'iodure double de mercure et de potassium.

Res formé ; il est soluble aussi dans l'alcool, caractères que ne possède pas le précipité dû à Palbumine.

Les mêmes réactifs qui servent à l'analyse qualitative de l'albumine peuvent être employés pour son dosage, mais avec des avantages variés.

4° Pour faire un dosage d'albumine par la chaleur on acidule légèrement l'urine avec l'acide acétique (qui en même temps précipite la mucine), on filtre, on en pèse une quantité ‘variable, 40, 50, 60 grammes, de manière à opérer sur 2 à 5 décigrammes d’albumine sèche et on complète avec de l’eau 100 c. e. Le but de cette opéraiion est de donner un coagulum facile à laver. Or un essai préalable fait juger approximalivement de la quantité d'urine qu’il faut prendre.

Les 100 c. c. d'urine étendue sont mis à bouillir quelques instants (dans une capsule de porcelaine) et le précipité vient nager dans un liquide clair, si la quantité d’acide ajoutée a été suffisante. On le recueille sur un petit filtre, on le lave et on dessèche le tout à 100° et on pèse. Cette ‘ pesée doit être exécutée rapidement, le précipité étant très-hygrométrique. Du poids lotal,on déduit celui du filtre et l’on a le poids de l’albumine.

Ce dosage ne donne des résultats exacts qu'autant que

ARE la quantité d'acide acétique n’est ni trop faible, ni trop forte. Un excès en effet redissoudrait une partie du précipité.

2° Le dosage au moyen de la précipitation de l’albumine par l'acide nitrique ne peut être exact, parce que les eaux de lavage, comme on l’a vu à propos de l'acide nitrique, entraînent dissoute la partie de l’albumine non altérée par l'acide.

3° Pour doser l’albumine au moyen de l'acide phénique, on prend 100 grammes d’urine acidulée et filtrée, on y ajoute 2 c. c. d'acide azotique et on agite, puis on y verse 10 c. c. de la solution titrée d’acide phénique. Après avoir agité fortement pour bien diviser le précipité, on filtre et on lave l’albumine coagulée avec de l’eau bouillante contenant 1 pour 100 d’acide phénique. Le précipité est ensuite desséchè à 100° ou 105°. M. Méhu qui a donné ce procédé fait ensuite enfermer le filtre sec entre deux : verres de montre, refroidir sur l’acide sulfurique, puis peser. Selon l’auteur, il est avantageux de n'avoir pas sur le filtre plus de 95,50 d’albumine, pour rendre les lavages faciles et complets. Dans les cas d’urines fortement albumineuses on doit donc les étendre d'eau comme pour le dosage par la chaleur.

Le précipité obtenu par ce procédé ne donne selon M. Méhu que 4 pour 100 de cendres, et si on mel Î gramme d'albumine de l’œuf dans un liquide qu'on traite d'après cette méthode, on n’en retrouve que 0,91 à 05,95. On sait que l’albumine brute ne contient guère plus des 9/10 de son poids d'albumine pure.

4° L’albuminomètre de M. Becquerel est fondé sur la pro-

MORE priété que possède l’albumine de dévier à gauche le plan de la lumière polarisée. D'après.le nombre de degrés trouvés on déduit la richesse en albumine du liquide examiné. Chaque degré correspond à 1°,89 d’albumine pour 400. Avec l'appareil Soleil, 1 gramme d’albumine dissoute dans 100 c. c. d’eau donne avec un tube de 20 centimètres une déviation de 1°; donc chaque division du vernier correspond à 1 décigramme. (Neubauer.) Ce procédé de dosage est, comme on le voit, peu délicat et comme il est très-difficile, en général, de décolorer les liqui&es sur lesquels on doit opérer sans en précipiter l'albumine il est aussi peu pralique.

5° Bodeker a donné un procédé volumétrique qui repose sur la précipitation de l’albumine en solution très-acide par le cyanoferrure de potassium. Il se forme une combinaison qui renferme 1612 d’albumine et 211 de cyanure jaune. Il fait sa liqueur titrante avec 14,309 de sel et q.s. eau pour faire 1000 c.e. À e.c. correspond à 0%,001 albumine. Comme le précipité est soluble dans un excès d’albumine et un excès de cyanure, on cherche par tâtonnement la quantité nécessaire de solution titrée, peur que dans le mélange filtré ni l’albumine ni le cyanure n’y produisent plus de précipité, Cinq à six essais sont en général nécessaires. Ce procédé est aussi long que celui des pesées et il ne donne des résultats exacts que quand le liquide à analyser contient au moins 2 grammes d’albumine par litre.

6° Tous ces procédés de dosage exigent, comme on le voit, que celui qui s’en sert ait une certaine habitude des manipulations chimiques. Aucun n’est pratique au lit du

malade, pour ainsi dire, à moins qu’on donne comme tel celui qui consiste à examiner la hauteur du dépôt formé dans un tube par l'addition de l'acide nitrique. À moins -que les variations dans la quantité d'albumine soient trèsconsidérables, ce procédé empirique n’est d'aucune valeur, parce que le tassement du précipité dépend de la concentralion de l’urine qui est si variable, comme on le sait, de l’agitalion qu’elle a éprouvée, de la quantité d’acide ajouté, etc.

Le procédé volumétrique que je propose est fondé sur la précipilation de l'albumine en solution très-acide par l’iodure double de mercure et de potassium. Le mode opératoire est des plus simples, il ne demande comme appareil qu'un verre graduë de 10 c.c., un compte-gouttes, qu; donne des goultes d’eau de 5 centigrammes, et quelques agitateurs. On aura deux liqueurs : la liqueur réactif titrante, que j'appellerai liqueur n° 1 (la formule a été donnée page 45), et la liqueur témoin, ou liqueur n° 2, qui servira à indiquer quand l'opération sera terminée.

N° 2. Liqueur témoin :

FausdiStléen Ne CNE 100 SUD EN EN RTE 1

L’iodure double de mercure et de polassium est décomposé tant qu'il y a de lPalbumine dans l4 liqueur, et de l’iodure de potassium est mis en liberté. Si on essaye alors avec du bichlorure de mercure, l’iodure de potassium, l’albumine et le sublimé étant les éléments nécessaires pour former le composé Alb Hgl, il ne se produit pas d’io-

dure rouge de mercure. Mais quand on a versé un excès

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de la liqueur réactif titrante, alors le sublimé ajouté au liquide à analyser donne un précipité coloré par liodure mercurique. C’est lui qui indique la fin de l'opération.

La liqueur réactif est titrée de manière qu'un demicentigramme d’albumine soit précipité par une goutte. Le calcul a été établi sur le résultat de l'analyse du précipité Alb Hol qui m'a donné 0,375 Hgl pour 1,626 d’albumine.

Le mode.opératoire est le suivant. On prend 10 c.c. d'urine filtrée et on y verse goutte à goutte la liqueur n° 1, en ayant soin d'agiter chaque fois. Quand le précipité qui s'était d’abord redissous dans l’albumine en excès devient stable, on essaye après chaque nouvelle addition si une goutte mise sur une soucoupe de porcelaine ne donne pas un précipité jaunâtre avec une gouttelette de liqueur témoin. Quand on y est arrivé, du nombre de gouttes employées on retranche trois, et le reste représente autant de fois 50 centigrammes d’albumine par litre. Trois gouttes étant nécessaires pour faire voir nettement le précipité jaune, on voit pourquoi il faut les retrancher. Ce léger excès est en outre nécessaire pour rendre le précipité entièrement insoluble.

Dans l'essai avec la liqueur témoin, on devra en employer le moins possible, parce qu’un excès redissondrait le précipité coloré d’abord formé.

Si l’urine à analyser était très-alcaline et l’albumine en petite quantité, il faudrait au préalable l’aciduler, sans quoi l'acide acétique de la liqueur réactif pourrait ne plus être en quantité suffisante pour permettre à la précipitation d’être complète.

Enfin, si on a affaire à une urine contenant plus de 9 grammes d'albumine par litre, ce qu’un premier essai fait voir approximalivement, il est nécessaire de l’étendre d'une ou plusieurs fois son volume d’eau.

Comme on le voit, le dosage volumétrique de l’albumine est très-rapide, il ne demande que quelques minutes pour être exécuté. Les résultats qu’il donne ne sont pas aussi précis qu'ils pourraient l'être par la méthode des pesées, puisqu'on ne peut doser que 0#,50 —1 — 1,50 —2. — 2,9 —3— etc. Mais à moins d’être un opérateur des plus habiles, il est une limite d'erreurs dont il est prudent de ne pas répondre, surtout dans la précipitation, le lavage, la dessiccalion et la pesée d'une substance aussi peu stable que l’est l’albumine. Ce procédé de dosage n’est, si l’on veut, qu'un essai, mais un essai qui peut donner au clinicien des résultats suffisamment approximatifs la plupart du temps.

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