‹ De L'AlbumineChapitre 5 sur 13 · COMPOSITION · texte numérisé non relu

COMPOSITION

L'albumine est composée de carbone, d'hydrogène, d'azote, d'oxygène et de soufre. Selon quelques chimistes, elle renfermerait aussi du phosphore ; mais pour LR plupart ce mélalloïde qu'en y trouve provient des phosphates qui y sont si intimement unis, que M. Wurtzn'a même pu les éliminer entièrement de l'albumine qu'il à préparée par son procédé. Voici la composition de l'albumine d'après les analyses de Mülder, de Dumas et Cahours, et de Wurtz. |

Dumas

Mülder. et Cahours. Wuriz.

Garhone::n... < DESE 35.57 : 328$ ATOUT ce 15.5 15.71. 15.50 Hydrogène... . . . 7.09 7.10 1.19 Oxygène. . - : . 21.35 } Oxyg. ete. 95.77 Oxye. etc. MSS Phosphore.. . . . 0.33- } 22.94 SOU RIRE RE 0.6S | Torar.. . 100.0 10000 : 100.00

Comme on le voit d'après les chiffres de ces analyses, la composition de l’albumine est bien connue, car les différences trouvées, surtout dans les deux dernières, sont de celles qui peuvent être attribuées à un mode opératoire un peu différent et qu'on considère comme négligeables. J'ajouterai que MM. Dumas et Cahours ont été amenés

par leurs analyses à considérer comme ayant la même composition les albumines des sangs d’homme, de bœuf, etc.; du blanc d’œut et de la farine. M. Wurtz fait remarquer que dans ses analyses nombreuses de l’albumine il a toujours trouvé 0,4 à 0,5 de moins de carbone que MM. Dumas et Cahours et que cette différence s’est montrée d'une manière trop constante pour qu’on puisse l'attribuer à une erreur d'analyse.

Mais, par quelle formule cette composition de l'albumine doit-elle être représentée ? Sur cette question les chimistes ne sont pas d'accord. C'estque lalbuwmine formant avec certains sels des combinaisons solubles dans un excès d’albumine et dans un excès de sel, combinaisons que jusqu'alors on n'a pu obtenir cristallisées et donton ne peut être parfaitement sûr de la pureté, quelques chimistes ont avancé que l’albumine n'est pas un corps défini, et que comme tel il ne peut former de composés définis.MM. Robin et Verdeil la considérant comme corps formant partie de l'organisation animale prétendent même que son étude appartient surtout à l'anatomie. Ils s'appuient surtout sur ce que lalbumine se présente sous des états très-divers, très-facilement variables, ce qui ne peut être le fait d’un corps de composition stable. Mais l'albumine n'étant pas un corps organisé, la chimie a le droit de s'emparer de son: étude, et si on parvient à la faire entrer dans des combinaisons possédant invariablement les mêmes caractères, se formant toujours dans les mêmes circonstances, on en pourra conclure que l’albumine a son poids moléculaire, comme la quinine, l’urée, etc. Mülder, chimiste hollan-

dais qui a fait de remarquables travaux sur l’albumine, lui donne pour formule :

(C“HS! Azs OÙ) + Ph $°

d’après les résultats de l'analyse du composé qu'il ohtint en précipitant un protéale alcalin par l'azotate de plomb.

Millon en faisant agir le chlore sur lalbumine à formé une combinaison à qui il a trouvé la formule :

CH A7 OECIO®

Les formules que Liebig, Dumas et Cahours assignent à l'albumine sont un peu différentes de celle de Mülder.

L'iodure double de mercure et de potassium qui a pour formule Hgl. KI formant avec ?’albumine en solution acide un précipité insoluble dans un excès de sel mercariel, comme dans l’eau suffisamment acidulée, je l'analvsai pour voir quel équivalent de lalbumine on pourrait en tirer. Les chiffres que je trouvai sont très-voisins de ceux donnés par Mülder, de sorte que je suis porté à croireque si l'équivalent de l’albumine n'est pas encore définitivement fixé, des analyses nombreuses des composés albumineux ayant par leur insolubilité le plusde chancesd'’être définis ne pourront manquer de fixer la science sur ce point délicat. Voici la méthode que j'ai suivie pour cette analyse :

Dans une solution d’albumine acidulée par l'acide acétique, j'ai versé un excès d'iodure double de mercure et de potassium. Il s’est formé un précipité qui fut lavé avec ie plus grand soin d'abord avec de l'eau acidulée, puis

tr —

avec de l'eau simple. Les premiers lavages avaient pour bui d'enlever l'excès d’iodure double; ceux avec l’eau distillée, l'acide acétique. Mais comme le précipité est soluble dans l’eau non acidulée ou du moins qui ne l’est que très-peu, quand 1l a commencé à se dissoudre, ce qu'on reconnait à ce que le sel mercuriel troubleles eaux delavage, je me suis arrêté. Le précipité a été desséché à 50° environ. Caleiné 1] ne laissait pas de résidu : donc il ne renfermait pas de potassium. L’iode et le mercure y étant décelés par leurs réactions ordinaires, je n’avais donc à y doser que ces deux corps, ce que je fis de la manière

suivante : |

2 grammes ont été dissous dans l’eau régale, où ils ont été soumis quelques instants à l'ébullition. La liqueur acide à ensuite été saturée par la polasse, puis acidulée avec l'acide chlorhydrique. Après l'avoir filtrée, je l'ai traitée par l’hydrogène sulfuré, et comme le préeipité de sulfure de mercure était mélé de soufre, je l'ai repris par l'eau régale à froid. La dissolution mercurielle étendue d'eau, saturée par de la potasse et ensuite acidulée, fut comme auparavant précipitée par l'acide sulfhydrique. Le sulfure de mercure exempt de soufre pesait 48 centigrammes.

Pour doser l'iode, je pris 2 grammes du même précipité sec que je fis bouillir quelques minutes avec de l’eau distillée contenant 4 grammes de potasse exempte de chlorures. Le tout fut ensuite évaporé et calciné. Le produit de cette évaporation fut dissous dans de l'eau. sursaturé avec de l’acide nitrique étendu el ajouté peu à peu, et précipité par un excès de nitrate d'argent ; J’y fis

A ensuite passer un courant d'acide sulfureux pour détruire l’iodate qui s’était formé. L’iodure d'argent pesait 58 centigrammes. | ,

Or 0%,18 de sulfure de mercure correspond à 0,155 de mercure, et 0,58 d'iodure d'argent à 0,21 d’iode. Mais 05,155 Hg et 0,91 I sont assez sensiblement proportionnels aux équivalents 100 et 127 (car pour 0,21 d’iode il faudrait 0,16,4 de mercure), pour qu’on puisse admettre que la combinaison Hg I existe dans le précipité soumis à l'analyse. Si de 2 grammes on retranche le poids de l’iodure de mercure (0,21+0,164—0,574), le reste représentera le poids de Palbumine ou 1,636.

La composition élémentaire de l'albumine étant connue, j'ai pris pour base de mon calcul les chiffres donnés par l’éminent professeur de l’École de médecine et j'ai trouvé :

CESH Az 05, He.

Or rien ne défend jusqu'alors de dédoubler cette formule etde lécrire” |

9 (CH Az° 01). Het,

qui est assez voisine de celle de Mülder.

Page 1