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Nous ferons remarquer seulement que la moyenne de l'urée (15 gram.), d'après ML Becquerel, est de 28 à 33 pour 1250 gram. d'urine, d'après le plus grand nombre des auteurs.
L'urine peut être altérée par le fait de la variatiou des proportions normales de ses éléments, mais elle peut l'être aussi par la présence de substances diverses qui, bien que préexistant dans ic sang, ne passent pas habituellement dans l'urine : tels sont, le sucre, la graisse, l'albumine, la fibrine. Nous n'avons à nous occuper ici que des urines albumineuses.
L'albumine peut se montrer dans l'urine dans des conditions très diverses.
Dans les urines chyleuses. En pareil cas, ou trouve, d'après M. Becquerel, des globules analogues ou semblables à ceux du sang , solubles comme eux dans l'acide acétique ; une certaine quantité d'albumine ou de fibrine et une matière grasse qui, disséminée dans toute l'étendue du liquide, lui donne l'apparence, émulsive propre à de telles urines. Dans l'urine grasse qui a une apparence émulsive, la graisse vient à la surface l'éther sulfurique dissout la graisse, et l'urine redevient claire; on y voit, à l'aide du microscope, une multitude de globules graisseux de dimensions variées. Ces urines ont été particulièrement étudiées par Bencc Jones [loc. oit.). Le pus dans les urines transmet à ce liquide une certaine quantité d'albumine ; l'urine en pareil cas est trouble, et l'on y découvre, au microscope, des globules de pus nombreux.
Le sang dans l'urine entraîne également une certaine quantité d'albumine due à la présence du sérum. L'urine alors prend une teinte sanguinolente, elle est alcaline, et l'on y voit, à l'aide du microscope, les globules du sang.
L'albumine peut se trouver dans des urines présentant toutes les apparences possibles, et chez des gens qui n'offrent aucun phénomène morbide, mais c'est dans la maladie de Brighton la néphrite albnmineusc que la présence de l'albumine dans l'urine est un fait général, constant, qui ne présente pas d'exceptions. Les mines, dans la néphrite albnmineusc, contiennent presque toujours du sang en petite quantité, principalement dans la forme aiguë. L'urine
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prend alors une teinte brune. Les globules sanguins, vus au microscope, ne sont presque jamais intacts, ils sont déformés, dentelés; on voit aussi dans ces urines un détritus amorphe brunâtre, qui donne à ce liquide l'aspect du bouillon sale. Quelquefois les urines présentent cet aspect pendant tout le cours de la maladie.
Un caractère qui se rencontre fréquemment dans l'urine albumineuse, et sur lequel insistent MM. Becquerel et Rodier, est le suivant : ces urines sont anémiques, c'est-à-dire pauvres en principes chimiques ; leur couleur est pâle verdàtre. La densité de ces urines est notablement diminuée et varie souvent entre 1006,300 et 101/i,700 (moyenne, 1011, 3/i0). Ce caractère a été signalé dès l'origine par Bright, Christison, et a été l'un des premiers sigues physiques bien connus de l'albuminurie. Le microscope permet de voir souvent, dans l'urine albumincuse, des corps utriculés ou cylindriques provenant des tubes urinifères. On en distingue, d'après Lehmann {Chimie physiol.), trois espèces. Les uns sont composés de l'enduit épithélial des tubes de Bellini, sur les parois desquels les petites cellules, avec leurs noyaux, apparaissent groupées comme des l'ayons de miel ; on les observe le plus ordinairement à Vorigine de la maladie de Bright et dans la période de desquamation des érysipèles et de la scarlatine. Les autres sout formés d'une exsudation d'apparence récente et ordinairement granulée, dans laquelle on peut trouver plus ou moins de sang ou de globules de pus. La troisième espèce se présente sous forme de tubes transparents, souvent difficiles à apercevoir, à cause même de leur transparence. Ils sont formés de fibrine coagulée pure. On distinguera les urines contenant du sperme (pollutions) à la présence des spermatozoïdes.
Les différentes méthodes employées pour déceler la présence de l'albumine dans l'urine sont fondées sur le fait de la coagulation de l'albumine par la chaleur, l'alcool ou l'acide azotique. II faut y ajouter la polarimétric. Tandis que l'albumine normale est coagulée parla chaleur et l'acide nitrique, l'albumine casciforme donne par cet acide un précipité soluble dans un excès d'acide, èl
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l'albmninose n'est coagulée ni par la chaleur ni par les acides ; elle n'est coagulable que par le tannin, l'alcool, la créosote.
La chaleur est un excellent moyen de déceler la présence de l'albumine, qui se coagule à + 65°. Néanmoins il est préférable de porter la chaleur jusqu'à l'ébullition du liquide. L'alcalinité de l'urine peut masquer la présence de l'albumine, il n'en est plus de même si l'urine est neutre. Il peut aussi arriver que la présence d'une petite quantité d'acide phosphorique ou nitrique (Rayer) empêche la coagulation par la chaleur.
L'acide nitrique précipite l'albumine, mais il précipite aussi de l'acide urique, qu'il faut distinguer ; ce produit se redissout par l'action de la chaleur ou l'addition d'un peu d'acide nitrique. Les urates se dissolvent à ZtO°. Il est donc utile d'employer à la fois la chaleur et les acides dans la recherche de l'albumine.
V alcool peut aussi servir à reconnaître l'albumine dans les urines et même l'albuminose, mais il a l'inconvénient de précipiter aussi le mucus et les sels.
Le polarimètre-albuminimètre imaginé par M. A. Becquerel est une modification de l'appareil de Milscherlich, lequel est fondé sur les mêmes principes que le polarimètre de M. Biot, c'est-àdire la mesure de la rotation directe (1). Nous ne donnerons pas ici la description de cet appareil , nous en indiquerons seulement les résultats. Les déviations observées étant proportionnelles aux quantités d'albumine du liquide, on en déduit que chaque minute correspond à 0gr,180 d'albumine pure. Si l'on veut calculer la quantité d'albumine que contient un liquide, il faut multiplier le nombre de minutes indiquant la mesure de la déviation à gauche par le nombre 0gr,180. Le résultat est la quantité correspondante de l'albumine.
La quantité d'albumine excrétée varie, mais peut cependant être appréciée et ramenée à des chiffres moyens. La valeur de la proportion plus ou moins grande d'albumine sera appréciée ailleurs.
(1) Becquerel, Recherches physiologiques et pathologiques sur l'albumine du sang et des divers liquides organiques (Archives générales de médecine, 1850, p. 52, t. XXII).
D'après Frerichs (1), la quantité do l'albumine dans l'urino \arie de 2,5 à 15,0 pour 1000. La perte d'albumine dans 1rs vingt* anatre heures est, dans quelques cas de maladie de Brigbt, de 6 à 1 2 gramm. Voici les chiffres du docteur Frerichs, d'après plusieurs observations : 2,7/!, kj% 3,30, 5,96, 6,10, 6,34* 11,80, 1 3,75, 15,02. M. Becquerel a trouvé : 2,5, 2,6, 3,4. 5,9 ; le docleur Scl.midl 0,20, 11,0, 12,5, 12,70, 23,8. Nous reviendrons plus loin sur celte question.
La quantité de l'urine est très diminuée dans certaines formes de la maladie de Bfight La moyenne serait, en pareil cas, d'environ 700 grammes (Becquerel, Martin-Solon, Frerichs).
La diminution de la quantité d'urée dans les urines albumincuses a été constatée , et paraît être un des caractères habituels de certaines formes de la maladie de Bright. Dans ces cas , l'urée se trouve en quantité plus considérable dans le sang (urémie). Celte diminution est très variable. On ne saurait donner le chiffre exact de ces variations. Si l'on s'en rapporte aux tableaux de M. Becquerel, qui n'a, il est vrai, analysé les urines que dans peu de cas, la proportion de l'urée aurait été , dans l'état sain , d'environ 17 pour 1000, et, chez les albuminuriques , de 11 à 6, 8 et 5 par 1000. Celte proportion peut varier considérablement suivant les conditions morbides.