‹ De l'alcool au point de vue toxicologiqueChapitre 9 sur 13 · IT · texte numérisé non relu

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Du traitemeént.— Nous allons parler dans ce chapitre des traitements divers employés contre l'ivresse et l'alcoolisme.

Le traitement de l'ivresse consiste à provoquer le vomissement quand l’absorption n’est pas encore faite. On emploie ensuite l’huile seale onu mélangée d’éther. Si l'absorption est faite, on use de stimulants, le café, les aspersions d’eau froide ou vinaigrées, les sinapismes, l’acétate d’ammoniaque que, d’après Massuyer, de Strasbourg, on devrait employer dans les proportions de un demi-gros à deux gros pour six onces

Le d’eau. M. Mérat de Liens préconise les sangsues. Le plus souvent on laisse à la nature le soin de guérir cette Imtoxication et au temps le soin d’en effacer les traces.

Dans l'alcoolisme, les médicaments varient suivant les formes que prend l’empoisonnement: ce sont dans quelques cas des stimulants comme ci-dessus, café, thé ; des amers, des laxatifs, la noix vomique, l’hydrothérapie.

Magnus Huss aemployé l’huile empyreumatique de pommes de terre, le camphre, l’assa-fœtida, l’arnica, le phosphore. M. Mercé a employé l’oxyde de zinc. M. Launay préfère la digitale.

C’est aussi l'opinion du D' Jones de Jersey qui dit avoir guéri plus de 60 cas de delirium lremens avec la digitale seule, mais employée à dose véritablement effrayante. Il donnait 15 grammes en une seule fois; 4 heures après, il administrait la même dose; et si, au bout de 6 heures, le sommeil ne survenait pas, il en donnait encore 8 grammes. Une pareille tolérance ne peut s’expliquer que par une propriété particulière à un tel cas pathologique.

Le plus souvent les remèdes sont inutiles; le malade atteint dans ses facultés intellectuelles et physiques reste, malgré tout, un être inutile dans la société, encombrant les hôpitaux et peuplant les prisons.

Aussi, devant cette impuissance de la médecine, les savants, les légistes, les philanthropes de tout temps et de tout pays, ont-ils essayé d’opposer une barrière à la marche ascendante des maux produits par l’abus des liqueurs fortes.

Un édit de François [®, déclarait déjà en France que quiconque serait surpris en état d’ivresse, pour la première fois, serait retenu prisonnier et mis au pain sec et à l’eau; à la deuxième fois, il serait de plus battu de verges et du fouet ; à la récidive, il devait être fustigé publiquement; enfin, s’il retombait encore et paraissait incorrigible, il devait avoir

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les oreilles coupées et être frappé du bannissement. La loi

était cruelle, elle n’eut pas plus d’effet pour cela. En Angleterre, on punit l'ivrogne d’une amende, en même temps que des sociétés de tempérance, établies sur une grande échelle, travaillent à son relèvement. C’est là aussi un système employé en Suisse, où la société de la Croix-bleue, digne sœur de la Croix-Rouge, poursuit l’établissement de cafés où est interdite toute boisson alcoolique. Mais malgréses efforts louables, l’œuvre n’a pas été couronnée de succès. Les Suisses mangent toujours leur soupe au Schnaps et dans le seul canton de Berne, il existe 12000 distilleries. Le district d’Aarberg a un alambic par 30 habitants. Dans lecanton de Neufchâtel, sur. 1000 décès, 11 seraient produits par l’abus de l’alcool.

En Suède, en Russie, en Pologne, le remède employé est tout autre. Il est bon, pour en comprendre la portée, de savoir que, dans ces pays, on s’enivre presque exclusivement avec des alcools de grains dont on n’a pas séparé lalcool amylique, ni les huiles infectes qui s’y trouvent. Pour guérir l’ivrogne, on s’en empare, on l’enferme et son eau, son pain, tous ses aliments sont assaisonnés à l’huile nauséabonde retirée de l'alcool de grains. Il paraît qu’au bout de quelques jours de ce traitement, le malade ne veut approcher de sa bouche même l'alcool qui a le parfum de ces huiles. M. Bouchardat qui rapporte ce curieux remède croit, avec raison, que les cures amsiobtenuesne sontpas aussi nombreuses qu'on veut bien le dire.

De nos jours, en France, on a cherché à arrêter l’ivrognerie en édictant contre elle la loi connue sous le nom de

doi Th. Roussel (1875), mais cette loi est tombée en désué-

tude, ne produisant pas les résultats attendus. Au congrès international d'hygiène de Genève, les membres du Congrès ont envisagé cette question au point de vue économique et

ICONE social. On a constaté que le Danois consomme annuellement 95 litres d'alcool, le Russe 16, le Belge, l'Allemand de 9 à 10 ; le Suisse, l'Anglais, l'Américain de 6 à 8 ; le Français, 5.

M. Alglave, professeur à la Faculté de Droit de Paris, demanda que la vente des alcools destinés aux usages élémentaires fût monopolisée par l'Etat, réforme qui, fructueuse pour celui-ci, serait une protection pour la santé publique, les alcools livrés aux détaillants étant contrôlés et analysés. Ce projet n’a pas été essayé.

Selon nous, le meilleur moyen d’enrayer l’ivrognerie et de diminuer les effets funestes de l’empoisonnement chronique serait en prenant le mal par la racine, de dégrever les liqueurs toniques et fortifiantes comme le vin, de mettre au contraire, une surtaxe considérable sur les alcools, tout en exigeant le sammum de pureté que peut leur donner l’industrie ; modifier les mœurs par une saine et forte moralisation, répandre à pleines mains l'instruction et la lumière, s'adresser à l’enfant pour faire de l'hygiène préventive.

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