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Cœur mou, surchargé de graisse à la surface, dans les Magnan. y
portions droites ; péricarde laiteux par places ; parois jaunâtres à droite, d'un jaune brunâtre à gauche.
Poumons normaux, sauf une faible injection à la base des deux côtés, mais pas d'hémorrhagies; les portions injectées crépitent et surnagent.
Reins jaunâtres dans toute la couche corticale.
Foie uniformément jaunâtre dans toute son étendue.
Parois de l'estomac épaissies ; muqueuse violacée, boursouflée, ulcérée au niveau de la grande courbure dans une étendue de 10 centimètres environ; au pourtour de l'ulcération, infiltrations sanguines et légères ecchymoses.
Le cœur, le foie, les reins, examinés au microscope, accusent un degré déjà avancé de dégénérescence graisseuse.
Il faut noter ici Faggravation dés symptômes physiques et intellectuels après l'émission sanguine accidentelle qui s'est produite au second jour; et, sans accorder une trop grande importance à ce fait, il fournit néanmoins un certain enseignement, au point de vue de l'emploi des saignées dans le delirium tremens^ médication, du reste, presque abandonnée de nos jours.
Il est utile de remarquer encore l'indépendance assez tranchée qui s'est manifestée entre le tremblement des bras et des jambes que l'on retrouve chez les alcoolisés ordinaires, et les frémissements musculaires avec secousses et soubresauts tendineux, satellites habituels des cas graves ; le tremblement, en effet, chez notre malade, avait presque entièrement disparu vers le troisième jour, tandis que le frémissement musculaire a persisté en s'exagérant jusqu'aux derniers moments de la vie.
Enfin, l'injection considérable de la moelle contrastait si bien avec l'état presque normal du cerveau, qu'on ne peut s'empêcher de rappeler la prédominance des troubles moteurs sur les troubles intellectuels.
Observation XVI. — T... Pierre, 40 ans, marchand de charbon, ayant depuis longtemps des habitudes alcooliques et dont les facultés s'affaiblissaient déjà, est pris le 26 février d'un accès de delirium tremens. Porté à l'Hôtel-Dieu, il est transféré à Sainte-Anne le 28 février 1873.
Mars. Agitation violente, hallucinations : il aperçoit des hommes, des femmes, des soldats qui veulent le fusiller; il voit des sabres, des armes de toute sorte ; on le menace, on veutl'empoisonner, l'assassiner. Tremblement des membres.
Pouls 56. T. R. 39°,2 ; soir, même état.
Pouls 56. T. R. SS^S.
2 mars. Agitation, loquacité, hallucinations. Pouls 60. T. R. 39°, 2 soir ; pouls 56. T. R. 39°,2.
3 mars. Hallucinations, loquacité, reste levé, marche dans tous les sens.
Pouls52. T. R. 38°,6.
4 mars. Hallucinations, cris, idées d'empoisonnement, idées bypochondriaques, léger tremblement ; secousses dans les membres.
Pouls 56. T. R. 40".
Soir. On ne peut compter le pouls à cause des mouvements ■ du malade. T. R. 37°,8.
Le 5 mars. Excitatian, loquacité, tremblement moindre, mais secousses et frémissements musculaires.
Pouls 80. T. R. 40°, 1.
Soir. Pouls 84. T. R. 40°,4.
Le 6 mars. Affaissement, refroidissement des extrémités, cyanose commençante; hallucinations, propos incohérents. Mouvements fibrillaires ; frémissements dans les muscles.
Pouls 76. T. R. 40°.
4 heures du soir. Pouls 84. T. R. 40°,4.
1 heure du matin. Cyanose, asphyxie; 60 respirations, pouls ft)8. T. R. 42°, 4 ; mort à 4 heures du matin.
A l'autopsie, épaississement avec infiltrations sanguines dans les méninges; piqueté de la couche corticale après l'ablation de la pie-mère qui happe légèrement.
Dégénérescence graisseuse du cœur, du foie, des reins. Épaississement des tuniques de l'estomac ; vive injection de la muqueuse.
Fig. 3. — T. PIERKE, 40 ANS, MARCHAND DE CHARBON, ENTRÉ A SAINTE-ANNE LE 28 FÉVRIER 1873.
Dcliriiim trcmens fébrile.
Jours