‹ De l'alcoolisme des diverses formes du délire alcoolique et de leur traitementChapitre 8 sur 25 · DATES · texte numérisé non relu

DATES

Observation XVII. — Habitudes alcooliques. — Vm blam.

— Absinthe. — Attaques épileptiques. — Delirium tremens fébrile. — Tremblement, frémissements et secousses musculaires. — Autopsie. — Injectionet hémorrhagies desméninges cérébro-spinales ; dégénérescence graisseuse des organes. — L analyse chimique révèle la présence de l'alcool dans le foie et dans le cerveau.

— Cessation des excès trois jours et six heures avant la mort.

L... Jules, 24 ans, garçon marchand de vins, habitué à boire, faisait des excès plus nombreux depuis trois ans, il prenait du vin blanc et quelquefois de l'absinthe. Dans les derniers jours qui ont précédé son entrée à l'Asile, il avait fait plusieurs débauches, avait été renvoyé de son magasin et, la veille du jour de sa séquestration, était tombé dans Tescalier, surpris par une attaque d'épilepsie.

A son entrée le 19 septembre, il est très-agité, loquace, sans cesse en mouvement; il aperçoit des insectes, des individus armés qui veulent le frapper, il entend ses parents, etc. Visage altéré, yeux injectés, langue humide, peau chaude e^ couverte de sueur, pouls large, dépressible, fréquent; tremblement des bras, des jambes, avec frémissements des muscles de la face.

Traitement : Lait; bouillon ; deux pots de limonade citrique.

La nuit est très-mauvaise, les hallucinations ne laissent pas un instant de repos.

Le 20 septembre. Les hallucinations et le délire continuent. L... cherche et repousse, sans cesse, des insectes; il enroule les couvertures en paquet et veut par-tir ; il parle avec ses amis ; en l'interpellant, on obtient quelques réponses, mais son attention ne tarde pas à être détournée par les hallucinations. Sueurs abondantes, frémissements musculaires avec secousses par moments, dans les membres et la face; tremblement des bras et des jambes; un peu de faiblesse musculaire, démarche chancelante.

Pouls 80, large, régulier. T. R. 39°. Rien du côté de la poitrine. Urines albumineuses.

Dans la matinée, attaque épileptique suivie de stupeur pendant un quart d'heure environ.

Traitement : Lait; bouillon ; eau vineuse ; deux pots de limonade citrique ; trois potages.

21. Persistance des hallucinations; faiblesse très-grande; station debout difficile ; tremblement des membres, plus accusé aux bras, frémissements et quelques secousses par moments; peau chaude et baignée de sueur; pouls régulier, fréquent, cédant sous le doigt.

Les urines restent albumineuses. Môme traitement.

Vers deux heures de l'après-midi L... est affaissé, dans un état de résolution qui ne lui permet pas de s'asseoir dans le lit; il marmotte quelques paroles incohérentes, parle de ses patrons, de ses amis, de bouteilles, de bouchons. Le tremblement et le frémissement persistent dans tout le corps, mais, ils sont plus faibles. Le pouls est fréquent, petit, dépressible. La peau est légèrement moite .

Vers minuit, un quart d'heure après lui avoir donné à boire, le veilleur, en approchant du lit, le trouve mort, sans qu'il Tait entendu remuer ou se plaindre.

Autopsie, 30 heures après la moi^t. — Injection vive des méninges ; hémorrhagie de 6 centimètres d'étendue, étalée en nappe au-dessus du feuillet viscéral de l'arachnoïde, à la surface de l'hémisphère droit; à gauche, et disposé de la même manière, petit épanchement moins étendu. Teinte rosée et infiltration de la pie-mère et de l'arachnoïde sur la convexité des hémisphères ; à la base, ces membranes sont minces, transparentes, presque comme dans l'état normal. Elles s'enlèvent facilement, sauf à la partie antérieure des deux lobes frontaux où elles happent légèrement à la couche corticale, qui est d'un rose lilas à ce niveau; sur le lobe sphénoïdal gauche elles adhèrent dans une très-faible étendue. Toute la surface de la couche corticale offre une teinte lilas qui est plus foncée vers les parties antérieures. Les portions grises des parties centrales offrent également une coloration plus foncée.

Les coupes ne montrent de foyer en aucun point.

La protubérance et le bulbe sont injectés.

Les méninges rachidiennes d'un rouge foncé sont infiltrées et présentent par places soit au-dessus du feuillet viscéral de

l'arachnoïde, soit au-dessous, dans l'épaisseur de la pie-mère, de petits caillots noirâtres.

Les coupes de la moelle font voir une injection très-accusée de la substance grise.

Reins volumineux; couche corticale jaunâtre.

Foie un peu gros, d'une teinte jaunâtre plus accusée en quelques points.

Rate normale.

Poumons noirâtres, congestionnés; crépitant et surnageant; cœur chargé de graisse, mou; les parois offrent, par places, une teinte d'un brun jaunâtre.

La muqueuse stomacale est infiltrée de sang en deux endroits au niveau de la grande courbure, dans l'étendue d'une pièce de cinquante centimes.

L'analyse chimique, pratiquée comme dans le cas précédent, a démontré la présence de l'alcool dans le foie et dans le cerveau et en a fait reconnaître des traces dans le poumon. On n'a rien obtenu avec le sang malgré le soin apporté à l'analyse.

L.... Jules faisait surtout des excès de vin blanc et prenait quelquefois de l'absinthe ; il a présenté deux attaques d'épilepsie, l'une la veille de sa séquestration, l'autre le lendemain de l'entrée à l'Asile ; cette dernière a été suivie de stupeur pendant un quart d'heure. Le délire s'est présenté avec ses caractères habituels ; mais le tremblement était ici étendu à tout le corps, et s'accompagnait de frémissements et de secousses musculaires fréquentes, qui dénotaient une vive irritation de la moelle.

Bientôt s'est montrée une faiblesse générale sans disparition des autres troubles de la motilité, et le malade s'est éteint brusquement sans agonie.

L'autopsie nous montre dans les méninges cérébrospinales des hémorrhagies multiples, disséminées, et occupant pour la moelle toutes les régions; on conçoit la

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gravité de désordres si généralisés, dans des organes aussi importants que la moelle et le cerveau. Ces lésions aiguës expliquent l'existence assez fréquente de l'irritation chronique des méninges aux périodes plus avancées de l'alcoolisme; il est très-probable que, si L... eût guéri de cet accès de delirium tremens^ il aurait conservé une sorte d'épine, qui en l'absence même d-e nouveaux excès aurait pu provoquer des lésions chroniques graves, une pachyméningite et tous les accidents du côté de la motilité et de la sensibilité , qui en sont la conséquence.

L'analyse chimique, en nous signalant la présence de l'alcool dans le foie et dans le cerveau, trois jours et six heures après la cessation de tout excès de boisson, nous montre la nécessité de chercher avant tout, dans ces accès de delirium tremens, consécutifs à de récentes libations, ce qui est le cas le plus fréquent, du moins pour les malades admis dans les asiles, de chercher, disons-nous, à favoriser, par tous les moyens possibles, l'élimination du poison, dont l'action doit être d'autant plus énergique que son séjour est plus prolongé.

JNous donnons l'observation suivante de M. Calmeil, qui nous offre de l'intérêt par l'injection vive et généralisée des méninges cérébro-spinales.

Observation XVIII. — Habitudes des boissons fermentées, contrariélés d'intérêts, attaque à (orme apoplectique à la suite d'un repas copieux, délire furieux pendant quatre jours et quatre nuits, mort au commencement de la cinquième nuit. — Les os du crâne sont injectés intérieurement ; la pie-mère commence à s'infiltrer de sérosité; elle est rouge par plaques ; couleur rose de la substance grise cérébrale et cérébelleuse, nombreux vaisseaux larges et vides dans la substance médullaire, si7îi(s rachidiens turgescents ; les os,.

la dure-mère^ les membranes de la moelle, sont teints par du sang, au pourtour du prolongement rachidien (1).

M. Audry, âgé de 49 ans, né dans le département de Seineet-Oise, marié, débitant de vins à Paris, a contracté depuis peu l'habitude de manger peu et de boire beaucoup ; il n'abusait pourtant pas des boissons excitantes au point de se mettre dans un véritable état d'ivresse. C'est un homme doué d'une très-forte corpulence, très-vigoureusement musclé, et qu'on était forcé de saigner copieusement et très-fréquemment dans le cours de chaque année. Il paraît qu'il contractait assez facilement la diarrhée ; mais les indispositions qu'il était à même d'éprouver l'empêchaient rarement de vaquer aux occupations de son comptoir. Ses facultés intellectuelles sont ordinaires ; son caractère est vif et brusque.

En septembre 1840, contrariétés causées par une décision d'un jury d'expropriation qui a jugé que sa maison doit être démolie pour cause d'utilité publique; mécontentement trèsprononc6den'avoirobtenu,enoutre, qu'uneindemnité qu'il ne trouve pas proportionnée aux pertes qu'on lui fcut subir ; excitation cérébrale entretenue par une ingestion de plus en plus fréquente des liqueurs fermentées dans les voies digestives.

Le 13 septembre, déjeuner copieux oh les convives boivent avec peu de mesure, mais d'où M. Audry revint sans paraître indisposé ni malade.

Cependant, le 14, avant le commencement du jour, M. Audry est frappé tout à coup d'une attaque de congestion cérébrale. Le médecin qui est aussitôt appelé auprès de lui se hâte de lui faire une large saignée^ et les phénomènes apoplectiques ne tardent pas à disparaître; mais, à peine a-t-il été rendu à la connaissance, qu'on voit éclater chez lui les symptômes du plus violent délire.

Cet homme est maintenant assiégé par des hallucinations de la vue et de l'ouïe. Il croit voir et entendre des ouvriers occupés à démolir sa maison, et il se livre contre les personnes qui tentent de le calmer à des emportements furieux. Il se porte même à des actes de la dernière violence contre l'un

(1) Calmeil, Traité des maladies inflammatoires du cerveau, 1859, t. I, p. 224; 36" observation.

de ses parents qui cherche h lui tenir tête et à l'empêcher de se précipiter par la fenêtre : on prend alors le parti de l'allacher sur son lit.

Pendant toute la journée du 14 septembre, loquacité, vociférritions, propos injurieux, menaces, pétulance d'action, efforts pour briser les liens qui servent à le fixer. On applique non sans peine quinze sangsues derrière chaque oreille; on lui donne à boire des tisanes acidulées.

Le 15 septembre, l'exaltation est portée au même taux : on maintient des applications réfrigérantes sur la tête de M. Audry, on entoure ses membres inférieurs de topiques révulsifs ; et on cherche à calmer sa soif par l'usage de boissons nitrées.

Le 17 septembre, les traits de sa physionomie sont profondément altérés ; tous les efforts que l'on fait pour exécuter les ordres des médecins sont de plus en plus impuissants, et, comme on sent à présent l'impossibilité de lutter contre une semblable maladie, M. Audry est amené à Charenlon, où il expire au bout de trois heures. Ses vociférations se sont fait entendre jusqu'à la période de l'agonie, et il n'a pas cessé un seul instant de s'agiter sous ses couvertures en cherchant à briser ses liens.

Autopsie cadavérique . — Les cavités abdominale et thoracique sonttrès-déveioppées ; les bras, les cuisses et les jambes fortement musclés; on aperçoit au pli des bras, au cou, les traces de cicatrices récentes qui indiquent que les déplétions sanguines n'ont pas été épargnées. Le sommet de la tête est le siège d'une vaste infiltration sanguine.

Les os du crâne ne présentent rien de particulier quant à l'épaisseur ; ils sont injectés dans la partie de leur surface qui correspond à la dure-mère.

La cavité droite de Tarachnoïde cérébrale ayant été ouverte la première, on constate sur le lobe droit un étal d'infiltration séreuse très-considérable du réseau de la pie-mère. Du même côté, le feuillet séreux viscéral est soulevé par des plaques de sang qui correspondent à des espèces de sugillalions, d'extravasations de différente largeur.

Sur le lobe cérébral gauche, le tissu de la pie-mère est également le siège d'une infiltration séreuse, mais le lobule

postérieur est comme enveloppé par une sorte de nuage rougeâtre, des filets vasculaires très-rapprochés, et fortement hypérémiés, paraissent contribuer surtout à former ces espèces d'îlots sanguins.

La pie-mère se détache partout facilement du relief des circonvolutions. A droite comme à gauche elle semble épaissie ; la surface du cerveau est généralement unie, ferme, exempte d'érosion, sauf sur quelques places et du côlé droit surtout, où la surface corticale offre comme de toutes petites solutions de continuité très-superficielles.

La consistance de la masse encéphalique ne présente rien d'extraordinaire.

Reflet rosé à peine sensible dans l'intérieur de la substance grise.

Vaisseaux de la substance blanche très-nombreux, très-apparents, mais médiocrement remplis de sang ; sur certains emplacements, néanmoins, la réunion des tubes vasculaires représente des espèces de marbrures rougeâlres à reflets plus vifs.

Le cervelet n'est pas mou, sa substance grise offre sur une foule de points des teintes de couleur lie de vin.

La protubérance annulaire est ferme ; sa substance grise ressemble pour la couleur à celle du cervelet.

Les sinus rachidiens et les veines de la moelle épinièresont tuméfiés et pleins de sang noir. Ce liquide a déteint sur la face des vertèbres et sur les ligaments.

La dure-mère rachidienne est également colorée en rouge par l'action de la matière colorante du sang dans toute l'étendue de sa face ext-erne.

L'arachnoïde rachidienne et la membrane propre de la moelle épinière sont dans les mêmes conditions, quant à la couleur, que la membrane fibreuse et que le tissu des vertèbres.

La moelle épinière n'est point altérée; sa structure et sa coloration ne laissent rien à désirer.

Les deux plèvres costales sont d'une teinte rosée; la plèvre droite donne attache à quelques brides celluleuses anciennes.

Les deux poumons paraissent sains à l'extérieur; la membrane muqueuse bronchique est très-rouge et jusque dans les cellules pulmonaires.

l-iO DU DELIRIUM TREMENS FEBRILlî.

Le cœur, bien que volumineux, n'est pas jugé malade, eu égard au fort développement de tous les autres muscles.

L'oreillette droite contient de volumineux tampons de fibrine; sa couleur est violette.

L'intérieur de l'aorte n'est plus gris ; il est au contraire couleur d'orcanète, et les lavages ne font point disparaître cette teinte violacée.

Le parenchyme du foie est comme grenu et d'un aspect jaunâtre. Lorsqu'on Tincise avec le bistouri, il offre de la résistance et produit l'effet d'un tissu fibreux et condensa.

La rate est très-grosse, très-molle, très-facile à réduire en. une matière liquide composée en grande partie de sang.

L'estomac laisse voir, dans l'épaisseur de ses parois, des bulles de gaz spumeuses; sa membrane musculaire est noirâtre, sa membrane muqueuse molle et facile à détacher avec l'ongle.

Les cryptes des intestins grêles sont gonflées et turgescentes, lactées comme sur les carnivores pendant l'acte de la digestion.

Le reste des organes abdominaux ne s'éloigne aucunement de l'état normal.

Observation XIX. — Vin blanc le matin, excès d'eau-de-vie et d'absinthe. — Pi^emier accès de délire alcoolique remontant à deux ans. — Attaque épileptique. — Deuxième accès , de lirium tremens fébrile. T. R. 40° au moment de Ventrée. — Dyschromatopsie. — Anesthésie plus marquée à droite. — Guérison des accidents aigus. — Persistance des symptômes d'intoxication chronique.

G..., 43 ans, teinturier, fils d'une mère tuberculeuse et d'un père ivrogne qui a fait une tentative de pendaison, a contracté depuis longtemps l'habitude de boire. Mais, depuis quatre ans, ses excès sont plus nombreux; il s'adonne à l'eau-de-vie et à l'absinthe, il boit du vin blanc le matin à jeun. Son caractère a changé, il est devenu sombre, soupçonneux, jaloux, faisant des scènes nullement motivées à sa femme; son sommeil est souvent agité par des cauchemars et des rêves; il perd l'appétit et il est fatigué, le matin, par des vomiturilions pituiteuses, blanches ou vertes, quelquefois striées de sang.

SIGNES ET DIAGNOSTIC. i4l

Il y a deux ans, dans un premier accès de délire alcoolique, il entendait crier, chanter, il voyait les amants venir auprès de sa femme; il apercevait des précipices, des navires sur la mer, des rats, des araignées. Il tremblait à ce moment, dit la femme, de tous les membres.

Depuis cette époque, il a conservé des idées de jalousie, qui se traduisent par des injures, des menaces et parfois des violences. Il y a quinze jours, il a perdu complètement le sommeil, il entendait des individus qui l'injuriaient, voyait des lapins, des oiseaux, des hommes armés de fusils; prétendait qu'on pratiquait des trous à la muraille pour le tuer avec des revolvers. Pour échapper à ses ennemis, il avait soigneusement installé à sa place dans le lit un mannequin sur lequel devaient, désormais, être dirigées les balles qu'on lui destinait. Il y a huit jours, le 3 juin, il est pris subitement d'une attaque convulsive avec perte de connaissance, chute, morsure de la langue et évacuations involontaires.

Il entre à l'Asile le 7 juin. Sans cesse en mouvement, regardant de tous les côtés, portant les mains en tous sens, il est dans une terreur profonde, prononce des phrases entrecoupées, pousse des soupirs, dit des injures, devient tour à tour menaçant, suppliant, et, au milieu de ce désordre, fait comprendre qu'il est condamné à mort, qu'il doit être exécuté, qu'il voit sa femme dans les bras d'un autre homme ; il aperçoit, en outre, des animaux qu'il chasse des mains et des pieds.

Le visage est altéré, les yeux injectés, chassieux, la face couverte d'une sueur visqueuse, les lèvres croûteuses, la langue sèche, les bras et les jambes tremblants, avec des frémissements musculaires qui s'étendent par instants au tronc et à la face. La peau est chaude, la température rectale prise à cinq heures du soir donne 40°, le pouls est serré, petit, 104 pulsations. Les urines ne renferment ni albumine ni sucre.

Traitement : Lait ; bouillon; eau vineuse sucrée.

Potion : Julep gommeux, 400 grammes; extrait mou de quinquina, 4 grammes; sirop d'écorces d'oranges, 30 grammes.

La nuit est Irès-agitée ; les hallucinations sont incessantes ;

d42 DU DELIRIUM TREMENS FÉBRILE.

des sueurs profuses ont exigé deux fois le renouvellement du linge.

8 juin. Au matin, un peu moins d'agitation, mais les hallucinations sont incessantes, il voit des puces, des mouches sur les hras et les jambes, entend des menaces, des injures, etc.

La trémulation générale est moindre, mais le tremblement est encore très-accusé aux bras et aux jambes. Les yeux sont cernés, les sclérotiques injectées et légèrement jaunâtres, la langue est plus humide.

La T. R. donne 38%6; pouls 96.

Même traitement ; trois potages.

Le soir, même délire ; tremblement des bras et des jambes ; secousses et frémissements dans les muscles des membres, et, par moments, de la face et du dos. 100 pulsations. T. R. 39*.

9 juin. Les hallucinations ont persisté toute la nuit; ce matin le malade est plus calme : on veut, dit-il, l'empoisonner, des hommes rôdent autour de son lit; il a vu son enterrement, on disait qu'il était mort. On se moque de lui, on le raille sur la conduite de sa femme. Céphalalgie, étourdissements, tremblement des bras et des jambes. T. II. 38%2 ; pouls 96.

Même traitement; café sucré , 125 grammes ; une côtelette, 3 potages.

Le soir, pouls 100. T. R. 38°, 8.

10 juin. Cinq heures de sommeil pendant la nuit, hallucinations persistantes ; le matin, il répond assez exactement, il croit à la réalité de tout ce qui a fait l'objet de son délire. Il entend encore quelques injures.

Tremblement des mains.

T. R. 38°,4; pouls 84.

Même traitement ; bain.

Le soir. Pouls 84. ï. R. 38%6.

11 juin. Il a dormi une partie de la nuit, mais les hallucinations persistent. Dans la journée il est plus tranquille, mais il conserve des idées de persécution, il est convaincu que sa femme le trompe, que des individus lui en veulent et cherchent à lui nuire. Il a devant les yeux un brouillard blanchâtre qui lui voile les objets, il distingue difficilement les

Pig. 4. — c., 43 ANS, TEINTURIER, ENTRÉ A SAINTE-ANNE LE 7 JUIN 1872.

Delinum tremens fébrile.

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