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couleurs: le rouge est marron, dit-il; mais il est distrait et se prête peu à ce mode d'exploration. >
Pouls 70. T. R. 38».
Traitement : Un pot de limonade vineuse, un pot de tisane de houblon ; café sucré, 125 grammes.
Le soir. Pouls. 68 T. R. 38%2.
12 juin. Sommeil avec des cauchemars ; pas d'hallucinations dans la journée, mais idées de persécutions. Persistance d'un brouillard blanchâtre devant les deux yeux. Le malade a eu une blépharite ciliaire pendant longtemps, et la cornée gauche est légèrement dépolie sur sa moitié externe ; la cornée droite offre sa transparence normale; le fond de l'œil examiné à l'ophthalmoscopene présente d'altérations d'aucun côté, ni œdème péripapillaire, ni infiltration périvasculaire, ni gêne de la circulation veineuse.
La'chromatoscopie rétinienne à l'aide de l'échelle chromatique du docteur Galezowski donne aujourd'hui les résultats suivants : le bleu (n° 10 des tons) paraît violet au malade, le vert parait gris, le vert-bleu est gris foncé ou gris ardoisé, le rouge est cachou brunâtre ; à une deuxième exploration, le rouge est marron, le rose est gris.
L'acuité de la vision est également affaiblie. C... lit à peine des caractères de i millimètre.
Le goût est émoussé, il faut un certain temps pour distinguer le sucre, le sel, placés sur la langue.
L'odorat parait jouir de la sensibilité normale ; l'eau de fleurs d'oranger, le camphre, l'essence de menthe sont reconnus assez rapidement. La sensibilité cutanée paraît obtuse sur toutes les parties du corps.
Douleur de tête; bourdonnements d'oreilles, crampes dans les doigts, faiblesse des jambes.
T. R. 38°; pouls régulier, 76 pulsations.
Traitement : Un pot de limonade vineuse, un pot de houblon sucré; vin de quinquina, 125 grammes. Bain.
16 juin. Les nuits sont meilleures, mais il reste encore quelques hallucinations; il entend prononcer son nom, on lui dit des injures, on appelle sa femme.
Dans la journée, il est tranquille ; parle de ses hallucinations comme de choses imaginaires : il y a, dit-il, quelque chose
de vrai au milieu de tout cela; les idées de persécutions ne s'amendent pas.
La sensibilité à la température paraît normale; les corps chauds et froids sont parfaitement reconnus sur toutes les parties du corps; il y a de l'analgésie, les piqûres d'épingle sont médiocrement senties sur les bras et les jambes. La sensibilité tactile est émoussée, mais, en l'explorant avec l'esthésiomètre, on obtient des résultats beaucoup plus précis, différents pour les deux côtés. En appliquant les deux pointes du compas sur la face antérieure de la jambe droite suivant l'axe du membre, la distance entre les deux pointes doit être portée à 11 centimètres pour que le malade perçoive distinctement le double contact. Si la distance s'abaisse à 9 centimètres, on n'obtient que la sensation d'une seule pointe; en outre si l'on pique simultanément la peau avec deux épingles séparées par une distance de 8 centimètres, le malade ne perçoit qu'une seule piqûre, à la distance de 10 centimètres il en perçoit deux. D'autre part, si on l'invite, les yeux étant fermés, à indiquer le siège des piqûres, il se trompe presque chaque fois; quand il ne perçoit qu'une seule piqûre malgré la présence des deux épingles, il indique comme siège de la piqûre un point intermédiaire aux deux épingles, mais situé d'une façon assez régulière sur la ligne qui les réunit. Quelquefois le doigt se rapproche de l'une des piqûres tantôt de la supérieure, tantôt de l'inférieure sans régularité. Lorsque les deux piqûres sont perçues en même temps, les points piqués ne sont pas non plus exactement indiqués, le doigt va tantôt au-dessus, tantôt au-dessous, mais, en général, dans l'intervalle des deux piqûres.
Sur la face antérieure de la jambe gauche, la sensation des deux pointes s'obtient à la distance de 7 centimètres et demi et la sensation d'une seule pointe malgré l'application des deux, commence à partir d'un écartement de 6 centimètres. En piquantavec deux épingles à la distance de 6 centimètres, on n'obtient également que la sensation d'une piqûre, à la dislance de 7 centimètres, lasensation des deux piqûres commence à être perçue.
Si l'exploration se fait perpendiculairement à l'axe du membre, les distances sont beaucoup plus rapprochées. Ainsi pour Magnan. 10
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la jambe droite, avec un écartement de 5 centimètres, les deux pointes étant placées transversalement (et non plus dans le sens de l'axe), la sensation des deux pointes est très-nette. A la distance de 4 centimètres, on obtient la sensation d'une seule pointe. Pour la jambe gauche, à 4 centimètres la sensation est de deux pointes et à 3 centimètres 3 millimètres, la sensation est d'une seule pointe. Pour les bras, on obtient le même résultat, l'anesthésie est plus marquée au bras droit. En portant les pointes dans le sens de l'axe du membre à la partie antérieure de l'avant-bras droit, l'écartement de 9 centimètres donne la sensation distincte de deux pointes; l'écartement de 7 centimètres et demi donne la sensation d'une seule pointe. Pour le bras gauche, l'écartement de 6 centimètres et demi donne la sensation de deux pointes ; à 5 centimètres et demi, la sensation d'une seule pointe. En plaçant les pointes perpendiculairement à l'axe du membre, on obtient pour le bras droit une sensation de deux pointes à 4 centimètres, et la sensation d'une pointe à 3 centimètres ; pour le bras gauche, la sensation de deux pointes à 2 centimètres et demi et la sensation d'une pointe à un centimètre 7 millimètres. Pour fixer d'une manière plus nette ces différents résultats, nous avons représenté, par des lignes parallèles d'une longueur égale à celle de l'écartement, les différentes distances nécessaires pour percevoir dans la même région la sensation d'une ou de deux pointes.
C... éprouve de la lourdeur de tête presque toute la journée, des étourdissements, des crampes par moments, dans les bras et les jambes, celles-ci ne paraissent pas plus accusées à droite qu'à gauche ; la faiblesse musculaire est générale, mais toutefois un peu plus marquée à droite.
Le malade, en sautant sur le pied gauche, parcourt une quinzaine de mètres assez facilement; sur le pied droit, il saute plus lourdement et se voit obligé de s'arrêter avant d'arriver au but. Au dynamomètre la différence est très-faible entre la main droite qui donne 28° et la main gauche qui atteint 29". T. R. 37° |; pouls 76.
Traitement : Un pot de limonade vineuse, un pot de houblon sucré. Yin de quinquina, 125 grammes.
20 juin. G... dort bien, il se promène dans la journée et
ne semble pas avoir d'hallucinations, mais il est préoccupé, ne parle de sa femme qu'en fronçant le sourcil, et considère comme exactes et vraies ses conceptions délirantes.
Lourdeur de tête, étourdissements, sentiment de faiblesse par moments, toutefois pas de vertiges. Même traitement.
30 juin. L'amélioration se continue. C... reçoit les visites de sa femme avec plus de plaisir, il revient sur tout ce qui s'est passé, et l'on voit qu'il fait des efforts pour rechercher la vérité ; toutefois son esprit conserve encore des doutes non motivés et des idées délirantes qui se font jour dès qu'on le presse un peu.
La tête continue à être lourde, les bras et les jambes sont engourdis, par moments. L'exploration de la sensibilité tactile donne un degré moindre d'anesthésie, mais les résultats généraux restent les mêmes, l'anesthésie est un peu plus accusée du côté droit.
Le 15 juillet, C..., en bonne voie de guérison pour les accidents aigus, est envoyé à la campagne.
Cette observation mérite de nous arrêter sous plusieurs rapports. Nous voyons une attaque d'épilepsie se produire au début du deuxième accès, à un moment où le tremblement n'avait pas encore atteint son plus haut degré d'intensité. Il n'y a donc pas, ainsi que nous l'avons déjà signalé, de relation entre l'acuité du tremblement et les attaques convulsives; ces deux ordres d'accidents appartiennent à des causes différentes. L'attaque d^épilepsie est due ici à l'absinthe, peut-être aussi au vin blanc du matin.
La fièvre que le thermomètre nous a permis de constater d'une façon précise donnait à ces accès de delirium tremens un caractère de gravité tout particulier, que ne désavouaient pas du reste les autres symptômes également intenses. La trémulation de tout le système musculaire, l'altération de la face, l'injection des yeux, l'aspect gé-
néral du malade, faisaient, avec juste raison, redouter une issue funeste ; heureusement, dès le second jour, l'abaissement de la température avec le léger amendement lans les autres symptômes a indiqué une bonne tendance qui ne s'est pas démentie. Nous nous sommes efforcé de soutenir les forces du malade et, aussitôt qu'il a pu prendre des œufs, manger un peu de viande, nous n'avons pas hésité à le nourrir.
L'exploration de la sensibilité rétinienne, au point de vue de la perception des couleurs, a offert également des résultats assez nets, enfin l'exploration de la sensibilité tactile, par la méthode de Weber, nous a permis de préciser, mieux que nous n'eussions pu le faire par les autres moyens, une prédominance de l'anesthésie du côté droit.
Il y a dans cet ordre de recherches encore bien des desiderata ; mais, néanmoins, les connaissances déjà acquises sur les maladies de la moelle, quelques faits aussi relatifs à la pathologie cérébrale, permettent d'espérer que peu à peu la lumière se fera dans cette étude difficile.
Observation XX. — Résumé : A. Victor, 30 ans, graveur sur pierre, adonné depuis plusieurs années aux boissons alcooliques, entre à Sainte-Anne au troisième jour d'un accès de delirium tremens fébrile. A son arrivée, il est agité, trèshalluciné (il voit des barricades, il entend tomber des obns; il aperçoit des voleurs, des animaux; il répond à des camarades, etc.); il présente un tremblement considérable des membres et des frémissements musculaires dans tout le corps. Au bout de quatre jours, le délire s'amende, les hallucinations ne se montrent que la nuit et sont moins nombreuses ; le tremblement a diminué, mais les frémissements persistent dans les muscles des bras, du tronc, des cuisses.
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La température, après avoir atteint 40° f, s'abaisse, oscille pendant douze jours autour du 39° degré, tombe ensuite à 38° et au-dessous, pour devenir tout à fait normale. La défervescence est suivie de la diminution et de la disparition de tous les symptômes physiques et intellectuels et le malade sort guéri de l'Asile.
Parmi les faits de delirium tremens fébrile suivis de guérison, j'ai choisi les précédents, pour montrer deux modes différents de défervescence. Le tracé de l'observation XIX, malade C, représente la marche la plus généralement suivie par la température. La ligne s'abaisse de 40 à 39 degrés, puis elle offre des oscillations descendantes pendant trois à quatre jours entre 39° et 38% pour arriver finalement à la température normale de 37° deux ou trois cinquièmes. Chez le malade A. ..Victor, observation XX, le tracé offre un type plus rare, il présente des oscillations irrégulières et une légère élévation thermique, passagère d'ailleurs, au onzième jour de la maladie, après une marche décroissante de plusieurs jours. Les autres symptômes suivent habituellement la marche de la température et s'améliorent à mesure que la défervescence tend à se rapprocher de l'état normal.
ARTICLE II
BIAGNOSTIC DIFFÉRENTIEL ENTRE LE DELIRIUM TREMENS FÉRRILE ET LE DELIRIUM TREMENS ASSOCIÉ AUX AFFECTIONS INTERCURRENTES ET AUX TRAUMATISMES.
Le delirium tremens fébrile, dégagé de toute maladie intercurrente, caractérisé principalement par la fièvre et