DOSES TOXIQUES VOTENI^ES
par kilog. du poids du corps de ranimai.
Alcools
fermentes
et leurs
dérivés.
Alcool éthylique G«H«0* Aldéhyde acétique G'H*0 Ether acétique.
Alcool propylique GWO.
Alcool butyUque C^H^^O.
Alcool amylique G^H^^O.
Alcool métylique chimiquement pur GH* 0.
Esprit-de-bois ordinaire.
Acétone C^HcQ.
Alcool œnanthylique G'H*«0 Alcool caprylique G®H**0.
Alcool cétylique G^^H^^O.
Iso-alcools. I Alcool iso-propyUque G^H^O
à l'état pur.
Alcools
non
fermentes;
Alcools I
polyatomiques.;
Glycérine G^H^O^
78rà
3fiT90 »
à rétat de dilution
16 50 àlg"^ 60 7«'
SPf 75 à 6g^
2lgr à 9.er 215
8g' 50 à Ogr
L!alcool cétylique, qui est complètement insoluble, fait infraction à la loi précédente. Nous devons noter aussi, à propos de cette loi, que nos expériences n'ont pas embrassé toute la série alcoolique, et que, pour les alcools polyatomiques en particulier, nous n'avons expérimenté que la glycérine.
B. Dans la série monoatomique^ V intensité de l'action toxique dépend : 1® De la constitution atomique des alcools et de leur origine; 2® de leur solubilité; 3^ des décompositions qu'ils
peuvent subir soit à Vair libre^ soit dans r économie; 4" des différents modes d^ administration,
4** Pour les alcools ayant la même origine^ V action toxique est d'autant plus intense que leurs formules atomiques sont plus élevées.
Nous avons à cet égard divisé la série des alcools monoatomiques en trois groupes. Le premier comprend les alcools par fermentation où la progression dans l'action nocive suit d'une façon tout à fait mathématique Taccroissement des formules atomiques. Le second est constitué par l'alcool méthylique, produit de la distillation du bois ; cet alcool est légèrement plus toxique que Falcool étylique quoique cependant sa formule soit moins élevée. Le troisième groupe enfin renferme des alcools que Ton n'obtient le plus ordinairement que par synthèse, comme les alcools œnanthylique et caprylique ; ces substances, ïnalgré leurs formules très -élevées, ne sont pas ou presque pas plus toxiques que l'alcool éthylique.
Au point de vue de cette constitution atomique, nous ferons observer que les iso-alcools qui, tout en ayant les mêmes formules que leurs alcools correspondants s'en distinguent par leur origine et leurs propriétés physiques et chimiques, jouissent cependant de propriétés toxiques équivalentes. C'est là du moins ce que nos expériences ont démontré pour l'alcool iso-propylique comparé à l'alcool propylique.
2** Pour qu'un alcool jouisse de propriétés toxiques il faut qu'il soit soluble ou bien qu'il trouve dans l'économie des substances qui permettent sa dissolution.
Lorsque ces circonstances font défaut, comme pour Falcool célylique, le corps administré devient inofifensif.
La solubiUté des alcools, en rendant plus facile leur pénétration dans l'économie, joue un rôle très-manifeste dans leur puissance toxique. Nos expériences nous ont montré, en effet, que l'on peut augmenter l'action nocive de certains alcools
peu solubles en les mélangeant à des corps qui les dissolvent plus ou moins complètement. Si les alcools œnanthylique et caprylique, par exemple, ne sont pas plus toxiques que l'alcool éthyUque lorsqu'ils sont purs, ils le deviennent bien davantage lorsque, mélangés avec ce dernier, ils pénètrent plus rapidement dans T économie*
3» La présence des aldéhydes et des éthers dans les alcools augmente le pouvoir toxique de ces derniers.
Certains alcools subissent à l'air libre des changements qui modifient plus ou moins profondément leur constitution chimique. Parmi les produits, de décomposition ainsi obtenus se trouvent en première ligne les aldéhydes et les éthers. Nous *«
avons constaté que l'aldéhyde et l'éther acétiques étaient doués de propriétés toxiques spéciales beaucoup plus intenses que celles de l'alcool éthylique dont ils proviennent.
11 en est de même pour l'acétone ; cette substance, que Ton trouve surtout dans les alcools méthyliques, modifie en l'aggravant l'action toxique de ces alcools • '
Sans entrer dans le débat qui s'est élevé entre ceux qui veulent que l'alcool traverse l'économie sans y être altéré et ceux au contraire qui soutiennent que cet alcool subit une combustion plus ou moins complète, nous dirons, tout en reconnaissant l'impossibilité où se trouve la méthode expérimentale de résoudre définitivement le problème, nous dirons que l'examen attentif des phénomènes toxiques déter- minés par l'ensemble du groupe des alcools paraît donner raison aux partisans de la combustion, du moins partielle. Cette combustion, d'ailleurs, est démontrée aujourd'hui pour la glycérine et il est probable qu'elle se produit aussi avec d'autres alcools. Tout en faisant nos réserves sur cette question, nous pensons donc que la décomposition possible des alcools peut entrer pour une certaine part dans leur action toxique.
4* Le mode J^ introduction des alcools dans Véconomie peut
modifier leurs propriétés toxiques.
Dans nos expériences, nous nous sommes presque exclusivement servis de la voie hypodermique ; il nous a semblé que par cette méthode l'absorption s'est effectuée un peu plus rapidement que par l'estomac.