IL — PHÉNOMÈNES TOXIQUES
Considérés dans leur ensemble, les phénomènes d'intoxication aiguë déterminés par les alcools peuvent se diviser en trois périodes : une période (Tébriété ou d^ excitation ; une période de résolution et enfin une période de collapsus.
Ces périodes subissent des modifications dépendant : !<" de la nature de V alcool employé; 2^ de la dose administrée et 3° de la résistance des sujets.
1° Nature des alcools. — Avec les alcools par fermentation les trois périodes de l'intoxication aiguë se succèdent d'une façon régulière, mais à mesure que l'on s'éloigne de l'alcool éthylique, leur caractère est plus accentué, leur évolution plus rapide et on peut voir apparaître quelques phénomènes convulsifs. Dans tous ces cas d'empoisonnement, il se produit un abaissement considérable de la température qui atteint quelquefois jusqu'à près de la moitié du chiffre initial.
L'alcool méthylique comparé à l'alcool éthylique donne lieu à une période d'excitation plus vive ; la résolution et le collapsus et les symptômes toxiques qui les accompagnent arrivent plus rapidement aussi à leur summum d'intensité, mais il faut dire aussi que dans les cas où la dose n'est pas suffisante pour entraîner la mort, ils se dissipent plus promptement. L'abaissement de la température atteint ici les mêmes chiff'res que pour les alcools précédents.
Avec les alcools œnanthyUque et caprylique, les périodes de l'intoxication ne présentent plus leur régularité ; plusieurs
heures après Tadministration du poison, ranimai ne manifeste que de l'inquiétude et sa température s'abaisse à peine de quelques degrés; ce n'est qu'à une période déjà avancée que l'on voit survenir la résolution et le collapsus. Avec ces alcools les phénomènes convulsifs deviennent bien plus constants et sont beaucoup plus accusés qu'avec les précédenis» Mais c'est surtout avec la glycérine que l'on observe des convulsions, convulsions qui se développent sous l'influence du moindre contact. Ce qui caractérise surtout Tempoisonne* ment par la glycérine, c'est que la tencipérature que l'on voyait s'abaisser presque dès le début avec les alcools par fermentation, reste pendant longtemps près de son chiffre normal pour ne descendre et encore que d'une façon peu marquée quelque temps avant la mqrt. Dans quelques cas, même lorsque la dose du poison est considérable, il se produit une élévation de température qui peut atteindre deux à trois degrés au moment où l'animal succombe. *
2^ Dose administrée. — Lorsque la quantité d'alcool administré dépasse de beaucoup le chiffre toxique limite, on voit les phases de Tempoisonnement se succéder avec une telle rapidité qu'il est difficile d'en suivre nettement l'évolution, mais quelle que soit cette rapidité, l'animal n'est jamais foudroyé.
Quand au contraire, les doses n'atteignent pas la limite toxique, les périodes de l'intoxication sont moins accusées et l'animal revenant momentanément à la vie succombe le plus souvent au bout de quelques jours, soit par suite de lésions internes déterminées par le passage des alcools, soit par suite de troubles locaux qui se produisent sous la peau.
3^ Résistance de VanimaL — L'âge de l'animal, son état de santé, sa taille et sa race peuvent influer sur la marche des phénomènes toxiques.
Aux deux extrêmes de la vie, l'alcool est relativement mal supporté, mais c'est surtout les chiens âgés qui succombent le plas rapidement ; ce sont les animaux de un à quatre ans
qui, tontes choses égales d'ailleurs, résistent le mieux à Talcoolismeaigu.
L'état de santé joue aussi un rôle considérable, et dans nos expériences nous ayons vu que chez les sujets qui avaient servi déjà antérieurement ou qui étaient amaigris, les accidents mortels survenaient plus promptement.
Ce sont les animaux de taillé moyenne qui paraissent le mieux supporter les alcools; ceux de petite taille, dits chiens d'appartement, offrent une résistance moindre.
Il aurait été intéressant de rechercher l'influence de la
race au point de vue de l'intoxication alcoolique ; mais nous
ne pouvons malheureusement donner ici que quelques aperçus
à cet égards car le plus souvent les animaux qui nous étaient
^'' ^ livrés n'appartenaient pas à des races pures. Il nous a semblé
cependant que les bouledogues et les boule-terriers, qui paraissaient à priori par leur conformation extérieure présenter une très-grënde vigueur, ne résistaient pas mieux que d'autres chiens de race bâtarde.