‹ De l'alcoolismeChapitre 12 sur 17 · CONSÉQUENCES RELATIVES A L’INDIVIDU ET A L’ESPÈCE · texte numérisé non relu

CONSÉQUENCES RELATIVES A L’INDIVIDU ET A L’ESPÈCE

Ici nous posons des questions qui sont à l’étude plutôt que résolues.

1° L’alcoolisme influe-t-il sur la durée de la vie? — Nous n’avons aucun document, aucun chiffre propre à donner une solution, mais il paraît fort naturel d’admettre qu’une pareille cause doit abréger la durée moyenne de la vie, lorsque l’on songe aux cas de mort subite par l’alcool, à la grande mortalité du delirium tremens suraigu (Delasiauve), à toutes les affections et à toutes les lésions organiques que nous avons décrites.

2° Un seul auteur, M. Morel, a émis l’opinion que l’alcoolisme transmet par hérédité aux entants des tendances morbides particulières. Nous laissons à l’auteur la responsabilité de cette opinion qu’il appuie sur les remarques suivantes :

.< L’idiotie qui se relie par ses causes héréditaires aux tendances alcooliques des parents, offre un sujet d’étude des plus vastes et des plus complexes. Mes recherches sous ce rapport, dit M. Morel (1), coïncident avec celles des auteurs qui ont lait la remarque que la dégénérescence de l’espèce était plus fréquente dans les pays où les parents se livraient à l’ivrognerie chronique. J’ai rattaché à la même cause certains états instinctifs d’individus irrémédiablement frappés dans l’évolution de leurs facultés intellectuelles et affectives, et qui, sans pouvoir être assimilés aux idiots proprement dits sous le rapport physique et moral, apportaient en naissant des dispositions innées pour le mal. » M. Morel ajoute encore que la tendance à l’ivrognerie se transmet héréditairement.

3° L’alcoolisme fait-il dégénérer l’espèce humaine ? C’est une question que nous aborderons dans la troisième partie de ce travail.

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