PHYSIOLOGIQUE
A notre sens, cette question est une des plus importantes à traiter, car elle est en quelque sorte le point de départ et le fil conducteur de toutes les explications, en même temps que la consécration des observations cliniques. Aussi lui accorderons-nous d’assez longs développements.
Nous allons d’abord, par une hypothèse un peu hasardée, indiquer comment on peut comprendre le rôle de l’alcool dans l’organisme; et ensuite, par des observations aussi précises que nous pourrons les trouver, nous dégagerons les faits authentiques, afin de donner aux autres éléments hypothétiques quelque apparence de probabilité. Nous raisonnerons particulièrement sur l’introduction de l’alcool dans l’estomac, nous en suivrons, à priori , la marche dans l’éêonomie, jusqu’à son élimination ou à sa destruction ; nous apprécierons son utilité ou sa nocuité ; et enfin nous indiquerons les principales opinions sur ses qualités comme aliment. Mais, nous le répétons, la première partie de ce chapitre ne contiendra qu’un conspectus imaginaire, dont nous n’accepterons que les points établis par des démonstrations expérimentales.
Absorption «le l'alcool. — On a d’abord nié lJ absorption de l’alcool introduit dans l’estomac. Orfila (1) pensait que les accidents consécutifs à l’introduction de l’alcool en nature dans l’estomac ou dans le tissu cellulaire sous cutané, et dans les poumons, sous forme de vapeur, sont dus à l’action que l’alcool exerce sur les extrémités nerveuses, action qui se propagerait de là au cerveau, plutôt qu’à son absorption.
Si l’on examine le système chylifère, on est également porté à nier l’absorption alcoolique. MM. Bouchardatet San-
(I) Traité de médecine légale , 3e édit., t. III, p. 488.
dras (1) ayant sacrifié, au bout de deux heures, un chien qui avait pris 50 grammes d’alcool à 85 pour 100, dans un mélange graisseux, recueillirent 12 grammes d’un chyle laiteux qui n’avait nullement l’odeur alcoolique et qui ne fournissait point d’alcool à la distillation (lrc expérience). Dans une deuxième expérience, le chyle n’était point alcoolique; le sang l’était faiblement. Dans les expériences suivantes, les observateurs constatèrent d’une manière non douteuse le passage de l’alcool dans le sang, même chez les oiseaux (coqs poules, canards). Quelquefois l’ébriété était remplacée par des phénomènes d’asphyxie, signalée par la coloration violette de la crête des animaux.
D’ailleurs, l’absorption est établie d’une manière évidente par une autre expérience, mais il faut qu’elle ait suivi une autre voie que celle des chylifères. Une poule robuste (3e expérience) reçut dans l’estomac, dans l’espace d’un quart d’heure, 20 grammes d’alcool étendu de son poids d’eau. Peu d’instants après la dernière prise, elle chancela, tomba sur le flanc, sa crête devint noirâtre; elle fut saignée: le sang artériel était noir. Distillé, il avait manifestement une odeur alcoolique; mais la quantité d’alcool était si petite, que la liqueur distillée n’avait pas plus de légèreté que l’eau pure. On ne retrouva dans le tube digestif que 5 grammes d’alcool. « Ce résultat nous prouve, dit M. Bouchard at, que, dans l’espace de vingt minutes, les trois quarts à peu près (15 grammes) de l’alcool ingéré ont été absorbés. » Dans cette expérience si claire et si précise, l’absorption de l’alcool est nettement établie; mais l’auteur insiste sur la rapidité avec laquelle ce corps est éliminé ou transformé. On pourrait objecter à ces recherches que le procédé chimique n’était pas assez délicat ; mais cependant des recherches plus modernes, et faites avec le plus grand soin possible, n’ont pas démontré non plus une grande richesse alcoolique du sang.
Magendie (2) avait constaté l’absorption de l’alcool, et re-
(1) Delà digestion des boissons alcooliques et de leur rôle dans la nutrition { Annales de chimie et de physique , 3e série, 1847, t. XXI, p. 449).
(2) Précis élémentaire de physiologie , 4e édit., t. II, p, 285.
connu que son introduction se faisait par les veines, opinion généralement acceptée aujourd’hui. M. Ségalas (1) est arrivé aux mêmes conclusions.
Quelle que soit l’opinion que l’on admette sur l’état ultérieur de l’alcool, on doit reconnaître qu’il est absorbé par les voies digestives. Peut-être même pourrait- on dire qu’en général il pénètre entièrement par l’estomac. Mais il ne faut pas méconnaître toutefois que les produits alcooliques envahissent l’intestin, en cas de surcharge extrême. « C’est particulièrement dans l’estomac que cette absorption a lieu, dit M. Bouchardat. Quand les boissons alcooliques sont données, soit en grand excès, soit mélangées avec du sucre, cette absorption peut se continuer tout le long des intestins » Et
ailleurs (3e expérience) : « On trouva , de même que dans les expériences suivantes, de l’alcool dans toute l’étendue du tube digestif; mais cela tient, à n’en pas douter, à l’excès de cette boisson (2). »
Avant de suivre la pénétration de l’alcool, nous devons nous demander s’il subit quelque modification chimique dans les voies digestives. Il est assez probable que ce liquide s’affaiblit et se dilue dans les liquides préalablement ingérés, ou à l’aide de l’eau des mucosités dont il provoque la sécrétion. Mais on a pensé qu’il éprouvait une transformation en acide acétique. Cette opinion, exposée d’abord par MM. Leuret et Lassaigne (3), a été de nouveau reproduite par M. Prié (U)\ mais P. Bérard (5) faisait observer avec raison que l’absorption de l’alcool en nature était prouvée par les phénomènes de l’ivresse, et qu’une faible partie de ce corps était seulement transformée en acide acétique.
Avant d’abandonner l’étude des rapports de l’alcool avec l’estomac, nous devons ajouter que ce liquide provoque une
(1) Le sang peut-il être cause de maladies? mémoire lu à l’Académie des sciences, 1825.
(2) Loc. cit., p. 451 et 456.
(3) Recherches physiologiques et chimiques pour servir à l’histoire de la digestion , p. 200.
(4) Considérations sur la digestion des substances animales , thèse. Paris,
(5) Cours de physiologie, t. II, p. 518,
abondante sécrétion muqueuse de ce viscère, et que, selon Magendie, il détermine la coagulation du mucus et de l'albumine!
Si maintenant nous recherchons les effets de l’alcool sur les parois mêmes de l’estomac, nous voyons que l’alcool anhydre enflamme ou cautérise ses membranes; s’il est affaibli, comme dans l’eau-de-vie, il ne produit pas d’effet appréciable, et nous rejetons comme apocryphes ces cas où l’on prétend avoir trouvé l’estomac rapetissé et racorni. Tout au contraire, Morgagni (1) rapporte plusieurs autopsies où l’estomac a été agrandi, comme cela a lieu, dit-il, chez les buveurs.
Nous ne terminerons pas sans ajouter une remarque ingénieuse de M Bouchardat. Chez les buveurs d’eau-de-vie, l’alcool agit en diminuant et supprimant probablement les fonctions d’absorption de l’estomac à l’égard de toute autre substance; il en augmente au contraire les sécrétions: de là les pituites, le dégoût pour les aliments, et l’amaigrissement. Cette observation ne saurait s’appliquer aux buveurs de bière, qui se chargent promptement d’un gros embonpoint.
Circulation de l'alcool. — Ainsi, après avoir admis l’absorption de l’alcool, sans autre transformation notable qu’une production peu abondante, et peut-être hypothétique, d’acide acétique, nous retrouvons l’alcool dans les radicules de la veine porte (vena porta omnium porta malorum). Lace liquide ne coagule pas le sang, comme tendaient à le prouver des expériences faites par injection directe d’alcool rectifié ou anhydre dans L s veines. Des expériences directes, les observations de MM. L. Lallemand, Perrin et Duroy, établissent que le sang extrait de la veine et mélangé avec partie égale d’alcool à 22° (55° G. L.), ne se coagule ni plus promptement ni utrement que le sang pur de tout mélange, et qu’il ne détermine, non plus, aucune modification des globules sanguins. Comment pourrait-on comparer, d’ailleurs, une in -
(1) De sedibus el causis morborum , lettres XXVI et XXV II.
jection instantanée à la pénétration lente et graduelle d’un liquide dans le système veineux.
Donc, le liquide alcoolique pénètre dans les veines et se mélange lentement au sang portai, sans troubler notablement sa composition.
Le liquide sanguin ainsi adultéré pénètre tout d’abord dans le foie; et, suivant une loi pathologique assez générale, il s’y arrête et s’y condense. C’est, si l’on veut, une intoxication locale, un engouement, qui n’a d’autres limites que celles de la porosité de l’organe; aussi verrons-nous de grandes proportions d’alcool retenues dans le foie.
Mais l’ondée circulatoire progresse; après avoir traversé le foie, et toute chargée d’alcool, elle pénètre dans les cavités droites du cœur et dans le poumon. L’alcool va-t-il tout d’abord se brûler et se changer en acide carbonique et en eau? va-t-il se transformer en un produit intermédiaire, l’acide acétique, qui sera éliminé plus loin par les reins, et sous la forme d’un carbonate d’une base quelconque? va-t-il enfin s’oxygéner à un degré inférieur pour produire seulement de l’aldéhyde? C’est là qu’il faut s’arrêter, car, si le champ des hypothèses est vaste, celui de la réalité est étroit. Il est certain qu’une portion d’alcool persiste en nature dans le poumon, puisqu’il s’échappe de cet organe des vapeurs appréciables par l’odeur et par les réactifs chimiques (bichromate de potasse). Il est prouvé, d’un autre côté, qu’il n’y a pas de transformation en aldéhyde. Enfin, le passage de l’ai—
I cool dans la circulation générale est encore démontré par l’odeur alcoolique qu’exhale le cerveau. M. A. Tardieu a vu j un grand nombre de cas où l’odorat était encore le meilleur réactif pour déceler la présence de l’alcool dans la pulpe des centres nerveux, et pour établir le fait de la mort en état d’ivresse. Du reste, l’analyse du sang artériel, faite par les médecins du Val-de-Grâce, ne laisse aucun doute sur la présence de l’alcool dans la circulation générale, puisque le sang d’analyse a été puisé dans les carotides.
Ainsi, la plupart des suppositions que nous avons faites jusqu’à présent sont probables. Il est présumable que l’alcool
ou qu’une portion de l’alcool circule; il est possible qu’à une certaine époque de l’intoxication par l’alcool, tout l’individu vive alcooliquement .
Maintenant on peut supposer que l’alcool porte son action sur les centres nerveux, car il serait impossible de croire que son action s’opère à distance. Ce qui est ici une pure hypothèse, semble démontré par les expériences de MM. Ludger Lallemand, Perrin et Duroy.
Le séjour de l’alcool dans l’économie se prolonge pendant un grand nombre d’heures, car les expérimentateurs que nous venons de citer n’ont cessé d’en trouver dans l’air expiré qu’au bout de huit heures , dans l’urine qu’au bout de seize heures .
Enfin il s’élimine par l’exhalation pulmonaire, par les urines, par la peau. Ici s’élève la question de savoir s’il s’élimine par ces voies en totalité, c’est-à-diré sans être transformé en produits de combustion dans les voies respiratoires. Là est encore la difficulté à résoudre, et nous ne craindrons pas de la signaler aux expérimentateurs que nous venons de nommer. Leur démonstration ne sera complète que quand ils auront pu doser la quantité d’alcool éliminé, et prouver ainsi, mathématiquement, que cet agent est rejeté en totalité et qu’il n’est point un aliment respiratoire. Nous ne sommes pas systématiquement opposé à leur théorie, mais nous ne pouvons nous empêcher de prévoir les objections qui leur seront faites, uniquement parce que le dosage des quantités éliminées est incomplet. En effet, on pourra toujours leur dire : Mais la quantité d’alcool que vous ne retrouvez pas a été consommée, brûlée dans l’organisme; elle a servi à la calorification ; donc c’est un aliment respiratoire. Au reste, nous reviendrons plus loin sur cette question.
Maintenant, après ce récit, un peu hypothétique, des pérégrinations de l’alcool dans l’organisme, il nous reste à établir quelques-uns des faits que nous avons avancés.
MM. Ludger Lallemand et Maurice Perrin, médecins-majors et professeurs-agrégés à l’École de médecine militaire du Valde-Grâce, et M. Duroy, membre de la Société de pharmacie,
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nous ont permis de puiser aussi complètement que possible dans la collection de faits que contient leur ouvrage en voie de publication, intitulé : Du rôle de ï alcool et des anesthésiques dans Uorganisme (1), et nous y faisons les emprunts suivants, relatifs à la présence de l’alcool dans l’organisme. On doit comprendre toute la réserve que nous devons apporter dans l’exposé de ces faits dont nous sommes simplement le narrateur. Mais il aurait paru étrange que nous ne fussions pas au courant des dernières recherches.
Présence de l’alcool dans le sang. — (( NOUS aVOÏlS (2) choisi deux chiens de haute taille, dont le poids total était de 27 kilogrammes. Nous avons introduit dans l’estomac de chacun d’eux, en deux fois, à une demi-heure d’intervalle, 120 grammes d’alcool à 21 degrés, snns mélange d’eau, soit 2^0 grammes. Au bout d’une heure trente minutes ils étaient dans la torpeur de l’ivresse la plus profonde ; mais la respiration et la circulation s’exécutaient convenablement. Alors, chez ces deux animaux, nous avons mis à nu, isolé dans l’espace de 5 centimètres et lié l’artère carotide primitive, après quoi nous avons pratiqué en dessous de la ligature la section du vaisseau dont nous avons dirigé le jet vers un flacon à large ouverture dans lequel nous avons reçu le sang. Ce liquide, d’une couleur vermeille, avait l’aspect et les caractères du sang artériel; il ne présentait à l’odorat qu’un arôme animal, sui generis, sans mélange d’autre odeur. Essayé au papier de tournesol rougi, il donnait une réaction alcaline. Nous avons recueilli en totalité 700 grammes de sang que nous avons traité de la manière suivante. Ce liquide, étendu de son
(1) Nous témoignons ici publiquement notre reconnaissance à MM. Ludger Lallemand, Maurice Perrin et Duroy, pour l’empressement et la bienveillance qu’ils ont mis à nous donner communication des parties déjà imprimées de leur ouvrage. On comprend combien il nous est agréable d’être le premier à faire connaître au monde scientifique les plus importantes parties d’un ouvrage qui n’est pas encore publié et qui est appelé à faire une grande sensation parmi les médecins. Nous exprimerons seulement un regret, celui de n’avoir pu consulter la seconde partie, qui n’est encore que manuscrite.
(2) Du rôle de l’alcool et des anesthésiques dans l’organisme , par MM. Ludger Lallemand, Maurice Perrin et Duroy ; ouvrage sous presse, p. 63 et suiv.
poids d’eau distillée, a été versé dans le ballon de l’appareil distillateur de Gay-Lussac, dont le tube conducteur était entouré d’un réfrigérant recevant un courant constant d’eau à la températurede 0 degré. Le ballon était dans un bain d’eau saturée de chlorure de sodium pour en élever le degré d’ébullition ; le flacon qui devait recevoir le liquide condensé était enveloppé d’un linge arrosé d’eau glacée. Ayant procédé à la distillation, nous avons recueilli un premier produit de 100 grammes que nous avons mis à part dans un flacon a. La distillation au bain-marie exige beaucoup de temps ; mais nous avons tenu à opérer de cette façon , au moins pour recueillir le premier produit. Nous avons continué la distillation, mais cette fois à feu nu, et nous avons recueilli 100 grammes de liquide que nous avons mis dans un flacon b. Le premier produit a était limpide, incolore, et exhalait une odeur sensiblement alcoolique, mêlée d’un léger arôme animal ; nous l’avons versé doucement dans une petite cornue sur 50 grammes de chaux vive divisée en petits fragments.
» Le col de la cornue s’unissait par une allonge à un condensateur entouré d’un linge mouillé et couvert de morceaux de glace; nous avons retiré par la distillation 30 grammes de liquide que nous avons distillé une seconde fois sur de la chaux, et nous avons enfin obtenu 3 grammes 5 décigrammes d’un liquide qui était de l’alcool concentré, comme nous allons le faire voir en décrivant ses caractères.
/> Il était limpide, incolore, sans réaction au papier de tournesol, d’une odeur vive, franchement alcoolique, avec la saveur chaude et caractéristique de i’esprit-de-vin. Une mèche d’amiante, mouillée par lui et approchée de la lumière d’une bougie, brûle immédiatement avec une flamme bleue; on en verse quelques gouttes dans un tube à expérience contenant 2 grammes d’azotate d’argent ammoniacal, on chauffe à la lampe jusqu’à siccité, et l’oxyde d’argent n’est pas réduit.
» On fait dissoudre un petit fragment de potasse dans un gramme du même liquide; on évapore ensuite jusqu’à siccité; le résidu, traité par les réactifs des acétates, ne donne lieu à aucune réaction.
» Le second produit b de la première distillation du sang
était moins limpide que le premier et d’une nuance légèrement ambrée, sans odeur alcoolique appréciable, mais avec un arôme animal empyreumatique. Ce produit, soumis au même traitement que le précédent, nous a donné 2 grammes d’un liquide incolore à odeur franchement alcoolique; une mèche de ce liquide, approchée de la lumière d’une bougie d’amiante mouillée, donna une petite flamme bleuâtre qui s’éteignit très vite. Nous nous sommes assurés par les moyens précités que ce n’était que de l’alcool affaibli. »
Ainsi, la présence de l’alcool dans le sang est démontrée par cette expérience ; mais, comme nous l’avons déjà fait remarquer, la quantité obtenue est singulièrement faible, eu égard à l’énorme quantité ingérée. Nous savons bien que l’absorption n’est pas instantanée, mais cependant, si dans une masse de 700 grammes de sang, le produit n’est que de 5 grammes d’alcool pur, chez deux animaux qui ont reçu dans l’estomac 2â0 grammes d’alcool et qui sont dans la torpeur de l'ivresse la plus profonde, n’est-il pas présumable qu’une partie de l’alcool a été détruite dans l’organisme. Telle est l’objection que l’on sera toujours en droit de faire aux analyses précitées.
Alcool dans le foie. — L’examen chimique des organes qui contiennent de l’alcool en faible quantité, à cause de leur petit volume, se fait, selon les mêmes auteurs, par le procédé suivant, fondé sur une réaction délicate : nous voulons parler de la réduction de l’acide chromique en sesquioxyde de chrome. Nous regrettons de ne pouvoir donner le détail des opérations : en voici le précis.
Le tissu du foie, trituré et mélangéd’eau,estsoumis à l’action du feu; la vapeur qui distille, dépouillée d’eau par l’interposition de corps absorbants, pénètre en définitive dans un tube contenant du bichromate de potasse et de l’acide sulfurique. La propriété de réduction de la vapeur alcoolique change la couleur rouge de la solution chromique en une teinte vertémeraude, produite par du sesquioxyde de chrome.
RACLE
Alcool dans la substance nerveuse de l’axe cérébro*
spinal. — La recherche est effectuée par la distillation, comme pour l’analyse du sang.
Alcool dans les produits de l’expiration pulmonaire. —
L’air expiré pendant plusieurs heures, dans un appareil de condensation très compliqué, a donné des traces sensibles d’alcool ; la présence de ce corps était encore révélée par la réaction sur l’acide chromique. Mais les expérimentateurs font observer qu’une partie de l’alcool échappe toujours à la condensation.
Alcool dans l’urine. — A l’exception de Klenke, qui a trouvé de l’alcool dans l’urine et dans la bile, les physiologistes avaient avancé que les organes sécréteurs, les reins en particulier, n’éliminent pas l’alcool. Or, selon MM. Ludger Lallemand , Perrin et Duroy, de l’alcool a été retiré de l’urine par la distillation (2 grammes d’alcool pur sur 3 litres d’urine). [Rôle de l'nlcool , etc.)
Proportions d’alcool dans le sang et les tissus. -
les mêmes expérimentateurs, les proportions d’alcool sang et les tissus seraient les suivantes :
Si l’alcool pénètre par l’estomac, on trouve :
dans le sang I partie.
dans le foie 6 —
dans le cerveau 2 —
Si l’alcool est injecté dans la veine jugulaire :
dans le sang 1 partie.
dans le foie 2 —
dans le cerveau 2 —
Les différences de quantité dans le foie tiendraient à ce que l’alcool, en pénétrant par la veine porte, se condense et s’accumule plus facilement dans l’organe hépatique que lorsqu’il est introduit dans la veine jugulaire.
Nous avons déjà dit que nous ne sommes que l’historien de ces recherches nouvelles, et que nous ne pouvons, en aucune façon, en affirmer ou en contester la réalité.
— Selon dans le
Rôle de l’alcool dans l’organisme. Est-il un aliment respiratoire? — Cette question est la plus épineuse de toutes, et nous n’espérons pas la résoudre; heureux si nous pouvons donner un aperçu impartial des éléments du débat.
Liebiga, le premier, divisé les aliments en plastiques et respiratoires : dans le premier groupe, il a placé les substances quaternaires ou azotées , destinées à la rénovation des tissus; dans le second, les substances ternaires , non azotées , réductibles, par une véritable combustion, en acide carbonique et en eau, et qui semblent fournir les matériaux de la chaleur animale.
Si cette division est exacte et ne comporte aucune exception , l’alcool , substance ternaire , non azotée , ne peut être qu’un aliment respiratoire. Sa transformation partielle dans le sang, en acide acétique, ne serait qu’une cause de calorification; sa combustion totale dans le poumon serait également une source de chaleur. Là est toute la question.
Mais si, par hasard, l’alcool était éliminé en nature et en totalité, force serait bien de reconnaître qu’il n’est ni aliment plastique ni aliment respiratoire. Or c’est là qu’en sont les termes du débat : la plupart des physiologistes acceptent la théorie du professeur de Giessen, et MM. L. Lallemand, Perrin et Duroy viennent la contester.
Quel rôle pouvons-nous accepter dans une si importante discussion? Celui de simple historien des opinions, car d’autres que nous se sont heurtés aux difficultés de la solution.
! Nous répéterons aux médecins du Val-de-Grâce qu’ils éprou- I veront une résistance invincible à l’introduction de leurs opij nions, tant qu’ils n’auront pas démontré l’élimination inté- I grale de l’alcool.
Quoi qu’il en soit, nous devons dire qu’après avoir montré i l’élimination en nature d’une portion de l’alcool, ce qui est un de leurs principaux arguments, ils s’appuient sur un autre : la non-oxygénation de cet alcool dans le sang, ou, en d’autres termes, la non-transformation en acide acétique et en aldéhyde. Voici un simple aperçu de leurs observations, qui reposent sur des analyses ingénieuses et délicates :
L'acide acétique est recherché de la manière suivante : Le
coagulum du sang est exprimé; la liqueur est réduite et traitée par les réactifs des acétates, savoir, le chlorure ferrique et l’acide sulfurique alcoolisés. Aucune réaction ne s’opère, et d’ailleurs le liquide aussi bien que le sang au sortir des vaisseaux étaient alcalins.
Cette opinion est en désaccord avec celle de MM. Bouchardatet Sandras, qui ont trouvé au sang l’odeur de l’acide acétique. Dans tous les cas, ces auteurs ne croient pas à la persistance de l’acide acétique dans le sang, mais à sa transformation rapide en carbonates, qui seraient éliminés par les urines (Berzelius).
M. Duchek (1) avait cru trouver del 'aldéhyde dans le sang; son absence est démontrée de la manière suivante : les produits de la distillation du sang, l’air expiré, la sueur provenant d’individus ou d’animaux alcoolisés, ont été mis en présence d’une solution d’azotate d'argent, et n’ont donné aucune réaction. Comme contre-épreuve, on a donné à des animaux de l’aldéhyde , et au bout de peu de temps, les produits de l’expiration et la sueur réduisaient la solution d’azotate d’argent, en formant, au fond du ballon d’essai, une couche d’argent métallique qui produisait une véritable argenture. Ce réactif est très sensible, et décèle les moindres traces d’aldéhyde.
M. Ludger Lallemand et ses collaborateurs disent s’être assurés que le sang ne contient pas non plus d’acide oxalique.
En somme, si les opinions précédentes étaient formellement établies, l’alcool n’aurait qu’un effet transitoire dans l’économie, et ne pourrait nullement être assimilé à un aliment; il ne serait pas propre à élever la température animale, et ne mériterait pas le nom d’aliment respiratoire (2).
(1) Prager Vierteljahrschrift fur die practische Heilkunde. Prag,1853.
(2) Voici les conclusions de la communication des médecins du Val-de- Grâce à l’Académie des sciences, dans sa séance du 24 oct. 1859 ( Comptes rendus , etc.) :
r L’alcool n’est pas un aliment, il n’agit que comme modificateur du système nerveux.
2° L’alcool n’est ni détruit ni transformé dans l’organisme.
3° L’alcool se concentre surtout dans le foie et dans le cerveau.
4° L’alcool ingéré s’élimine par diverses voies, les poumons, la peau et surtout par les reins.
Nous aurions à rechercher la durée de la présence de l’alcool dans l’organisme. Ce fait a été l’objet de l’attention des expérimentateurs précédents, et nous renvoyons à leurs observations.
Nous ne pouvons pas terminer ce chapitre sans présenter quelques considérations qui sont plus du ressort de la physiologie que delà pathologie, et qui trouveraient difficilement leur place dans le chapitre suivant : nous voulons parler des conditions qui font varier les effets de l’alcool, et des causes de son abus.
Variations des effets de l’alcool suivant les différentes conditions de l’organisme.— Nous voudrions pouvoir traiter cette question avec détail; mais elle est entourée d’une très grande obscurité, et les observations faites à cet égard sont plutôt le résultat d’hypothèses que d’observations directes.
On a dit que l'alcool est plus facilement supporté par les vieillards que par les adultes, à raison du besoin de stimulation et à cause du défaut de consensus de toutes les parties, mais que, par opposition, leur abus détermine des affections mortelles plus facilement que chez l’adulte (Royer -Collard). Personne n’ignore combien peu il faut de vin aux enfants pour les plonger dans l’état d’ivresse. Quant au sexe, on n’a aucun renseignement statistique qui puisse indiquer le degré relatif de tolérance des femmes et des hommes ; seulement il y a quelques rares exemples de faits de tolérance chez les femmes pendant la grossesse. Royer-Collard cite un exemple analogue à l’époque de la ménopause. Nous croyons qu’il y a beaucoup d’imagination dans les appréciations relatives au tempérament ; aussi ne pouvons-nous faire mieux que de renvoyer le lecteur à la thèse de Royer- Collard , quia bien discuté ce sujet.
Variations des effets de l’alcool et fréquence de son usage suivant les climats et les races. — D’une manière très générale on peut dire que l’usage et l’abus des alcooliques aug-
5° Ces effets éclairent la pathologie de certaines altérations fonctionnelles et organiques du cerveau, du foie çt des reins
mentent dans une grande proportion des régions équatoriales vers les régions froides ; mai» cependant' il y a quelques remarques explicatives à donner à cet égard, car on pourrait nous objecter de nombreux exemples d’intempérance dans les pays chauds. Nous ferons surtout allusion à certaines variétés de l’espèce humaine et aux résidences temporaires ou aux immigrations.
Dans les pays du Nord et chez les races indigènes, l’alcoolisme est développé au plus haut degré. On prétend que c’est une nécessité du climat, et que les liqueurs fortes sont très facilement tolérées. C’est par litres que l’eau-de-vie est chaque jour consommée par une grande partie de la population. Ses effets toxiques se produisent beaucoup plus lentement que dans les pays plus chauds Si les hommes de ces pays sont transportés sous des latitudes plus méridionales, ils conservent pendant un certain temps la tolérance; mais ils sont étonnés d’être obligés de diminuer graduellement la dose alcoolique qui entre dans leurs habitudes, et de prendre le régime du pays où ils sont placés. Cette habitude, disons-nous, persiste pendant un certain temps. M. Malgaigne a rapporté l’exemple si curieux des blessés russes observés en France, en 1815, et qui ne supportaient les conséquences des opérations chirurgicales qu’à la condition de recevoir un demi-litre d’eau-de-vie par jour : ils étaient habitués à en boire de deux à trois litres, dans l’état de santé.
Il est certain que dans les pays à température moyenne, comme la France, l’abus des liqueurs alcooliques n’est pas porté à un aussi haut degré ; que cet abus ne s’observe que dans les classes inférieures de la société et chez les ouvriers, qui sont obligés de demander à l’excitation alcoolique un supplément de force pour subvenir aux effets d’une alimentation peu réparatrice. Dans les pays un peu plus méridionaux, comme l’Espagne, l’Italie, la Grèce, les alcooliques sont peu usités. Toutes les populations mahométanes sont sobres à cet égard, autant peut-être par le fait du climat que par celui des prescriptions religieuses. Plusieurs médecins nous ont affirmé, mais nous ne voudrions pas nous porter garant du fait, qu’en général, dans les possessions françaises d’Algérie et du Séné-
gai, l’alcoolisme diminue considérablement dans les rangs de l’armée, parce que les soldats se trouvent réellement très souffrants par l’usage même modéré de l’alcool, qui leur ôte toute force pour les marches pénibles sous un soleil ardent. Ils préfèrent de beaucoup le café; et c’est peut-être pour ce motif que l’administration de cette boisson est prescrite réglementairement dans le régine habituel des troupes.
Dans les pays équatoriaux, les alcooliques sont réellement, en raison de leur danger extrême, très peu usités parmi les indigènes et les personnes acclimatées.
Mais maintenant il faut tenir compte des conditions que nous avons prévues. Certaines races humaines ont évidemment un penchant plus prononcé que d’autres pour les boissons alcooliques : telles sont les races germanique, anglaise, chinoise et nègre. Or, quelle que soit leur position topographique, les habitudes d’intempérance persistent. Les plus rudes buveurs en Amérique sont les Allemands, les Irlandais et les Anglais ; ils ne se corrigent presque jamais de leur défaut, quelque funestes effets qu’ilsen éprouvent. L’armée anglaise aux Indes est décimée par l’abus des boissons alcooliques, et tous les officiers généraux anglais se sont plaints des prescriptions qui faisaient entrer réglementairement la distribution d’alcool dans l’alimentation des troupes. « Sir Henry Hardinge, pendant qu’il était secrétaire à la guerre, fit un décret contenant l’article suivant: « Au lieu de la ration de vin ou d’esprit accordée » jusqu’ici comme faisant partie des provisions de chaque jour, » l’équivalent sera donné en argentin penny, sous la dénomi- » nation de liquor money , dans toutes les stations éloignées. » Cette mesure a bien fait, dit Marshall, et promet d’être extrêmement utile, surtout pour les jeunes recrues qui n’ont point encore été corrompues par l’influence du système précédent. .. Ce plan adopté a eu un succès complet (1). »
Le même auteur signale non-seulement les mauvais effets de l’alcool dans les pays chauds, mais encore les erreurs dans lesquelles on est tombé à l’égard de leur utilité. Les Anglais,
(1) Obs. on the abuse of spirituous liquors by the European troops in India , by Henry Marshall [The Edinb. med. and.surg. Journal , 1834, P. 19).
dans les Indes, s’imaginent que l’alcool donne des forces capables de faire supporter la chaleur énervante du climat, et c’est précisément le contraire qui a lieu ; les boissons aqueuses et acides sont beaucoup plus toniques. Ils pensent encore que les spiritueux préviennent l’influence des causes de lièvres endémiques dans les climats inter tropicaux. Selon l’auteur que nous citons, ce serait une autre erreur; car les accidents alcooliques viendraient, au contraire, compliquer les fièvres bilieuses graves, les fièvres intermittentes ou rémittentes, les dysenteries et le scorbut, et, peut-être même, activer l’influence de ces causes. La plupart des médecins partagent ces opinions. Le docteur Jackson, cité par Marshall, dit avoir fait à la Jamaïque un voyage de 118 milles en quatre jours et chargé comme un soldat, et n’avoir dû son salut qu’à sa sobriété.
Tout le monde connaît la dégradation de la race chinoise par l’usage combiné des spiritueux et de l’opium, usage que cette race transporte partout avec elle.
Quant aux races noires, on sait quel est leur goût prononcé pour les liqueurs alcooliques ; et l’on n’est pas étonné de voir l’alcoolisme exercer ses ravages dans les régions intertropicales et partout où la race nègre est transportée, bien que nousayonsétablicommerègle généralela décroissance d’usage de l’alcool du pôle à l’équateur. Nous avons vu que M. Rufz attribue au tafia les trois quarts de la mortalité des noirs (p. 12).
Enfin, l’usage de l’alcool sous les tropiques s’explique encore par le séjour temporaire de quelques populations flottantes, qui transportent partout leurs habitudes invétérées, et n’ont pas pu recevoir du climat les avertissements nécessaires pour y mettre un terme. Nous voulons parler des marins et des soldats. Ajoutons même que pour ces deux dernières classes, ainsi que pour les nègres, il est une explication toute naturelle de leur intempérance. « C’est que le sol produit presque partout les éléments des liqueurs .spiritueuses (rhum, tafia, rack), qui sont en abondance et à vil prix ; la température porte aux abondantes libations, que quelques préjugés représentent comme permises, à la condition qu’elles seront toniques ou excitantes (1). »
(1) Dutroulau, note communiquée.
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Variations des effets de l'alcool selon les conditions sociales. — L’abus de l’alcool ne se manifeste pas d’une manière identique dans les différentes classes de la société. Les principaux ouvrages écrits jusqu’à ce jour sur l’alcoolisme ne se sont occupés que des résultats funestes observés chez des individus appartenant aux classes inférieures; comme si les classes supérieures ne comptaient pas dans leur sein des hommes intempérants, et, par cela même, exposés à des résultats funestes. Les effets de l’alcoolisme ont moins attiré l’attention des médecins dans la classe riche, parce qu’ils se présentent avec des caractères particuliers.
Les phénomènes de l’alcoolisme aigu ou chronique sont notablement retardés chez les personnes aisées. Une alimentation choisie en atténue les effets, et lorsqu’ils se manifestent, la véritable cause échappe souvent, car l’attention est détournée par toutes les autres causes de maladie qui pèsent sur la classe riche : les excès de toute nature, les veilles, les voyages, etc.
Il n’en est pas de même chez les classes pauvres. L’apauvrissement préalable de l’économie par les privations, par le mauvais régime, par les fatigues excessives, ouvre une porte à toutes les influences possibles. Or, lorsque l’alcool intervient, il ne trouve pas d’obstacle, il jouit de toute sa plénitude d’action; et c’est alors qu’on observe tous ces phénomènes si caractéristiques, qui, à aucune époque, n’ont pu échapper à l’observation médicale. L’action alcoolique se divise et se subdivise presque en autant de manifestations qu’il y a d’organes dans l’économie; car, faute de protection, aucun système organique ne lui oppose de résistance. Ainsi l’alcool exerce sur l’estomac une action topique qui, dans sa progression successive, se manifeste par de la gastrorrhée, de la dyspepsie, de la gastralgie, et qui peut aboutir à l’ulcère simple et au cancer de l’estomac. Dans ce dernier cas, il n’agit sans doute que comme agent localisateur, mais enfin il a eu sa part d’action dans l’évolution d’une diathèse. Il agit ensuite généralement, ainsi que nous le verrons plus loin.
Dans les classes aisées, le cortège des effets topiques manque souvent, parce que les spiritueux sont rarement pris à
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jeun et toujours combattus par une alimentation réparatrice: mais les phénomènes généraux ne manquent pas, et c’est par la manie alcoolique et le delirium, tremens que l’alcoolisme éclate. D’ailleurs, dans les classes aisées, on a la sage habitude de combattre, dès leur naissance, les moindres accidents qui se produisent vers l’estomac.
Circonstances qui conduisent à l’usage des alcooliques. — Nous n’avons que peu de mots à dire à cet égard, parce que le fait est trop généralement connu.
C’est surtout dans les classes ouvrières que les boissons sont usitées et produisent leurs dangereux effets. Les ouvriers s’invitent mutuellement à boire du vin, de l’eau-de-vie, de l’absinthe, à toute heure de la journée ou de la soirée. Le danger vient moins de la quantité d’alcool ingéré que de ce qu’il est pris sans aliments solides. Une autre pratique pernicieuse, dans cette classe, est l’usage du vin blanc ou de l’eau-de-vie le matin, sans aliments, sous le funeste prétexte de se préserver des influences miasmatiques. Une autre cause de danger réside dans l’oisiveté des jours de repos, dans l’habitude de se réunir dans les cabarets, dans l’exemple que les jeûnas gens reçoivent de leurs compagnons ou de leurs parents, dans la honte qu’ils auraient de ne pas faire comme tout le monde.
Une autre influence est celle des peines, des chagrins, des soucis que l’on essaye de noyer dans le vin.
Enfin certaines professions, et nous n’avons pas besoin d’insister sur ce l'ait, exposent plus que d’autres à l’intempérance, telles sont celles de marchand de vin, de marin, de soldat, d’ouvrier des ports, etc.