L. LUN1ER
tammentà Braunau, dans le district de Tobel, et à Schœnenberg, dans celui de Bischofszell.
Lorsque j'ai visité ce canton, au mois de juin, il y avait dans l'asile 462 aliénés appartenant au canton. Il est donc probable que le chiffre de 174 obtenu en 1850 pour tous les aliénés du cantou, est beaucoup au-dessous de la réalité. L'honorable directeur de Miïnsterlingen, le docteur Wille, l'évalue à 400, ce qui nous donnerait la proportion de 1 aliéné sur 225 habitants.
Le canton d' Unterwalden-le-Bas, en 1850, comptait 20 aliénés, soit 1 sur 567 habitants.
Le crétinisme n'est endémique qu'à Hergiswyl (21 crétins, 1 sur 352 habitants), village situé dans la partie la plus basse de la contrée, sur le lac des Quatrc-Cantons, au pietl du mont Pilale. A Giswyl, sur le lac de Sarnen, pays marécageux, il y a beaucoup de goitreux, mais on n'y voit pas de crétins.
On a recensé, en 1850, dans le canton (l'Un .
Aliénés /il
Soit 1 sur 353 habitants Crétins et sourds-muets. ...... 166
dont les trois quarts (127) dans la vallée profonde, ombragée et humide de la Keuss. «liions notamment Altorf, où l'on comptait 62 crétins sur 1916 habitants, et Seedorf, où il \ en avait 25 sur 381 habitants.
Je n'ai pu obtenir aucun renseignement sur le chiffre des aliénés dans le Valais : le chef du département de l'intérieur m'a seulement écrit qu'il y en avait fort peu dans le canton.
On ne peut en dire autant des crétins, dont le chiffre, évalué à 3000, en 1811, par M.deRambuteau, est certainement beaucoup moindre aujourd'hui, mais n'en est pas moins encore assez considérable. Erlenmeyer, dans son mémoire de 1863, n'en compte que 197; mais ce chiffre doit être de beaucoup au-dessous de la réalité. On observe surtout le crétinisme à Turtmann, Sierre, Sion, Mazembroz, Châtaignier, Fully, Branson, Martigny et Sembranchier.
Le crétinisme tend à disparaître dans presque toutes ces localités; mais il y a à cet égard quelques exceptions. A Martigny, notamment, le docteur Claivaz et le pasteur Dalève m'ont affirmé que le nombre des crétins allait en augmentant, notamment depuis une dizaine d'années, ce qu'ils attribuent à ce que l'eau de la Dranse, que les habitants buvaient autrefois, a été remplacée par celle d'une source prise à une certaine hauteur sur la montagne. Je rapporte le fait tel qu'il m'a été affirmé par deux hommes du pays fort honorables et compétents à tous égards.
D'après Erlenmeyer, il y avait, en 1850, dans le canton de Vaud, 421 aliénés, soit 1 sur 430 habitants.
Il ne donne le chiffre des crétins que dans son mémoire de 1863 : il l'évalue à 250.
Dans une statistique plus récente citée par M. Saint-Lagcr(l), le chiffre dos crétins dans le canton de Vaud serait de 608, et, parmi les communes les plus fortement atteintes par l'endémie, il faudrait citer Aigle (1 sur 66), Moudon (1 sur 27), Lucens (1 sur 30), llolle (1 sur 200), Ollon, Bex, Sepey, Rossinière.
Dans le canton de Zug, on a compté, en 1850, 66 aliénés, soit 1 sur 379 habitants.
Il n'est question du crétinisme dans aucun des documents que j'ai sous les yeux.
Il y avait, en 1850, dans le canton de Zurich, 1202 aliénés, soit 1 sur 208 habitants.
Le crétinisme paraît n'avoir été observé sous forme endémique que dans trois localités, Weiach, Stadel et Lsslingen. Je trouve dans l'ouvrage de M. Saint-Lager le chiffre de 106 crétins pour tout le canton (2).
Tels sont sommairement analysés les documents que j'ai pu me procurer sur le chiffre des aliénés et des crétins en Suisse. Je vais essayer, avant d'en tirer des conclusions, de les grouper dans un tableau synoptique, au sujet duquel je crois nécessaire de présenter quelques observations préalables.
Lorsque, dans une circonscription déterminée, l'idiotie et le
(1) Loc. cit., page 349.
(2) Loc. cit., page 346.
crétinisme ne se rencontrent que sous forme sporadique et sont répartis à peu près uniformément dans toute l'étendue de la région, il peut être intéressant d'en connaître la proportion par rapport à la population totale ; mais il n'en est plus de même, quand le crétinisme règne endémiquemenl dans quelques localités seulement de • la circonscription ; ce n'est plus alors, évidemment, à la population totale de la circonscription qu'il faut comparer le chiffre des cas endémiques, mais bien à celle des localités où règne l'endémie, ce que les documents recueillis ne m'ont permis de faire qu'exceptionnellement.
C'est d'après ces errements qu'a été établi le tableau qui suit, dans lequel je n'ai introduit, autant que possible, que des chiffres authentiques :