LIVRE I. DE L*BGHANG£ DE LA XATI&IŒ. S
d'une maaièrQ constante* Ainsi le cristallin de l'œil
b approprie la j^lohuliiie du saii.L;, les parois des vaisseaux sanguins, la caséine, cl le tissu des muscles, la fibrine. Cette dernière ne s'accorde pas tout à lait avec la matière du saug (^ui porte le môme nom. Car elle n'est pas dissoute dans les muscles, où elle Ibriue au contraire les fibres, qui sont propres à la chair. La fibrine des muscles se dissout dans l'eau qui contient un millième d'acide hydrochlorique, tandis que la fibrine coagultîe du saii^^' ne s'y dissout pas.
L'empire de ces lois d'affinités s'étend beaucoup plus loin, si l'on considère les tissus qui contiennent des matières albummeuses transformées, A celles-ci appartiennent la corne, les substances collagénes et la matière des fibres élastiques.
La corne est composée d'azote, de carbone, d^hydrogène et d'oxygène dans la même proportion que les mélanges albumineux. D'ordinaire elle contient un peu moins de carbone, mais un peu plus d'azote et d'oxygène que les corps albiiuiiucux dont elle j>rovient. Quelques espèoçs de corne se distinguent en outre par la très-grande quantité de soufre qu'elles contiennent. Elle forme rcnveioppe dqla surliice extérieure et de toutes les cavités intérieures de notre corps. Car répidernie, les ongles, les cheveux cl 1 epithélium de lamembrane muqueuse qui i,evôtlescavités intestinales, la trachée-artère, la bouche et d'autres parties intérieures de notre corps, sont formés par la corne. Ces parties, nommées substances cornées à caus(^ de leur rapport avec la corne de bœuf, préscn-
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tent des différences extérieures très-grandes, mais elles sont analogues dans leur composition : malgré cette analogie, elles sont loin de se ressembler de tous ]ujhiLs. Car, outre les diflerences peu considi rables de leurs propriétés, elles contiennent des quantités diverses de soufre, élément que l'on trouve dans toutes joint à l'azolc, au earbone, à i iiydrogène et à l'oxygène. L'épiderme et l'enveloppe de la membrane muqueuse contiennent moins de soufre, les ongles da- . ^'antage et les cheveux encore plus. Ces derniers sont le plus difficilement solubles dans l'acide acétique. Toutes les malières cornées ont ce point de rapport qu'elles sont, comme les corps albumineux, facilement dissoutes dans une légère lessive de potasse, et y sont précipitées ensuite par les acides.
n y a deux sortes de substances coUagénes. L'une se trouve dans les cartilages et donne la chondrine, l'autre dans les os et donne laglutine.
On obtient la glutine des os, en les faisant cuire dans l'eau. Lorsqu'on a de cette manière préparé une solution chaude saturée de gélatine, elle donne en se refh>idissant une gelée épaisse, qui se gonfle dans une addition d'eau froide et qui se dissout de nouveau par la cuisson. En un mot, cette matière est ce qu'on appelle la colle forte, qui joue un rôle si important dans la vie; c'est encore elle qui forme en gelée le jus savoureux qui sort du veau rôti. Cependant la colle n'est pas contenue dans les os à 1 état de gélatine, mais la cuisson apporte dans la substance organique de ces étais principaux de notre
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corps une légère iransformatioo dont le résultai est la gélatine. C'est pour cela qu'on nomme les os tissus collagènes, nom qui s'applique avec raison à beaucoup d'autres parties de notre corps» notamment aux tendons, aux ligaments et à la matière intercellulaire très-répandue et iîuemeuL plissce qui revêt la plupart des organes de notre corps et la relie ensemble. A cause de cette propriété on la nomme tissu conjonctif, La peau qui est placée sous répiderme et la membrane qui couvre les poumons, rintestin, les muscles, les nerfs» les os et beaucoup d'autres organes consistent pour la plus grande parlie en celte matière conjonclive, qui, aussi bien que les os» donne de la gélatine à la cuisson. Dans les os nous avons une preuve très-claire de la grande aliiuilé des tissus collagènes et du phosphate de chaux.
L azote, le carbone, rhydrogène et l'oxygène avec une très-petite quantité de soufre composent la gluttne. Elle contient plus d'oxygène que Falbumine. Dissoute dans Teau chaude, elle n'est pas précipitée par l'acide acétique.
Comme la glutine provient de l.i cuisson d(^s os, la chondrine est obtenue en faisant bouillir les cartilages pendant un temps prolongé. Elle contient les mêmes éléments que la gluline, mais dans une autre proportion. Elle est encore plus riche en oxygène et par conséquent beaucoup plus riche que les corps albumineux. Pendant qu'elle s'accorde avec la glutine en ce que toutes deux forment une gelée en se re- *
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Iroiilissanl apiùs ieui dissolution dans l'eau chaude, il y a cette différence essentielle de la chondrine, qu'elle donne un précipité dans une solution aqueuse par l'acide acétique concentré. Elle montre une grande affinité avec le sel de cuisine et le sulfate de -chaux. Tandis que la corne et la gélatine oiireut par leur composition une analogie essentielle avec les corps albumineux du sang sous le rapport du soufre qu'elles contiennent, cette ressemblance manque à la substance des fibres élastiques. Mais quant à Tazote, au cailxMie, il 1 li)(li»>gèiic et à l'oxygène, ils se re« trouvent dans cette dernière substance en proportion telle qu'elle rappelle aussitôt les corps albumineux malgré les dillërexices que nous allons .signaler»
Elle se distingue par un moindre contenu d'oxygène, et ainsi elle possède beaucoup luoiiis de cet élément que la corne et surtout les substances colla* gènes. Ce qui prouve que les libres élastiques, quant à leurs propriétés, s'éioi^'nent le plus dvs corps albu- . mineux, c'est leur complète insolubilité dans l'eau, liée à leur résislance pour l'acide acélique el la potasse. £Iles se conser^ ent des jours entiers dans ces deux dissolvants sansi s'y altérer.
Les libres élastiques se trouvent en grande quantité dans les ligaments qui unissent les os de la colonne vertébrale, dans les poumons, (Lms les parois de nos artères; elles sont disséminées dans beaucoup d'autres endroits de notre corps, surtout dans quelques parties de la peau, qui se distinguent par les va- ' riations de leur étendue.
n est facile do prouver que la corne, les matières coUagènes et la substancé des ûbres élastiques sont regardées avec raison comme dérivées des corps albumineux. En effet, si on ne compte pas une trèspetite quantité de graisse qui contient de Tazote et du pliosphore, il ne se trouve point de mékuiiies azolés dans le sang» excepté les matières allmmiueusest qui d'ailleurs renférmeut du wfike. La corne et la gélatine, qui en contiennent toutes deux, ne peuvent donc devoir leur origine qu'aux matières albu* mineuses du sang. Par cette seule raison, on pourrait supposer que k graisse azotée du sang produit la substance des fibres éhstiques. Mais la quantité de ces graisses azotées est beaucoup trop petite, pour que l'on puisse en foire dériver la quan* lité oonsîdéràMê des fibres élastiques de notre corps. Et comme on ne trouve aucune de ces matières à cet état-là dans le sang sain^ la conséquence inévilal)le est que les corps albuuiineux sont les seuls producteurs de la Céme, dé la gélatine et des fibres élastiques. Notre épîderme, les cheveux et les substances collagènes, qui dépassent en contenu d'oxygène les corps albumineux, ne peuvent en provenir qu'en acquérant de Toxygène. La peau et les cheveux, les os, les cartilages, les ligaments, les tendons, ^leal «Msseaux et les nerfs sont les*«produi{s' direds d'une combustion partiélle du simg.
4S hi-, L'ÂLiM£NTATION ET DU REGIME.
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Dans les tissus frais, la graisse ue se présente que sous la fonne de graisse neutre, comme l'oléine et la margarine.
On trouve difflcilement une place de notre corps où ces graisses neutres manquent entièrement. Cependant les poumons sont très-pauvres en graisse, les dents encore plus. La graisse abonde sous la peau, dans les os comme moelle, dans le mésentère, auquel est attaché l'intestin, dans la cavité abdominale , dans la cavité de Fœil et dans le sein des femmes. Les formes moiies el rondes des femmes et des enfants doivent s'attribuer principalement au coussin de graisse qui donne à leur peau un doux contour. Chez Thomme, cette graisse est beaucoup moins abondante sous la peau ; aussi les formes des os et des muscles de l'homme se prononcent en angles et en lignes beaucoup plus dures.
L'oléine et la margarine sont réparties dans quelques endroits du corps en proportions très-diffé* rentes. La margarine se solidifiant plus facilement que l'oléine, la graisse de notre corps est d'autant plus molle et plus fluide que l'oléine prédomine sur la margarine, comme dans la moelle des os et dans la graisse sous la peau. Dans la graisse solide, celle, par exemple, qui entoure les reins, il y a plus de Uiargarine que d'oléine.