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CHAPITRE Vm

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Si la \'\e est un échange des substances, h liquide est, pour la viet uoe iodispeasabie coudition. Car la eompositiaii el la décoiapoeition qui donnent l'activité aux substances de notre corps ne sont pas possibles sans em* Aussii ia plus.simple des boissons estelle la plus nécessaire de toutes.

A la vérité, cette comhîftaison d'hydrogène et d^oxygène qui forme la substance essentielle de toutes les eaux potables, se rencontre en petite quantité dans les aliments môme les plus secs. Mais ni la viande ni le pain, et encore moins les légumineuses, ne sont assez riches en eau pour maintonir au sang sa compositi<m convenable. Et qui ne sait par expérience que précisément ces aliments nourrissants nous excileut k boire plus que les fruits aqueux et les légumes?

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Mais dans nos climats, avec notre activité, avec la

puissance de notre échange de substances, nous ne saurions vivre de fruits et de légumes. La viande et le pain, les pois et les haricots, nos aliments les plus importants, doivent donc être mêlés de boisson pour fournir au corps Teau que la peau, les poumons, les intestins et les reins lui font perdre sans cesse.

Notre eau potable est Taliment qui remplit le mieux ces conditions. Comment ne pas voir un aliment dans la substance qui fournit au sang celle qui procure le mouvement à toutes les autres? Comment ne pas voir dans 1 eau une source de réparation, si Ton réfléchit que le sang, composé d'eau pour les trois quarts, perd sans cesse cette eau par toutes les excrétions sans exception?

Et pourtant, ce n'est pas seulement parce qu'elle contient de l'eau que l'eau potable est un aliment.

La chaleur de notre globe chasse continuellement l'eau dans l'air. Des ruisseaux et des fleuves, des lacs et des mers, des plantes et des animaux s'élèvent, par l'effet de la chaleur, ces ^ apeurs incessantes qui se condensent en nuages dans les couches d'air supérieures.

Si, comme plusieurs le pensent, la nature s'ahandonnait à un lâche amour du repos, si son activité ne quittait jamais le pas mesuré d'un développement paisible, l'eau vaporisée, retombant sous iorme de pluie, ne nous fournirait que de l'eau. Hais les orages, les tempêtes, la pression de ratniosphère, la puissance du feu chassent souvent dans les airs

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les vapcuib avec une violence si furieuse, que tout ce qui était contenu dans Teau à l'état de dissolution, s'élance avec elle vers le ciel.

C'est pour cela que l'eau la plus douce, celle que nous versent le» nuages, est encore chargée de sels. Le sel de cuisine et le chlorure de potassium, la chaux et la terre amère, associés aux acides sulfuri- ([ne et carboiii({ue, le magnésium et le chlore, le fer même et le manganèse se retrouvent dans l'eau de pluie, et, si ces corps fixes ne s'y présentent que sous (les quantités presque imperceptibles, la régularité de leurs traces n'en atteste pas moins la constance d'une loi.

Toutefois, l'air se môle à la pluie plus abondamment que la terre. L'oxygène et l'azote, et les principes alimentaires les plus importants des végétaux, l'acide carbonique et l'ammoniaque, sont absorbés par les gouttes qui arrosent la terre et fertilisent nos champs* La foudre elle-même contribue à la richesse de nos récoltes. Son étincelle met en combinaison 1 azote et l'oxygène, et la pluie d'orage abreuve les plantes d'ammoniaque et d'acide nitrique.

C'est & l'ammoniaque principalement que l'eau de pluie doit sa douceur; la chaux rend plus dure l'eau des sources et des fontaines. L'acide carbonique de l'eau dissout la craie, l'eau elle-même dissout le sul*

fille de chaux, qui se dépose en formant une croi'ile sur les parois de la chaudière où Ton fait évaporer une grande quantité d'eau.

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L'eau des source» varie selon les terrains qu'elle

traverse. Elle peut contenir dans les proportions les plus différentes les terres et les alcalis, liés tantôt au chlore ou k l'acide sulfurique, tantôt à l'acide carbonique ou à l'acide nitrique, ainsi que le fer et le manganèse. Souvent, les uns ou les autres manquent complètement; Tacide phospiiorique seul ne s'y trouve jamais, quoique les sels de cbauz dominent dans les sources et les fontaines.

Ce qui rend presque toiyours impotable l'eau des marais et des lacs, des mers et des fleuves, ce sont, outre le sel de cuisine de la mer, les mélanges organiques en décomposition qui lui donnent un goût putride. Tantôt le bassin des mers est une cornue qui enK)ie l'eau dans les airs, d'où elle redescend presque distillée; tantôt la terre est un filtre par lequel les sources nous transmettent une eau pure, si l'on ne prend pas ce mot dans là rigueur chimique. La peau humaine peut elle-même jouer ce rôle de iiltre. Jeté sur la roche nue ot sa langue ne saurait recueillir la moindre goutte d'eau, le naufragé se baigne dans la mer pour éloigner une mort afireuse, et son corps desséché extrait de l'eau salée une eau douce qui le rafraîchit.

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Comme toute digestion aboutit à la liquéfaction des principes alimentaires, la formation du sang n'est

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LiVilE II. — DES ALIMENTS. 15S

pas possible sans eau. Mais avec l'origine de la fonction, sa durée aussi dépend du contenu d'am de • rorgane. Sans eau, ni digestion, ni fonnation du sang, ni nutrition, ni sécrétion. Et cependant, Tutilitéde reaune s'arrête pas là. L'eau n'est pas seulement un moyen de mouyement pour toutes les substances dissoutes, elle ne fournit pas seulement rhumidilé nécessaire aux organes dont les plus actifs, comme le ceneau et les muscles, sont aussi les plus riches en eau. L'hydrogène et l'oxygène, que nous ahsorbons sous forme d'eau, entrent dans la composition de beaucoup de principes alimenUiiies qui se changent en parties du sang. Si le sucre se forme de Ta* mi don et de la dextrine, ce changement dépend de la présence de Teau. Une plus grande quantité d'eau distingue seule le sucre de la dextrine dans leur composition. Ët une excrétion d'oji^gène produit le ebangement du sucre* en graisse.

A-t-on Lu de Teau en Irup grande quantité, aucun autre principe alimentaire n'est éloigné du corps aussi facilement. Car pour être attirée par les poumons, les reins, la peau et les glandes sudorifiques, elle n'a pas besoin de décomposition, et n'exige donc pas une augmentation de l'oxygène inspiré. Dans les temps iroidsi elle exeite l'activité des reins, dans les tmips chauds, Févaporation par la peau. Si Ton boit

plus d'eau qu'il n'est nécessaire pour la nutrition et les sécrétions, on voit en hiver s*augmenter ht

quantité d'urine, en été celle de la sueur.

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