‹ De l'alimentation et du régimeChapitre 51 sur 61 · LIVRE m. — DU RÉGIME · texte numérisé non relu

LIVRE m. — DU RÉGIME

de cultiver les facultés humaines qui^ par leur harmonie parfaite, font de la personne un chef-d'œuvre.

Cet isolement intérieur conduit souvent à un perfectionnement complet, à ce calme doux et pur qui élève l ànie et auquel la femme seule peut parvenir. Mais comme sa vie est moins agitée, les contrastes ([ui distinguent une femme d'une autre sont moins tranchés. Aussi les caractères, chez le sexe, oû'reut^ ils une empreinte moins nette, et leur individualité ne se trahit que dans ces Iniiibilioiis douces et ces ondulations que l'œil pénétrant d'un observateur exercé peut seul saisir. Il sera plus difficile au peintre de rendre les traits de la femme dans leurs détails moms frappants quoique distincts, et le poète lui-même réussit rarement à animer d une vie véritable ses créations dont le caractère doit se déterminer d'une manière plus tranquille. C'est chez la femme seule que l'on peut trouver cette aimable harmonie des qualités les plus heureuses, dont on ne saurait dire à laquelle pn donne la préléience, parce que le développement régulier de toutes les dispositions naturelles n'en laisse prédominer aucune au détriment des autres. S'il y a une ombre à ce tableau, elle serait dans cette plus grande uniformité qui ne se trouve pas chez l'homme, et dont l'accurd plus (^^al de réchange des substances est à la fois l'eilét et la cause. Les variations dans la quantité d'acide carbonique expiré, très-considérables chez l'homme, disparaissent à peu près, si l'on compare la femme à la femme. Par i'excrétiou, toute activité est ïamenée à une plus grande

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égalité, comme le cercle plus restreint dans lequel se meut la vie de la femme, modère Téchange des subslanei's et les maintient dans une égalité paisible.

Avec cet équilibre s'accorde txès-bieii la sensibi- ' lité plus grande qui distingue les femmes. Car la moindre vivacité de l'échange de substances exige une moins grande alimentation. Mais les aliments, aussi bien que les impressions morales, fonl partie des moyens d'excitation dans le sens large du mot. Plus les moyens d'excitation sont employés économiquement et rarement, et plus ils ont de puissance, mais plus vite aussi, d'ordinaire, disparaît Teffet qu'ils produisent. Or, comme l'échange des sul>stances imprime son empreinte à toutes les manifestations de force du corps, la plupart des femmes sont facilement émues, mais elles reprennent plus vite possession d'elles-mêmes, tandis qu'une impression plus forte laisse souvent chez i'homme une empreinte plus durable.

De cette description de l'échange de substances chez le sexe, il résulte que les moyens de réparation sont demandés en moins grande quantité que cbes l'homme. 11 est d'expérience générale que des aliments moins nourrissants ou moins abondants suffisent à la femme pour apaiser le besoin de nourriture. Si les jeunes filles et les femmes mangent moins que

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les hommes, ce n*est donc m alfectation ni caprice; mais une rationnelle nécessité.

Pendant la grossesse pourtant, la femme deirant former du sang pour elle et pour le iruil de ses entrailles, on remarque souvent un appétit beaucoup plus prononcé. Il faut le satisfaire avec des aliments d'une digestion facile et d'une haute valeur nutritive ! le développement de l'enfant sera favorisé par un riche apport de principes alimentaires dans le sang de la mère, comme il serait mis en péril si une digestion difficile venait nuire à la santé de celle-ci.

Dans les premiers jours de raccouchement, on doit choisir une nourriture moins forte pour prévenir rinflammation ; ainsi on donne d'abord une soupe mucilagineuse et du lait d'amandes, puis, peu à peu, vers le ciuquiùme ou sixième jour, du bouillon coupé et des aliments toujours plus nourrissants ; pendant tout le reste de la durée de l'allaitement, les aliments fortifiants sont recommandés. Comme la caséine du lait ne peut se former que des principes alimentaires albumineux, ces principes, c'est-à-dire, la viande, le bon pain, le lait, les œufs ne doivent pas surtout manquer. D'un autre côté, le sucre du lait n'est formé que par les corps adipogénes ; le beurre, par les corps adipugènes et les graisses déjà formées : les aliments les plus importants sont donc ceux dans lesquels les corps adipogénes sont richement représentés. C'est ce qui rend tiès-utiles pour la femme qui nourrit le pain, les pommes de terre, les chà-

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taignes et les légumineuses préparées sous leur forme la plus digestible. Le riche conlenu de sucre dans le lait de femme explique comment ces aliments amylacés augmentent le lait qui, dans beaucoup de caSf ne coule pas avec assez d abondance. Sous ce rapport Futilité des châtaignes est bien connue. Seulemenl on se trompe, si on croit que les châtaignes procurent le lait entier. Pour le former, il faut en niAme temps un apport do pi incipes alimentaires aibumineux plus riche que ne le fournissent les châtaignes, non-seulement à cause de la caséine du lait, mais aussi parce que l'expérience nous a appris que l'amidon et les principes du môme genre sont très-lacilt ment changés en sucre sous l'influence des corps aibumineux. Cette influence est si grande qu'en général la quantité du lail correspond à la quantité des corps aibumineux que la mère aura digérés.

Au contraire, une nom riture pauvre diminue le lait. Celui qui aura eu le malheur d'être appelé comme médecin auprès de nourrissons mourant de faim et quli ne pouvait secourir, ou celui qui jamais, avec un cœur sensible, a pu observer ou même éprouver l'intimité des rapports entre une mère et son enfant, nous accordera volontiers que le plus saint de tous les droits devrait assurer à la mère pauvre et à son nourrisson la nourriture nécessaire.

Si, en général, la mère qui nourrit doit éviter soigneusement les aliments ditliciles à digérer, parce que toute indisposition de la mère p(^ut avoir un ef*

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fei nuisible pour l'enfant, elle doit se garder surtout

(lu vinai^'i e v\ des ri uits acides qui pt>urraient nuire en dissolvantla caséine des globules du lait. Ce qu'il y a de certain, c'est que le vinaigre pris en trop grande quantité diminue la mass<> du lait, et rend en outre moins nourrissant ce qui reste.

Dans tous les cas où, la mère ne pouvant nourrir, on préférera une nourrice à l'allaitement artificiel, qu'on n'oublie pas qu'il s'agit avant tout de la conserver saine, et non de la llaller et de la gâter. Trop souvent dans les ménages aisés, on cberche à bien disposer les nourrices saines et vigoureuses de la campagne, en leur donnant une nourriture trop riche et des friandises auxquelles elles ne sont pas habituc^es ; coutume blâmable, par suite de laquelle une digestion pénible est la première cause d'indisposition et de maladies; et c'est le nom risson qui doit expier les appétits déréglés ou mal placés de la nourrice. Comme il n'est guère nécessaire, en g(^néral, de donner le conseil de bien traiter la nomiice, je recommande fortement qu'on la maintienne au* tant que possible dans toutes les habitudes de nourriture et de manière de vivre qu'elle avait chez elle, et auxquelles elle devait sa santé et un lait abondant.

Par suite de la plus grande sensibilité particulière aux femmes, elles ont ordinairement de la répugnance pour les épices et les boissons excitantes. Il

est vrai qu'elles s'accoutument fréquemment au café et au thé, de manière à n'éprouver aucun effet

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fâcheux de ces deux boissons que beaucoup de leuiiiR's agites aiiueiil pas.sionnéineiil. Maib en générai« ni le thé, ni le café, ni le vin, ni les épiées ne sont utiles aux l'cmiues. Si doue ces aliments doivent toujours être pris modérément» et le thé et le café seulement avec beaucoup de lait, on doit le recommander surtout dans toutes les circonstances où la jeune fille et la femme sont obligées de se rappeler leur sexe. Dans ces cas, le café, le thé, les épices, pris en quantité, sont nuisibles à la jeune fille, à la femme enceinte et à celle qui nourrit.

Pour le thé et le café, il y a encore à prendre une précaution toute particulière. On a observé chez les animaux que les femelles mettent bas tout à coup après avoir pris de la théine. La théine se trouvant dans le thé et dans le café, les femmes enceintes ne doivent faire de ces deux boissons qu un usage modéré.

CHAPITRË VI

Un échange de substances plus vif augmente la

iorce des muscles. Mais eii retour, les efforts musculaires élèvent Tactivité des excrétions. Celui qui fouille la terre avec l<i Lèche, qui manie le marteau, dompte les chevaux, ou qui simplement s'agite à l'air libre, celui-là non-seulement transpire davantage, mais il expire aussi plus d'acide carbonique, et expulse plus d'urée que Toisif qui amasse de la graisse et de Talbumine dans la nonciialance du repos.

Un véritable développement de forces est néces^ sairement lié à un rapide échange de substances. Mais cet échange consiste en excrétions et en réparations. Car échanger, c'est recevoir et dépenser. Ce n'est pas l'immobilité de la substance qui augmente l'activité. J*ai déjà dit que, bien que la présence de la substance soit la condition de toute activité, c'est pourtant là vivacité du mouvement

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de la substance qui seule vivifie les manifestations

de la force. C'est pour cela que les membres qu'on laisse reposer s'affaiblissent. Et en retour, tout l'avantage de Texercice consiste en ce que les efforts ' des muscles au^inentent rexcrétion; 1 excrétion augmentée excite la nutrition des tissus ; et ces deux lonclions accélérées éveillent, avec l'appclit, le besoin d'une nouvelle formation du sang. Un rapide échange de substances élève la force des organes, comme, en retour, les etlorts des membres favorisent réchange des substances.

Mais puur arriver à ce but, une riche réparation est une condition indispensable. Il est donc également contraire aux lois de Téconomie et à celles de rhumanité que ceux qui demandent aux ouvriers et aux journaliers un travail pénible, ne satisfassent pas convcnabienicnt le besoin plus fréquent et plus grand de nourriture chez leurs travailleurs. Car, pour que le travail prospère, avant tout le travailleur doit prospérer. Une nourriture insuffisante lui 6te ses forces et le rend paresseux. Et le maître qui nourrit mal son ouvrier, perd plus dans la force de son bras que ne lui coûteraient les aliments avec lesquels il augmenterait la valeur de son travail et le sentiment de sa dignité personnelle. Regardons encore une fois l'exemple de rAngleterre. Sans dou[(î on y voit des milliers d'ouvriers de fabrique livrés à la faim et à la misère, et leurs plaintes vives et toujours croissanic> montent sans cesse vers les palais des riches. Mais l'An-

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