PROPRIÉTÉS DE L’OZONE A LA TEMPɬ RATURE ORDINAIRE
— Gaz incolore, inodore.
— Densité = i,io 56 .
— Amené à l’état liquide, bout à — 181 * sous la pression atmosphérique.
— Sans action sur le tournesol bleu et sur l’indigo.
— N’agit pas sur le caoutchouc,
— N’oxyde pas l’argent humide.
— Ne décompose pas immédiate— mentl’iodure de potassium étendu.
— Sans action sur l'ammoniaque et sur l’hydrogène phosphoré.
— Ne réagit pas sur l’acide chlorhydrique à froid.
— N'agit pas à froid sur un grand nombre de corps oxydables.
— Très stable à toutes les tempéra-
— Gaz coloré en bleu sous une grande épaisseur, très odorant.
— Densité nz i , 656 .
— Amené à l’état liquide, bout à —106” sous la pression atmosphérique.
— Décolore le. tournesol bleu et l’indigo.
— Corrode le caoutchouc.
— Oxyde l’argent humide.
— Agit rapidement sur l’iodüre de potassium et met une partie de l’iode en liberté avec production d’iodates, etc.
— Brûle l’ammoniaque et la transforme en nitrate; brûle l'hydrogène phosphoré avec émission de lumière.
— Décompose l’acide chlorhydrique et met le chlore en liberté.
— Est un agent puissant d’oxydation dès la température ordinaire.
— Se détruit spontanément, surtout si on élève la température.
M. Schœnbein (i) a conclu de certaines expériences à l’existence d’un troisième état allotropique qu’il nommait l’antozone. L’ozone serait de l’oxygène négatif, l’antozone de l’oxygène positif, et l’oxygène ordinaire serait formé par la combinaison des deux précédents. Il avait cru remarquer que l’ozone présentait des propriétés différentes suivant son mode de préparation : le gaz préparé par électrisation de l’oxvgène colorerait du papier ( 1 ) Journ.für prakt. Chemie, t. LXXXVI.
imprégné de sulfate de protoxyde de manganèse ou de sousacétate de plomb, tandis que le gaz préparé avec le bioxyde de baryum ne présenterait pas cette propriété. L’oxygène existerait à l’état d’ozone dans les peroxydes de plomb, de manganèse, d’argent ; à l’état d’antozone dans le bioxyde de baryum, l’eau oxygénée, etc.
Il appuyait son opinion sur l’action qu’exerce l’ozone sur l’eau oxygénée, où il supposait la présence de l’antozone. On sait qu’il se forme de l’eau et de l’oxygène ordinaire.
Ô + H 2 ÔO = H 2 0 + èô
Ces vues curieuses n’opt pas été adoptées. On n’a pu constater en effet de différences réelles entre les propriétés de l’ozone préparé par les divers procédés connus.
Quant aux propriétés du prétendu antozone, ce sont en réalité celles des peroxydes dans lesquels on le suppose.
HYDROGENIUM
On ne connaît pas d’état allotropique de l’hydrogène libre, les faits cités à cet égard n’ayant pas été vérifiés, mais l’étude de ses composés avec plusieurs métaux a conduit certains chimistes à admettre qu’il y existe à l’état d’hydrogenium ou hydrogène solide.
Quoique ce soit là une hypothèse fort discutable, il est nécessaire d’indiquer les faits sur lesquels elle repose.
L’hydrogène a une grande tendance à se fixer sur les métaux. L’argent, le cuivre, l’or, le fer, le nickel, le cobalt, le manganèse, l’aluminium, le magnésium en absorbent des quantités sensibles; mais de tous les métaux le platine et le palladium sont ceux qui offrent cette propriété au plus haut degré.
Le palladium absorbe jusqu’à 980 fois son volume d’hydrogène, quand on l’emploie à l’état de lame mince comme électrode négative, dans l’électrolyse de l’eau acidulée.
Graham (1) envisageait ce corps comme formé par un alliage de palladium et d’hydrogène. Les expériences de dissociation de MM. Troost et Hautefeuille (2) ont confirmé cette manière de voir et établi l’existence d’hydrures définis tels que Pd 1 2 3 H.
La faculté du platine pour condenser l’hydrogène est connue depuis longtemps. M. Berthelot en a fait une étude spéciale ( 3 ),
(1) Philosoph. Trans., 1866.
(2) Ann. de phys. et c him. ( 5 ), II.
(3) Ann. de chim. et phys. ( 5 ), XXX.
et il a obtenu deux hydrures définis, dont l’un est dissocié vers la température ordinaire, tandis que l’autre résiste à une température de 2oo°, même dans le vide. Ce dernier est formé avec un dégagement de -J* l 7 e i° pour i gr. d'hydrogène combiné et il s’unit avec une nouvelle dose d’hydrogène égale à la moitié de la précédente, pour former l’hydrure dissociable en dégageant -f- 8 e ,7 par gramme d’hydrogène. Ce sont ces composés dont la formation détermine l’inflammation d’un mélange d’hydrogène et d’oxygène dans une expérience classique.
Le potassium et le sodium fournissent des'hydrures analogues : K a H, et Na a H.
Il s’agit donc en réalité de combinaisons définies, douées de propriétés spécifiques, et non d’un état isomérique spécial de l’hydrogène. Si l’hydrogène y prend l’état solide, c'est au même titre que l’oxygène uni au cuivre dans l’oxyde de cuivre. J’ai dû parler de ces faits à cause de l’hypothèse de l’hydrogenium ; mais je ne m’y étendrai pas davantage, l’hydrogène libre n’offrant aucun état allotropique.