CHLORE
D’après Draper, le chlore soumis à l’action des rayons solaires subirait une transformation analogue à celle de l’oxygène en ozone. Favre avait cru que dans ses actions chimiques le chlore insolé dégageait plus de chaleur que le chlore ordinaire. Mais MM. Frémy et Becquerel ont montré que le chlore ne devient plus actif que lorsqu’il est humide et par suite renferme des traces de composés oxygénés. M. Berthelot (i) est arrivé aux mêmes conclusions par ses mesures thermiques. Il a montré que le chlore décompose toujours l’eau dès la température ordinaire, mais avec une intensité variable : les différences observées dans sa chaleur de réaction proviennent de ce que l’état final des systèmes n'est pas le même, circonstance que Favre n’avait pas soupçonnée. Quand on assure l’identité de l’état initial et de l’état final, la chaleur totale dégagée est identique.
C’est ici le lieu de rappeler que, d’après les expériences de V. Meyer, les molécules gazeuses du chlore, du brome et de l’iode tendent à se dédoubler sous l’influence d’une température excessivement élevée, de façon que le poids de la molécule de ces éléments, celle de l’iode en particulier, vers i 5 oo°, se rapproche de la moitié du poids atomique observé à des températures peu élevées.
Cela constitue en réalité deux états allotropiques, inégalement condensés, pour chacun de ces éléments, réputés jusqu’ici les types des éléments monovalents.
(i) Ann. de chim. et phys.fi), V.