CHAPITRE DEUXIEME
rience est frappante, surtout lorsque le culot métallique est enveloppé d’une couche d’oxyde qui le ternit : la dilatation du métal fait jaillir de sa surface des gouttelettes brillantes qui ne perdent pas leur éclat, malgré l’atmosphère oxydante qui les entoure. M. Wôhler avait déjà remarqué cette propriété, en essayant de fondre le métal au chalumeau. M. Peligot en a profité pour coupeller l’aluminium. J’ai vu des boutons d’aluminium impur qu’il avait passés à la coupelle avec du plomb et qui étaient devenus très-malléables.
Avec de l’aluminium pur, la résistance du métal à l’oxydation directe est tellement considérable, qu’à la température de fusion du platine développée par le chalumeau à gaz tonnants, elle est à peine appréciable et le métal ne perd pas son éclat. 11 est bien entendu que les métaux plus oxydables lui enlèveraient en partie cette propriété : mais le silicium lui-même, qui est fort peu oxydable comme l’aluminium, allié avec lui, le fait brûler avec beaucoup d’éclat, parce qu’il peut se former alors un silicate d’alumine. Voici à ce sujet une expérience que j’ai faite souvent à mon cours de la Sorbonne. On met un peu de verre pulvérisé sur un têt et au milieu, un globule d’aluminium qu’on chauffe directement, sans qu’il s’oxyde, avec le dard du chalumeau à gaz oxygène et hydrogène. Mais si l’on fond le verre environnant et qu’on entoure pendant quelques instants de verre fondu le globule d’aluminium, celui-ci se charge peu à peu de silicium, et quand la proportion est suffisante, l’aluminium silicé s’enflamme et brûle avec un éclat très-remarquable, au moment où avec la flamme du chalumeau on découvre le bain métallique.
de retiH. — L’eau n’a aucune acfion sur l’a-
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kiminiiim ni à la tempéralLirc ordinaire coininc on l’a toujours admis, ni à la température de rébullition, ni même à une température rouge voisine du point de fusion du métal.
\ aoo — J’ai fait, pour bien constater ce fait,
les expériences suivantes. Un fil d’aluminium très-fin pesant a été laissé pendant plus d’une demi-
heure dans de l’eau bouillante contenue dans un vase de verre : sa surface n’a pas été ternie, l’eau n’a pas perdu sa limpidité, et le fil remis sur la balance n’avait pas changé de poids. Pendant l’ébullition, toutes les bulles de vapeur se forment sur l’aluminium qui , étant fort léger, s’agite beaucoup dans la liqueur : on croirait facilement a un dégagement d’hydrogène. Mais avec le platine les mêmes apparences se produisent, et les bulles de vapeur se dégagent encore autour du métal bien longtemps après qu’on a retiré le vase du feu.
Aia E*ou^e. — - Le même fil d’aluminium introduit dans un tube de verre chauffé au moyen d’une lampe à alcool et traversé par un courant de vapeur n’éprouve au bout de plusieurs heures aucune altération qui soit appréciable, soit par la perte de son éclat, soit par une augmentation de poids.
Am — Pour obtenir une action sensible, il faut
opérer a la température la plus élevée que puisse produire un fourneau a réverbère, surmonté d’un tuyau de tôle d’un mètre environ de longueur. Même alors l’oxydation est si faible, qu’elle ne se développe que par places et en produisant des quantités presque négligeables d’alumine blanche : on retire de la nacelle de porcelaine, (jui est un peu attaquée* parle métal, fies globules d’alu-