‹ De l'aluminiumChapitre 22 sur 47 · CHAPITRE TROISIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIEME

sole au rouge-cerise clair, et l’expérience me démontre qu’on aurait pu y placer de nouveaux cylindres à réduction , qui y auraient certainement été assez échauffés après la mise en feu complète (i).

Tout ce que j’ai dit de la fabrication du sodium dans les bouteilles à mercure s’applique également à la fabrication en cylindres, La seule différence consiste dans le chargement et le déchargement, et je n’ai à ajouter que quelques précautions à prendre dans cette opération.

On introduit le mélange dans des gargousses de toile ou de papier ; quand il n’a pas été calciné, on n’en peut chauffer à la fois que 9 à 10 kilogrammes, quantité qu’on pourrait doubler au profit de l’opération si une forte calcination préalable augmentait la densité de ce mélange. On ferme avec le tampon O, qu’on a soin délaisser un peu mobile, de façon qu’il soit toujours facile à enlever; un peu de terre à poêle empêche toute fuite, quand il s’en déclare. La réduction, qui dure environ quatre heures.

(i) « La meilleure disposition qu’on pourrait essayer de donner au four » serait celle du four à puddler, dont la figure est donnée dans l’atlas du » Traité de Chimie de M. Dumas, Tl. LXFI, Jig. 2. La sole devrait être » rectangulaire, et la hauteur de la plate-forme de l’autel, au-dessus de la » grille, devrait être diminuée. La sole elle-même devrait être plus élevée » par rapport à l’autel, et recevrait des supports en briques réfractaires » de diverses hauteurs sur lesquels reposeraient des cylindres. Ceux-ci » seraient disposés en quinconce sur deux plans horizontaux parallèles, et » la voûte très-surbaissée forcerait la flamme à lécher également tous les » points de leur surface. Les parois verticales du four seraient percées » convenablement pour laisser passer le fond des cylindres et les tubes » de dégagement pour la vapeur de sodium. L’expérience seule, permettra )) de dire le nombre de cylindres que l’on pourrait chauffer avec des )) foyers d’une surface donnée. »

Ce projet, que je transcris ici en l’empruntant à mon Mémoire de i856, a été exécuté à l’usine de la Glacière. Nous avons constaté que ce mode de chauffage était excellent et très-régulier. Je reviendrai un peu plus loin sur ce sujet.

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(létaelie faeilement. En regardant dans l’intérieur du cylindre , on retrouve les gargousses avec leur forme; seulement elles ont diminué de telle manière, que leur diamètre n’est plus que de 2 à 3 centimètres, et elles sont très-spongieuses. Ceci démontre que le mélange n’a pas fondu, mais que la matière diminuant toujours de poids, la carcasse de chaux et de charbon qui reste est presque entièrement dépouillée de carbonate de soude. Au moment où l’on ouvre le cylindre, on introduit dans le tube de dégagement L une tige de fer rouge clair qui l’empêebe de s’encrasser, et on l’enlève lorsque le nouveau chargement est fini. Les gargousses sont introduites dans le cylindre au moyen d’une pelle demi-cylindrique, avec laquelle on les dépose a l’entrée, et on les pousse rapidement avec un refouloir en fer jusqu’au point où elles doivent rester. Dans cette opération, réchauffement subit du mélange dégage delà poussière de soude, très-désagréable pour les ouvriers si le mélange n’a pas été calciné. On ferme le cylindre avec le tampon , et , lorsque la flamme du sodium apparaît, on ajuste les récipients, etc.

L’enveloppe des cylindres est assez épaisse pour que la distillation du sodium ne souffre en aucune manière des causes de refroidissement accidentel qu’éprouve le foyer. Ainsi, lorsqu’on charge le combustible, lorsqu’on ouvre la porte du réverbère, la chaleur diminue dans le foyer, le tirage cesse presque entièrement, et cependant l’opération ne doit pas souffrir de ces intermittences, pourvu que les causes perturbatrices de l’allure normale du four ne soient pas prolongées. En définitive, quand on opère dans des cylindres, la production du sodium est plus facile, moins pénible pour les ouvriers et moins coûteuse sous le rapport de la main-d’œuvre et du combustible que

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quand on opère dans les bouteilles à mercure. Mon expérience, qui a duré une dizaine de jours, avec des interruptions dangereuses pour l’enveloppe des cylindres, après des essais compromettants pour l’appareil , a été brusquement arrêtée. Le four a été visité ; il était intact. L’enveloppe des cylindres, en terre réfractaire, était fendillée , mais le lut était compacte et d’une résistance parfaite; cohérent, mais sans traces de fusion. Enfin les tubes de fer n’avaient rien perdu, ni à l’intérieur ni à l’extérieur, de sorte que leur durée paraissait devoir être presque illimitée. J’attribue ce succès aux soins particuliers que j’avais fait donner à la confection des enveloppes et à la perfection avec laquelle les soudures des tubes Gandillot avaient été forgées. Sur l’un des tubes seulement, et dans les parties les moins chauffées, une fissure très-courte , qui ne s’étendait pas à toute l’épaisseur, s’était déclarée et n’a pas été jugée dangereuse. Enfin, les cylindres réfractaires, que m’avait confectionnés M. Laudet, étaient évidemment de très-bonne qualité.

Essais à la Glacière. — A l’usine de la Glacière, nous avons voulu essayer le système de la fabrication continue, et en cylindres protégés, en opérant sur une plus grande échelle encore, et voici le résultat de nos expériences.

Nous n’avons rien changé à la composition du mélange, a la forme ou à la dimension des tubes de fer ni au mode de condensation. Seulement nous avons opéré à la fois sur six cylindres en fer forgé de M. Gandillot, protégés par l’enveloppe de terre qui a été décrite plus haut. Ces cylindres étaient rangés sur la sole d’un four à réverbère disposé de telle manière, que la flamme léchait successivement toutes les parties de leur surface exté-

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rieiire. Sur le luilieu de la sole régnait un petit mur (‘n hrique, sur lequel s’appuyaient les cylindres; entre ceux-ci et la sole bien damée en sable réfractaire, il existait un espace que remplissait la llamme du combustible.

Nos six cylindres ont marché avec un assez bon rendement pendant cinq jours. Nous avons pu observer qu’ils étaient tous chauffés avec une uniformité remarquable et que partout la chaleur était suffisante. Enfin nous avons vu que la partie postérieure des cylindres n’exigeait aucunement une fermeture hermétique. En effet, dès que l’opération est commencée, il distille du sodium, qui, venant se condenser et s’oxyder dans les parties froides de l’appareil, forme une sorte de cloison en carbonate de soude que la vapeur et les gaz ne franchissent plus. Nous avons pu ainsi et pendant longtemps recueillir du sodium provenant de l’un de nos tubes qui était ouvert entièrement a sa partie postérieure.

Le nouveau four marchait assez bien pour nous donner l’espoir d’une réussite complète, lorsqu’un accident imprévu nous força de mettre fin a l’expérience pour préserver les tubes de fer qui avaient pour nous un trèsgrand prix. En effet, les tubes de fer commandés pour avoir une longueur de i™,2o, d’après laquelle avait été calculée la largeur de la sole, nous avaient été livrés avec une longueur de L“,o5 seulement, de sorte que les bouchons de la partie postérieure rougissaient pendant l’opération et laissaient suinter des vapeurs de sodium qui, pénétrant à notre insu dans l’intérieur du four, fondirent nos enveloppes avec une rapidité extrême.

Une autre expérience, dans laquelle cette faute avait été évitée, ne réussit pas non plus, parce que les enveloppes cédèrent presque au premier coup de feu et que

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nos liihes de (er étùienl de (jualité intérieure. Nous senlimes rinconvénienl d’un système qui nous forçait à des dépenses considérables avant d’obtenir un résultat certain. C’est alors que fut imaginée une autre sorte de vase dont je donnerai plus loin la description. On verra que nous nous sommes assujettis a employer des tubes dont la valeur comparativement très-faible pût, en cas d’accident, être sacrifiée sans de grandes pertes, et à les chauffer dans des fours indépendants, de telle sorte que la destruction d’un appareil ne pût entraîner la perte des appareils voisins.

de foiaie. — Avant de terminer ce cliapilre, je dois dire que nous avons cru nécessaire d’essayer, à la (ilacière, comme je l’avais fait à Javel, l’emploi de vases en fonte pour la fabrication du sodium. Le résultat a loujours été défavorable. On obtient liien du sodium; mais, du moimmt où sa production devient rapide, le vase fond et l’opération se termine brusquement. Cela vient de ce que la température nécessaire à la formation du métal est loin d’être suffisante pour sa production en grande quantité a la fois. Et nous savons que c’est la une condition pour que le sodium se condense bien et s’obtienne économiquement. Cette observation me porte à croire qu’on pourra en diminuant beaucoup la température dans les fours a sodium, opérer avec de grands appareils en fonte à large surface, susceptibles de former à la fois une grande quantité de vapeurs métalliques venant se concentrer dans des récipients de taille ordinaire. Mon expérience, en effet, m’a toujours démontré que dans des tubes de grande dimension, mais chauffés à une température peu élevée, il se formait dans le même temps autant de sodium que dans une bouteille a mer-

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cure dont la température était beaucoup plus baule. C’est pourquoi on n’emploie pas de récipients plus grands dans l’un que dans l’autre cas. Avant de connaître celte circonstance, j’ai dû tenter un grand nombre d’essais infructueux ])our déterminer la dimension des récipients qu’il fallait adapter aux grands ap[)areils. C’esI sur ce principe que se fondent des expériences que j’ai tenté(‘s depuis longtemps pour faire du sodium, sans être obligé de porter aussi haut la température, (ui employant des vases moins coûteux ou plus faciles a protéger.

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