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DES APPLICATIOIVS DE L’ALUMINIUM

Rien n’est plus difficile que de faire admettre dans les usages de la vie et de faire entrer dans les habitudes des hommes une matière nouvelle, quelle que puisse être son utilité.

Les objets de luxe et d’ornementation sont assez variables dans leur forme et dans leur nature, mais tout ce qui se rapporte aux nécessités de la vie et sert aux besoins de chaque jour ne se modifie au contraire qu’avec une extrême lenteur. J’ai tout espoir qu’un jour la place de l’aluminium se fera dans nos habitudes et dans nos besoins; mais il est très-heureux pour lui qu’on l’ait appliqué tout d’abord à des objets sans nécessité, ou, pour me servir d’une expression bien connue, à des objets de fantaisie. Employé en objets d’arts et a des bijoux, l’aluminium n’a rencontré aucune opposition sérieuse à son entrée dans le monde industriel, et peu à peu, à force de le manier et de l’employer, on lui fera naturellement la place qu’il doit occuper, et qui d’ailleurs, il faut le reconnaître, dépend beaucoup de son prix de fabrication et de vente.

Le premier objet d’art qui ait été fait en aluminium a été ciselé par M. Honoré; c’est un hochet destiné au Prince Impérial et qui a été commandé par le Ministre d’Etat et de la Maison de l’Empereur. On travaillait alors raluminiiim avec bien de la peine, el H. Bisbop, l’nn des

DES APPLICATIONS DE l’aLUMINIUM.

premiers qui ait fait ouvrer des objets de bijouterie line, a contribué par sa persévérance à donner à cette fabrication l’essor qu’elle a pris depuis.

M. Cliristofle, dans ces derniers temps, a montré à l’exposition de Dijon des groupes d’une très-grande dimension coulés et ciselés en aluminium, ou plutôt en un alliage a 2 pour 100 de cuivre qu’il a le premier utilisé et qui convient merveilleusement aux usages auxquels il l’applique. M. Cbristofle, qui a déjà employé à l’orfèvrerie d’art près de 100 kilogrammes d’aluminium, a perfectionné considérablement dans ses ateliers le travail du moulage, de la ciselure et du décapage des pièces.

Dans les bijoux, au moyen d’un travail particulier de la surface, on donne au métal une couleur blanche d’une très-grande pureté et d’un éclat particulier qui est trèsagréable. Pour les objets ciselés, cet aspect particulier du métal produit encore un effet plus heureux, parce qu’il permet de saisir toutes les finesses de la sculpture, finesses que l’éclat extrême de l’argent empêche de suivre dans tous leurs détails, et qui ne deviennent visibles que quand l’argent a perdu en se sulfurant tout son aspect métallique. M. Christolle prépare la surface des pièces d’aluminium en les plongeant dans de l’acide nitrique.

Dans la bijouterie et l’orfèvrerie d’art, raluminium fait l’office d’un métal précieux; c’est une conséquence nécessaire de la place qu’il occupe entre les métaux communs et les métaux précieux dont il se rapproche souvent. C’est en effet par son inaltérabilité à l’air que l’aluminium a pu avec avantage prendre place à côté de l’argent, et il me paraît évident que sous ce rapport, pour bien des usages où l’on a besoin d’un métal qui ne s’oxyde ni ne se sulfure, il entrera bientôt dans nos habitudes de n’employer que de raluminium.

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