CHAPITRE PHEIVIIFJC
être considéré comme coûtant 75 francs le kilogramme par rapporta l’argent qui vaut 220 francs.
— L’aluminium fond a une température plus élevée que le zinc, plus basse que l’argent, en se rapprochant peut-être plus du zinc que de l’argent : c’esL donc un métal très-fusible.
Pi'ëcaiitiOEis à sis*eiBclt*e pour i*alaimi-
iiÉiiin. — Pour fondre de l’aluminium, il faut employer un creuset ordinaire en terre et n’ajouter aucune espèce de fondant. Les fondants sont toujours inutiles et presque toujours nuisibles. Les propriétés cbimiques si extraordinaires de ce métal en sont la cause : il attaque trèsvivement le borax et le verre dont on serait tenté de le recouvrir pour éviter son oxydation. Heureusement cette oxydation ne se produit pas, même à une température élevée. Quand sa surface est bien dépouillée de toutes les impuretés adhérentes aux lingots ou aux creusets, elle ne se ternit pas. L’aluminium est excessivement lent à fondre, tant à cause de sa chaleur spécifique qui est considérable que de sa chaleur latente qui paraît aussi très-grande. 11 faut faire un peu moins de feu que pour fondre l’argent et attendre. On peut très-bien opérer à creuset découvert. Quand on fond des morceaux d’aluminium, il suffit, pour les réunir, d’agiter le creuset ou de comprimer la masse métallique avec une barre cylindrique de fonte qu’on a bien soin de ne pas nettoyer avant de s’en servir. C’est ainsi qu’il faut s’y prendre pour refondre les limailles, tournures et autres déchets. On sépare autant qu’on peut les métaux étrangers, et pour éviter d’opérer leur combinaison avec l’aluminium, on chauffe le métal divisé à une température aussi faible que possible, mais suffisante pour le fondre. L’huile, les matières organi-
PROPHIKTÉS PIlYSIQUliS DI-: l’aLUMIINIUM . in
(jues brûlent, laissant une cendre qui mettrait ol)staele a la réunion du métal, si on n’avait soin de le presscu* follement avec la barre de fonte de fer. Le métal coule d(‘s lors très-facilement, et on trouve au fond du creuset un peu de cendres dans lesquelles il y a encore une certaine quantité d’aluminium en globules. On les sépare facilement en les écrasant dans un mortier, et en les passant ensuite sur un tamis qui retient les globules aplatis.
iflouiage. — On coule l’aluminium avec la plus grande facilité dans des moules métalliques, et mieux dans le sable pour les objets de forme compliquée.
Le moule doit être très-sec, fait avec un sable poreux, et doit laisser passer facilement l’air expulsé par le métal, qui est visqueux quand il est fondu. Le nombre des évents doit être très-grand, et enfin on doit ménager un jet long et parfaitement cylindrique. L’aluminium chauffé au rouge doit être versé assez rapidement : on fait couler un peu de métal fondu sur le jet même quand il est rempli, pour fournir a la contraction de la matière au moment où elle se solidifie.
En général, cette précaution doit être prise même quand on coule en lingotières de fonte ou de toute autre substance. Les lingotières fermées sont celles qui donnent le meilleur métal pour le travail du laminoir.
En suivant toutes ces précautions, on peut obtenir des moulages d’une très-grande finesse ; mais il ne faut pas se dissimuler que, pour réussir complètement et à coup sûr dans ces sortes d’opérations, il faut pour l’aluminium, comme pour les autres métaux, une connaissance spéciale de la matière, que la pratique seule peut donner.
Dans la fusion de l’aluminium impur, on peut observer des phénomènes très-différents, suivant la natur(‘ d(‘ la
CHAPITUK PHEMIEH.
matière étrangère qui le souille. Le métal ferrugineux laisse souvent une carcasse moins fusible assez riche en fer. C’est une liquation qui s’est opérée au profit de la pureté de la matière fondue.
Quand l’aluminium contient du silicium, cette liquation n’est plus possible ou au moins elle est très-difficile, et j’ai vu autrefois dans le commerce des échantillons très-siliceux que les ouvriers ne pouvaient plus refondre. Mais aujourd’hui l’aluminium que l’on fabrique est beaucoup plus pur.
Fix^ité. — L’aluminium est absolument fixe, et ne perd aucune partie de son poids lorsqu’il est violemment chauffé au feu de forge dans un creuset de charbon.
Foiiduetibiiitë ëiectri€|ue, — Les nombres que l’on trouve dans les Traités de Physique pour représenter la conductibilité électrique des métaux, varient extrêmement suivant les auteurs de ces déterminations, certainement à cause de la variabilité extrême des métaux dans leur pureté et dans leurs propriétés physiques.
Il est très-difficile en effet de se procurer des métaux absolument purs ou comparables entre eux, très-difficile également de fabriquer un fil qui puisse être considéré comme un cylindre continu dans toute sa longueur.
Pour l’aluminium, cette observation est particulièrement vraie : car, a cause de sa légèreté même, il peut retenir dans sa substance une certaine quantité des fondants ou des matières qui ont servi à le préparer, à moins que ces matières elles-mêmes ne soient très-volatiles et qu’on ne les ait 'chassées par une forte chaleur. C’est dans ce dernier cas que se trouve raluminium préparé avec le chlorure tel que je l’ai employé pour les expériences que je vais décrire.
PUOPlUÉTÉS PllYSIQUi:8 Dli l’aLUMINIUM . u)
L’aluminium conduit l’électricité avec une perléclioiî extrême, de manière qu’il doit être considéré comme un des meilleurs conducteurs connus et peut être même comparé sous ce rapport à l’argent. La détermination de sa conductibilité a été faite au moyen de Lappareil de M. Wlieatstone et en cherchant quelles étaient les dimensions d’un fil de fer de clavecin et d’un fil d’aluminium qui opposaient au passage de l’électricité la même résistance ; j’ai trouvé pour le fil de fer :
Longueur 655'""'
Diamètre o'"'",7(b.
Pour le fil d*aluniinium :
Longueur 660'""'
Diamètre o'"'",27o
On déduit de ces expériences que raluminium conduit l’électricité huit fois mieux que le fer.
M. Buff est arrivé à des résultats différant évidemment des miens, quoique nous n’ayons pas pris le même terme de comparaison. Cela tient sans doute à ce que le métal qu’il a employé dans ses déterminations contenait, comme il est facile de le démontrer dans un grand nombre d’échantillons, un peu de la cryolite et des matières fusibles dont la densité est très-voisine de celle de l’aluminium, et au milieu desquelles il a obtenu son métal. Cette séparation du métal et de son fondant est, en effet, une opération mécanique présentant certaines difficultés, sur laquelle j’insisterai plus tard à l’article de la fabrication et dont il est inutile de se préoccuper quand ce fondant est volatil. C’est là une condition à laquelle il faut se soumettre quand on veut obtenir de l’aluminium absolument j)ur.
CHAPrniK PREMip:n.
Comliieiibiflité |908ii‘ lia eBistSeui*. — Oll admet eil général que la eonductibilité électrique et la conductibilité pour la chaleur se correspondent exactement dans les divers métaux. Une expérience très-simple, queM. Faraday a faite avec moi dans son laboratoire, semble en effet devoir assigner a l’aluminium un rang très-élevé parmi les métaux conducteurs. Si on échauffe un fil de cuivre, un fil d’argent et un fil d’aluminium qui viennent se croiser en un point, en ayant soin de porter uniquement sur ce point l’action de la chaleur, on pourra, en mettant une petite balle de cire a égale distance de ce centre, déterminer le ransf de ces trois métaux dans l’échelle de
conductibilité en notant le moment où la balle de cire se détache en fondant du fil métallique qui la soutient. On a pu voir ainsi que la balle de cire du fil d’aluminium a fondu la première, puis celle du fil d’argent, et enfin celle du fil de cuivre a fondu la dernière. Ces métaux sont ainsi classés, grossièrement il est vrai, par rapport a leur conductibilité pour la chaleur.
CB&aiesip ^isécsfiqiie. — D’après les expériences de M. Régnault, la chaleur spécifique de l’aluminium correspond à son équivalent i3,75, d’où l’on conclut qu’elle est très-grande par rapport a tous les métaux usuels. On s’aperçoit facilement de cette propriété curieuse par le temps considérable qu’exige un lingot d’aluminium pour se refroidir. On peut même dire qu’une plaque épaisse de ce métal, fortement chauffée, ferait l’office d’un excellent réchaud. Une autre expérience rend frappante cette conclusion. M. Paul Morin eut l’idée d’employer l’aluminium cojnme plat pour faire cuire les ouifs dont le soufre atta({uc si facilement l’argent , et il obtint d’excellents résultats. Mais il j'cmnrqua de plus (pie le plat se maintenait chaud pcmdant un temps bien plus long
PROPRIÉTÉS PHYSIQUES DE l’ ALUMIISIUM. 2 1
que (l’habitude. Cette propriété exceptionnelle pourra, j’espère, être utilisée.
Vomie cristalline. — L’alumiiiiuin présente souvent un aspect cristallin quand il a été refroidi lentement. Quand il n’est pas pur, les petits cristaux qui se forment sont aiguillés et s’entre-croisent dans tous les sens. Quand il est presque pur, il cristallise encore par fusion, mais difficilement, et on peut observer, à la surface des lingots, des hexagones qui paraissent réguliers avec des rayons qui se prolongent jusqu’au centre du polygone. C’est à tort qu’on conclurait de cette observation que l’aluminium cristallise dans le système rbomboédrique. Il est clair qu’ un cristal du système régulier peut présenter une coupe hexagonale, et, d’un autre côté, en préparant l’aluminium par la pile à basse température, j’ai observé des octaèdres complets dont la mesure était, il est vrai, impossible, mais dont les angles paraissaient égaux.
Jffagiiëtisiiie. — J’ai trouvé, comme MM. Poggendorff et Riess, que l’aluminium était très-faiblement magnétique.