TABLEAU CLINIQUE
Voici un malade chez lequel nous'avons pratiqué l’avulsion d’une première prémolaire inférieure droite, par exemple. L'opération s’est déroulée avec le minimum de traumatisme; c’est-à-dire que nous supposons réduite, le plus possible, l’importance des facteurs étiologiques favorisants que nous classerons dans un autre chapitre.
Analysons simplement les faits, tels qu’ils se présentent dès la fin de l’intervention. Dès les premiers instants, l’œil averti est frappé par l’aspect de sécheresse de l'os: l’alvéole aussitôt déshabité n’a pas saigné franchement, premier indice d’un trouble vaso-moteur. Dans les heures qui suivent l’avulsion, l’observateur pourra constater la non-formation du caillot, dont le rôle est de protéger l’alvéole de ce que Leriche appelle les « injures extérieures ». Pourtant, le malade ne se plaint pas, ou tout au plus ressent-il quelques menus élancements, normaux après toute extraction. Le contact de la plaie est modérément douloureux. 4
Vingt-quatre heures après, la situation du malade demeure stationnaïre : l’état général est légèrement déprimé, mais les signes physiques et fonctionnels sont inchangés. Ce n’est que le surlendemain, ou même trois ou quatre jours après l'extraction, que va éclater la véritable « crise alvéolaire », dont nous avons rapporté la description de M. Schneider, à la fin de notre historique de la question.
Une fois franchie cette période d’une dizaine de jours, dominée par la souffrance du malade, va succéder une
phase ultime, où c’est à nouveau l'œil du clinicien qui pourra suivre l’évolution de l’affection : Elle est en effet marquée, comme nous l’avons vu, par une prolifération exagérée du tissu de bourgeonnement qui doit combler l’alvéole; — tissu trop richement vascularisé, congestionné, et par conséquent impropre à la reprise de l’ostéogénèse.
dominée se une symptomatologic AD de — on peut décrire :
— soit deux périodes, si on considère la marche des troubles infectieux et trophiques.
C’est à cette division que nous nous sommes] ralliés
pour notre étude anatomo-pathologique, où nous avons décrit deux périodes : le stade d’alvéolite sèche et le stade d’alvéolite prolifératrice. se
— Soit trois phases, si l’on se place au point de vue de la symptomatologie douloureuse:
1° Une phase préalgique. !
Elle constitue une période de latence de deux à trois jours, au cours de laquelle les troubles subjectifs accusés par le malade sont très minimes. Nous verrons, en
étudiant la pathogénie de l’alvéolite aiguë, la significa-
tion de cette phase.
2° Une phase hyperalgique.
Ce sont les signes fonctionnels qui dominent: ils sont représentés par des douleurs très vives, pongitives, térébrantes, irradiées, paroxystiques, apparaissant particulièrement la nuit et empêchant le sommeil; parfois eal-
mées par la chaleur humide, toujours exacerbées par la chaleur sèche.
On peut observer des douleurs à type de névrite radiculaire, siégeant aux points d’émergeance, ou bien de vraies causalgies faciales, avec sensation de brûlure et hyperesthésie cutanée.
Quant aux signes physiques, ils sont représentés par
la sensation horriblement pénible, que provoque le contact de l’os alvéolaire dénudé. Parfois, du même côté, les ganglions sont tuméfiés et douloureux.
Cette phase est celle qui exige le plus l'intervention d’une thérapeutique appropriée. Celle-ci, la plupart du temps, reste purement symptomatique et ne vise qu’à l’atténuation de la douleur, sans chercher à en atteindre la cause. Mais qu’elle ait été efficace ou non, elle n’aura que peu d'influence sur les troubles trophiques. Toute cette période douloureuse de l'affection correspond, en effet, au stade anatomique d’alvéolite sèche. Or, si l’alvéolite sèche — qui succède immédiatement à l’intervention — ne reçoit pas de traitement, la aurée de son évolution anatomo-pathologique coïncidera exactement avec la phase clinique hyperalgique. Ce n’est que dans les cas où une thérapeutique efficace aura été mise en jeu que nous pourrons constater l’existence d’une période d’alvéolite sèche non douloureuse.
3° Une phase post-algique.
Elle apparait d’autant plus rapidement, que le traitement aura été plus précocement appliqué. En cas d’évolution naturelle de l’affection, cette phase clinique correspond exactement au stade d’alvéolite prolifératrice de la division anatomo-pathologique.
Elle s’installe progressivement entre le dix et le quinzième jour après l’extraction, s’annonçant par une
… diminution notable des douleurs.
Les signes fonctionnels sont minimes, simples sensations de tension le plus souvent, ou douleurs réveillées par la mobilisation d’un séquestre en voie d'élimination.
Les signes physiques restent plus importants : les douleurs sont réveillées au moindre contact.