‹ De l'alvéolite aiguë et des conceptions modernes de son traitementChapitre 15 sur 26 · I. — CAUSES QUI EXISTAIENT AVANT ET EN DEHORS DE L’IN- TERVENTION · texte numérisé non relu

I. — CAUSES QUI EXISTAIENT AVANT ET EN DEHORS DE L’IN- TERVENTION

Tout d’abord, nous citons pour mémoire le facteur saisonnier et métécrologique, qui est peut-être à l’origine de l’observation des cas d’alvéolites par séries à de certaines périodes de l’année. C’est là un phénomène qui est bien connu des praticiens, et qui méritait d’être signalé. |

Nous diviserons ensuite en deux catégories cet ordre de causes:

1° Causes générales:

Le terrain joue certainement un rôle important dans l’apparition des phénomènes douloureux post-opératoi- res. N'oublions pas, en effét, que l'individu, sur lequel nous avons pratiqué notre intervention, a souffert avant de venir nous demander nos soins; c’est déjà, avant tout traumatisme opératoire, un débilité, un affaibli. C’est souvent aussi un intoxiqué, à la suite de l’absorption massive d’antialgiques variés.

Leriche a beaucoup insisté sur les modifications très rapides de l’équilibre psychique dans les algies faciales: « le malade devient inquiet, susceptible, instable et concentré sur lui-même ». Nous retiendrons donc ce facteur de déséquilibre affectif et mental, qui va sans doute de pair avec un déséquilibre vago-sympathique.

2° Causes locales:

Elles apparaissent comme évidentes : on ne saurait

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trop insister sur l’importance du mauvais état buccal. D'abord la présence de tartre est la source de toute une flore microbienne, dont la virulence latente ne demande qu’à s’exalter. D’autre part, les caries dentaires multiples sont également des réservoirs de germes pathogènes.

Mais nous ne devons pas négliger néanmoins de concentrer notre attention sur l’organe dentaire, qui fut l’objet de notre avulsion: et cela à un double point de vue: celui de sa position sur l’un ou l’autre des deux maxillaires, et celui de la lésion dont il était atteint. C’est à PAméricain Krogh que nous devons une étude sérieuse du premier de ces deux facteurs étiologiques.

Dans une statistique publiée en 1937, et portant sur 138 cas d’alvéolites observés à la suite de plus de 6.000 extractions, l’auteur conclut que « 95 p. 100 des cas d’alvéolites observés se sont manifestés consécutivement à des extractions de prémolaires et molaires inférieures ».… Quand nous fournirons notre propre statistique, nous verrons que ces chiffres, quoique manifestement exagérés, traduisent la plus grande fréquence de lPalvéolite au maxillaire inférieur, fait incontestable que nous avons également observé.

L'étude de la lésion dentaire préexistante est également d’une importance capitale. L’extraction d’une dent vivante va s’accompagner d’un arrachement du filet nerveux pulpaire, et l’on conçoit que ce traumatisme soit suivi de phénomènes de névrite secondaire. L’extraction d’une dent atteinte d’arthrite apicale aiguë, en blessant le ligament alvéolo-dentaire enflammé, atteint un organe richement innervé qui pourra également réagir. Si la dent était atteinte d’hypercémentose radiculaire, les efforts de luxation provoqueront l’ébranlement des filets nerveux alvéolaires.

On voit, par ce bref exposé, toute l'importance de ce facteur étiologique que nous étudierons mieux encore au chapitre « Pathogénie ».

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