Ilest certain pourtant que cette crise
2. On dirait aujourd'hui : à bon escient , ou : à mon escient.
3. Besongne n’a pas seulement ici le sens général qu'il avait au moyen âge(on disait : faire ses besongnes), mais celui de circonstance critique.
i. Mercier, dit M. Littré, a été en usage jusque dans le xvi° siècle; remercier parait n'avoir commencé que vers le xv°. On connaît la jolie fable où Marot peint la reconnaissance du rat envers le lion qui l'a délivre :
Puis en ostant son bonnet de la teste, A gentiment mercié la grand beste.
5. « Je crois qu'il faut lire Médoc au lieu de Médor ; et Germignac, non loin de Pons, département de la Charente-Inférieure, au lieu de Germignan. » (E. Jouax- NEAU.)
6. C'est le vêtement léger qui convenait au jeu de paume, dont H. Estienne constate la vogue extraordinaire en ce temps.
l’entreprinse qu'il avoit piecà ! faicte de s'en aller; mais qu'il n’allast pour ce soir que jusques à Germignan, qui n’est qu'à deux lieues de la ville. Cela faisois je pour le lieu où il estoit logé, tout avoysiné de maisons infectes de peste, de laquelle il avoit quelque apprehension, comme revenant de Perigord et d’Agenoïs, où il avoit laissé tout empesté; et puis, pour semblable maladie que la sienne, je m'estois autrefois trèsbien trouvé de monter à cheval. Ainsin il s’en partit, et madamoiselle de La Boïitie sa femme ?, et monsieur de Bouilhonnas son oncle, avecques luy.
Le lendemain, de bien bon matin, voycy venir un de ses gents, à moy, de la part de madamoiselle de La Boitie, qui me mandoit qu'il s’estoit fort mal trouvé la nuict, d’une forte dysenterie. Elle envoyoit querir un medecin et un apotiquaire, et me prioit d'y aller : comme je feis l’apres-disnee.
A mon arrivee, il sembla qu'il feust tout esjoui de me veoir, et, comme je voulois prendre congé de luy pour m'en revenir, etluy promissede le reveoir le lendemain, il me pria, avecques plus d'affection et d'instance qu'il n’avoit jamais faict d'autre chose, que je feusse le plus que je pourrois avecques luy. Cela me toucha aucunement#. Ce neantmoins* je m'en allois, quand madamoiselle de la Boitie, qui pressentoit desjà je ne sçais quel malheur, me pria, les larmes à l'œil, que je ne bougeasse pour ce soir. Ainsin elle m'arresta; dequoy il se resjouit avecques moy. Le lendemain, je m'en reveins; et le jeudy, le feus retrouver. Son mal alloit en empirant; son flux de sang, et ses trenchees qui l’affoiblissoient encores plus, croissoient d'heure à autre.
Le vendredy, je le laissay encores : et le samedy, je le feus reveoir desjà fort abbattu. Il me dict lors que sa maladie estoit un peu contagieuse, et, outre cela, qu'elle estoit mal plaisante et melancholique; qu'il cognoissoit tres-bien mon naturel, et me prioit de n’estre avecques luy que par boutees *, mais le