Quand tout est dit, pour tout dire, comme à la p
2, Meshuy, désormais, mot vieilli.
3. Travmllé se dit également de la fatigue physique et de la peine morale, 4, « Voilà ce que les hommes appellent des biens! »
estoit pleine de gents,il me demanda s'il luy feroit mal de parler. Je luy dis que non, mais que ce fust tout doucement.
Lors il feit appeller madamoiselle de Saint-Quentin sa niepce, et parla ainsin à elle : « Ma niepce m'amie, il m'a semblé, depuis que je t'ay cogneue, avoir veu reluire en toy des traicts de très-bonne nature : mais ces derniers offices que tu fay, avec si bonne affection et telle diligence, à ma presente necessité, me promettent beaucoup de toy; et vrayement je t'en suis obligé, et t'en mercie! tres-affectueusement. Au reste, pour me descharger, je t'advertis d’estre premièrement devote envers Dieu : car c'est sans doubte la principale partie de nostre debvoir, et sans laquelle nulle autre action ne peut estre ny bonne ny belle; et celle là y estant bien à bon cscient, elle traisne aprez soy par necessilé toutes autres actions de vertu. Aprez Dieu, il te faut aymer et honnorer ton pere et ta mere, mesme ta mere, ma sœur, que j'estime des meilleures et plus sages femmes du monde; et te prie de prendre d'elle l’'exemple de ta vie. Ne te laisse point emporter aux plaisirs. Je te prie, et veux, qu'il te souvienne de moy, pour avoir souvent devant les yeux l'amitié que je t'ay portee; non pas pour te plaindre, et pour te douloir de ma perte?, et cela deffends je à tous mes amis tant que je puis, attendu qu'il sembleroit qu'ils feussent envieux du bien, duquel, mercy à ma mort#, je me verray bientost jouissant : et t’asseure, ma fille, que si Dieu me donnoit à cette heure à choisir, ou de retourner à vivre encores, ou d'achever le voyage que j ay commenté, je serois bien empesché au chois. Adieu, ma niepce m'amie. »
Il feit, aprez, appeler madamoiselle d’Arsat, sa belle fille, et luy dict : Ma fille, vous n'avez pas grand besoing de mes advertissements, ayant une telle mere, que j'ay trouvee si sage, si bien conforme à mes conditions et volontez, ne m'ayant jamais faict nulle faute : vous serez tres-bien instruicte, d'une telle maistresse d’eschole. Et ne trouvez point étrange, si moy, qui ne vous touche d'aucune parenté, me soucie et me mesle de vous,