Non est dea, non certes
2. « Oui, certes, répliqua-t-il, l’eau est la meilleure des choses. » (Prxnare.) Voyez Littré sur l'origine incertane de la particule affirmative mon.
3. C'est-à-dire : qu'on puisse avoir encore besoin de moi dans l'avenir,
4. « Ilest d'un cœur noble de vouloir devoir encore plus à celui à qui il doit beaucoup. « (Cicéron, Æpiît. famil., I, 6.)
Monsieur de Belot le veint veoir aprez midy : et il luy dict, luy presentant sa main : « Monsieur, mon bon amy, j'estois icy à mesme pour payer ma debte; mais j'ay trouvé un bon crediteur ! qui me l’a remise. » Un peu aprez, comme il se resveilloit en sursault : « Bien! bien ! qu'elle vienne quand elle voudra, je l’attends, gaillard et de pied coy?, » mots qu'il redict deux ou trois fois en sa maladie. Et puis, comme on luy entreouvroit la bouche par force pour le faire avaller : An vivere tanti est? dict il, tournant son propos à monsieur de Belot.
Sur le soir, il commencea bien à bon escient à tirer aux traicts de la mort : et comme je soupois, il me feit appeller, n'ayant plus que l’image et que l’umbre d'un homme, et, comme il disoit luy mesme, non homo, sed species hominis *; et me dict, à toutes peines : « Mon frere, mon amy, pleust à Dieu que je veisse les effects des imaginations que je viens d’avoir ! » Aprez avoir attendu quelque temps, qu'il ne parloit plus, et qu'il tiroit des soupirs trenchants pour s’en etfforcer, car deslors la langue commenceoit fort à luy denier son office : « Quelles sont elles, mon frere? luy dis je. — Grandes, grandes, me respondit il. — Il ne feut jamais, suyvis je, que je n’eusse ÿ cel honneur que de communiquer à toutes celles qui vous venoient à l’entendement ; voulez vous pas que j'en jouisse encores ? — C'est mon deaf, respondit il; mais, mon frere, je ne puis : elles sont admirables, infinies, et indicibles. » Nous en demeurasmes là : car il n’en pouvoit plus. De sorte qu'un peu auparavant il avoit voulu parler à sa femme, et luy avoit dict, d’un visage le plus gay qu'il le pouvoit contrefaire, qu'il avoit à luy dire un conte. Et sembla qu'il s’efforceast pour parler : mais la force luy defaillant, il demanda un peu de vin pour la luy rendre. Ce feut pour neant; car il esvanouït soubdain, et feul long temps sans veoir.
Estant desjà bien voysin de sa mort, et oyant les pleurs de madamoiselle de La Boitie, il l'appella, et luy dict ainsi : « Ma semblance, vous vous tormentez avant le temps : voulez vous pas avoir pitié de moy? Prenez courage. Certes, je porte plus