‹ De l'ammoniaqueChapitre 3 sur 10 · PRÉPARATION INDUSTRIELLE · texte numérisé non relu

PRÉPARATION INDUSTRIELLE

Autrefois on suivait les procédés que je viens de décrire. On opérait dans des cornues de fonte ou de fer forgé, et les corps mis en réaction

étaient la chaux vive mélangée à des sels ammoniacaux : sulfate, carbonate, chlorhydrate. On recueillait le gaz dans une série de condensateurs.

Aujourd’hui ce procédé est abandonné. Il est inutile en effet de préparer un corps qui se produit journellement dans la distillation de la houille.,

En effet, lorsqu’on soumet la houille à l’influence d’une température élevée, il se produit un grand nombre de corps : (carbures d’hydrogène).

Le soufre et l’azote que contient la houille donnent naissance 'a de l’ammoniaque, du cyanogène, du sulfure de carbone, du sulfhydrate, du sulfocyanhydrate d’ammoniaque.

Les gaz au sortir de la cornue où la houille est soumise à l’action du feu arrivent dans des cloches d’aspiration, traversent le jeu d’orgue, arrivent dans les cuves d’épuration, en passant à travers une colonne de coke continuellement arrosée par un filet d’eau. La commence l’épuration chimique et se dissout déjà une partie de l’ammoniaque que contiennent les gaz.

Au début de la fabrication du gaz de l’éclairage, l’épuration consistait en un simple barboltement, et l’on perdait l’ammoniaque qui se dissolvait. Ce n’est qu’en 1840 que Mallet proposa de retirer ce gaz et de l’utiliser.

Pour arriver à ce résultat, il eut l’idée d’employer les chlorures de fer et de manganèse, produits ultimes de la préparation du chlorure de chaux.

Voici comment on opère : dans trois laveurs en cascades sont placées les dissolutions métalliques. A l’aide d’un tube.plongeant de trois centimètres dans la dissolution, on fait arriver le gaz dans les laveurs ; à son entrée les bulles qui se dégagent sont divisées à l’aide d’un diaphragme qu’on lui fait traverser; déplus un agitateur est chargé de déterminer la formation du précipité qui se forme. Le résultat de cette opération est du chlorydrale d’ammoniaque, du carbonate de manganèse, et de l’oxyde de fer qui fixe l’acide sulfhydrique.

Les liqueurs saturées de sel ammoniac sont soumises a une évaporation convenable, et par le refroidissement on obtient des cristaux qui serviront à produire l’ammoniaque.

Plusieurs procédés ont été indiqués pour arriver au même but. Le précédent est encore le meilleur. On peut prendre aussi de la sciure de bois imprégnée des chlorures, la placer sur des claies et faire arriver le gaz; puis par des lavages convenables isoler le chlorhydrate d’ammoniaque et faire cristalliser.

Enfin on utilise la réaction du sulfate de chaux sur le carbonate d’ammoniaque, qui donne naissance à du sulfate d’ammoniaque et à du carbonate de chaux.

On se sert alors des vieux plairas provenant des démolitions; on les réduit en poudre; on les mélange avec delà tannée et du poussier de coke additionné de 2 pour 100 de coke; on humecte et la matière est placée sur des claies, le gaz chargé de principes ammoniacaux transforme le sulfate de chaux, se change en carbonate tandis qu’il se fait du sulfate d’ammoniaque qui est séparé comme précédemment. L’inconvénient de ce procédé, c’est d’être obligé de transformer les sels de chaux contenus dans les platras en sulfate par l’addition de l’acide sulfurique.

Voici les procédés qui sont mis en œuvre pour retirer l’ammoniaque du gaz de l’éclairage, mais ce corps se trouve toujours a l’état de combinaison.

Il est nécessaire de lui faire subir une nouvelle opération pour l’isoler et non-seulement nous pourrons retirer ainsi l’ammoniaque des eaux de condensation des usines à gaz, mais de la même manière il sera facile de la dégager des liquides provenant de la distillation des os, des urines pourries, des eaux vannes des dépôts de vidange.

L’appareil employé à cet effet se compose de deux chaudières en fonte étagées sur un fourneau ordinaire.

L’inférieure seule repose sur le foyer, l’autre est chauffée par la chaleur perdue; elles communiquent entre elles par un tuyau destiné à la transmission des vapeurs. Un robinet inférieur permet d’écouler les liquides épuisés. Les eaux ammoniacales sont introduites avec un

lait de chaux dans ces chaudières. Il se forme du carbonate de chaux et du sulfure de calcium qui restent dans les chaudières. L’ammoniaque se dégage, traverse un serpentin, où se condense l’eau entraînée à l’état de vapeur et vient se réunir dans un vase spécial. Comme cette eau dissout une certaine quantité du gaz, au moyen d’une pompe on la fait remonter dans un laveur pour être déversée plus tard dans les chaudières. Quanta l’ammoniaque libre, elle continue son chemin, passe dans un flacon où l’on a mis de l’huile d’olive dans le but de retenir les carbures d’hydrogène si l’ammoniaque provient surtout des eaux de condensation des usines à gaz; puis elle arrive dans un flacon contenant de la soude qui la désinfecte. De là un tuyau la conduit dans une cuve pleine d’eau si on veut préparer de l’ammoniaque liquide, renfermant des acides si l’on désire préparer des sels ammoniacaux .

Telle est l’opération comme l’a décrit M, Girardin.

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