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III. PROPRIÉTÉS DE L’AMMONIAQUE

Leè propriétés physiques de ce corps peuvent se résumer en quelques lignes. C’est un corps gazeux, possédant une odeur bien caractéristique et bien connue. II est irritant, il produit en effet sur les organes une sensation désagréable et provoque le larmoiement.

Sa densité est 0,591. Un litre de ce gaz pèse 0,768. Il u’est pas permanent, une pression do 6 atmosphères permet de liquéfier. Un abaissement de température de 40° donne le môme résultat.

Faraday l’a obtenu liquide en utilisant la propriété que possède le chlorure d’argent d’absorber une très grande quantité de ce gaz et de le dégager sous l’influence de la chaleur. Le chlorure est introduit dans un tube recourbé fermé à ses deux extrémités. Une des br anches plonge dans un mélange réfrigérant ; le gaz, par sa propre pression, opère sa liquéfaction.

Il verdit le sirop de violette*et ramène au bleu le tournesol rouge. Enfin, et c’est là un des caractères physiques des plus importants, il est très soluble dans l’eau. Un volume de liquide dissout G70 volumes de gaz. Nous verrons dans les usages de l’ammoniaque le profil qu’en a tiré M. Carré.

A côté de ces propriétés purement physiques, l’ammoniaque nous donne des caractères chimiques très intéressants, surtout au point de vue organique. Avant d’arriver à l’étude de ces corps, voyons comment agissent sur ce gaz l’oxygène, le chlore et ses congénères, les métaux ei les acides minéraux.

La chaleur sépare l’hydrogène de l’azote au- dessous du rouge naissant. On opère dans un tube de porcelaine rempli de fragments de chaux vive, au rouge en présence du charbon il se fait de l’hydrogène et du cyanhydrate d’ammoniaque.

L’oxygène h la température ordinaire est sans action; mais la présence ce la chaleur et d’un corps poreux peut déterminer sa formation d’acide azotique; c’est ainsi que M. Kuhlmann a obtenu de l’acide azotique au moyen de l’air et de l’ammoniaque.

L’ozone peut aussi faire naître de l’acide azotique en agissant sur le gaz ammoniac. Comment expliquer la présence de l’azotate d’ammoniaque dans l’atmosphère, sinon par celle action de l’ozone ou oxygène électrisé sur l’ammoniaque provenant des décompositions. ?

Avec le chlore il peut se faire deux sortes de produits — ou l’hydrogène s’unit au chlore pour fournir de l’acide chlorhydrique et dégager de l’azote, ou le chlore se substitue à l’hydrogène et forme des corps détonants.

L’iode et le brome donnent lieu à des phénomènes analogues.

(.es métaux agissent par substitution, l’hydrogène peut être remplacé par 1,2, 3 équivalents du métal et l’on peut dire que ces produits sont généralement détonants.

Reste l’action des acides.

Les hydracides se combinent directement avec l’ammoniaque : Il en est de môme des acides normaux, tels que l’acide sulfurique, azotique, etc., etc. „

Celle combinaison des acides avec l’ammoniaque va nous servir à montrer que l’ammonium a bien sa raison d’exister et que Berzélius, malgré ses hésitations, avait fait la découverte d’un nouveau métal.

En effet, les expériences de Berzélius ne sont pas la seule raison qu’on puisse invoquer en faveur de l’existence de l’ammonium. Les lois chimiques viennent, d’après la façon dont se comporte l’ammoniaque dans ses combinaisons salines, appuyer celte hypothèse et lui donner un caractère de vérité.

Parce qu’on n’a pas encore isolé ce métal et qu’il n’a donné que des preuves d’une existence éphémère, doit-on pour cela affirmer qu’il n’est pas? Personne jusqu’ici n’a pu sentir ni goûter le bioxyde d’azote, cependant personne ne doute de son existence. On n’a pas encore pu avec du charbon produire du diamant, et quoique ces corps n’aient pas

le môme aspect, que l’un soit cristallisé et l’autre amorphe, on n’en conclut pas moins à l’identité de composition de ces deux corps.

Puisqu’on sait se contenter de certaines preuves pour ces substances, il serait tout au moins bizarre d’être intolérant pour celui qui nous occupe, surtout quand, d’un côté, on est en contradiction avec des lois établies, de l’autre on satisfait par une explication vraisemblable.

Première présomption : Le mercure forme avec les métaux un amalgame : Or, en décomposant le sel ammoniac par la pile en présence du mercure nous avons eu un espèce d’amalgame.

Second fait très-probant : Lorsque nous combinons l’ammoniaque à un acide, l’acide sulfurique par exemple, nous obtenons du sulfate d’ammoniaque dont on écrit la formule :

AzH 3 , SO 3 , HO

Ce sel cristallise dans le môme système que le sulfate de potasse.

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