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V. DE L’AMMONIAQUE AU POINT DE VUE DE LA VÉGÉTATION ET DES ENGRAIS

Les matières organiques, azotées en se décomposant donnent naissance à de l’ammoniaque. Cette ammoniaque fournit aux végétaux l’azote qu’ils ont besoin de s’assimiler pour vivre.

Les végétaux puisent dans l’ammoniaque de l’atmosphère l’azote, qui contribue à leur développement, ou dans des matières riches en sels ammoniacaux : ce sont les engrais.

Il est des plantes qui n’ont nullement besoin d’engrais pour donner une récolte abondante. Le trèfle en est un exemple, et ce végétal loin d’épuiser le sol le rend plus fécond. On sait en effet que les cultivateurs après une première coupe, enterrent la nouvelle pousse pour semer dans ce sol des plantes excessivement avides de principes azotés : tels que le froment ou l’avoine.

La terre, n’a pas reçu d’engrais et cependant le trèfle s’est bien développé. C’est dans l’atmosphère qu’il trouve les éléments azotés nécessaires à son existence.

De nombreuses expériences faites par M. Boussinganlt tendent à démontrer que cet azote provient des composés ammoniacaux contenus dans l’air, amenés à la surface de la terre par les eaux de pluie. D’autres chimistes prétendent au contraire que l’azote de l’air est assimilé directement.

C’est dans les engrais qu’un grand nombre d’autres plantes viennent chercher cet élément de leur vio. Le froment, l’avoine, le colza, etc... sont dans ce cas, et suivant les observations de Hermbstoedt les céréales sont d’autant plus riches en gluten qu’elles ont pris naissance dans un terrain plus engraissé.

Comment agissent l’ammoniaque et les sels ammoniacaux. D’après M. Cloôz ces agents ont pour effet de favoriser la végétation. L’absor-

ption de l’ammoniaque ne se fait pas directement; elle ne se fait qu’autanl que ce corps trouve dans le sol les éléments d’oxydation nécessaires pour se transformer en acide azotique. L’ammoniaque par ellemême serait un poison.

M. Bouchardat, dans un mémoire à l’académie des sciences se résume ainsi :

1° Les dissolutions des sels ammoniacaux ne fournissent pas l’azote aux végétaux ;

2“ ira de ces dissolutions devient un poison.

Les racines de la plante plongeant dans des dissolutions salines ou la nitrification ne pouvait avoir lieu, il faudrait donc admettre que c’est l’azote libre de l’air qui serait assimilé par la plante ?

Enfin MM. Gratiollel et Cloëz concluent à l’utilité de l’ammoniaque, mais en tant qu’elle peut se transformer en acide nitrique.

De ce qui précède, il suit qu’un engrais ne sera profitable qu’autant qu’il aura été mis dans de bonnes conditions pour se nitrifier.

Remuer fréquemment le sol, y tracer de profonds sillons afin d’augmenter le contact de l’air, y faire de nombreux arrosages. Sans ces conditions, les engrais les plus riches en sels ammoniacaux ne rendront les terres que médiocrement fertiles.

Il ne me reste qu’à indiquer les divers engrais employés. Je citerai d’abord les engrais animaux, c’est-'a-dire, ceux provenant des hôtes mortes; les fumiers; les excréments des animaux; l’urine, qui tous donnent du carbonate d’ammoniaque.

2" Le plâtre qui transforme le carbonate d’ammoniaque de l’atmosphère en sulfate d’ammoniaque qui, dissous, s’introduit dans le sol.

3° L’argile, qui absorbe et retient l’eau ammoniacale, ce qui fait que les plantes qui croissent dans ces terrains ne paraissent pas souffrir d’une grande sécheresse.

4° Le poussier de charbon qui absorbe les gaz et les laisse se dégager petit à petit.

Voici en quelques mots le rôle de l’ammoniaque comme engrais et connue élément nourricier des plantes et le résumé des opinions émises par les chimistes.

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