SUN
emprunts à un taux et à des conditions de cherté inconnus jusqu'alors. Le cours de la rente se ressentit cruellement de cette avalanche d’emprunts et perdit un moment jusqu’à 46 % du capital nominal. En 1783, au lendemain de la paix de Versailles, la dette anglaise se montait à près de 6 milliards.
Cette dangereuse situation ne laissait pas d’inquiéter fortement le nouveau (‘hancelier de l’Echiquier William Pitt. Ce dernier, qui avait été député à 22 ans, avait 23 ans au commencement de l’année 1783 lorsqu'il fut appelé au ministère des Finances par lord Sherburn. Quelques mois plus tard, en décembre de la même année, il devenait premier ministre. (était alors l’époque où tout le monde était encore sous l’impression produite par les écrits du docteur Price sur l’amortissement des dettes nationales: cette doctrine avaït, on le conçoit aisément, séduit tous les esprits. Pitt fut frappé des facilités qu’elle pouvait offrir, et c’est pénétré des avantages qu’elle semblait présenter qu’en 1786 il se décida, pour sortir d’une situation qui pouvait devenir périlleuse, à mettre à exécution, le plan d'amortissement du docteur Price. I attacha à l’amortissement de la dette consolidée les recettes provenant des divers droits et taxes qui rapportaient en moyenne 25 millions. Cette somme devait servir à doter d’une manière fixe le nouveau fonds d’amortissement auquel devait se joindre annuellement l’intérêt des rentes rachetées. Il décida en outre que la gestion du nouveau
hd
PRES LCD
fonds serait confiée à une Commission spéciale appelée Commission du rachat de la dette et qui serait composée: du Chancelier de l’Echiquier, du Président de la Chambre des Communes. du Directeur de la Comptabilité et du Gouverneur de Ja Banque.
Des achats journaliers font immédratement monter le cours des rentes. En quelques mois le 3 % passe de 55 à 79 francs et le 4 % de 70 francs arrive tout près du pair. Pendant les années de paix qui suivirent, le crédit de l'Etat va toujours s’améliorant. En 1792 on a déjà racheté 10 millions et demi de livres, soit 262 millions de francs. Le 3 % est à 89 francs. Profitant de ce que le budget se solde en excédent de recettes on augmente de 5 millions les sommes destinées à l’amortissement, ce qui porte à 30 mullions la dotation annuelle. De plus, en prévision des complications futures que la lutte désormais inévitable contre la Révolution française paraissait devoir entraîner et des nouveaux appels au erédit qu’elle allait rendre nécessaires, on stipule qu’à l’avenir tous les emprunts nouvellement émis seront dotés d’un fonds d’amortissement spécial de 1 % du capital nominal de chaque emprunt: le calcul prouve que cette dotation spéciale devait suffire, étamt donné le taux de l’intérêt à cette époque, à amortir eomplètement chaque emprunt dans un délai de trentecinq ans.
Avee l’année 1793 et l'ouverture des hostilités contre la France, commence une période d’appels