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avant la guerre; d’autres resteront sensiblement ce qu'ils sont maintenant, peut-être même s’aceroîtront-ils. Par suite, la quotité du prélèvement effectué serait loin d’être uniforme. Elle grèverait très lourdement certaines fortunes, tandis qu’elle serait presque imperceptible pour d’autres. En un mot il est à craindre que l’impôt ne soit très inégalement et très injustement réparti.
D'autres causes contribueraient à accroître cette inégalité. Il est probable que la loi qui établirait le prélèvement sur le capital multiplierait les exemptions et les dégrèvements à la base, ce qui, en .même temps, diminuerait le rendement et par conséquent porterait à accroître la quotité, le pourcentage. Il adviendrait alors que le prélèvement ne pourrait plus être fait que sur une minorité qui se considèrerait peut-être comme menacée d’expropriation et chercherait par tous les moyens à 5'v soustraire; d’où des fuites, des dissimulations qui aggraveraient encore l’inégalité de la répartition. Certains réussiraient à déjouer les poursuites du fise, tandis que d’autres, notamment les propriétaires fonciers verraient retomber sur eux tont le poids de l’impôt. Car si une grande partie des ririchesses est étalée au grand jour, et ne peut échapper à la taxation, il existe aussi une masse importante de biens qui facilement peuvent se dis simuler ou mieux, s'enfuir.
Et ici se pose la grave question de la suppression des valeurs au porteur. C’est une question considérable, attendu que ces valeurs mobilières
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jouent dans la fortune publique, un rôle que personne n’ignore. Vouloir du jour au lendemain transformer les conditions de cette propriété, paraît une entreprise singulièrement hasardeuse et paurrait avoir sur les destinées financières du pays, de graves répercussions. Il faut en bien mesurer la portée et les conséquences.
Le titre au porteur a constitué un des grands perfectionnements de la civilisation moderne. « Le grand progrès de notre siècle dans cet ordre de faits, a dit M. Gide, dans une belle page que nous nous en voudrions de ne pas citer toute entière, est d’avoir si bien combiné la propriété et le titre de propriété, que le titre soit en effet devenu identique à la propriété elle-même. On envoie aujourd’hui, dans une lettre, de France en Angleterre, au Canada et réciproquement, les usines, les fabriques, tout ce qui se possède en un mot. La chose est immobile, mais son image est sans cesse transportée d’un lieu dans un autre; c’est comme un jeu de miroirs qui enverrait un reflet au bout du monde. Le miroir s’incline le reflet va, frapper, plus haut, plus bas, à droite, à gauche. La chose est dans un lieu, mais on en jouit partout: qui en a le reflet, la possède ».
Comme tous les instruments de progrès, cette invention peut avoir quelques inconvénients, mais certainement elle a eu d'immenses avantages. Combien de fois avons-nous entendu vanter le moyen qu’elle donnait aux plus petits capitaux de s’associer à des entreprises d'intérêt général; que