‹ De L'Amortissement De La Dette De GuerreChapitre 6 sur 30 · partie de la dette, mais non un rachat total, car il · texte numérisé non relu

partie de la dette, mais non un rachat total, car il

y a des titres qui ne viendront jamais sur le mar-

ché. |

Mais la plus grave, la plus sérieuse des critiques

A AG | adressées à ce système d'amortissement, c’est qu'il faut persévérer sans faiblir, pendant de longues années, dans l’allocation annuelle des subventions à la caisse, dans la conservation intacte des rentes rachetées et dans le remploi régulier de leurs arrérages, avant d'arriver au jour heureux où le chiffre des rentes à amortir étant enfin at- . teint, l’opération est terminée et les rentes peuvent être rayées d’un seul trait sur le Grand Tävre. Les grandes progressions ne se produisent que dans les dernières années, dans celles qui précèdent le terme final: pour porter ses fruits il est donc indispensable que pendant près de quarante ans, le raécanisme fonctionne sans interruplion aucune, sans que nul événement n’en vienne jamais rompre les ingénieuses combinaisons, ni détruire la séduisante harmonie. N'est-ce pas là disposer de l’avenir pour bien longtemps? D'ici là que de difficultés, que d'événements imprévus peuvent surgir! Entre gouvernements successifs, la continuité de vues n'’est-elle pas une chimère, la foi aux réformes durables, une illusion ?

Au début, tout va bien: ministre et Parlement se rendent compte de leur devoir et ont la sagesse de ne pas entraver le fonctionnement de l’instrument sauveur. L'avenir est moins certain, les tentations de profiter de la fortune acquise et qui repose dans un portefeuille dont la clef ne peut être dissimulée deviennent de plus en plus fortes à mesure que cette fortune augmente. Et àl faut vraiment exiger bien de la vertu des ministres suc-

cessifs des Finances et des Chambres, alors qu'ils peuvent être en présence de situations embarrassées et de budgets difficiles à équilibrer, pour compter qu'ils continueront les dotations de la Caisse et ne toucheront pas à son portefeuille de rentes acquises. Qu'importe dès lors de savoir que tel amortissement doit éteindre telle dette en tant d’années? Des événements imprévus ne peuventils pas détourner les fonds et les prodiguer en dépenses nouvelles et n’est-il pas vrai de prétendre que les avantages de ce procédé sont bien plus théoriques que pratiques et qu’il exige pour être efficace, en même temps qu’une situation financière constante, une continuité dans les desseins et une fermeté d’exécution qui ne se rencontrent que mal aisément.

On ne saurait arriver à se faire sur cette question une opinion impartiale, à poser un diagnostic éclairé sans évoquer les applications qui ont déjà été tentées de ce système et tout particulièrement la longue expérience qui en a été faite en France, de 1816 à 1871.

Au seuil même de notre ouvrage, un rapprochement avec les crises antérieures nous apparaît indispensable. Malgré leur apparente complexité, les problèmes financiers se présentent souvent en des circonstances semblables avec des données de même mature; l'humanité passe parfois à quelques temps d’intervalle, par des chemins à peu près semblables. Ces embarras qui aujourd’hui nous préoccupent, ces obstacles qui nous semblent in-

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