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‘ces extraordinaires, une insurrection, un désastre, une famine, qui exigeraient des fonds à l'instant même; ces fonds seraient disponibles à la Caisse, et on pourrait s’en servir. Je réponds que c’est précisément en vue de ces cas extraordinaires qu'il faut tenir les ministres en garde contre euxmêmes et contre leur propre besoin. Il faut que même le service courant devenant difficile, les ministres sachent bien que le fonds d’amortissement est inaltérable. C’est à cette garantie que tient le crédit de l'institution dont vous vous occupez ».
Le 1° juin 1816 les opérations commencèrent; les résultats ne se firent pas longtemps attendre. Dès les premiers achats en Bourse, les cours se relevèrent: le 5 % monta de plusieurs points et cota 57,33. L'année suivante, la dotation annuelle fut portée de 20 à 40 millions, par l’attribution à la Caisse d’amortissement, du produit de l’enregistrement et des loteries et par la vente des bois domaniaux.
Le jeu régulier des opérations de la Caisse d’amortissement, joint au calme des premières années de la Restauration, amena rapidement la hausse des cours des rentes. Le tableau suivant montre, de facon saisissante, l’action considérable exercée par la Caisse sur le raffermissement du crédit.
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De 57,33 en 1816 les cours s’élevèrent à 100,83 en 1824 et montèrent même à 103, dans les premiers mois de 1825.
Cependant les cours du 5 % ayant dépassé le pair, il devenait onéreux pour l'Etat d’amortir dans ces conditions; mieux valait procéder à une opération de conversion puisque on pouvait offrir aux créanciers le remboursement au pair. C’est alors qu'intervint la loi du 1% mai 1825 qui, par une sage disposition, interdit les achats de la Caisse d’amortissement au-dessus du pair. C’est aussi alors qu’eût lieu la conversion, la première du siècle, qui aboutit à la création de nouveaux fonds 4 1/2 % et 3 %.
Pendant cette première période, juin 1816 à juin 1825, la Caisse avait racheté 37 millions de rente, représentant un capital de 607 millions de francs.
Les résultats obtenus étaient déjà tellement considérables, qu'il se trouva au Parlement des députés pour réclamer assidûment la suppression ou tout au moins la réduction de l'amortissement. L'un d’eux, M. de Bouville s’exprimait en ces termes !: « Le 1” janvier 1826, la Caisse d’amortisse-
1 Jaubert. L’amortissement de la dette publique.