‹ De l'amour (volume 3)Chapitre 19 sur 43 · DE QUEIX^UES DIFFICULTES · texte numérisé non relu

DE QUEIX^UES DIFFICULTES

Dun des plaisirs ou des délassemens auxquels la pensée n'aura qu'une très-faible pari, TOUS pourrez tous liTrer à Timpulsion pré* sente ; mais il n'en sera pas ainsi à Fëgard d^une Tolupté qui, s'il était possible, ne de- Trait jamais être exclnsiTement sensuelle. L'amour a trop de pouToir sur les imagination.%

les moins fortes pour quMl soit à propos de Téoouler sans réflexion, et sans des tnotiâ de pfëfërence. On comprendra tôt ou tard qu*il yalait mieux y renoncer que d^y trouver de perpétuels mécomptes , et quMl serait plus triste de n en pas savoir jouir délicieusement quelquefois, que de* prendre Thabitude de s^en abatenir dans Tattente d^une occasion meilleure. Si de simples obstacles éloignent le but, ils peuvent le rendre plus cher ; mais le dégoût , en altérant les biens quand on parait les obtenir , ne leur laisserait aucun prix. Dans les cboses naturellement fàcbeuses, de nouvelles peines ne font guère d^autre mal que de prolonger une situation d'esprit à laquelle on s^est déjà résigné, ou accoutumé; si au contraire les chagrins naissaient de Tespérance même, cette amertume imprévue pourrait conduire au découragement.

Les hommes les moins bornés dans leur manière de sentir sont ceux qui éviteront le plus difficilement Talteinte des afllictions humaines ; le moindre désordre en reproduira aussi-

tôt pour eux les sombres images. Êtes -vous doué de quelque géuie, souvent ce qui échappe presque à d^autres regards devient pour vous un indice de Timmensité qu'on apercevrait dans chaque combinaison de la nature, si on pouvait en suivre le développement. Des disocHrdances que d'autres soupçonnent à peine vous frappent, ou vous importunent, et comme vous avez une idée plus juste des plaisirs, les plaisirs imparfiûts ne vous satisfont pas. Néanmoins, si votre ame est forte, vos goûts ne sont point recherchés; mais dans la simplicité peu ordinaire qui les caractérise, ils supposent des droonstances très-£Eivorables. L^atteution ingénieuse que vous y donnerez dès lors, et que les qualités m&les n^excluent pas, doit plaire souvent au sexe dont Tamabilité se soutenant jusqu^au milieu des sensations imprévues , et jusque dans les mouvemens involontaires, pa-^ rait être une continuelle inspiration.

Ce serait réaliser Timpureté tant de fois attribuée aux jouissances des sens que de vouloir s'y livrer dans les occasions où Toubli de I. 1G

nos misères deviendrait un nouveau signe d^abaissement. Loi*squ'on ne peut espérer de faire naître des désirs, on ne doit pas prétendre à ce qui n a de prix que dans une mutuelle ardeur (36). Rien n'est indifférent, ni la manière Qu le lieu, ni la vérité des sensations, ou raccord des sentimens» Il ne faut pas exiger une convenance absolue au milieu de la confusion où nous sommes; mais il convient de rejeter ce qui ne pourrait pas laisser quelque souvenir toujours agréable, et même de s'interdire ce qu'on a jugé imprudent lorsqu'on était plus calme.

L'examen , la modération , les scrupules , sont d'une grande importance dans Tintérét même de la volupté. Sans ces entraves apparentes , elle s'aifaiblirait ou se corromprait. Chez les hommes, c est d'un désir impérieux , c est de la surabondance des forces que résulte l'amour : les femmes doivent comprendre que celle qui se donnera trop souvent sera bientôt moins aimée.

Si, par relFet d'une réserve ordinaire chez

ceiUL qui sont inslrniu d'une partie des oonséqtieiioes de chaque chose , on ne suit pas également les diverses indications de la nature , ce aéra pour lui obéir dans les points essentiels. On ne fiût pas toujours précisément bien ; mais c'est dans le dessein d^échapper à des incon- Ténîens plus graves. L^irrégularité de ces soins ne s'écarte pas autant des lois morales , interprétées sans prévention , que Tabstinence opi-nîAtre religieusement prescrite àdes câiobites , dans différentes contrées. La nature elle-même a tes exceptions apparentes qui proviennent de ce que chacune de ses lois n*e$t pas Tunique loi. Des règles inflexibles ne seraient point selon la nature qui , au contraire , en multipliant les incidens , et en opposant les circonstances , a rendu le discernement nécessaire dans la pratique de la vertu. Souvent on parait ne pouvoir éviter quelque faute; si alors , dans la simplicité du coeur , on £aiit un choix entre des actions défectueuses sous de certains rapports ^ le mal qn^on juge le plus léger deviendra sans doute excusable (37). ,

Plusieurs moralistes soutiennent néanmoins qu^on ne doit rien tolérer d'im|)arfait. Quelques-uns de ces hommes austères n^y ont pas songé sérieusement , et il est à craindre que les autres n'aient deux morales. Dans quel pays connu peut -on, avec certitude , seccmduire bien à tous égards ? Où pourra-t-on se conformer en même temps et aux fins premières , et aux principes consacrés par les lois^ ou adoptés par Topinion, d^accord avec la susceptibilité de rhonneur? L'art de bien fiiire n'est pas chimérique ; mais il n'est autre que Tart de faire le moins mal possible.

Il doit amver souvent qu'une femme ait de justes motifs de ne pas se marier. Comment restera-t-elle alors exempte de tout blAme? Une continence rigoureuse a ses périls , et suppose des résolutions bien fermes. Est-il juste d'ailleurs de souffrir des privations perpétuelles et gratuites ? Se bornerait-elle secrètement à quelques faiblesses qui apaisassent le trouble des sens? Mais de telles habitudes, se dira-t-elle «^éloignent phis des ^is natuœlles que h

situations ordinaii^es ne semblent Tautoriser. PeuUétre croira 't-elle praticable de former des liens » en exigeant une précaution , une rëseiTe qui, sans être bonne, lui paraiti*a moins étrangère à Tordre universel que d^autiies soulagemcns , et moins opposée à la raison qu'une conduite irréfléchie par laquelle on tromperait les autres, ou on se perdrait soimême (38).

Entraînée par ses propices émotions , une femme oublie quelquefois ses intérêts les plus durables ; elle est même exposée à demander , dans de tels momens, qu on abandonne une prudence dont elle ne sent plus la nécessité. Cette déraison chez des fenunes libres ne parait })as absolument condamnable; elle peut plaire à lliomme, sans eu être approuvée. Mais abusera-t-il de ce plaisir qu^une femme consent 1 recevoir de lui? voudi*a-t-il qu^elles'en repente le reste de sa vie, qu'elle en soit const<$rnée dès le jour même ? Une femme peut céder à des mouvemens naturels qui ne lui M>nl interdits par aucun engagement , elle peut

être ainsi vaincue parce que les qualités aimables sont presque les seules qu'on exige toujours de son sexe ; mais celles de Thomme sont plus mâles, et là où elle ne serait que faible , Tbomme serait inexcusable. Quand on ne hasarde que sa propre tranquillité , ce n'est pas une fiaiute grave ; mais c*en est une d*immoler à notre peu de retenue la sûreté d'une personne qui doit nous être chère.

Ce ne sera pas avec des soins équivoques qu'on pourra rendre indifférent un acte devenu si redoutable dans nos mœurs. Il est des situations où le parti le plus louable serait de se résoudre à la continence ; mais lorsqu on y substituera d'autres précautions, il sera très-imprudent de n'avoir qu'une prudenceincertaine. Pourquoi fiiire dépendre du sort ce qu'on pouvait rendre infaillible? Nul doute ({ue cette réserve ne soit très-génante {X)ur l'homme. Cependant il ne doit jamais perdi'e de vue que a ne serait pas une simple inadvertance de mar queràcequ'onauraitpromis, et quelalégère s'accorderait mal aveodes fonclionsviriles.Dï

lialimi té, le partage des hommes est ]a V igilancc el la protection ; il serait révoltant que la }>erie d^iine femme fut Touvrage de celui en qui elle espère. Gomment reconnaître alors le caractère d^ rbomme qui, sous Tëpée de Tennemi, ne demande rien, ne dit rien de contraire à rhonneur, au moment même où les^ ombres funèbres vont le séparer de cette réputation qu'il ambitionne encore? Partout c'est une lâcheté d'accorder à l'intérêt du moment ce que la raison condamne. S^il faut, au milieu des transes de la mort, s*attacher pour soimême a ne pas avilir ce qui échappe , est-il moins juste, dans Textréme volupté, est-il plus difficile de penser à Tavenir pour l'amie qui nous reste ? Quant à Thomme qui dirait : Elle ne me restera point, et je ne songe guère aux suites, parce que je ne la postède qu'avec le secret dessein de Tabandontier , cet honune deviendrait un véritable critninel'; la seule réponse à lui faire, s*il était l^ossible, serait celle dont les tribunaux sont ^^hargés dans d autres occasions.

Cette crainte que la maternité hors du ma* riage inspire aux femmes, et un autre motif non moins étranger au sentiment de Tamour chez les hommes, que digne des recherches d*un penchant suranné , ont fiiit naître la fantaisie d'agir avec une femme comme si elle n'en était pas une. La première de ces raisons serait la seule qui parût mériter qu'on s'y arrêtât. Quelques femmes Tauront regardée comme une excuse suffisante , parce qu'elles ne pouvaient obtenir autant de sécurité en s^écartant moins de ce qui seul est naturel; leur malheur a été de céder à des hommes qui leur inspiraient peu de confiance.

Il est enfin des considérations étrangères à Tancienne doctrine descasuis tes, maisdont Tordre social ne permet guère l'entier oubli. Elles paraissent trop négligées, particulièrement dans les classes indigentes. Suffit-il que Tunion ait été sanctionnée par les lois, pour qu'il convienne de multiplier les enfans au gré du sort ? Est-il à propos de les faire naître, sans )K)U voir çspérer que Li vie ne sera pas un fardeau pour

eux, bien que peui-éire ils ne doivent jamais en éprouver les plus profonds ennuis ? U est vrai que cette population nombreuse a été ap* pelée Torgueil des états (39). Elle est enfimtéei conune elle vivra , comme elle agii-a , sans règle, sans utilité, sans discernement. VoilàPhomme, ont dit quelques publicistes. En effet, voilà ce que deviennent les hommes. Tels devaientétre vos fruits, industrie aveugle, frivole prospérité, politique immorale!

DES DliVOlRS.

^TÎtons le mal , c*est tout le secret du bon- ^^ttr public et du bonheur personnel. Puisque ^^ti^ joie et nos vœux n'ont point de stabilité, ^^ souvenirs seuls deviendront im|>ortans : ^**^îgnon8 de les attrister à jamais. Quelle que *^*t. Timpabence des désirs , les erreurs se- "^^^onl contraires à ces désirs mêmes. Restons

iiTéprochables , voilà le bieu qui subsiste. L*illusion du présent ne subjugue guè|:e que le premier âge. Nous serait-il bon de porter le trouble dans les impressions intimes , et d^avoir en perspective une saison manaçtnte. i Mortels incertains de ce que nousdevonsétrei prolongeons les salutaires mouvemens de IVspérance jusqu'à la fin de notre automne^ que pourra suivre un printemps inconnu.

Mais est-il facile de discei*ner ces voies naturelles , les seules où on jouisse du repos du cœur? La règle dont on avait le plus besoin est souvent obscure ; plusieurs parties de la morale sont encore dans le vague , et on sW cupe peu de terminer des incertitudes trop commodes à quelques égaixls. On aime d'ailleurs à supposer suffisamment éclaim ce qu'on ne peut ignorer tout-à-fait. Nul ne met en doute s'il a bien pénétre ce que chacun devrait être en état de comprendre , et nul ne se hâtera d'examiner en particulier ce qui , riant d*une importance égale pour tous, sera^ tôt ou tard , décidé sans lui. Les changemens

qui se font dans les langues {)eu cultivées donuqil un exemple de celle altéraiiou que subissent les idées du vulgaire , quand on oesse d'en rappeler les principes , parce qu'on % les regfirde comme établis assez fortement pour être abandonnés à Ja direction ordinaire des esprits.

Ce qui semblait embarrassant ou contradictoire se distingue mieux quelquefois lorsque en6n <m Texplique de la manière la plus simple. On pourrait obtenir cette simplicité en remontant aux notions naturelles ou primilirea. U n*est pas impossible que les hommes s^arrélent un jour à ces pi*emières notions, et que, las de tant d'efforts, ils prennent le parti de régler presque tout avec facilité.

La vraie science est la morale. Un homme absolument isolé se livrerait sans péril à des impressions subîtes; mais nous , que tant de rapports enchaînent, nous devons réprimer beaaooup de désirs qui seraient irréguliers et indiscrets, ou qui même deviendraient criminels. L'entière connaissance des actes ou des

vœux légitimes est la seule étude dont rien ne dispense Thomme sage. ^

La morale n*est que la justesse. Tout devoir est proportion et mesure. Platon appela celui qui règle toutes choses Fétemel Géomètre. Pjthagore parait avoir répété, d'apcèa des Orientaux, que les vices et les crimes acmt des erreurs de calcul . Il faut être bon , mais avant tout il faut être juste : on peut tolérer celui qui ne fait pas le bien , mais oelui qui fait le mal se déclare notre ennemi en se montrant Tennemi de Tordre. Comme nous avons, relativement à la société, des penchans utiles et des penchans vicieux , et qu'on est moins porté généralement à combattre k propos ses penchans, qu'à les suivre, quels qu'ils soient, les hommes incapables de tout mal sont beaucoup plus rares que ceux qui pren* nent quelque habitude de bien fieiire : c^ett néanmoins à cette pi*emière classe qu^appartiennent non-seulement le sage , mais aussi le véritable homme social. Le plus impérieux des préceptes doit être celui de ne jamais nuire.

« Assez de gens, parailaTOÎrdîtSalomon, filment

reiiuu||tier leur générosité , leur humanité y

leur bienfaisance , mais où trouver un homme

6dèle et vrai ?» Le point essentiel est de ne

I fiûre volontairement rien de condamnable ;

noua entreprendrons ensuite le bien que nous

permettront et les circonstances , et le déve-

lof^ment plus ou moins heureux de nos fa-

collés.

Le bien , c'est la jouissance réelle ; le mal ,

c^est la douleur (4o). Mais le bien et le mal

> ne se trouvent pas en nous seuls. Nos devoirs

sont peut-être relatifi à tout ce qui est capable de souffrir 9 ou de jouir , et ils s'étendent ex* pressément à ce qui compose notre espèce. Les mpporls dans Tordre moral seront toujours plus étroits , plus nombreux, plus compliqués entre les êtres dont Torganisation présentera une frappante analogie. Pour chacun de nous le bonheur dépendra surtout de Télé- Tation de Tame , de la sincérité du cœur , de Téquilibre des forces , de la vérité des principes; mais In perfection du cor|)s social con-

sislera dans une juste prôporlion entre les crifices que les particuliers auront à fiiire 1 gaiement , et Tayantage qu'ils reoerront e compensation , comme membres de la cité.

Les devoirs sont plus éyidens et plus étendus parmi nous , en proportion de nos liens. Ces devoirs deviennent plus gi'ands entre des amis intimes , des parens , des compatriolei ; se trouveront-ils sans force entre un homme et une femme qu^unissent les rapports de IV mour? Si le désir du bonheur est le principe visible de toutes les obligations, comment les croire légères ou indifférentes dans une liaison formelle qui peut occasioner tant de jouissances et tant d'amertume (40^

Ce qui n*est pas injuste ou imprudent , c qui n'est pas nuisible aux autres ou k nov mêmes t ne parait point contraire à notre r ture. Ce qui n'est pas étranger aux bes' naturels des hommes associés doit éti^ a^ {lar la raison. Chercher au-delà une base secrète pour la vertu, c'est se livi'er à def tililés, ou se laisser égarer |)ar le fana

Dms l*ordre ordini^ , l'homme le plus éloi* gnë du mal sera peut-être celui qui cherchera firanchement et sans honte tout moyen de jouir sans aToir à craindre aucun remords.

Les plaisirs que Tamour a pour but différent tellement , selon les circonstances et les personnes , que nos maximes à cet égard seront bientôt altérées, si chacun les interprète selon ses indioations avec trop d^indépendance . Que sera-ce si les règles qu'on établit fournissent contre elles-mêmes de nombreux prétextes, ou même des motifs légitimes? Au lieu de concilier les difficultés , on a augmenté la confusion par d inutiles rigueurs. Maladroitement sévère , cette doctrine est tombée en désuétude , et on ne peut s'en féliciter L'usage a prévalu contre la loi , ce qui n est pas moins immoral qu*impoli tique. De peur de malfiûrei vous ne suivrez pas Tusage; mais TOUS ferez mal encore en suivant la loi.

Sans raccord des lois et des coutumes , la dépravation, ou du moins T inconséquence , chez la plupart des hommes, devieut inévij. il

table. De toutes les habitudes actuelles dans une grande partie de TEurope, les mœns fimdées en raison peut^tre sont celles qui c<mcernent Tamour. Il serait difficile de porter plus loin, dans les relations civiles, la duplicité , rinjustice , et même Tignorance des dévoilas. Ces infractions, sur lesquelles on prend le parti de fermer les yeux , auront pourtant chaque jour des suites très-graves , ne fut-ce qu^en accoutumant au désordre TAge où le caractère a encore besoin de se former.

Pour excuser d'après une morale admise chez quelques peuples, pour justifier dans la société les écarts les plus coupables , il suffit de faire croire qu'on éprouve une vive passion. La perversité même n'eût rien imaginé de mieux : celui qui veut être faible n'a besoin que d alléguer, eu style un peu burlesque, l'ardeur de sa flamme. Mais comment la passion ferait-elle d'un crime une action indifférente, et comment, au contraire, le silenœ du cœur rendrait-il inexcusables tous les caprices des sens? Il est plus difficile en effet de

résister quand on aime, mais ce n est pas <lc la fiicilitë qne dépend Tobligation. Un meurtrier osera-t-il dire qu*il haïssait trop sa victime pour qu^on doive lui reprocher de Favoir poignardée? Surpris ou non par un sentiment passionné , nous ayons les mêmes devoirs : n'attaquons les droits de personne ^ et, quant à nous-mêmes , ne compromettons pas en une heure le repos de ces années îutures qu^il fiiudrait préférer au présent par la raison seule que le présent sera détruit quand Tavenir s*écoulera.

U importerait de ne jamais former une liaison sans examiner , dès les premiers instans y si on pourra , si on devra la prolonger^ et sans reconnaître qu'elle conduira sans doute aux rapports intimes qu'on s en promet d*aboi^ plus ou moins ouvertement. Pourquoi tolérer en ceci la dissimulation, et faire sortir Tamour de la règle commune? N*est-ce pas une loi invariaUe d'être juste y d'être sincère ; n'est-ce plus la première condition d*une vie honormble?

Le plaisir est certainement légitime en luimême ; cependant , considéré dans toutes ses suites , souvent il cesse d'être bon , ou même il devient funeste. Sans droiture , le plaisir n^aurait ni valeur^ ni durée. La justice au milieu des émotions heureuses est plus admirable que dans la discussion des affaires d^intérét, et la retenue dans le plaisir est le plus bel attribut de Tintelligence des mortels. Dans les occasions mêmes où nos institutions les autorisent y les jouissances ne sont pas toujours légitimes selon la nature. Elle voulut en soustraire quelquefois les organes à notre intempérance ; ils n^obéissent bien qu^au vrai désir y et notre volonté qui doit les arrêter souvent , ne peut pas constamment les animer. Ainsi les règles expresses dictées par la raison se borneraient à empêcher , ou à permettre. Elles peuvent défendre , mais il convient qu^elles n'ordonnent point , parce que, avant tout, il convient que les désirs soient mutuels, principe trop négligé dans le Ck)ran.

Si 1 amour cessait d^étre gracieux ettimoré.

il pourrait devenir crael. Le meurtre et le plaisir effréné ont une sorte d'analogie , que de funestes exemples confirmeront toujours. On trouve une même licence dans ces situations qui , toutes deux extrêmes , contrastent ensemble , et on peut y porter la même audace. Quand la pensée est infirme ou qu'elle est extrême, tout semble se réduire à la grande question de la vie ou de la mort : en donnant à la Ibis Tune et l'autre, on se croira plus vivement ému.

La modération est recommandable, ou plutôt nécessaire, jusque dans le plaisir avoué par des lois formelles , et dans celui que procurent les sentimens les plus dignes d*estime. Des jouissances trop répétées altéreraient la santé intérieure, cet indispensable bien-être qui fait le contentement et la force de 1 ame. Elles énerveraient le génie ; elles arrêteraient les mouvemens courageux qui doivent soutenir le cours des heures , et on verrait qu'on n'a substitué à des avantages réels que des amusemens bientôt fastidieux. La modération

n interdit aucune jouissance qui niérite des regrets? Les plaisirs indirects de Tintimitë se multiplient au-delà des bornes de toute ' affection extrême , et le simple bon sens préférera ce calme à la fatigue d'un amour jaloux qui prétendrait désirer sans cesse, parce qu*il douterait toujours. Dans Tintimitë établie , affermie et confiante, Tamour donne plus que cette fête , un peu rapide , si heureusement nommée d'après les Orientaux lune de miel ; il prouve que Tagréable et Thonnéte s'accordent quand Tagitation du cœur n*est pas déréglée.

Dans des engagemens durables, les sacrifices rigoureux imposés par la fidélité rendent le refus ou trop dur ou même injuste , et on semble y être privé d^un droit peu compatible avec les aveugles et siricles promesses de ces liensindissolubles.D^uncotélapertedecedroit, que Tamour ne saurait méconnaître , parait si odieuse, et de Tau ire, on abuserait à tel point de la fariillc* de refuser, (|u'il faut peut-être s'abstenir de prononcer à cet égaixl; mais ces

difficultés yiennent d'une des plus mauvaises inslitutioDS qu'ait pu suggérer un système de régularité dont Tordre natiu*el n est point le fondement. Si le mariage n'était pas irrérocahle, la difficulté s'évanouirait presque ; le droit de refuser subsisteraitayec les restrictions indiquées par Tatte^ve condescendance que nous devons avoir les uns pour les autres dans nos rapports domestiques.

C'est une imprudence trop commune , c'est presque un acte de folie de changer en source d'affliction ce qui de vai t ré pand re sur nos années une joie souvent très-vive, et plussouvent trèsdouce. L'amour, subordonné à la raison distinguerait les véritables hommes de tant d'êtres abrutis ou insensés , qui paraissent conserver néanmoins une figure humaine. L'amour soumis à Tordre est une partie très-importante de toute sagesse particulière , ainsi qqe de toute vraie politique. Puisqu'il ne faut jamais se livrer à ses désirs quand la convenance morale ne les autorise pas, il sera juste et sage de les suivre dès qu une raison éclairée le

permettra , et ce sera au législateur surtout à concilier les lois positives ayee des besoins qu on ne pourrait oublier généralement.

S'il est un sexe qui doive ou résister , ou cesser adroitement de résister , qui craigne en désirant 9 qui se défende pour ne pas paraître céder, ou pour ne céd^ qu'avec cboix, et si on ajoute d'inutiles contraintes à cette réserve naturelle , ce sexe portera jusqu^à la ruse les précautions d^une conduite si cachée, si difficile. Mais quand il se servira de ces ]n*étextes pour autoriser l'artifice et les subterfuges y quand il se permettra des mensonges , quel nom faudra-t-il donner à une adresse semblable , si ce n'est celui de trahison ? Estce à Tavantage de l'ordre moral dans les £eimilles, est-cepour leur sécurité que l'habitude de recourir à des déguisemens reste encouragée de diverses manières? Souvent les hommes y participeront , et, bien que leur rôle soit moins contraint, ils pourront aussi devenir faux , soit par réciprocité , soit |K)ur affecter des senti mens romanesques.

Noua ne rendrons aux mœurs quelque pu-^ relë qu*en ne laissant jamais à la perfidie lea excuses qu'admet une société frivole. On re* marque que dans un des principaux états de Tancienne Grèce , le séducteur d*une femme mariée était puni avec plus de séyérité qu'un homme coupable de viol. Le législateur avait omsidéré que le premier de ces délits occasionaît plus de dépravation ; mais dans nos siè des , avec des intentions droites j à d^autres égards , et ce qu^on appelle un bon cœur , on ne s'abstient pas toujours de séduire une femme mariée, ou de tromper une jeune fille. Ce travers d'esprit peut être attribué aux institutions mêmes qui , en aggravant sans mesure les conséquences de simples irrégularités, ont dérangé les proportions naturelles dans Tidée des désordres. Le moment viendrait où qn obtiendrait presque tout de la plupart des bommes si on savait en exiger moins, si on ne comptait pas pour trop |)eu de chose sur la terre leurs fins terrestres.

Cependant ies pluK mauvaises coutumes

doivent être observées toutes les i

ris(juerait de faire une victime en se permettant de les rectifier. Elles se changent en loisir quand les autres hommes nous croient disposés à \eê reconnaître pour telles , quand nous voyons quUls comptent sur notre exacûtude à les suivre. Vous serez justement accusé de duplicité f si , après vous être conformé aux usages, ou à de certaines règles, tant que cela TOUS était favorable, vous venez ensuite alléguer rimperfection de ces règles, la bizarrerie de ces usages , pour vous soustraire aux obligations que supposait votre conduite. U est d'ailleurs contraire au but de Famour de sacrifier les droits de qui que ce soit, et surtout d^immoler la femme même pour qui on devrait tout faire, de qui on attend beaucoup, et qui peut-être ignore ces dangers.

Uest, dit-on, des circonstances où on déguise la vérité par ménagement. Singulière discrétion qui prolonge 1 infidélité au moyeu de rim{K>sture ! Est-ce ré[>arer ses fautes que de i'«c taire à ceux dont cette dissimulation com-

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promet chaque jour les intérêts y et avec qui oa a juré d^étre lié saus réserve? Par quelle subversion d'idées une femme parviendrat-elle à regarder comme une attention louable de ne pas détromper celui qui s*en rapporte à elle , ou de le réduire, s'il est moins complaisant, à une perpétuelle défiance ? Les interprétations équivoques, les disputes, Tart insidieux des vaines confidences, ou des éclaircissemens éludés aussitôt que prcHnis , sont à la fois un grand tort et un grand malheur : cet artifice s'accorde mal avec les libres mouvemens de Tame, avec les épanchemens que toute liaison doit susciter chez Tespèce qui s'élève jusqu'au vrai. f

On s'avilit de part et d'autre quand on a la faiblesse de recourir à ces expédiens qui, mal- ^é de tristes succès momentanés, ne sont réellement que des causes de discorde. En parvenant à tromper, on détruit surtout ses propres avantages. Celui qu'on veut abuser dans des rapports durables , perd aussi quelque chose de sa diguité ; il croit devoir sas-

sujctir à des précautions au milieu desquelles il est rare de se conserver pur. Cette fausse prudence nUnspirera que des soupçons et de rinquiétude , dans les occasions mêmes où le cœur devrait trouver plus d'indépendance. Ceux qui , jeunes encore, se livrent avec franchise à des penchans qu'ils supposent mutuels , se verront bientôt dupes , et ne tarderont pas à se venger, en quelque sorte , dans d'autres rencontres. C^est l'équité des petits esprits , Téquité de la multitude. Les caractères parfaitement droits ne sont pas nombreux , et on se persuade que leur exemple serait difficile à suivre. Beaucoup d*hommes se conduisent par passion; ils s^autorise* ront de la prétendue justice des représailles , comme si le mal qu^on a éprouvé ne devait pas, en rendant tout mal plus sensible, détourner plus sûrement de contribuer au malheor des autres.

L^expérience ne suffîra presque jamais à c^ux qui sans elle ne seraient pas disposés à écouter la raison, (/expérience ne donne guère

que des ayerlissemens défectueux y qui même en frappant les têtes faibles, les égarent encore. EUe est d'ailleurs trop tardive , et ceux qui ne reçoivent de leçons que d'elle , n'apprennent rien en effet» ou semblent ne s^instruire que pour un autre monde. L^honnete bomme ne se bornerait pas à n^avoir point dHntentions méprisables ; comme il craindrait de nuire, il songerait d*avance à Tissue de ses entreprises, et il saurait que le défaut de réflexions, la légèreté, Toubli des devoirs, produisent souvent autant de mal que la perversité même. Un bomme de ce caractère ne sup|x>se aucune circonstance où il soit permis de tromper : cette Tile ressource lui étant interdite , il lui importe de ne pas trop s^eogager , et de ne point simposer des obligati(ms qu il n^ait pas bien prévues.

Les suites de la mauvaise foi daus les relations de Tamour sont souvent irrémédiables. La plus odieuse perfidie restera inconnue ; il ^era de 1 intérêt de Topprimé de ne rien dévoiler. Le ressentiment |)eut aussi faire dégé-

nérer les premières hostilitës en une guerre opiniâtre ; les uns s^affranchissent alors de tout devoir^ et les autres, en se croyant moins coupables , profitent des abus qu*ils trouvent établis. Dans les relations d'intérêt, celui qui manquerait à sa parole pourrait être atteint par la loi , et tout bomme puni étant déshonoré, Topinion même condamnerait la plupart de ceux qui violeraient leurs engagemens. Au contraire, dans ces communications des sexes, les intrigues les plus criminelles échappent aisément aux sévérités de la justice. Le plus fourbe des hommes pourra se soustraire à tout châtiment légal , et dès lors il n^aura guère à craindre dans le monde d*étre déclaré, ou même d^étre réputé infâme.

Voulez-vous une règle morale ? Vous la trouverez dans la nature des choses ; avec un cœur docile et une pensée impartiale , vous Ty découvrirez. Mais s'il vous suffit de conserver des dehors au moyen desquels vous soyez reçu dans la société , ou , en d'autres termes, si vous aimez à vous couvrir d^appa-

rences dont vos pencbans honteux puissent s^aocommoder secrètement , tous tous abandonnerez à Tusage , vous en suivrez les écarts, vous partagerez la vaine excuse des gens qui entreprennent de justifier tout ce qui les passionne. U serait utile de consulter Topinion, et souvent il est à propos de ne point la braver; mais il conviendrait de ne pas suivre en aveugle les devoirs chimériques qu'elle adopte, et il fiiudrait ne se permettre jamais ce qu^elle tolère si complaisamment. Sera-t-elle plus sûre, plus juste, lorsqu'elle souffrira qu'on sacrifie le repos ou Thonneur d'une femme , que quand elle autorisera , quand elle prescrira le combat singulier? On obéit servilement 4 Topinion du jour , lorsqu*on n'a pas cherché un soutien dans la raison même. Ainsi s^altère la beauté de l'ordre moral ; ainsi se |>erdent les consolations qui pouvaient affermir la vertu chez un grand nombre d'hommes.

NOTES

NOTES

NOTE i. (Paee 30).

PanDÎ Dous l'ordre civil n'étant moral que très- imparfaitement y et pour supplcfer à la force quand elle cesse de veiller , les affections particulières ont conserve une égoïste inde'pcndance. An milieu même de ce désordre , il faudrait songer a préf eoir Taveoglement des passions , afin de n*étre pas réduit sans cesse à de vains efforts pour en arrêter les écarts. C'est principalement dans cet état de choses . dont 1c terme est rloi-

gnë y que nous ayons à examiner les diverses convenances relatives k l'amour.

Ce point de vue , le plus frappant, n'exclura pas les idées relatives k ce que l'amour serait dans d'autres institutions , ou même k tant de maux que les passions produisent aujourd'hui, n faudra donc , comme on l'a dcjà fait observer , un peu d'attention pour entendre de certains passages , qui sans cela ne paraîtraient pas entièrement d'accord, et pour voir k quelle considération générale chaque chose se rapporte.

WOTE S«. ( Page 35)

I^ matière visible , et vraiscmblableipent inerte , se trouve unie à des substances dont les propriétés sont presque tontes impene'trables. La lumière cUe-méme ne resterait-elle pas inconnue de nous , si clic n'était jamais réflëohic ^Bon de certaines lois ? On a découvert des fluides ignores de l'antiquité. Beaucoup d'autres peut-être servent d'intermédiaires entre la partie corruptible de l'être vivant y et la substance iniaisimMe qui Tanimc. C'est une jouissance, chez les divers anisiaiix, de contribuer à former ce lien , d*cn déterminer le moment. Tout germe parait dispose de manière que, dans une situation donnée, de certains fluides s'y introduisent. A la suite du

pcvttier dërekppemcnl causé par eux , d'autres fluides seroot appelés pour ainsi dire , en raison de l'analogie graduelle de ténuité on d*ënergie. Quand cette comlnnaîson s'achève la TÎe est produite. Si Torganisation est plus compliquée , Tintellî* genee se maniiieste , et ensuite le travail même de cette intel> ligtDce peut contribuer en secret k maintenir l'harmonie. Sans doute dm l'hooune la fatigue de la tète affaiblit prompteuMUt le oorpa; mais le principe intelligent ne devant pas difiérer dn principe de vie , l'exerdce soutenu de la pensée, pourvu i|u'il soit réglé y servira quelquefois à prolonger un peu la vie qu'il aura d'abord ébranlée.

NOTE S. ( Pa(^ 38 ).

« L'amour fondé sur l'estime, a dit M. Jay, avec une simplicité qui est (rcquente chez lui , parce que c'est Tomement naturel d'une giaude justesse, Tamour fondé sur Testime élève les l|ommes dans une région supérieure , et les rend capables des plus belles actions. Celui qui veut plaire à une femme vertueuse... ne trouve au fond de son cœur que des sentimens généreux... Il voudra se distinguer, quelque carrière qu'il ait ii parcourir , et la société retirera mille avantages de ce sentiment. » ( Glaneur ).

« Aimer y Vest être porté à prendre do plaisir dus hpcrfecûoDy bien , ou hmheur de l'objet limé. Nous n'aimaai point propremoit ce qui est inapaUe de plaisir ou de bonheiir. L'amour de bienyeiUaooe nous fidt avoir en rue le plaisir d'autnii, mais eomme Cûsant, ou plutât oonstitnaDt le ndtre; car s'il ne rejaillissait pts sur nous, en quelque fnçoo, nous ne pourrions pas nous y intéresser y puisqu'il esl impossible qu'on dise d'être détadié du bien propre. » Ce sont les expcessions deLeibniu, sur VEfUendmnenl humain ^ cb. xx du tit. n.

» Il y a dans l'ame une force qui, la portant hors d'elle yers ridcal, tend à TuDion; c'est l'amour pris dans le sens le plus étendu. » (Hemsterhuys. )

« Un homme d'esprit, quand il aime , sent mieux tout ce qu'il y a d'éleré , de riant et d'attendrissant dans la nature. • ( La Solitude, (tar Zimmerman. )

» Si TOUS voulez déployer l'amour, et le considérer un peu de près, à découvert, à peine trouverez-vous une autre aflcctiou qui ait ni les douleurs plus aiguës, ni les joies plus véhémentes , ni de plus grands extases et ravissemen\d'esprit. * (Plutarque, dans les Sjrmposiaques, )

Mademoiselle Scudéri dit que la mesure du mcârite se tire dv l'étendue du cœur et de la capacité d'aimer. ( RéfiexUms sur les femmes , par madame de Lambert. ) On peut beaucoup abuser de ce |Ku»sagc qui expi iinc |H>urtaDt une vérité. On a clé jusqu'à prétendre , suit dans l'onlrc profane , soit dans \vb doctrines uiystiqucs, qu'aimer était la première loi.

• Non, râONNir. n'est point ce £Eiiitdiiie tbéâtnd qui le inmmt de ses propres ëdats, se eonplait dans une Taine reprëscn-

tatîos C'est encore moins cette froide galanterie qui se

jo«e d'eUe-méme et de son objet... ou cette métaphysique subtile qui y née de l'impuissance du cœur et de l'imagination , a trourë le moyen de rendre fastidieux les intérêts les plus cbers an âmes véritablement sensibles. Non, ce n'est rien de tout oda. Les anciens , sortis k peine de l'enfance sociale , ayaient , oe scnbley bien mieux senti oe que doit être, ce qu'est Tëritafaleaient... ce penchant impérieux dans un état de choses natoiel : ils l'araient peint dans des tableaux... plus simples et plus Trais.» {Rapports du physique et du moral de V homme. ( cinquième mém. Cabak is. )

« Encore que le mariage fasse un bon usage de la concnpisoenœ , elle est néanmoins en soi toujours mauvaise et déréglée, et il n*est pas permis de l*exciter ni dans soi-même ni dans les autres. On doit toujours la regarder comme le honteux dBcC eu péché , conoBe une source de i>oison capable de nous infectier à tout moment, si Dieu n*en arrêtait les mauvais effets. • Nicole 9 dans le traité de la Comédie , tome III des Essais. Ainsi ce qu'il serait impossible de retrancher de Tordre social le plus pur, ce qui est indispensable pour le propager, se trouve pourtant mauvais en soi , et vous avez un sacrement institué pour tirer parti d'un dérèglement, pour consacrer un poison ! I/embarras de Nicole se fait sentir surtout dans cette phrase : « Le mariage règle la concupiscence , mais il ne la rend |ias réglée. »

C'est par enreur qn'oD aUègoe contre ramour rautorité de Baooo. Us ne dit point que les granda hnmiies n'ont pas oonna l'amotir; mais il obsenre que cheai les anciens, Tanioar n'a pas snbjngiié les hommes illustres , à Texception de Bfarc- Antoine. Ce soldat £aaneiix n'était pas un grand homme. Bacon ajoute , il est vrai , que Tamour corrompt et deshonore Te^pèce humaine ; mais cela ne peut s'entendre que des crimes on des folies qui deviennent les abus de l'amour. Bacon n'a pu rogarder comme déshonorante une indination qu'il serait impossible de ne suivre jamais. Des hommes de génie ne se laisse» ront pas dégrader^ mais ils seront quelquefois ranimés par ces sentimens que la raison doit régler avec vigilance. C'est l'homme vulgaire qui se livre en esclave, sans examiner même quel est le degré de sa servitude , et sans comprendre que le charme dégénère en folie quand on le subit sans réserve , quand la raison en est accablée.

On lit dans les Études de la nature : « Toute maîtresse

fut adorée, tout amant fut idolâtre Ils ne voient phisis

mort. L'amour les transporte dans les siècles infinis , et la mort ne leur paraît que le moyen d'une réunion étemdle. » Nous éprouvons en effet dans l'amour un sentiment de perpétDÎtc , parce que l'amour renouvelle les générations. Nous nous attribuons confusément quelque chose de cette longue durée « quand nous rencontrons les individus qui , d'après nos pcnchans , doivent contribuer avec nous à cette prolongation indéfinie.

NOTB &. (Pige 39).

IjCS hommes s'attachent moins , dit*on , â la réalité' de l'objet quk l'image arbitraire que la prëveotion y substitue. « Ainsi , ajoute-l-on dans Y Encyclopédie X article Amour ), l'objet des passions n'est pas ce qui les dégrade , ou ce qui les ennoblit , maïs la manière dont on envisage cet objet. » Cela peut être juste quant aux premiers mouvemens du cceur ; mais ensuite, Fillnsion s'aflaiblissant , on aperçoit des choses qui devraient déplaire y et auxquelles il faudrait ne prendre aucune part. Cependant elles ne semblent pas de nature à forcer de rompre, et insensiblement on s'y habitue ; c'est ainsi que se communiquent les goûts, les manières, et jusqu'aux inclinations principales de ceux qu'il ne convenait pas d'aimer.

Éprouve toA cœur , avant de permettre à famour d*y sejoiumer> disait Tëcolc de Pythagore; le miel le plus doux s'aif^t dans on vase qui n'est pas net. »

NOTB 5. i^Pùfir. 44).

Il est plus important pour l'individu de se conserver que de se re|>roduire; mais, dans Tonlre universel, la régénération de Tespèee est la première loi. Nous ne sommes à cet égard

que les agcos du développement successif des germes; ce mioistère uue fois rempli , nous devenons assez inutiles dans le monde vivant.

Sans doute ces sortes d'aperçus ne sont pas rigoureosemcDl eiacts; cependant quel contraste dans le mouvement de noire existence. D'abord toutes les séductions se présentent } vous entrevoyez des biens inexprimables , et la vie qui vous a été proposée est si belle que vous vous bâtez de la oonununiquer. C'était là votre destination y vous étiez venus pour oootînner la chaîne. Gela fait , vous êtes oubliés , ou repoussés de toutes parts. I^ics heures , plus fécondes jadis , se pressent et vous poursuivent. Vous ne marchez plus, vous ne faites que passer, et les choses n'ont qu'une voix pour vous dire : Rangez-vous , retirez-vous!

NOTB 6. ( Paçc ^ ).

« Par la suite l'expérience lui apprit , dit madame de Gen* lis ( dans mademoiselle de Clermont ) , que |X)ur les femmes, le véritable amour n'est autre chose qu'une amitié exaltée , et que celui-là seul est durable : c'est pourquoi l'on peut citer tant de femmes qui ont eu de grandes |)assions pour des hommes avances en âge. »

Madame de Genlis semble avoir parfaitement compris que

l'amour œ peiil être le même dans les deux sexes. Sous les dÎTerses latitudes y les femmes ont surtout besoin de se sentir nèr» , taudis que le plaisir est plus ou moins yi^ement Tobjel des bomnesy et qu'ils ne savent s'ils sont pères que par la griee <pi'oo met ii le leiur persuader.

NOTB 7. (Page 97).

Des naturalistes et des médecins obserrcnt que dans quelque» pays de TAmérique et de l'Asie , l'ëyacuation périodique , regardée parmi nous comme indispensable chez les feuunes, paraît n'être pas même connue. Ce ne serait donc qu'une sorte de nécessite factice produite le plus souvent par une nourriture »nrabofMiante.

Dans plusieurs lieux on encourait un blime assez naturel si on se donnait à un homme pendant cette incommodité; mais les auteurs, quels qu'ils soient , du Pentaieuque semblent être les seuls le^bteurs qui aient imagine de punir de mort les deux cuojoinb.

NOTE H. (Par.r H3].

« 1^ continence est, chez beaucoup d*Kiux>|>ecnSy lu vertu |>.ir excellence; en quoi je ne les cuniprcnds jku», dit le Persan

Usbec , ne sachant ce que c'est qu'une vertu dont il ne resuite rien.»

La petite île de Sain, près des côtes les plus occidentales & l'ancienne Armorique , était gardée , dit-on , par des TÎer^ , et elles ne furent par les seules qoe la doctrine sacerdotale ciHidamnât alors à un célibat perpétuel. Cette île était peuplée ex- Uusivcment de femmes qui obéissaient à une sorte de rè|^e religieuse; mais sans doute il y avait pour la plupart des înter* ruptions, quant à la chasteté, puisque divers auteurs ajoutent qu'elles se rendaient de temps à autre sur le continent. Les prêtres de la Syrie se mutilaient; ceux de l'Egypte, ainsi que les gymnosophistes, et , d'après eux sans doute, beaucoup d'autres sectaires orientaux devaient garder la continence. On prétend que la Thébaïdc , à l'époque de la plus grande ferveur, rassemblait quarante mille anachorètes.

Des millioos de mortels des deux sexes , méprisant tout ce que la terre contient, voulurent y vivre en passagers. En effet , tout n'est que passage , et il se peut même que le trajet ne soit pour nous qu'une affliction. Mais , en suivant celte route incertaine, ne prcféi-ez pas, sans quelque motif très-sérieux, d*arides eîvcarpemens à des sentiers moins incommodes ; la tempête du soir éclatera sur le front charge de sucir , comme sur le front tranquille.

Quand on rrssera de vanter une vertu chimérique , et de faire consister le mérite dans la difficulté , les rigueurs d'une juste continence difR^remut encore selon les sexes, mais en s*e1oi«^n.int un |mmi des idt'Cîî .iciuelles. Sous de certains lap-

porti il ftm que les femmes t'imposent une règle plus sévère, plus absolue. Leur choix sera plus fixe , et leur retenue plus exacte , puisque c'est de leur conduite que dépendra la vëri • table Intimité des enfans. Mais lorsque ces suites des plaisirs n*oiit point lieu, la loi rcderient égale pour les deux sexes; elle n'est plus fondée que sur la force des engagemens , et sur d'autres convenances moins expresses. Renfermes dans ce cercle, les deux sexes changent de situation respective. Alors la continence devient plutôt un conseil qu'un précepte , et c'est dMt les femmes que les penchans voluptueux seront vus avec beaucoup d'indulgence. L'homme est surtout formé pour ks travaux ; il doit seulement rencontrer le plaisir , et il doit trou* Tcr bon que la femme s'en occupe davantage. Ce sont les bonunes qu'il fatigue , ce sont eux qui dans tous les temps devraient réprimer en partie leurs désirs. Quelquefois on prétend que les bonunes sont tout-à-£iit maîtrisés par leur |>as8ioD dans les premières années de la jeunesse. Mais ils sont tombtb ainsi dans la servitude , parce que ayant trouvé agréable cet usage des forces de la vie , ils les ont laissées se porter de ce côté y au détriment des forces intellectuelles , et en risquant de déranger toute l'harmonie qui constitue rentière vigueur. Ik tardent à éprouver de la fatigue , mais c'est à cause de cette exaltation déréglée. Lorsque enfin l'abus les refroidit , ib se figurent que du moins il a fallu accorder une saison à la fougue de l'âge. Des années d'incontinence chez Thomme seront toujours punies ou par quelque mai visible , ou par quelque affai*

blissemenf moral : peut-^tre mène ne fonnera-t-oo plus d'antre vœu que de continuer le rôle avilissant d'homme k bomies fortunes.

NOTE 9. (Page 445).

On se hâte de conclure de la découverte de M. Champollion y relative aux hie'roglyphes phonétiques , que la plupart des monumens égyptiens appartiennent aux époques grecques et romaines , et que l'Egypte n'en contient pas un dont la ooostruction remonte à plus de trente-six siècles. Mais est-il bien certain que les monumens d'Ësnc, de Philae, de Dendenk aient été construits sous les princes dont ils portent les noms ? Les temples africains avaient-ils des inscriptions dans le principe ? N'aurait-on pas mis ensuite , siu* un grand nombre de ces édiûces, les noms des Alexandre, des Ptolmée, des Adriens , à l'occasion de quelque simple restauration, oo d'après des prétextes plus faibles encore. Si ces monumens , surtout ceux de la Haute-Egypte , étaient si modernes, comment se ferait-il que cette imposante architecture eût été particulière à la vallée du Nil , et que ni dans Athènes ou Gorinthe , ni dans Alexandrie ou dans Rome on n'eût rien (ait qui en approchât ?

NOTE iO. (Pagen8).

Des sectes gnostîqiies ou tbéosophiqaes , nëes dans TOneot , Tmrent , au temps de Carpocrate ^ mêler leurs idées aux mys> tères , sur le sens et l'expression desquels les chrétiens paraissaient encore indécis dans leurs principales écoles y en Egypte. Tout en prétendant se ranger sous l'étendard que Paul aTai^ ynwtmeat soutenu ^ quelques-uns de ces théosophes vains , et împitiais de se distinguer par quelque doctrine nouvelle, s'avisèrenl de prendre en horreur toute retenue des sens. Les jours de leurs dévotions étaient des jours de festin ; on était ou dans ces assemblées, et les femmes appartenaient indistiDCteMcnt à ceux d'entre les assistans qu'elles voulaient ad-

On asnre qu'à une autre époque les adamistes, disciples de Prodicus, prétendirent concilier une continence sévère avec une nudité abso.ue, proje ^ans doute apparent , à Fexœplioo des adeptes les plus naïCs. Dans le douzième et le treizième siècles , Taurmède et Tauchelin employèrent encore ce moyen de popularité. Pour mieux persuader les femmes , Taurmède avait arme trois mille hommes.

Picard l'imita en Flandre , en Bohème , puis en Pologne. f.e principal asile de ces nouveaux .sectaires fut détniit cd

1 5^0 y par les hussites ^ mais od pense qu'il existe encore des picards en Pologne, et même que les hemutes ont ùit alliancr avec eux. Les picards ne furent pas de parfaits adamistes ; désespérant de changer le monde, ils renoncèrent à être nus dans les places publiques , et leur ferveur ne se soutint que dans l'enceinte de leurs assemblées. Ib se conformaient scrapuknsèment au précepte de la communauté des (iemmes : odle qu'on initiait se donnait indistinctement ou à son frère, ou k qud^pe homme qu'elle voyait pour la première fois. L'idée de la con* munauté des femmes n'a pas été particulière à ces diTcrseï sectes, et n'avait pas été approuvée autrefois, seulement par quelques disciples du Portique* Les anciens ont attribué cet usage à plusieurs tribus scytiques ou arabes. De noft joors même, on s'en éloigne peu dans l'Abyssinie , et dans d'anties contrées africaines.

Sans choisir les autorités avec un soin scrupuleux, sans attacher beaucoup d'importance à des faits particuliers, à «i sortes de preuves dont on a rarement besoin dans le but qa'ff se propose ici , on allègue ce qui rappellera que beanoonp de choses éloignées de nos usages se réalisèrent. Le souvenir d'innovations bizarres serait propre à faire sentir que d' changcmens plus justes, plus utiles, et moins faciles doute , De sont pas absolument impraticables.

NOTE ii. (Fuse HV ).

Il est pail-étre des régtoas où les bonzes , les iojes et les ta- Upoins ne pénètrent guère; mais le monachisme n'est pat le scol résoltat de Fesprit d'austérité.

Ce lot Traisemblablement après de grandes catastrophes qne plnsienn l^islateurs entreprirent de sobstitner ii des sociétés frappées d'anathème, des sociétés soumises , plus saintes, plus paies devant le Dieu des vengeances. Ce système d'expiation préraliità nne époque recid^; il n'en iidlut pas davantage pour qu'on renoncement systématique parût ensuite légitime cC véritable. On voudrait encore que les générations modernes, mt le ^obe enfin tranquille , conservassent l'ignorance et les Icrreon des siècles ou apparemment des peuplades entières hittaiettt, au milieu des débris, contre de grands périb, en éprouvant d'extrêmes privations.

NOTE 12. (Pae« 4S3).

On a dit

San» proprvic l^amour k- plu» hcurrui NVii pla» TanKMtr, r>«t un bctoin bonk'ui.

es éd»^

ticnlier noÊÊuàitaX k ■•tim ainti fëaNMlée^ on la nature, U mgrgg qui enfÊtUe. Des jiii£i reçurent cette tradîtiott orientdt; si on kleur reproeha, oe fut parce (ju'on ne la compreiiit plus, cC surtout parce «ju'ik ne la comprenaient pas eux-

Qndqnes ërudits ayant ensuite l'intenion de râîiter ceux fà dmerraient que l'idée de la vierge^mbe ayait été connue ifant le isuqie d'HëMle, établirent soigneusement que dans l'antiquité on nedisarft pas : La Tierge qui enfanta. Il leur fiit r^ienda que la nature n'étant point passée, les andcsis avaient éà dire : La TÎerge qui enfante.

Getteall^^offie étant souTent prise k la lettre, on put eosnp* Hr enfin, au nombre des mères de iamille de divers pays , one dtninede natures universdles , et par ce moyen plusieurs naquirent d'un habitant de l'empyrée , ou d'un y ou d'un éelair.

NOTE 15. (P»Re 434).

Ceux qui ont fait des redierches particulières sur cet objet , assurent que le phallus était consacré dans les mystères d*Osiris et d'Isis ; que le Ctéis et le phallus l'étaient dans les sanctuaires d'Eleusis; que, plus loin de nous y le puUeiar (réunion des parties sexuelles ) fut pbcé religieusement dans le temple

deShiva, 6t qu'oa Vj twmvccacore ; que ki Kipig— k fiwK en Amérique des Iraces du même culte {*) ; que oes emhteaiai aTaîent été' reçus , selon Ptolémëe , chet les Aasyriess, aîaû que chex les Perses , et selon Diodore de Sicilt , chez prcKpe tous les peuples; qu'ils s'introduisirent gënéralemcnt dans l'Europe, et qu'à lalfin du dernier siècle ils ezislaicBl eneoie en Italie. En rappelant les solennités phalliques de Thkhtê «t de Ganope, on ajoute qu'aujourd'hui même, dans leurs montagnes y des Druses Tënèrent le lingam (^). Gel usage s'acoor dait avec le culte du soleil , qui de nos jours même esl adoit vers les rives de la Krishna. Des sectaires ont tort d'appeler infâmes ces rites pratiqués avec bonne foi jadis depuis le Gange jusque dans la Grèce , et auxquels on paraît avoir oppose' une bienséance hypocrite plus souvent qu'une convenance réelle.

« On prétend que le symbole de la réparation du genre humain ne put obtenir un culte que dans l'enCance du peuple nouveau, qui habitait en petit nombre les ruines de M terre. U est probable qu'on ne put exposer ces figures aux yeux ,

(*) On trouve «ealement dans Garcilasso de la f^ega , a« liv. II , que les Meiicaint avaient det dieui cxtrémenoent sales et difformes.... tels que Tiazoiuuû , dieu de la luxure , OmeUchiU, diea de Tmognerie, etc.

(**} Fafonnë en divinité portative, pour la commodité des dévoti hindous, le lini'^am ou pullciar sVloigne beauioop de la forme q» sans doute on lui donnait dans rori(;inc : il serait difBcile de deviw aujourd'hui quel emblème rappelle cette sorte de petite boîte.

et les réTf'rer que dans les temps d'une simplicité innocente qtii , loin de rouf;ir des bienfaits des Dieux , osait les en remrrrier publiquement. » Voltaire.

Après tant de Tariations dans la manière de consacrer un emblème des forces génfratiTes qui pût tenir lieu du soleil trop difficile k représenter , on conaenrait , il y a moins d'un siède , dci soiiTenirs irrëcusables des andemies dionysiaques , daas les Aies de quelques villes de lltalie mëndionale. Quatre mille ans peut-être se sont dcoulës depuis que le phallus t'est tntrodoit, sous un autre nom, dans les temples de l'Asie, et matntenant il est encore dans les liourgades de la Fouille , il Sanio Memhro.

« Tout le mourement du monde, dit Montaigne, se résout €t rend en cet accouplage.... Après tout, l'amour n*est autre chose que la soif de cette jouissance en un objet désire , ni Vénus antre chose que le plaisir a... Sommes-nous pas bien famtcs de nonuner brutale l'opération qui nous fait? Quel moBstmeux animal qui se fait horreur k soi-même , k qui SCS plaisirs poisent ! Hé, pauvre homme, tu as des laideurs rédki et essentielles k suffisance, sans en forger d'imaginaires. » (&Mtf, ch. Vduliv. m.)

Ud catalan avait a donner une définition de Tamour. Hélas ! dit-il, elle sera exacte : l'amour est une.... comezon.

Mais , demandex-vons , que nous resterait-il des douceurs de la vie, si nous réduisons k des opérations animales nos besotns dénués de prestige? Tout vous restera; vous serez à U lois raisonnables et sensibles.

MA

MâMtoeg le churme. Bais tn cfonm qw im k il TiMU affligeait y après tous avoir ^aréi. Si vobi aara db la jeunesse éviter rerreur , m» vieillirei plw taid qM les avtRS kommesy et vous recevra des îapressîiMs agrtfibics jusque dsDS un Ige avancé.

Mous ne prétendons pas ignorer les deniërcs suites d'us repas : «tte connaissance ne détruit point noire oppétit, naii l'aiMS le détruirait* Qu'imaginer de plus rdrataat que de ■!cImt^ devant des témoini, trente ingrédiens, de les Istswr £eraienler au milieu du corps, d'eikaler une partie do oHic masse infecte , et d'en déposer furtiveflMnt le dernier rénda? Cependant le besoin de se nourrir subsiste , et dis lors la question est changée. L'amour ne sera pas exempt de la commonc loi; il restera immonde, et surtout voluptueux, itdoutaMe peut-être , et certaÎDemeot nécessaire.

NOTB 16. ( Pag« 436 ).

L'ordre qu'on y établirait achèverait d'ailaiblir la mab qui s'est introduite en Europe dans les derniers siëdei dont le seul souvenir dbea ceux qui l'ont éprouvée doit r à la candeur de l'amour. Le charme de ses Caiveurs les entjL^înantes n'appartient plus i>cnt-ctrc .i celui qui ne m

de ces proCNids d^odts. Sent doute eet kenie ne Mnit pbs lu-mime qa'mi itre tont«à4ût Tulgaire ans jma. de k femme aimebk qui aurait quelque idée de &m malheur. memiMine Féquité demande qu'en m^riiant ceux qui t'aipoecm k un mal géoéralement honteux , on ne condamne pat diftinction quiconque en a pu rtoevoir les atteintef • Soudée pnionnicny des soldats, de panms Toyageuis sufaîreat celte infortimê, sans avoir même une imprudence à se ■tfwiclici. Il se peut aussi que plusieurs fimunes soient tromirfee en cela par leurs maris. Ce qui est déshonorant , c'est de M pee craindre un mal de ce genre, d'en parler comme d'un tribut qu'on paiera quelqueficMS, de s'accommoder enfin du Til ;e des turpitudes et des roluptés.

NOTE 17. (Piee HO).

A r^poque de la seconde édition , un des rédacteurs d'une gamtte a dit que la remarque dont il s'agit ici était d'une inmde ignorance. Il aTsit appris qu'on ne trouve pas un nombre prodigieux dliabîtans au milieu des déserts , et qu'ainsi ks peuples ne sont pas trop multipliés. Les sarans repetteront ér ne pas troufcr ici le nom d'un critique si instruit; nuis que flMmimes aussi prodigieux ont pasfé sans gloire !

Un autre jour, mécontent de quelques mots dans l'article qui ooooeme les relations entre les pères et leurs enEms, on a dit, dans'ii même feuille je crois : « On tiolc bwi que Tautenr -est encore fils, et n'est point père. » Cette perspicacité' n'élait pas heureuse. L'auteur se trouTait, sous les deux rapports , dans la situation contraire.

On ne fait mention de ces inddens si petits, et un peu anciens y que pourvue chacun de nous ( car chacun de nous ert expose il parler dans les journaux) se souvienne des brâes que la précipitation multiplierait , surtout si on prétendait deviner les motifs personneb des auteurs que peut-être l'esprit de parti engagerait à regarder comme des adversaires.

NOTE ift. (Page HO)

L'homme partage tous les besoins éprouvés par les animaux et ces besoins qui lui ont été imposés n'avaient rien de vi cieuxdansle principe; mais quelques-uns de ces natiureb deviennent funestes au milieu de la société. Si on c» trepreod de les réprimer , sans les remplacer par quelque de satisfaisant y on ne parvient qu'à les irriter.

Ainsi le besoin de détendre un ressort trop comprimé , besoin de piller « de frapper , de violer , de se livrer împ

«m caprices de la force, cet instinct multiplie les gwrres. 11 ne £int pas en chercher toutes les causes dans les kngiies difficulté de la politique; on eût souvent trouvé le ■ojen d'éviter la rupture , si les avantages de la victoire eusscBt d dépendre d'un coup de dé , s'il n'y eût pas eu beaucoup d'appareil , si on n'eût pas offert en perspective, de la musique, de Fean-de-vie , et tout le mouvement du carnage. On repradie, non sans raison, la guerre aux passions des princes;

lis ils la feraient plus rarement, et très-rarement peut-être, si elle ne convenait point aux passions de la multitude. Quel ftmpLt j en vantant la pureté , la douceur pacifique , la sainteté de sa loi , s'y conforme dans tous ses penchans . et ne continiie pas k vénérer avec quelque prédilection une sagesse de la giwrre, une Minerve farouche, suprême divinité des Barbares ? Le poète de rAlIemagne qui passe pour avoir le mieux chanté le printemps et les douceurs de la vie paisible , retournait volontiers il la guerre dès que l'occasion s'en pr^ntait : il y est mort misérablement.

NOTE 19. ( Page 144 ).

Peol-oo quelquefois réformer les peuples? Un auteur des derniers temps s'est déclaré pour la négative. Dans une phrase peu réfléchie, il a dit , en parlant de Pépin : « Son système

pobu<iue ne oonsUtait point k prétendre sottement changer les hommes , car cette manie ridicule a toujours trompé Fattenle des plus grands génies. » Pourri nommer de grands génki ceux qui se lirrent k des manies sottes et ridicules?

non SO* ( Pige 147 ).

Les affections passionnées auxfpielles la beauté morale paraît avoir le plus de part , dépendent encore des sens , et on ne ▼oit pas que la sympathie des âmes ait lieu quand les corps sont absolument privés de grâce. Ce qui détermine chez une femme un penchant subit, c'est la secrète supposition que l'homme qu'elle rencontre ayant avec elle des conformités paiticuliires, leurs enians seront bien constitués. Si la durée de ces liens a pour effet d'attacher dayantage cette mteie personne, c'est qu'elle se sent confirmée dans l'idée qu'avec l'appui de cet homme, elle remplira convenablement sa destination maternelle.

Sans doute les enfans ne peuvent avoir une organisation parfaite , que quand il existe de certains rapports entre cdle do père et celle de la mère. On obtiendra peut-être mijour , k cet égard, des données propres à justifier des choix inopinés, et jusqu'à présent inexplicables.

Cctt d*«{irè8 des analopcs de eette aatore qv'on croît si Kile fNNur les enfiuis le bit de leurs mères. Il doit être boD fÊfB ce qui produira les premiers dëreloppcmeiis des orgnes, s*aeooide avec ce qui les a tonnés.

NOTB n. (Page 154).

Oo serait coupable en obligeant ce <pie Teut Tëquite'; mais il doit tare permis de iaire ce <pi*elle n'interdit pas. Tout ce fw Fëipiité demande avec tant de modifications, est rigoureux daas le principe y parce que Tëquit^ est mathématique; il n*est pas plus m noire pouToir d'en abârer les lob, que de supposer pour des aits novreanx , un angle de cent quatre-Tingts

Qki œt ancîei p^q^> qui durant de longues années d'opddem^Hris, a amsenrë, comme les Israâitcs, ses i y cbex les Parsis y la porofe , l'expression des choses, élaîl reconnue antérieure à l'existence du monde riaible. Les rapports inrariables , les premiers modèles des teresy les^êiVMfy^ fanent établis, disait-on, par Ormusd, ou l'ordre.

La ooofention, la parole solenneUe, décide de tous les droits. Eo ce sens, la convention est toujours juste; mais elle peut ctrc

sage y ou ne l'être pas. Elle le sera ionqa'éîle dérÎTera exae tement des rapports essentiels , lonsqu'elle en deneodra w heureuse consëcpience.

NOTB 22. (Page 461).

Les voyageurs modernes , comme les anciens historiens, allèguent de'trës-nonbreux exemples d'une grande liberté de mœurs accordée ou même prescrite aux femmes , du moins à quelques égards , ou dans de certaines saisons de la yie.

a Dans la petite ile de Portland (près de la Nouvelle Guinée ) les jeunes (lUes ne se marient pas avant d'être enceintes , et cet usage n'a pas encore été détruit par l'influence de la religion. Lorsqu'un jeune homme et une fille ont eotretenu pendant quelque temps un commerce stérile , on croit que la Providence ne les a pas destinés l'un à l'autre. La femme cooserre sa réputation, et elle peut agréer plusieurs prétendans, josqu'au moment où devenue mère , elle contracte enfin un nariage solide et indissoluble. » ( Décade phil. ^ an xii , n. 35. )

Cette habitude , si différente de celles qui dominent dan l'Europe , se retrouve néanmoins chez quelques Suisses , à l'entrée des montaçnes , sur les limites des cantons de Friboiurg et de Berne. Malgré la proximité des deux petites capitales , cet

niige s'ett naiiitam jmqti'a nos jours. Dans la Stjrie , 'qui est ^Icmfntctholiqoc, les fimunes sont aussi d^Totes , et on as- More que leur oooduite est aussi libre.

Vojes le chapitre YI du Ut. I du Fojrage aux îles Malouines, en 1768 et 17649 pur Pemetty. « De sorte, y estil dit y que pas une de ces femmes peut-être n'entre yiergo dans YéM, de mariage. » n en est de même dans la Guinée , ainsi qoe dans plusieurs autres parties de l'Afrique.

Mais ici on est tellement habitué k supposer étemelles les lois du mariage que sans cet engagement , on croirait volontiers contraire à la nature l'impulsion naturelle des sexes. On tronro dans rEocydopédie cette définition un peu burlesque du met pollution, effusion,., hors de l'usage du mariage.

NOTE 23. (Page 164).

Nicole a¥Otte que la raison sufQsait pour conduire l'homme. « Pour réformer entièrement le monde , dit-il , pour rendre le» hoûwnei heureux dès cette vie même, il ne faudrait, au dé- (aiit delà chanté, que leur donner à tous un amour*proprc écUiie, qui sût discerner ses vrais intérêts , et y tendre par les que la droite raison lui découvrirait... Dans les états oti

elfe ( k duurité ) n'a poim d'entrée^ ptfoe fotk nik idipMi «a ett iMDDMy on ne laisse pas de yiwtt avee ■■faii de paii, de sûreté, de commodité , que si 00 était dans mie n^ihbfM de saim».» Ch. II et eh. III du TVvule de UAmU, etc.; Essais de Morale.

La morale la plus éterée, celle ifà sera par&iteneni lÉîle quaad la itanie de l'aostârité n'y mêlera pas ses txnmy la yraie morale fîit eottiiie de Tanliqiiilé. Dans on dis les plos anciens^ dans leBkagoat-Geeia, tndoitdn par Wilkins, Kreeshna (diyinité sous une forme homaine) prescrit k son disciple de £dre le bien, sans espoir , sans aalre Tue que le bien , sans autre but que la conformité à Tordre perpétuel.

NOTE 24. (Pa^ 1B5 ).

On lisait dans une ancienne brochure, que les maladies^ ▼•... dcraient être mises au nombre des ayantages des tea|pa modernes « parce que la crainte des suites serrait ii retenir eeo que la crainte de Dieu ne retenait pas. » C*est à peu près aîmi que les incendies ont été pràentés quelquefois comme des é?énemens favorables , parce qu'ils occasionaient le prompi embellissement de villes. Il est , dans le désordre de la tète, wi de-

fié qn fenit àêÊUpéter de rbomme : mais msn cdt poum Fivfrtb de M mtfer de eotains priinâpes dont ks consëqucDces ëlé qnekiuebis d'une absnrditë palpable.

NOTE ». ( Pi«« 495 ).

Ob alliera sans doute qo'en amour cette exactitude sefaîf déplâoët, ipie les femmes surtout yeulefit de rentrainemcnt , que M serait s'exposer à rompre avec une jolie persoone , que de lai dire : Je cesserai un jour de tous adorer, et aussitôt ▼•us CB serct avertie. Mais il est d'autres manières d'exprimer les dMScs, et on pourrait trouver dès le commencement d'une liaisoo I quelques minutes pour parler raisonnablement.

Si d'ailleurs des femmes on ne peut plus agréables Teu- Icat que toat soit ddire, ce ne sera pas ii des femmes si afiMiles qu'il sera bon de s'adresser. Comprenons aussi que quand des liens d'^unour ne sont que des amusemens sans pateraîtié, sans avenir f y mettre une sérieuse importance, vivre et mourir pour sa muùresM, tu une exagération d'un extrême ridicule. La règle la plus générale sera de ne pas suivre aveug|<msBt les iaspiratioBs de la nature : souvent elles nous écarde la nature mime sous des rapports plus impoitans.

Si elle ioyite rhomme des (brèts à prendre pour unique loi U sensadoD dominante, elle commande k rkomme instruit de oooci lier des sentimens dirers , et de se sourenir toujours de pbisieurs devoirs.

Au milieu de la dissimulation qui semble inévitable dans U société' , mais qui la rend £itigante pour les hommes droits, supposons vrais sans réserve ceux qui s'aiment. Abn la confiance subsistera jusque dans les derniers temps de l'union, et le jour même où il fiindra se quitter , on s'estimera mutuellement. Fundamentwn est jusîitiœ , fides ; id est dictorum , conventorumque constantia , et veritas, {De officiis.)

Sans incertitude , la jalousie aurait peu de durée. C'est le trouble même de l'homme jaloux qui l'attache à sa passion ; il trouverait moins de motids pour s'occuper de ce qu'il aurait certainement perdu , que de ce qu'il craint de perdre , faute de vigilance. Ce serait donc un grand bien d'être à peu pris s l'abri du doute et de l'anxiété. « Si nous avions de tous les maux à choisir duquel nous voudrions être exempts , il n'j eD a point que nous dussions tant éviter , parce que la jalousie se forme indiifcremment de ce qui est, de ce qui n'est pas, et de ce qui peut-être ne sera pas. y» Delà maladie d'amour y etc.

L'auteur du Système physique et moral de la femme la croyait naturellement moins constante que les hommes. H semble avoir oublie l'appui que , généralement du moins , U femme désire , et |M)ur elle-même , et par une suite de l'amour maternel. Ci* docteur allègue que 1rs femmes ne sauraient man-

qacr de Taioqucurs j ce qui est les supposer presque uolYer*^ sellcmeDt agréables. De plus , si un sexe ne manque pas à rao<» Ut y oommcnt celui-ci manquerait«>il au premier? Lorsqu'un homme etc avec une iinnme, on peut se permettre de dire qa'ttne femme est avec un bomme. Quoi qu'il en soit , les remarqBet d'un observateur si estimable doivent être citées , précisémcpt parce qu'elles contredisent ce qui est ici dans le teite* « La nature , dit Roussel au cbap. lY , s'éuit contentée de faire les femmes aimables et légères, parce que cela suffisait à ses Tues. Il fallait bien que l'amour fât vif cbes les fnBBcs; mais il n'était pas nécessaire qu'il fût en elles constant dans son objet. L'boDune qui attaque a besoin d'une certaine persévérance pour ne pas perdre le firuit de sa poursuite. I^ femme , toujours maîtresse de se rendre , est sûre de ne p^s masquer de vainqueurs , au lieu que l'iiomme incertain de vatncre, en courant d'un objet à un autre.... courrait risque de se trouver sans conquête. »

Il csl facile d'assigner , surtout dans Tordre physique , plusieurs causes d'une inconstance particulière aux fenunes, en les supposant dans l'indépendance d'une vie entièrement sauvage ^

iiSf dès que la civilisation est seulement aussi avancée que les Hurons et les Kirguis , les femmes ont intérêt à £iire ir le système de la durée des engagemeos , et elles adoptai des maximes de persévérance et de fidélité. Il leur convient pins qu'aux bommes que telle soit alors l'impulsion générale des esprits. Cependant lorsque le mariage est signé, le but se trouve rempli , et quelques-unes d'entre elles pourront bientôt If âO

songer plus ou moins secrètement aux avantages d'une încmstance désormais presque exempte de péril.

Au temps de Louis Xlli , il ayait dqà été décidé par m moraliste que naturellement l'inconstance est particulière à b fenune. Il observait qu'étant humide die doit toojours être mobile , légère et infidèle. Il y a joint quelques autres épithètes ; mais , sans doute aCn que les femmes prissent aisément leur parti sur le jugement qu'il prononçait , il a ajouté dans le même livre, TAri de connaître les hommes ^ que e*est an soleil k gouverner le conir , que la lune ne régit que le cerveao, et que la France est l'unique pays de la beauté , les autres peuples étant barbares à tout jamais.

La fidélité dans le mariage a pour principal fondement , sous le rapport du devoir y la procréation ; c*est ce qui rend inadmissible cette prétention de plusieurs personnes, que les fautes soient considérées comme égales chez les deux sexes , et que l'exemple donné par l'homme suffise pour rendre à la femme sa liberté. Mais en supposant que cette liberté n'eût pas de suites, les caprices des sens chez les femmes altéreraient beaucoup oioitt l'union conjugale que les fantaisies du cœur. Si Julie d'Etanp n*avait pu devenir mère de famille , Wolmar , qui n'eût pti appris avec indifférence qu'elle fut de nouveau dans Tintimit» avec Saint-Preux , eût pu consentir au contraire à ce que, dans des circonstances particulières , elle se donnât sans éprouver niicun attachement sérieux.

a Considérant bien la qualité de Toutrage que reçoit an mari quand la fenune lui fausse la foi , je n'y trouve rien de

plus poigDiiit que le mëpri» qu'elle fait de Ini en lu prâmM on antre qu'elle estÛDe plus digue de «es affccticns» Or, est*il qae» quand elle s^abaudoiioe k un Talet, elle iait asses ▼oir qu'elle n'y entend autre finesse.... et par conséquent l'afiroal co doit être moins sensible.... L'injure au contraire est bien plus atroce quand elle prostitue son honneur et le Tâcre entre les oMins d'un bomne qui se sentant par Ik préfiàré k tous, m prend amtage , et vous méprise. »

La mothi le vayea. Dialogues.

NOTB 26. (Page S06).

Soofcnt le sexe diea lequel la pudeur a le plus de ddicaleMe se soustrait aux regards des hommes, bien moins par retcnae qne pour garder l'empire.

Cest surtout en ce sens que la pudeur conseille k tant de de préCner, dans le moment de l'accouchcnent, les des personnes de leur sexe. Ce n'est guère pour oonseron l'a dit assex mal k propos dans le Système de im femme j les bonnes mœurs, pour éviter que « le sanctuaire du mariage ne soit menacé , ou que les ressorts de l'état ne soicot attaqués. » Ce doit être au contraire dans les intérêts de raBwar; la Tue des opérations naturelles qui terminent la

gtstition diminuerait, chez plusieurs hommes, cette sotie d'heureuse ignorance , ou de prestige , dont les désirs ont ub si grand besoin pour s'e'lever au-dessus de l'appétit le plus matériel. »

' « L'usage nécessaire, mais désagréable aux sens, pour leqael la nature a disposé les conduits inférieurs du aorps humain , les changemens involontaires auxquels les parties dn sexe sont assujéties, la facilité de les blesser en dedans ou en dehors lorsqu'on habite tout nu au milieu des bois , a porté les hommes à les couvrir les premières , tant pour les cacher que pour les garantir. Parce que ces parties étaient la sentine du corps humain , et qu'elles étaient par préférence dérobées à la vue , on y a attaché une idée de turpitude , et on les a nommes honteuses.... Si on y prend garde, pudor ne signifiait dans son origine que ce qu'il devait réellement signifier. Les latins définissent ce mot , ob aliquam rem sordidam timor. Ainsi le mot pudeur , si l'on s'en fût tenu à son origine , n'aurait jamais été employé que pour exprimer une certaine espèce de sensations désagréables. » Traité de la formation des langues. Desbrosses, ch. ii.

Cicéron avait dit : Quce autem partes corporis adspectum déforment hahiturœ atque turpem ^ eus {natura) contexit atque abdidit..» Quœ enim occuUavit, eadem omnes qui sand mente sunt removent ab ocuUs. ( De officiiSy 117. )

NOUS 27. (Pa^e 2U8].

Jeune épouse ! aie loin que le lit conjugal ne conserve pendant le jour aucune trace de ce qui s'y est passé la nuit. N. 0668 des Lois y à b suite des Fojrages de Pjrthngore.

NOTE 28. ( Page tlO ).

On trouve dans la lettre de Rousseau à d'Alembert : «N*esl-il pas plaisant qu'il faille dire pourquoi j*ai honte d*un sentiment nalarel , si cette honte ne m'est pas moins naturelle que ce sentiment même? »

A eette occasion j'observerai qu'on peut souvent jiaraître imiter œ dont on n'a du moins aucun souvenir distinct. Quand, par exemple , le plan d'une nouvelle pièce dramatique a du rapport avec quelque antre ouvrage qu*uo journaliste parvient k découvrir, on est accusé d'avoir voulu tromper le public; mais que de fois les anteurs de cette classe auront pris dans l'artâde mime du critique le titre du drame dont ils semblaient d'avoir franduleusement reproduit l'intrigue, et en

auront £iit chercher partout un exemplaire afin de le lire pour la première fois !

Il doit arriver souvent à ceux qui écrivent sur des objets sérieux de retrouver avec surprise leurs idées, soit dans Sénèque, Montaigne y ou Leibnitz, soit même dans Mallebranche ou Swedenborg. Ce n'est pas toujours une raison de supprimer ces passages trop analogues k d'autres passages anciens. Quel- <pie soin qu'on pût prendre k cet «^ard, jasiaîs cm ne serait lÉr de n'avoir rien emprunté, rien imité, ou par hasard, ou par de vagues réminiscences. Et d'ailleurs qu'importent cm détaib , pourvu que nos feuilles , ébauchées avec trop de découragement peut-être, obtiennent assez d'estime dans leur ensemble pour produire quelque bien?

NOTE 29. (Page 217).

Avant de regarder comme une sorte de nécessité conjugale de coucher journellement ensemble^ il ne serait pas mal à propos de songer k quelque famille du Labrador étendue au hasard dans sa hutte enfumée. Ce à quoi nous la voyons réduite est à peu près sans inconvénient chez elle; mais quelle excusr donneront ceux qui dans une vie moins simple ou moins gros»- Mcre, peuvent ce qu'ils veulent, et des lors devraient con-

naître ce qu*il convient de vouloir? C'est dans un appartement vi bien distribué à d'autres égards qu'ils placent un seul lit pour deux. Avec de la sagacité' , de la délicatesse peut-être , et air milieu de tant de commodités rassemblées par de^ siècles de recbeidies, on se réunit huit heures par jour entre les néaiet draps, comme si od craignait de ae plaire loog-tempa eiiscaible« comme si oo ignorait que l'intimité en ce genre cal akërëe dès qu oo l'a trouvée importune , ou même inutik » et que c*est presque y renoncer que de la rendre quelqucftiis mdilliémte.

Un usage contraire a souvent prévalu dans les villes; mats cette séparation trop marquée est peut-être plus mauvaise encore*

Au reste , dans toute observation semblable , on ne blime qu'un certain nombre de personnes : la plupart des honmies se voient interdit ce qu'ils préféreraient, et beaucoup d'autres ne croieot pas avoir le temps d'y songer. Nous ne paraissons presque jamais d'accord avec nous-mêmes , parce que le rôle que nous faisons n'est presque jamais de notre choix à tous égards.

Ce sujet rappelle une réflexion de Plutarque. « Or, faut-il que la femme fuie toute occasion de querelles avec son man , et le mari semblablement avec sa femme; mais principalement faut-il bien qu'ils s'en donnent de garde lorsqu'ils sont couchés ensemble dedans le lit : car les querelles , injures , courroux et colères qui s'y engendrent , il est mal-aisé de trouvei autre teoips et autre lieu qui les puisse jamais apaiser et gucnr. 9 Morales, Irad. d'imyot.

NOTE 30. (PageSSS);

A l'occasion d'une famine , sous Louis X , on fit des processions , où , selon la chronique de Godefiroy de Paris , les femmes sans chaussures^ et les hommes vraiment nus marchaient à la suite du cierge'. Vers la fin du treixiëme siècle, il y eut encore en France , dans les campagnes , et même dans la capitale , des processions que les flagellans , ou d'autres de'rots suivaient demi nus, ou entièrement nus.

« Dans les bains publics ( au nord de l'Asie ;, les deux sexes sont communément se'pares par des cloisons de planches ; mais sortant des bains, tout nus, les deux sexes se voient dans cet e'tat , et s'entretiennent souvent des choses les plus indifférentes; ils se jettent ensuite confusément dans Teau , ou dans la neige. Dans les hameaux pauvres et éloignés, ils sont souvent tous ensemble dans le même bain. J'ai vu, dans les salines de Solikamskaia , des hommes qui y prenaient les bains : ils venaient de temps en temps à la porte pour s'y rafraîchir, et y causaient tout nus avec des femmes qui la plupart apportaient aux ouvriers de l'eau-de-vic et delà quouas. » ( Voya^ en Sibérie, fait par ordre , en 17G1 , par Chappe d'Auleroche, t. I, ch. I". )

« En iSoo,... d'après une remarque très-curieuse du ce-

lèbre ^oggt , Wt deux scies m baignaieot pêle-mêle C) aux eaux de Baden ( en Suisse ). On voyait * oager dans les liains des îtaaati aussi enjouées, aussi légères, aussi belles , et aussi peu vêtues que les nymphes de la mythologie ; les étrange contemplaient ce spectacle du haut d'une galerie circulaire , OQ se mêlaient même à ces jeux innocens , si bon leur scm- ^* blait. Aucun signe ne trahissait chez les parens, ches les maris» an sentiment de désapprobation » ou de jalousie. f..es rédacteurs du Muséum allemand, qaï ont reproduit cette relation de Pogge, il y a une trentaine d'années , affirment , dans les oMes ({u'ils y ont ajoutées , qu'il régnait encore, à cette époque si rapprochée de nos temps , une très-grande liberté dans les baiiis de Baden... » ( Journal de l'Empire, i5 avril iBia. ) Chcx les Romains on avait paru plus sévère ; main aussitôt que le bruit des armes s'éloigna de la capitale , la licence devint extrême. Elle a commencé avant la conquête de la Maoé-

(*) Ce n^ett pu en 4500, iniU an peu plos Urd , et ëttnt •aprèf da c— cile ée Constance , qoe Pogge alla Titiier les bains de Baden. U ne dH fÊê précâsénent qoe les deoi seies fussent réunis; mais il a ▼• que les f—nnications ëtsient des plus faciles , et il s>st assort par loimèmm qne mil voile ne géniit les simples spectateurs. Il ijonisit , dans M loMffo à Nicolas ?licoli , qn^iyint devint les yeoi Unt de nadJtés et «M lAwtl d géoénhy il croytit assister toi jeax floraai de Rome, •■ lire dass la répnkllqoe de Pbton , et qne , sans contester les autres «ertus de ces eaui , il K s croyait surtout irès-rflicacrs contre la stéréaé.

doine ; il a snffi des conseils d'un devin pour introduire dans la yille du Tibre les abus nocturnes des bacchanales.

« Lorsqu'on se souyient , dit Winkelman y que dans les premiers siècles de l'Église on baptisait les personnes de Fnn et de l'autre sexe en les plongeant indistinctement dans les mêmes eaux , on n'est pas surpris que la jeunesse d'Athènes ait dansé toute nue sur le théâtre durant les fStes de Céths^ et qu'à de certains jours les jeunes filles de Lacëdëmone aient aussi dansé toutes nues devant les jeunes gens. »

Supposons un pays où , dans de certaines fêtes générales , les femmes soient absolument libres d'être peu Têtues , ou même de ne l'être point. En nageant , en valsant y en se promenant . celles qui le jugeraient à propos, resteraient nues au milieu des hommes. Sans doute l'illusion de l'amour serait alors peu connue, et les passions n'auraient plus de transports, ou plutôt les passions n'existeraient plus : c'est précisément ce qu'on désirerait dans ce pays imaginaire. Est-ce la passion qui doit ennoblir généralement les choses humaines? Sommesnous abrutis , ou avilis par des besoins , par des appétits , par des plaisirs auxquels nous n'avons pas encore su joindre quelque passion sublime ? 11 faut d'honnêtes attachemens , et drs voluptés délicates , mais on peut les obtenir en conservant le bon sens. Nul ne proposera l'usage d'une telle nudité chez les peuples où la bienveillance naturelle est beaucoup affaiblie par la misère, ou par le désordre. Peut-être les hommes n'y seraient-ils cmus que par des désirs dénués d'un prestige qui ircsl point la passion , cl qui vaul mieux qu'elle ; peul-êtrc

«lussi f en devenant assez indilTérens à l'égard des femmes , ëoouteraient-ib des caprices plus grossiers, on ne désireraientik pins mèoDe d'être excités par aucone sympathie, par la présence d'aucan être qui pût partager leur penchant. Quand oa suppose un usage nooreau , on le considère comme faisant partie de mœurs nouyeUes. Cette nudité demanderait d'autres inftîtntiom analogues, des institutions simples et fortes , et un grand respect pour celles d'entre les eonrenances morales qui appartiennent k tons les temps. Alors on s'occuperait teUement de la satisfaction de rame, et de la rectitude des sentimens, que la Traie bonté n'aurait plus rien de chÎBiériqQe. Malgré le slcnce des passions , on se Cannerait , en tout genre , une idée très-douce des jouissances partagées. Cet état de choses parah doigné, dira-t-on. Sans doute, mats il n'en faut rien eoarfaire oontre l'entière nudité momentanée , puisque la loi qin rétablirait n'existerait qu'au milieu d'institutions exemples dt disparates k cet égard. Cessons de ne Toir l'homme que dans les hommes connus de nous. Ne disons plus que tout ce qui serait impraticable parmi nous est contraire à la nature homaine; ne déclarons ni absurde, ni monstrueux ce qui se troare seulement inusité , et rappelons-nous enfin que, louables oo imparfaites, les institutions de Lycurgue ont été réalisées.

NOTE Si. (Page S25 ).

Chez les peuples où la nudité ne ùÂi point partie des usages, et n*est pas autorisée en public , elle exige beaucoup de duux^ et elle tient à des conrenances délicates. Le dé£iut de goût contribue k rendre obscènes la plupart des livres et des gravures erotiques, ou plutôt ce seul défaut , pris dans son étendue, les rend condamnables ^ c'est ainsi qu'une nudité partielle est souvent indécente , et qu'elle rappelle des plaisirs vi£s ou illégitimes. Lorsque , dans des momens d'abandon , le corps n'est pas rendu à sa situation naturelle , avec cette liberté que la jouissance autorise, il y a quelque chose de désagréable dans le dérangement contraint des voiles qui le couvrent si mal à propos. Avec un sentiment exquis de la volupté, avec des goûts honnêtes , de la franchise, une imagination heureuse, et une ame élevée, adopterait -on de préférence, supporterailon ce qu'il y a de trivial , ce qu'il paraît y avoir de bas , ou même d'hypocrite dans de telles manières? Le plaisir aussi doit avoir sa candeur, ses mouvemens généreux, sa délicieuse impudence. Il faut savoir dire : Volontiers , puisque c'est sans inconvénient. Alors on est capable de dire aussi, et d*tin ton qui ne laisse aucun doute : Non , j'ai promis le contraire.

Une réserve inutile, une fausse réserve, vient moins de ti-

nudité que d*ioqHie. Biiarre pudeur qui détruit le charme , et qui rend les besoins plus grossiers ! Quel rapport ont-elles arec Tamour , ces étoffes importunes ? Est-ce à des yètemens qu'on s'unit? Si tous êtes libres , agissez librement ; si tous nèit$ pas libres ^ n'écoutez pas tos désirs. On est trop près de se soustraire à toute surreillance, quand on renonce k de certaines facilités locales qu'on attendrait si on Toulait seulement et qni peut être ayoué , ou justifié.

NOTE 3^. ( Page Sf6 ).

• Faminarum conviyia ineuntium in principio modestus esi hahitus ; dein summa quœtfue amicula exuunt, paulaiimuiue pudorem profanant ; ad uUimum ( honos auribus sk) ima eorporu^ velamenia projiciunt : nec meretricum hoc dedecus est, sed matronarum virginumque, apud ^ttss eomitas habetur vulgati corporis vilitas. » Fie d'A^ lex. Quinte-Curce , chap. i du liy. V. Et Toici , dans la traduction de Beauzée , ce passage , modèle de bonhomie pour ceux qai Tondront écrire sur les mœurs des nations. « Les fcinmes qui se trouvent à ces banquets y paraissent d'abord jTec an maintien modeste ; ensuite elles se dépouillent de t<mt ce qui les couvre par le haut, et oubliant peu à peu ce qu'elles

doÎTfUt à la pudeur , à la fin ( sauf le respect qui est dû «êx oreilles chastes ) elles rejettent encore les Toiles destinés k cacher les parties infifrieures de leurs corps : et ee m asot pas les courtisanes ({ni s'abandonnent k cette infamie , ce sont les femmes et les filles les plus honorsbles , cpii regardent cette prostitution avilissante cmnme mi devoir de politesse.

NOTE 33. (Page2S9).

« On assure que dans la partie m^ridiopale de la Virginie , dans les Deux-Garolines ou la Géorgie , et même dans la ville de Charlcstown , de jeunes noirs se présentent absolument nus devant leurs maîtresses et les servent à table sans qu'elles se doutent que cela soit indécent.... A la vérité, il serait di£Bcile de faire entendre à une habitante qu'un n^re et soo mari sept deux êtres de la même espèce (^). »

a Des que le soleil a disparu de l'horizon , l'Almeida (*^) se remplit de monde.... Dans le moment de la plus grande af-

(*) f^oyage duns V intérieur des Etats- Unis , ptndani Vêle de 1791.

(**) Promenade à Mendota , ville de vingl mille amea , aa pied dea Andec.

lluence ^ les femmes de tous les âges , sans Tétcmens d'aueune ' sorte , se baignent dans le courant qui borde TAlmeida.;*. Le mali^rt le soir , 4ê beau sexe se baigne nu dans le Zio , dool l'oMi dépasse rarement le genou ; les hommes et les femmet s*j rencontrent péle-mèle (*}. »

Il était prescrit aux filles de Sparte de se montrer nues en public dans plusieurs occasions. Cet usage a été regarde par quelques auteurs comme la cause de 1* indifférence pour lea femmes chez les Spartiates. Cependant le désordre qui peut HiiTTe cette indifiiérence paraît atoir été plus fréquent clwx d'autres Grecs. On pourrait l'attribuer surtout à la s^iaratioo ordinaire des stxts , à des exercices trop répétés, à des h^itudes trop coostanunent guerrières , et peu naturelles en quelque sorte sous le soleil de la Grèce méridionale. 11 serait difiioie de penser, avec Ferrand, que la nudité des jeunes femmes , autorisée par les lois , dût inspirer quelque éloigne* oKBt k leur égard. « L'œil féroce du Spartiate , dit cet édrÎTain, dédaignait de s'arrêter sur celles qu'il avait Tues dans Télat même des animaux y et sa fierté ne lui permettait pas de sou* pircr aax pieds d'un objet que la loi traitait arec tant de mé> pris. 9 Mais la loi a^ait-elle pour objet de traiter les femmes avec mépris , ou seulement de prérenir chez les hommes ce 'iu'il y a d'illusoire et de romanesque dans les passions ? Les sofit-ellet déshonorées pour aroir été nues comme Us

{*) ^iertaire tùt dix 'neuvième iièele , 4At6, tome XV.

animoMix, dans les pays où il n'est pas reooonti que la digûtf humaint dépende de nos haides? Les Spartiates ne Toyaî^^ pas i4us souvent encore des hommes nus ffféroces q^dcs fenunes nues? Se trouye-t-il enfin un sens plausible dansis passage de la neuvième lettre de Y Esprit de Thisloire ?

Qu'une femme évite de faire naître des désirs qu'elle ne peut satisfaire, et que souvent même elle dmt craindre d'exciter, rien de plus raisonnable. Mais qu'universeUaacat , cl dans toutes les suppositions , elle ait honte d'être nne , oe n'crt plus qu'asservissement k la coutume , pudeur factice, oa fai^ blesse d'esprit.

Au frontispice de la Sagesse ( par Charron ) , la nature

est représentée sous l'emblème d'une belle femme nue sans que ses hontes paraissent ( quasi non essent ). Supposons réalisée, sous d'autres rapports, cette condition imposée au dessinateur, le genre humain ne subsistera pas. Sera-t-il plus noble en périssant , et faut-il rougir d'exister ? Cette grande honte de ce qui appartient à l'amour peut être considérée tout à la fois comme une humilité extrême , ou conmie un extrême orgueil ; c'est donc une inconséquence extrême. L'inflexibilité des prétentions intellectuelles devient ridicule chez des êtres dent l'intelligence ne peut quitter la matière. Nous n'avons nul moyen de nous entendre sur le beau , nul moyen même de le connaître , si le beau n'est pas ce qui plaît généralement , du moins à ceux dont les facultés paraissent étendues. La belle femme de Charron, miililce de la sorte, ne peut plus ctre une femme vraiment belle; et au contraire une belle

lieiDiiie doit rctier duc dans des circoosuiioes scrupiileofaiiciit choisies ^ sans avoir soin de k montrer ifussi nom essent.

La nudité, daot ces circonstances particulières, ne suppoae naUemc&t l'absence de la pudeur. La pudeur, ou le timide sentiment des Traies convenances, interdit presque toute midilë dans diverses occasions , et souffre dans d'autres une noditë entière. Sur les bords de TEurotas, les filles, en quittant quelquefois kufs vétcmens , ne renonçaient ni i la cfaastetë, ni mène k la pudeur. Plutarque combat Hérodote, qui a dit : La Icnime dépiaille la honte avec la dernière tunique. Nullement, ajoute Plutarque; celle qui est honnête se revêt de honte en dépouillant la tunique de lin. (*)

KOTB 3/i. ( Pit^ 135 ).

Dans une note dr la Nouvelle lleloise ^ lettre lv ), Rousseau dit : « Femmes trop faibles, voulez- vuus savoir si vous êtes «imées ? Examinez votre amaot sortant de vos bras. »

Les désirs auraient pu n*étre excités que par Tattrait général qui porte un sexe vers Fautre. Si , au contraire , le pen-

v') imtkutiâm.

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