‹ De l'amour (volume 3)Chapitre 38 sur 43 · II · texte numérisé non relu

II

daDS un contrat yolontaire y des intérêts plus grands que ceux des parties contractantes.

o La dissolution de tout engagement doit , pour être juste ^ remettre ceux qui l'ont formé au même c'tat... ; ici ^ cela se peut-il ? L'homme n'a fait aucun sacrifice ; il n'en reste plus à Caire à la femme. » Si l'application de cet axiome peut être juste dans la question du mariage , ce n'est qu'à l'égard du droit de répudiation exercé par le mari : le divorce en diffère essentiellement. C'est à ceux qui rompent eux-mêmes leurs engagemens qu'il appartient d'examiner l'état où ils Tont être. La femme qui consent au divorce, ou qui le demande ne le croit pas mauvais pour elle , et certainement c'est à elle k en juger. Et si une veuve s'est remariée, quel sacrifice particulier a-t-elle fait ? L'objection ne concernerait d'ai(leui*s que les mariages conclus avant que la loi permit le divorce ; dans les autres il doit être prévu comme possible.

« Là férocité du caractère des Juifs força leur législation à s'écarter de la loi de l'indissolubilité du mariage. » Si une législation donnée par la Divinité même fut réduite , selon vous , à suivre alors des convenances locales , à plus foitc raison , dans la loi proposée ici par des hommes , on fera sagement d'accorder quelque chose à l'indocilité de notre siècle I Espérez- vous avec des lois austères réformer le caractère français , et lui rendre V ancienne pureté, tandis que Dieu lui-même , d'après votre remarque , avait trouvé bon d'accorder à rira perfection du peuple choisi , et le divorce , et la polygamie? Que faut- il penser de cette horreur pour l'induU

p;enc« , qui vous fait dii-e d*uDe loi jadis dirioe selon tous , qu'elle dégrade un engagement saint , et qu'elle ahandonne les hommes au délire des passions?

Si dans les villages , le nom du divorce est à peine connu, il fiaut en inférer avant tout que la possibilité de divorcer nr suffit point pour exciter au divorce. Gomme il sera seulement toléré , les gens de bien l'éviteront autant que cela leur paraîtra possible , et dans les villes m^me il deviendra moins fréquent y on l'avoue. On reconnaît aussi qu'il sera (rës-rare dans les campagnes; comment donc ébranlerait-il les /biu^em^iu de l'État?

La population , ajoutc-t-on , s'accroît plus dans les cunpagnes que dans les villes , et on en conclut avec une singulière précipitation , que cela vient de la rareté du divorce cbez les cultivateurs. Mais , avant qu'on divorçit dans les villes , il y naissait également , parmi les premières classes , beaucoup moins d'enians qu'au milieu des campagnes.

« Lorsque les mœurs des Romains eurent commencé de céder à l'influence de la loi du divorce , leur dégradation s'opéra... et la dépopulation se fit ressentir...» La dégradation des mœurs dans les temps de Marins , de Catilina , de Tibère , ne peut ^tre attribuée au divorce; autrement il faudrait attribuer au christianisme l'extrême dégradation des monirs du Bas- Empire. Ce sont de ces circonstances qui appartiennent aux mêmes époques , sans que les unes soient la cause des autre : quand on raisonne de bonne foi , on ne s'arrête |ias à ce coofbrtuit , dont les seub dédamateon ont ooatnme de tirer

avantage. Si d'ailleurs chez les Romains , plusieurs siècles s'^ent écoulés arant que l'autorisation de dirorcer ne dégradât les mœurs, cette loi pourrait donc n'avoir pas toujours des suites désastreuses.

On vante ^ a dit M. Andrieox , dans.la Décade , an 5 , les mœurs des Romains qui ne firent point usage du divorce jtisqu'en Tannée 54o ; mais on ne dit pas , ajoute-t-il , que , selon Tite-Live , en 4^3 , cent soiiante-dix femmes furent convaincues d'avoir attenté aux jours de leurs maris par le poison.

« On a opposé, dans le cas de l'adultère, qu' une simple séparation ne mettait pas à couvert le mari, comme le ferait le divorce, du danger de la naissance d'un enfant illégitime... Cet inconvéoient est grave , mais... i> Il est tellement grave qu'on devrait le regarder comme décisif. Il y a quelque chose d'essentiellement odieux , d'essentiellement immoral dans la nécessité où on met un homme de traiter comme un de ses enfans celui qu'il sait n*êtrc pas à lui. Cette contradiction entre le devoir légal et le devoir naturel est digne du désordre , de la confusion , de l'ignorante injustice des siècles les plus ténelïreux. On insiste sur les conséquences du divorce, comme si la possibilité de divorcer devait rompre tous les liens. Mais le mariage aussi a des inconvéniens dont il serait facile de ùire une vive peinture; cela n'empêche pas de le maintenir , parce qu'il est bon quelquefois , et parce qu'il s'adapte au système géurral de nos institutions. Maintenez aussi le divorce, le droit imprescriptible de rompre un engagement mutuel, quand on le maudit mutuellement , et avec une triste persévériace.

Diminue! l'asserrissement , tous ramèoerex U droiture. Saiu doute Tordre politique exige des sacrifices, mais il doit laisser quelque espérance. Ne mettez jamais les hommes dans une situation qui leur paraisse intolérable , et que la mort seule puisse terminer; ne faites pas entrer le désespoir dans la trompeuse exactitude de tos plans systéoutiques.

SouTcnt c*est faute de conoaitre ce qui doit être ou ce qui est , que Ton s'attache k imiter ce qui parut convenir dans d'autres âges. Sans doute l'opinion a des Doment d'iaoertitvde; mais c'est une raison de plus pour que le Mgblsteur se moire circonspect. On s'arrêterait à de Taioes apparences si oa regardait toujours comme les principaux intcrprëict du ¥cm public, ceux à qui le sort prépare l'occasion de se faire entendre. Il serait aussi difficile de reproduire la France de Louis XIV que celle de Mérorée. Les intentions de la généralioB préscme peurent être rectifiées, mais surtout par ses propres r^ flexions. Que le génie de nos lois dericsne cenibrae au f^éoie de notre temps : si on Teat un ordre durable, il £uit ne vouloir que la France des Français.

U est une remarque qu'on ne saurait omettre en terminant. Ces publicistes dont le zèle réclame l'irréTocabilité des Toeux du mariage comme une loi fixe , ces mêmes hommes supposent , tant leur esprit est conséquent, ils affirment que les TŒux perpétueb ne sont plus autorisés parmi nous , et que U senritiide est abolie.

NOTE U. (Page 51 ).

« Ce qui tous abuse.... c'est la pensée que l'amour est oé-» cessaire pour former un heureux mariage. C'est une erreur ; Vbonnéteté, la vertu, de certaines convenances, moins de condition et d'âge que de caractère et d'humeurs , suflisent entre deux époux; ce qui n'empêche point qu'il ne résulte de cette union un attachement très-tendre, qui pour n'être pas précisément de l'amour , n'en est pas moins doux , et n'en est que plus durable... On ne s'épouse point pour penser uniquement TuQ à l'autre, mais pour remplir conjointement les de- Yoirs de la vie civile , gouverner prudemment la maison , bien élever ses enfaos...» {Nouvelle Héloïse , III' partie, lettre XX*.)

NOTE 5. ( Pag* 37 V

On assure que jadis y en Russie , une fille , au moment de se marier y se montra: t nue aux amis de celui qui derait Tepoustr. On aurait pu prendre en cela un parti moins susceptible* d*ètre bliroe tôt ou tard par les nations robines ; mais enfin on ayait juge convenable d'en prendre un.

Ce n'éuit pas tout uëanmoins. Si on obtenait ainsi quelques données , elles restaient insuffisantes. Que de fois on a tu ceui qui avaient le plus désiré cette union , ne sortir qu'arec des sentîmens très-équivoques , ou m^e avec un^ aversion mutuelle y d*une épreuve si rarement redoutée, maisasscx redoutable en effet ! La manière dans le plaisir paraît quelquefoii» au-dessus du plaisir même , et dès lors elle peut aussi le rendre indifférent, ou même importun.

Il y a dans un mariage malheureux , dit madame de Slaèl , une force de douleur qui dépasse toutes les autres peines.

Quoi qu*il en soit , le jour du mariage est devenu presque partout un jour d*amusement. On ne saurait plus gaiement faire dépendre d*un coup de dés s» satisfaction , son repos , sa

fortune , son honneur, tout ce dont chacun s'occupera les autres jours avec tant de défiance et de sollicitude.

Quelqu'un , chez les Arabes , a raconte comme il suit rétablissement du mariage, e Le dieu d'Ismaël avait dit , au commencement des temps : La femme désirera des enfans , et elle sera chargée d'eux ; mais Thoiame viendra volontiers à son aide. Après plusieurs générations , un législateur s*ofi&it , et voici ce cpi'il imagina : L'honmie aura la femme chez lui , un mois pour lui-même , puis vingt-cinq ans pour elle, puis trente ans sans savoir pourquoi ; il sera à jamais chargé d'elle, et de tous les enfant qu'elle aura jugé k propos d'avoir. Aossitdt l'honmie consentit et s'inclina , disant : Merci y ce sera parfait. »

Voici une singulière apologie du mariage; die est tirée de Mauléon. « C'est parce qu'un honmie a des fiiiblesses , qu'il lui importe de se donner une famille obligée de les tolérer par devoir, La société n'est pas tenue de s'j plier ; mais elles doivent être supportées par sa femme, elles doivent être respectées par ses enfans. » Au reste , cette pensée sophistique est suivie presque immédiatement d'une réflexion beaucoup plus sage, a Ce n'est pas tout : cet homme trouve dans ses titres de père et d'époux de forts motifs pour se réformer et devenir meilleur. » ( Plaidoyer pour Vincent. )

Il convient peut - être de remarquer, en dernier lieu , que même le législateur d'une cité naissante aurait beaucoup de peine à régler le sort des femmes d'une manière qui les fît renoncer à suggérer tôt ou tard , et k faire établir le mariage. On

Mi

De se propoie point de donner ici la solution de ce grand problème : Supprimer le niariaf[e uns que ce toit an dëtriarnt des femmes.

NOTB •• (Pife 54).

I^ penchant à la dépendance qui se troore dans un sexe , et qui s'accorde ayec les dispositions tutelaires de l'autre , a ëtë bien senti par Plutarque. « 11 semble, dit-il y que les mkmi aiment plus coutumiërement les fils que les filles, comme ceux de qui elles espèrent plus de secours ; et les pères, au contraire , aiment plus les filles , comme celles qui ont aussi plus besoin de secours. »

( Les Préceptes du mariage, art. xxxiii. )

Cette disposition des femmes qui les porte à demander un maître, ne fût-ce que pour trouTcr an protcdear, cette inclination si constamment reconnue par madame de Staël , qai , plus que beaucoup d'autres , eût paru pouvoir s'y aoustraife , cette sarte de besoin n'cmpècbe pas un grand nombre de leaimes d'aimer à dominer dans l'intérieur, et même à tout régir indirectement. Elles désirent rencontrer en même temps et un

appui dm ablc , cl une conileicendancc qui appnxjic àe \a unniission. Comme elles veuleul monlrer lif^tiicoup d'art, f'*u torite leur plall suttoul quaad les moyens en 5ofl> detouron 1.6 courtisan qui n'aspire jias à remplacer son prince «t qni prétend que le subjuger, esl femme en cela. Quanr au pi*ttr célibataire , si on lui voit si [rêquemmcnl h manie de Vii miscer dans les aiîaires des familles, on dans les atLiivs [• bliques , dans tout ce qui ne le regarde point , c'est parce ij respe'ricnce conjugale lui manque : il n'est pas lubttné, canti les autres hommes , à sentir que ce ]>enchant à gouremer prochain doit être laissé aux fetnines, et qu'à cet égard on m povrra jamais lutter contre elks.

lïOTB 7, (Pai;* M).

Ces convenances sont tellement arbitraires , que sonrent on les Toit négligées par celles d'entre les femmes auteurs qui oM assezdeforcepour préférer une peinture exacte des cbocesbnmaines aux prétendus intérêts de leur sexe. Oswdtd dans Corine, l'amant de Luxima dans /« ffissîonnaire , D*a6êct(M point cette soumission que peut-être on lenr eût prêtée , âet%

écrits cusMDt été faîu par da homnet. Lft femiDH imita jugent que Vlioninic qui aime le mieus ctt celui qui reste hoaime en limant ; dies trouTeraient (astidicuie une àifénnee pouttév trop loin , une délicatewe eCEéminée qui d'ailleun mrail peu durable , et qni ae cooiumerail pour ainsi dire dans de fiitites occasions. Mail , h c'Aait ici le lieu , aa obiertenil . quant à Osnald, qu'il est loaibtf dam le ddaal contraire, et que la ddicateue r^le a para lui manquer en une ou deux

NOTE S. (Pi|r 7.SV

En s'indignanl de celte impertinence échappée à Mihon d'après un r>rrc : ■ La femme est un joli défaut de la nature . • cm n'a pas manque' de pctendreque les fcmmra derra lent partager toolet les (bâclions des hommes. Cet autre noa-sens a produit plnsieun dissertations, dans le f^enre niais , entre autre* celle de nistrias GvdwÎB.

Demander en fareur des Temmes une entière égalité, ce serait leur ouirc. Rn rain on tenterait de les meure en poisessioD do droits la'elle* n*ont pas. On le découragerait , et on

sentirait moins combien sont sacrés leurs droits au bonheur : le discernement est le meilleur appui de la justice.

a Dans une société de deux , disait Portalis en parlant du mariage , toute délibération , tout résultat deviendrait impossible , si l'on n'accordait la prépondérance au suffrage de l'un des associés. Us se doivent mutuellement fidélité , secours et assistance. Le mari doit protection à sa fianme y et la fenmie obéissance k son mari. Cette difierence qui existe entre leur être en suppose dans leurs droits et dans leurs devoirs respectifs. Sans doute, dans le mariage les deux époux concourent à un objet commun , mais ils ne sauraient y concourir de la même manière : égaux en de certaines choses , ils ne sont pas comparables dans d'autres. La force et l'audace sont du coté de l'homme , la timidité et la pudeur du côté de la fenmie. La prééminence de l'homme est indiquée par sa constitution même , qui, ne Tassujétissant pas à autant de besoins, lui garantit plus d'indépendance pour l'usage de son temps et pour l'exercice de ses facultés. »

Ces reflexions de Portalis sont généralement justes. Toutefois les seuls mariages à citer pour justifier cette institution , les seuls heureux , les seuls louables seraient ceux où la femme , tranquille de son coté , et ne cherchant pas à gouverner avec ruse , ne serait jamais réduite à sentir péniblement rinfériorilc de sa situation : la déférence de sa part la dispenserait de Vobéissance.

NOTE 9. ( Patte %7 ).

Quelques femmes ont écrit pour Ctire reconiuître entre les deux sexes une égalité directe , celle qui supposerait les mènes moyens au même degrë; mais elles aoraieot pu scotir que les exoBples mimes dont elles préleiidaieot s'autoriser serriraicot de r^Kmse. Des fcaunes oot fait des pcoçrcs daos les scieooes o« éâm Tëtude des langues ; d'antres oot compose des tragédies on même des poèmes épiques ; d'antres enfin oot régné non sans éclat , ou elles ont conduit des troupes à la ridoire. Mais est-il qndque fanme que l'on puisse compter au nombre des savansdu premier ordre? Ont-«lles (ait du moins VÉmméU, on même la JémsàUm délivrée? Des quarante tragédies les pins estimées, en est-il une qu'on doiTe aux femmes? Madame dn Gkâtelet a compris Newton : c'est ce que se permettent quelquefois de simples élèTes, lorsqu'ils ont de Traies dispositions pour les sciences exactes. Marguerite d'Anjou a fomhattii avec divers succès; mais a-t-elle égalé les Rustam , les Anntbal , les CWIemagne, les Genghit? Malgré l'odieuse politique de CatlMrine il, son règne pnt mériter dcn dogct;

Pierre , un» rcsler à beaucoup préï irreprodiablc , aTui nrtdoau', avec plus de génie uu d'origioalite , des diflïciilin plus grandes. Celte même Catherine et madame de Staël mmt peut'ftrc tes dcui femmes que l'on citerait avec le plus à'iytntdgc, et néanmoins , sans sortir de l'Occident , ei sans nnuotrr juMju'à l'antiquité, que de noms au-des.suï de ces deui nuius , dans des fjenrcs diffcrens , depuis Trajin juwju'a Vullaire I Puisque la plus furte main de femme l'est moins ^ celle d'im )<unime irès-rigoureus , vraUemldablement aiuu L lêle de l'homme sera toujuuis doni^ d'une sclivilc plus fw:pifat.

Mail ces remarques ne nmu feront pu altribiier wx ùmma une infériorité absolue. Si le bras des hommes est plas tetme, celui des femmes est plus gracienx, et les cootonis «n saM plus agréables. La taille des gazelles et des biches at moH ^er^ que celle des girafes; mais s'il s'ensuirail que edkKi fussent plus pris de la perfection, il suffirait dooc, powl*milier l'homme, de lui montrer une masse animée pluconderable , un buffle , un rhinocéros ? Sans deroir être Unfma exclues de plusieurs travaux qui , en génâal , leur coBvisnent assez peu , les femmes en attendraient Tainemant la plo haute renommée , puisqu'ils ne forment pas leur vrai pai tige; mais n'eu sont-elles pas dédommagées , si les qualités qui kv appartieiment surtout n'ont eu souvent chez elles d'autres bvnes que celles de tous les mérites humains?

Il faut aborder la question de chasteté : la v^té lèvent, *l ah fond , cette vérité n'a rica de cMitraire aux fc

rou|i d*cnlrf elles , même dans le mariage , sont presque vouées à la continence , et au contraire une grande retenue est rare chez les honunes. D'un autre côté, il n*a été donné aux femmes, dans nos clinuts , qu'environ trente années non étrangères à l'amour, et il en a été donné aux hommes enviroa quarantecinq. Pour retrouver l'^alité qui nécessairement €:ûtU entre les deux sexes dans le nombre d'actes de soumissioo à la loi générale y il faut donc admettre qu'ordinairement une femme peu timorée fait à peu près en un an ce que fait en deux ans un homme également livré à ses penchans. 11 y a ainsi compensation : dans tous les objets peut-être , tant qu'elle ne :»*aperçoit pas , c'est que le point de vue est encore trop bonn ;.

Selon le vicomte de Ségur , dans son ouvrage sur les femmes , si les hommes ont plus de pnidence , elles ont moins d'égoïsme. « Excepté sous le rapport de l'amour-propre, Cjontieue4-il y elles se comptent toujours pour rien. Quel entier* oubli d'elles-mêmes dans leurs sentimens ! Leur dévouement est tel qu'elles ont fini par faire croire qu'il est dans la naturf : : aussi toutes les lois ont pesé sur elles , tous les sacrifices leu r ont été imposés. » Ces reflexions , qui s'accordent mal, etcc rte conftision d'idées sont d'un observateur superficiel. Conr/inent aurat-on si peu d'égoïsme , si on a beaucoup d'amour propre ? Estce donc par opposition à l'égoïsme qu'on est e atraîné hors de soi-même , quand on se livre à l'ardeur de ^^es sentimens? Ne voyonsrnous pas ordinairement les jeunes gens , si dévuucs dans U passion , ne vivre que pour eux quand, ils ne sont pas subjugués ? Cette faiblesse de caractère et ces penchans aveiiglcMie

peuvent être du indicM île dàinidreiMiiMUl on dm hoaié. 1 mile raiwn , nr vuultDl d'iiilre MVAnUg« pcnouDrl ipic Ii utixEictioD il'uvuir bien £ait , s'élfeve «nile jusqu'aux viffiubla iMiiiiw UviiildB8<g»a'*ftiMé— I M ètUiMtliwHMi In ■[■■¥!. fltaraqMlnlaaiBMs'AiiMIwnwli i fiJÉ ilm rijlMi riwm lu <p«m Imrilf n—r Jm hù iBâii^M et iHawir» vdÊmiffiÊÊI^étfi*- «M là MMn dM duM , ila«i^MM<l»Hdlfccw4iaifii taû ^ la itaMSi b4h Tondile pour cllcs^e les coméqneneei 4n I eU<cs oot beaucoup à »oaf&ir ( mais cela pnmort de b n coDvluite on de* melinations videuMS d'im tnp gnmd oaaln dtwimes, etoer^Liepaades intaRiou , on mCme da adtf dn I égùlaleur.

Dm laàUma, undecesroDinisqueeMDaiiaailceaxatBt qoiD.elucDlpuleiroauiumdiiiaiiesiâestâit: KLoboBOia, et lec < imoiu mirtoat , ont la btniltf inDOoaite de Totdoir pmépr la&ibliSK, plutôt qoed'admirer le coortgedesibniiMS. •Chh dispwit ton des hommes est lout-i^att natnidle. Qnand mt ftmme s 'offre an danger ssns qu'on en voie l'ntilitf , «o^m l%^uie ift te roman le fait dans ose partie de dune , et dt leD plein gre ' , cette femme restemUe, dans oe moneM, ia bonme, « dis lors elle est moins aimable aux ycox delà pbpart des hommes. Maisqu'nneautrefemme, priWe delotf *■ coars,ne se trouble {«set le ddênde arec inccèt, dbxni^ plandira. Si elle fait ^t'ius , si , Urrée à eUe-nCne , die bme itfgnDdpérilpo«irMiri''erses oifn» en bai Age , loalhoiat

raisoaiubie sera à ses geaoui : elle aura oiaiitré me ve rl« de temme.

Une pièce <k vers dipe, à d'aatras ëgarda, du bea« talent de madame ia piiocesse de S. .m , se termine ainsi :

Voilà queU MMt le» honaiet. . .

pour qui seuil nou» vivons, el q«i vivent pour e«i.

Ce trait poétique D>mpéehe pas que les femmes , surtout dans b classe dont on parle, ayant incontestablement moins de fortune que les hommes, et conservant moins long-temps d'autres avantages , ne vivent et n'arrangent leurs affaires grâce à eux , bien plus souvent qu'eux grâce à elles. Il faut ajouter que les enians des femmes leui appartiennent , sans tous appartenir aux bommes chargcfs par la loi de pourvoir aux besoins de ces enians, à leur éducation , à leur établissement.

Que d'hommes doivent a\ oir fisse une grande partie de leur vie à se sacrifier pour desfinomes dont ib n'avaient besoin sous aucun rapport, et qui, sans trop y sasger mtee, ut vivaient que pour elles ! La situation oontraire doit être bictt plus rare : une femme n'est pas habituellement responsable du sort des hommes , si ce n'est à l'égard de ses enians , oe qui arrive par exception , et, pourrait-on dire, à l'insu de la loi.

il faudra renoncer à décider de graves questions en disant de l'caprit; il Cwidrt tendre an vrai en Ipnl point. If un antre II. 19

côté , des démêlés semblables doivent ramener cette ré6exion qu'un grand nombre de femmes, les unes timorées y les autres réellement vertueuses, se sont fait admirer comme mères ou comme épouses , et que dès lors un des premiers devoirs de rhomme juste est de contribuer de tous ses moyens au bonheur ou à la consolation des fenmies estimables.

En dernier lieu cette guerre intestine ne peut avoir de mutuels inconvéniens. On ne croit pas du tout mériter ici la désapprobation des femmes en demandant une suspension d'hostilités pour un temps indéfini.

WOTE 10. ( Page no).

L*acceptiûn .icluelle du mot inceste ferait seule soupçonner en cela l'inexactitude des idées; le sens n'est point d'arcord avec rétymoiogie. Dans le langage moderne, Vénus , en quittant sa ceinture, ne serait pas incestueuse; mais un descendant des Perses pourrait vivre dans T inceste, en conservant, selon sa loi , beaucoup de retenue et des habitudes exemplaires.

« Le jurisconsulte Lebrun prétend que l'inceste est contre nature , parce que nous devons plus d'honneur et de lespect à

notre sang , puisque Justinien veut que affinitaiis veneralione a quarwndam nupiiis absîineamus,.. Ce même jurisconsulte donnait encore ,une autre raison plus plaisante. 11 disait que si Taffertion du sang était jointe avec celle du mariage , elle entraînerait un trop grand excès d*araour re'pugnant à la Traie chasteté y conune Ta obsenrë le Jdocteur Thomas... On ajdit que si ces mariages e'taicnt permis, il en resulterait'que les familles s'isoleraient. On cite les Égyptiens, qui, dit on^t'par cette perpétuité d'incestes , étaient devenus laids et dégénérés. Je réponds d'abord que pour une famille , où il se trouverait maintenant un pareil mariage , il y en aurait cent autres où on admettrait des étrangers. Quant ii Tautre raison , les Égyptiens sont aussi laids aujourd'hui , et ils ne sont pas incestueux.» fi... Quand on interdit le mariage entre une tante et son neveu , oo allégua pour motif ce qui ne pouvait être tout au plus qu'une occasion de plaisanteries. On craignit que le neveu ne (ût embarrassé pour concilier les égards dus k sa tante avec ceux que lui devrait sa femme. Avec cette insoutenable légèreté on régit quelquefois les grandes familles du genre humain. Des réglemens d*économie politique peuvent interdire de certaines unions. Mais on dit aux peuples que ces ordoonances sont des lois de la nature : il est difficile que les peuples le croient toujours.

Les théologiens ont disputé aux législateurs l'avanuge de trouver dans la nature une sanction prétendue. Il est dit dans les Conférences Ecclés. de Paris (t. 1, p. igo), que l'in. dbaolubilité du mariage est de droit nmiurtl. Il s'ensuit que

la loi donnée aux Hâireux par J^oyah était contre nature. Le même droit naturel s'opposait à la simple fornication , selon le docteur Thomas. Diverses autres prohibitions fuient résolues d'après des motifs aussi absurdes. On lit dans les mêmes Conférences y au liy. YI : « Les conciles de Maçon et d'Auxerre ont défendu aux veuves des cvéques y des prêtres... des exorcistes, de se jamais remarier, seulement pour rhooneur du rang que leurs premiers maris avaient tenu dans rÉ^ise. »

fn Les grands iiommes , dit Boulanger , ont bien pressenti en ^uelcpw sorte les erreurs humaines ; mais ils les ont seulement ou méprisées , ou plaisantées. Us eussent été bien plus uûles, ^'ils en eussent prouvé en détail Forigine et la filiation.» ( Aya^t-prop. de la Dissert, sur ÉUe et Enoch, )

La confusion des idées ne nuit pas moins à la morale que l'indocilité du coeur. « Les lois qui font regarder comme nécessaire ce qui est indifférent, ont cet inconvénient qu'elles font regarder comme indifférent ce qui est nécessaire. »

Montesquieu.

A l'égard du mariage , les prohibitions du Coran ne sont pas absolues. « Il vous est défendu, dit le ch. iv, d'épouser vos sœurs, vos mères, vos filles. .. Néanmoins si le mal est fait, le Seigneur est indulgent et miséricordieux. »

Chez les Israélites diverses unions étaient prohibées ; mais du moins un oncle n'avait pas besoin d'acheter des dispense!» pour épouser sa nièce.

NOTE ti. (PsRe 128)

Ce qui m passe ptisiblemeoi, dans le secret de la vie domestique , entre des indiridus qui n'oot pas contracte' de maiiage , ou ce qui durant le mariage est étranger, par une r^ iohitioii mutuelle, à cet engagement , se tnivre ptr oeb mèDw nidépendant de la loi civile. Les lois ne povrrotl amjAir sans exœptioo k leur gravita la Miedesseoi, qoequandcMéi n'anroal pins bisaë de cas impr^ms en avom genre , Ion* qu'elles auront d^dé combien d'iMures pir jonr un homine doit consacrer au sommeil , quelles dîmenaons exietei coo* nennent ponr les diverses pièces de son logemenl , sor qnels objets l'entretieD peut se prolonger à la promenade, et combien de pas chacun y fera selon son âge , on sa oom* pfenion.

I^ns certaines républiques beaucoup de détaib étaient pré- TQS par la loi. Mais de teb réglemecs, qui font paitie d'une MNTte de liberté, sont inconciliables arec un autre étal de rboses. Quelque image des désordres particnKers conrknt

I miim du àétarin psUîc; «minuit k ■

un on peu de cette licence qui dencntpoarbeMHoapd'koB*

HOTE 11. (Pv •»]•

VoiU une distiactioa bien Aablie entre l'adultfere réel, qn <tf euentieUen:(ent coupable , et l'acte îndîffàent anqnel on donc si nul à propos le même nom, La loi TOuUdt celui-ci daM de certaines circonsiADces, puisque le permettre expressAncM, c'était le recommander; mais elle punissait fautre de mM, puisque Solon laissa subsister k cet éj^ud les lois de Dracn. Le crime est dans la vioUiion d'im engagement qui, pour le repos des familles , doit £tre sacre. Mais quand la proaHM* n'est pas enfreinte , quand la liberté est rendue , il n'y a pin d'adultire, plus de ddit. Chei les Parsis, le mari d'uw femme stàile peut en prendre une seconde , mais seulmcot si b premifere y consent, ^ous trouvons moins de force dau cette loi asiatique. On y cherche une ddicaiesse qui soamt au contraire peut alte'rer l'union.

NOTE IS. (P«ee. H3).

L^niidélité au sujet de U<{iieUe oo a obtenu le ooosentcmeiit de celui qu'elle inle'resse ne peut plus conserver ce nom. Quaot à la Tëritable infidélité' , elle ne devrait déshonorer que le coupable.

Cependant il se trouve encore des hommes que (ait sourire l'industrie du vice , et qui insultent aux victimes d*ane mau- Taise foi contre laquelle le prudence même n'a pas de gvanties. Cest se laisser entraîner beaucoup trop loin , mais on y a été conduit par degrés. U n'est pas surprenant qu*on ait e'të frappe du ridicule dont se couvre un mari , comme il en est encore sans doute , qui , trompe toujours , se dit toujours certain de la vertu de sa femme ^ et qui ayant lui-même déclaré la guerre , ne sait pas la soutenir. Il y a en effet quelque chose de bur^ lesque dans l'infériorité d'un homme dont U faiblesse égale la confiance déplacée , ou le5 soupçons exigeans , d'un homme dont l'humeur est impérieuse , mais que l'on subjugue sans bruit y et qui peut-être parle bien haut de son hoimeur intact.

ji

au moment même où , dans la pièce voisine , on est deux à ea rire.

Ceux qui répandent ce ridicule , et qui prétendent infliger cette honte, ceux-là mêmes mériteraient incontestablement d'êu-e notés d'infamie. S'adresser à une fenmie retenue dans des liens solennels , Tentrainer à la perûdie envers rhomme qu'elle conservera pour soutien , et le charger d'en£ins qui ne lui appartiennent pas , c'est une licence que repoussent tous les principes , excepté dans le code du brigandage.

Quelquefois les femmes, justement frappées du peu d'équité de pltoienrs hommes à leur égard , condamnent indistinctement tout ce qui paraît onéreux pour elles y et prétendent que l'aduhëre devrait être considéré comme ^1 dans les dem sexes. Il est bien certain néanmoins que , les conséquences devenant très-différentes, la faute ne saurait être la même. Il y a égalité devant la passion, mais non devant la raison. JjSl femme â' qui on manque de foi peut en être vivement affectée ; mais rhomme trahi, l'homme responsable des événemens, l'homme exposé à faire un personnage honteux , éprouve un tout autre malheur.

« Gomme le mari peut demander la séparation à cause de l'infidélité de sa femme, dit Montesquieu, la femme la demandait autrefois à cause de l'inlidélilc du mari. Cet usage s'était introduit dans les cours d'Église, où l'on ne voyait que les maximes du droit canonique ; et effectivement , à ne regarder le mariage que... dans le rapport aux choses de l'autre vie, la violation est la même. Mais les lois politiques et civiles de

prescpie tous les peuples ool , avec raison , diKtinf;;ué ces deux f boscs. EUet ont demandé des femoes uo degrë de rdenue et de eonttnoMe qu'elles n'exigent point des bommes , parce que là viohtiott de la pudeur suppose dans les fenaoes un mon» conent à toutes les vertus^ luirce que la feomie en TÏoUnit les luis du mariage sort de l'état de m dépendance naturelle , parce que b nature a marqué TiaCdélité des femmes par des signes certaÎBS : outre que les obCms adultérins de la femme soQi nécessairement au mari , et à k cbargt dm mari , an lie* que les enùins adultérins do mari ne sont pas à k lemme , ni à k cbarge de k femme. » (Dt VBtffU âêi Uis, I. XXVI, c. VIII. ) Ces remafques ne sont pas toutes dt k m^roe eiacti*- fm tilde; mais rien n'est pins évident que k diftfémice de gravité admise entre l'adultère commis par le mari , ou l'aduhère com* mis par la femme. Parmi ks raisons que Montesquieu en donne, k principale est colle qui est indiquée la dernière, et comme smrabondante.

Jcon-Jocques a insisté sur oelk-là. «Quand k femme se pkint là-dessus de l'injuste inégalité qu'j iiH Pbomme , eHe a tort. Cette inégalité n'est point une institution bumaino, ou du moins oIIp n'est point l'ouvrage du préjugé , mais de la raison : c'est à celui des deux que la nature a cbarge du dépôt des enfans d'en répondre à l'autre. Sans doute il n'est permis à personne de violer sa foi , et tout mari infidèle qui prive sa femme du M*ul prix des au.Nt<*rrs devoirs de son sexe , est un bomme in> juste et barbarr; mais b l'rninu' inlîdèle fait plus. rllrdi.vk>ut

la famille , et brise tout les liens de la nature. En donnant à l'homme des enfans qui ne sont pas à lui, elle trahit les uns et les autres , elle joint la perfidie à l'infidélité. Qu'est-ce alors que la famille , si ce n'est une société' d'ennemis secrets qu'une femme coupable arme l'un contre l'autre , en les forçant de s'entr'aimer. » ( Emile ^ livre v. )

Portails a établi cette différence en peu de mots , et avec justesse. « Le mari et la femme doivent incontestablement être fidèles à la foi promise; mais l'infidélité de la femme suppose plus de corruption, et a des effets plus dangereux que l'infidélité du mari : aussi l'homme a toujours été jugé moins sévèrement que la femme. Toutes les nations , éclairées en ce point par l'expérience et par une sorte d'instinct, se sont accordées... » (Séance du i6 ventôse an xi. )

Selon le capitaine Jackson, Abn-Salam-Chabini , Arabe de Tetouan , a trouvé cette loi à Tombouctou : « La femme est maîtresse de sa chair ; elle peut en faire ce qu'il lui plaît. » Mais il faudrait savoir comment on prétend, à Tombouctou , concilier le mariage avec Tincertitude légale de la paternité.

NOTB 46. (Page 444).

Des cbaogemcDs politiques très-louâbks en eai-mènies , compromettraient néanmoins dans plusieurs ctrcoostanoes la tranquillité de l'État , s'ib étaient opérés a^ec imprudence. Quelquefois une amélioration morale ne demande pas moins de circonspection. Là ou subsistent d'anciennes mcnvs encore dignes, sous les rapports essentieb, de l'approbation des bonmes justes , il sera sage peut-être de ne pas cbangcr ce qu'elles ont de défectueux. Mais on Toit aussi des époques où me semblable déférence n'occasionerait que de Tains sacrifices, et où rien n'est plus convenable que de remonter aux principes, afin de substituer en quelque chose une règle sûre à la manière établie. Qela ne signifie pas qu'il n'y ait absolument aucune raison de ne pas s*écarter des mœurs reçues , quand elles soirt imparfaites. Au contraire , pour les réformer ainsi en quelque sorte , dans la vie privée , il (aut une intégrité invariable» des lumières , et beaucoup de réserve.

Noa t5. (WéftMai^

« Amîs^èiMft, dit MMÊiffÈty ptnwtaa atge dTi et faire k sa Biode ce qu'il trouve être opportun , sans s'attendre aux lois, d'autant qu'il a meilleur avis qu'elles , et plus de oonaaissanoe de la yertu. » Des raieomieurs iuoouh dërés trouveraient dans ce passage de dangereux pfcteilei* parce que l'expression en est elle-mime trop peu menrëe.

Pour parler comme Antiiitliënes , il fiiut du moins élre p« de tout reproche y il faut oser dite : Le» principes qœ/an» nonce furent toujours ma loi , et je U'ai point ooDsefeitî que ks droits des autres lionmies fussent violes en ma lâwcnr ; s*il po» vait arriver que je manquasse à des devoirs réels , aussitôt ja renoncerais h cette sorte de fonction à laquelle j'ai voulu eoisacrer ma tie , mais dont je ne senis plus digne. * Ce viem langage eût paru naturel k des stoïciens et k qatl* ques-uns de leurs adversaires ; mai6> dans notre siècle , on k trouverait peut-être suranné. 11 est aussi un vulgaire pam ceux qui aspirent à être sages. Tous n'atteignent pas même à ce degré de sagesse qui peut suflire quand la haute sagesse ju-

rail impossible. Peut*éUrc les mâJes erreurs et Li sërërité du Portique coovieDnent-eJJes cBcore à ceux qm ne sont que df^ hommes de bien , pent-^Cre leur dut-il une sorte de philosophie qui tienne du fanatisme. Il se peut que leurs inlentioos aoiaic trop faibles contre leurs penchaas , et que leur raifoo jût sourenl besoin d*èlre soutenue par des doctrines praaqne iiflexiblés. Le stoïcisme semblera même préférable pour toute une cité , quand un PJotin en demandera une à instituer , et que les ▼alets du pnnce ne souriront pas , ou quand le prince ne sera pas assez faible pour qu'un mot ironique chan^ ses Tues. Mais le Trai sage conserverait sur toutes ses affections une pleine autorité ; il n'aurait pas besoin d'une doctrine inaéparabk de quelque enthousiasme.

Si nous supposons seulement des disciples de la saysie réunis en petit nombre, des hommes éclairés y.des hommes libres, nous penserons qu'ils se rapprocheraient dayantagede ce qu'on peut regarder comme ayant été la pensée réelle d'Épicare. Les maiimes du Portique ont été justement admiréis en ce sens qu'elles étaient belles et courageuses ; mais Épicure enseignait des vérités plus souvent méconnues, et il montra aussi de la farce. Trop simple ak^, la vérité alarma les écoles; il fallut calomnier un homme qui était sage naturellement. Si mène qoelques manuscrits , découverts sous des laves , servaient enfin à prouver qu'Épkure lut irréprochable , la tradition populaire afllaiblirait long-temps encore la haute estime dont souvent les stoïciens et ks académiciens s'efibroèrrnt de k priver. An reste.

Épicurc a déjà trouve, sous ce rapport, des detenseurs cbei les modernes , particulièrement en France et en Italie.

a Les hommes (disait-il) sont comnle les fleuves ; ils doivent suivre sans résistance les mouvemens que leur imprime lenr organisation. Je cherchais à adoucir les épreuves qui attendent tous les mortels dans une vie périssable. J'ai enseigne' la vertu... Ces festins qu'on nous reproche n'ont jamais c'té célébrés sous de riches lambris ; c'était à bien peu de frais qjàt nous nous procurions les véritables biens de l'existence. Quel plus bel hommage peut-on rendre à la vertu que de lui rallier tous les humains par les plus douces inclinations de leur être, et par une chaîne de sentimens agréables?.... Le plaisir est le souve^ rain bien; mais malheur à celui qui s'en rassasie! La douleur est un mal ; mais sachons l'affronter et la vaincre , quand la nécessité l'ordonne. Soyons heureux; mais préférons l'infortune à tout bonheur acquis par des vois déshonnctes ; la vertu seule doit épurer nos jouissances. Sachons surtout nous soustraire à toutes les passions desordonnées : elles sont corinjptiices de la volupté... Les épicuriens ne sont pas intempérans ; ils acceptent , il est vrai, les dons de la fortune, mais ils savent les lui rendre avec courage dans les jours de malheur. »> C'est ainsi que s'exprime Épicure dans l'entretien où Pythagore aussi paraît apprécié , cl même deviné , avec non moins de sagacité que de bonheur, au tome I**^ de la Physiologie des passions , par M. Alibert.

Dans les Tusculanes , Cicéron parle des passions d'une ma-

niëre très-ioexâctc. Quocircà mollis et enervata putenda est peripaUticorum ratio et orntio , ^ui perturbari animos necesse esse dicunt. Le mot perturbari n'est peut-être nas cdtii qu'il faudrait , mais eofio la passion n'est ici que le mouYemeot passif, conséquence des impressions reçues, et principe des mouTemens actifs. Supprimer autant qu'il serait potable les affections naturelles!, ne paraîtrait bon que cbcx une partie dé eeux qui se Touent à la vie contemplatiTe. Sed adhibent modum quemdam quem uUrà non progredi oportemi. Sans doute. Le mouvement qui nous porte à secourir on opprime D'est-il pas la suite d'un penchant louable? Cependant si la raiaoD ne dirige point ce mouyemeot , si un excès de lèle nous estraîne k défendre d'une manière injuste celui que nous prolëgeoDS contre l'injustice , ce penchant devient funeste et eoapa- Ue. Modum tu adhibes vitio? Nullement, si, comme le disaient les përipatéticiens, il n'y a de vice que dans Texccs. ïjt TÎce ooounence lorsque Timpubion nous porte au-delà des bornes. j4n vitium nullum est non parère rationi? C'est em contraire obéir à la raison que de suivre les mouvemens naturds , tant qu'elle peut les approuver. Ces mouvemens l'avertissent , et elle les apprécie , afin de les arrêter à propos; voili rhomme moral. Animus perturbatus et incitatus nec cohi- ^re se potest , nec , quo loco vuU , insistere omninb. Il est difficile de soumettre ensuite à la raison les mouvemens qu'on a suivis, quoiqu'elle les condamnât ; mais elle arrête fxilement, quand il le Ciut, ceux qu'elle avait approuvés d'abord, et qu'eUe

avait surveillés. Quœque crescentia pemiciasa suni , eadem sunt vUiosa, nascentia. C'est ici quje Ferreiir est frappMle. Autant vaudrait dire qu'il ne faut pas laisser entrer un ruisseau dans uoe prairie , parce qu'un torrent la ravagerait. €e qui suit est également £aux , à moins qu'on ne l'entende seulement d'une inclination deveoue passionnée , d'une ûidioation sans fmm; 4iais alors ce ne serait point le penchant que les péripaiéciciens supposaient. Quamobrem nihil interest utrum wodenUtts perturhationes approh0nt, an maderatam injustUUêm y maderatamigrun^iam, moderatam intemperMntÂam : qui enim vUiis modum apponii , is partem suscipU vitiorum. C'est conclure d'après ce qui est contesté. Si les penchans vont jusqu'au trouble de l'ame, et s'ils doivent être appelés des vioes, effectivement ils sont mauvais. Ce qu'on nomme le plus généralement passion égare en effet , et ne peut produire tôt tm tard que du désordre. U serait convenable qu'il n'y eût jamais dans la cité une seule passion proprement dite^ mais, quant à ces inclinations premières que Ciccron n'en distingue pas assez, il faut les conserver. Une action n*est pas mauvaise, uniquement parce que, sacs être oblige de la faire, on en éprouve le désir.

Si on peut se mettre au-dessus des lois , comme le suppose Antisthènes , c'est seulement dans ce qui n'intéresse point d'autres personnes, parce qu'alors il s'agit de considérations étrangères à l'objet des lois. Il est vrai que le sage a des sentimens et des principes diOerens des maximes et des sentimcns vuU

flirts. Le sage ne cherche pas k devenir insensible , et il n*est pas généralement aostère ; sachant le prix des affections humaines, il se garde de confondre ce qu'elles ont de louable avec l'intempérance des passions. Cette distinction a été faite par Bergasse , dans son fragment de la Liberté.

Platon y regardant y avec tant de raison , comme une même chose la beauté morale et la justice, demande, au neuTième li- Tre des lois , qu'on lui accorde qu'une passion juste est belle au même degré. Mais la justice est dans l'intention , et non àÊDs l'inclination , et cela résulte des principes que Platon admet dans ce même livre. Il est donc difficile de comprendre ce que c'est qu'une passion juste ; dès lors nous n'avons aucun ■lotif d'admettre de belles passions. Celles oii on aperçoit des traces de générosité , ou même de grandeur , sont seulement plos excusables. Aussitôt que ces mouvcmens, heureux dans le principe , deviennent des passions , ils s'éloignent de la justice , hors de laquelle rien n'est beau : toute passion est désordoonée, toute passion est un écart, et l'homme just« réprime en loi les divers excès. ^

JVon . ut quihusdam visum est y arduum in virtutes, et asperumiter est ; piano adeuntur, (Ski«f.que, de ira,)

« Pour n'avoir hanté cette vertu suprême. . . ayant pour guide

nature.... , volupté pour compagne , ils sont allés, selon leur

faiblesse, feindre cette sotte imagr iriste, querelleuse, dépite,

meaaceuse , roinease , et la placer sur un rocher k l'écart ,

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