‹ De l'amour (volume 3)Chapitre 39 sur 43 · II · texte numérisé non relu

II

emmy des ronces . fantôme à étonner les gens... C'est la mère nourrice des plaisirs humains ; en les rendant justes y elle les rend sûrs et purs. » ( Mokt aiguë. )

Mais ce que Montaigne a dit du plaisir, et même d'une certaine volupté , il n'eût pu le dire des passions. Le plaisir est un délassement; k passion est im joug, a N'dpargnons, disait le codfesseul: de - Louis Xill , ni travail , ni étude pour nous rendre ihaîtres des passions... c'est le travail que Dieu nous a donné en cette vie... Un homme qui ne s'étudie point à la mortification de ses appétits mène une vie très-misérable , toujours captif... >)

a Les passions... sont une des causes les plus destructives de nos corps... Les passions dans l'institution de la nature ne doivent être que des mouvemens brusques et passagers... Une impulsion involontaire et irrésistible devait porter l'animal à propager son espèce ; mais ces momens , aussi rares qu'orageux, étant passés , il devait rentrer sous la direction d'un instinct paisible... Dans l'état actuel de certaines sociétés les fiassions ne sont qu'un accès continuel... Elles ont acquis un tel degré d'activité en se choquant , qu'elles sont devenues un feu dévorant qui consume l'espèce humaine. Ces expressions ne sont pas outrées; elles sont les seules qui puissent désigner les effets réels qu'une passion vive ou lente produit sur l'économie animale. » [Système physique et moral de la femme y ch- vu.) « L'homme dont la constitution est la plus heureuse , et en même temps la plus rare , est celui qui a ses deux vies dans

iiDC espèce d'c(|ui libre , dont les deui centres , cérébral et epigasuique , exercent l'un sur Tautre une égale action , chez qui les panions animent ou échauffent les phénomciies inteUcduels sans en emrahir le domaine , et qui trouve dans son jugement un obstacle qu*il est toujours maître d*oppoier à leur impétueuse influence. » (Recherches phjrsiques sur la vie et la mort y Bic&AT.)

A la fin du seiiième siècle. Th. Ganoni, dans son traite des Cervelles humaines , a mis au nombre des cerveUini^ des cervelles défectueuses . celles qui sont passionnées.

^OTB 16. ( Pat;<* lui

« Ne le voyons- nous pas ( famour ] varier avec les temps , Ves lieux , les gouvememens , et même avec les rangs diver» de la société... tout autre en Orient qu'en Occident?... I^ coupe

du plaisir est-elle présenter , le paysan s'y désalièic , l'homme de la société s'y enivre y et , bien ou mal traité, c'est à l'homme du monde qu'il appartient de mieux connaître et de mieux analyser cet être , moitié réel , moitié factice , ce tissu des affections les plus contraires . ce mélange incompfvlienstbie de

fureur et de tendresse , de confiance et de soupçons , de ruse et de camdeur, d'espoir dans Tangoisse , et d'inquie'tude dans le succès , enfin ces peines mêlées de délices , et ces delîccs mêlées de peines que Ton appelle amour. » ( Boufjlers. )

On obscnre que l'amour est devenu plus romanesque ou plus délicat , et , en un sens , plus poe'tique dans le moyen âge. M. de Chateaubriand attribue cette différence aux effets salutaires du christianisme. Sans doute du moins le mysticisme des Orientaux y aura contribue à la longue ; mais M. Walckcnae r dit avec bien plus de raison : « .... L'inégalité' des rangs, des richesses et du pouvoir, si fortement prononcée (à cetic épo- ()uc), la vie retirée des châteaux,... rendirent les comnumic.'itions entre les deux sexes plus difHciles et plus mystérieuses , et donnèrent au sciitiment de l'amour une délicatesse et lin mftinrnient que 1rs anciens n'avaient pas connus... »

XOTE 17. ;Pa;;c L>H ),

« Il l'Nl Mai que. dit dssiuiiorc au livre de T Amitié , une ;itTe(-tion déj^enère iusensibleinent en une autre.... Que Ton ne

»*ctonii€ point si le sage a dil que cette conversation trop libir (avec les femmes) était un brandon dans le sein,... si saint Bernard a écrit que d*étre toujours avec les femmes , sans y ufTetiser, c'est plus faire que de ressusciter la morts;.... si saint Jérôme avertit qu'il les faut toutes également aimer, ou toutes cgaicmont ignorer... 11 peut y avoir des amitiés entre sexe et sexe qui soient pures... mais cela n'appartient qu'à des pervmncs extrêmement pnidentes, plus dignes d'.idmiration que d'imitation. » ( ^ oiir Sainte , t. V. )

\OTE 18. (P.-t âio

m L'obligation des pères et enfans est réciproque. Si ccllr dr» enians est plus étroite , celle des pairns est plus ancienne. . . I/afTection est plus forte et plus naturelle des |iarens aux enf4ns , pour ce qu'elle est donnée de la nature allant en avant . poussant et avançant la vir du monde en vi durée. Olle des «-«lans aux |N*reN nA. à ieculon> « dont elle nr luaichc m furt , ne si naturellcmout, et >emblr plutôt être paiement de drttr et

reconnaissaDce de bienfait, que purement un libre , simple et naturel amour. Davantage celui qui donne et fait du bien, aime plus que celui qui reçM et doit. Les raisons de cette proposition sont plusieurs. Tous aiment l'être , lequel s'exerce et se montre au mouvement , et en l'action. Or celui qui donne , et fait bien à autrui , est aucunement en celui qui reçoit. Qui donne , et fiaiit bien à autrui , exerce chose honnête et noble ; qui reçoit n'en fait point : l'honnête est pour le premier, l'utiie pour le second. Or l'honnête est beaucoup plus digne , ferme , stable , aimable que l'utile qui s'évanouit. Item les choses sont plus aimées qui plus nous coûtent. »

(Charron, de la Sagesse, liv. lll.)

Î^OTU 1»J. ! Pa-c 225).

Rappelons ici ce qui a ële' dit en commençant. Dans un livrr qui embrasse expressément , ou par induction , une multitude de conside'ralions de divers genres , il se trouvera toujours des passages qu'on ne pourra bien î»ntondre que si , en général ,

oo prend la peine d^entendre le tout , et si on a Tintenlion d'en MÎsir l'ensemble.

Remarquons aussi cpie l'auteur de cet essai n'a pas annoncé la prétention d'en (aire un traité régulier k tous égards , et de ne neiger aucune partie du vaste sujet sur lequel il entreprenait de dire sa pensée.

riM DES MOTES DE I. AMOll:.

Page 1