DE L'ORDRE GKNI RAL
Nous ne conoaissous que des rapports ou (les formes; 1 essence des êtres et leur cause resteront impénétrables. Notre intelligeuce se borne à mieux exercer quelques facultés , à remuer plus vivement quelques particules, à calculer des modîticatioiis |)cut-éti*e illusoiivs a d'autres égards.
Dans les actes de la vie ordinaire , en éya — luant des proportions, et en combinant des mouvemens , les hommes préparent ce qu^ils croient propre à rendre agréable leur passage sur la terre : c'est Fart. Dans une sphère plus vaste, en étudiant la marche du monde, ils découvrent quelques lois constamment apparentes de cet ordre infini : c'est la science. Toute science , toute industrie , toute règle humaine , au milieu de Funivers inexplicable à jamais y supposent pourtant l'observation de certains phénomènes qui sans cesse résultent des lois premières.
Des moyens féconds et nombreux furent établis; les suites en sont livrées à Taction éventuelle des principes , et aux frotlemens multipliés de tout ce qui sera cause on obstacle. La pensée qui manifesta ces lois en aura déterminé , non pas précisément les effets successifs I mais toutes les conséquences possibles. La sagesse aura dit : Je n*ai pas statué expressément ce que je permets. L*opposition des forces et des propriétés inégalement
*^parlie8 subsistera : quelquefois altérées, ou ^^^animées accidentellement, elles conviendront Umjours & mes desseins. Je n'ai point fixé le moment où s éteindra un désir , où s'arrêtera une Tolontë, où la passion même succombera ; mais tout restera soumis aux ressorts univerlels. J*ai assuré la perpétuité de ce mécanisme; je Teux que toujours nouyeau, toujonrt imprévu dans les détails, il soit en spectacle aux êtres animés , aux diverses émanations intellectuelles , que partout elles s^efTorcent d*en diriger quelque impulsion , et que chaque composé , durant son heure , entre en partage de la vie intarissable.