‹ De l'amourChapitre 10 sur 67 · ET SELON D’AUTRES CIRCONSTANCES · texte numérisé non relu

ET SELON D’AUTRES CIRCONSTANCES

sirs, mieux connus, donneront moins d’espérances chimériques.

Si les premières années de la jeunesse semblent convenir presque seules à l'amour passionné, c’est surtout pour des raisons morales. Beaucoup d'hommes, et quelques femmes sont agréables vers le milieu de la vie; mais d’autres habitudes rendront alors les inclinations du cœur moins séduisantes. Dans l’âge de la confiance, on n’était pas aussi délicat peut-être, ou aussi profondément sensible; néanmoins l’humeur devait paraître plus aimable. Après des années remplies de sollicitudes, il se peut qu’on excite un intérêt particulier; mais ce sentiment, sans être inconciliable avec l’amour, n’en occasionera les entraînantes erreurs ni chez les hommes qui cherchent au contraire des distractions, et quelque souvenir de l’ancienne joie, ni chez les femmes qui, voulant un appui, s’attachent à tous les genres de prospérité, à moins qu’une circonstance imprévue ne demande d'elles un entier dévouement.

Peut-être le renoncement à l’amour con:

viendrait-il au chef, au législateur de quel: ques peuplades encore simples. Tous ses mo:

mens appartiennent à son ministère, et les destinées publiques deviennent pour sa pensée un aliment inépuisable; chargé des seules fonc: tions qu’un homme supérieur puisse désirer; il n’a pas besoin de se livrer à des impressions d’un autre ordre. |

cesse de s’introduire d’un pas oblique danss celles de l'injustice. On a quelquefois traité des moralistes hypocrites les partisans de l’austé-rité. Il est permis de croire du moins qu’un! zèle pur n’inspirait pas la plupart d’entre eux contre une facilité de mœurs qui n’ôterait rienil à la bonté des hommes; mais qu’ils furent:

animés par des considérations d'intérêt, par des préventions irréfléchies, ou par le désir? de paraître de vertueux personnages, et de se: faire remarquer de la multitude. |

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