DES MŒURS
Dans le nombre des inexplicables moyens de la nature, l’acte de la génération aura surtout frappé les peuples qui commençaient à réfléchir. Comme ils attachaient aux diverses parties du grand mécanisme du monde les êtres puissans, mais subordonnés, les nombreux agens qu’ils imaginaient entre nous et l’ordonnateur suprême, ils supposèrent que plusieurs déités présidaient aux mystères de l’amour, à ces fonctions indispensables toujours présentes à la pensée de l’homme, et si curieuses pour son avide intelligence. Ces déesses subalternes aidaient à l’accomplissement de la grande loi de reproduction que Vénus a désignée; mais leurs noms récens apprennent peu de chose sur les traditions des premiers âges.
On n’estimait guère alors l’apparente retenue, la décence uniforme qui, sans rendre nos mœurs plus exactes, les vieillit en quelque