DU SYSTÈME MORAL
| plusieurs d’entre elles écouteraient sans doute un Djemschid, un Menou, un Zaleucus. Mais ce serait un grand sujet d’alarmes dans le.
commerce; l’encens ou le gingembre pourraient devenir plus rares en Europe.
Les Orientaux imaginèrent des substances immatérielles, de purs esprits. Cette idée se propageant et devenant dominante, il fallut bientôt paraître adopter des mœurs analogues à celles des êtres surnaturels qu’on supposait. Avec ces hautes prétentions, et une grande négligence, on ne pouvait établir une morale vraie, heureuse, généralement respectée. Avant les scrupules dont Octave s’avisa lorsqu’il crut que la décence faisait partie du rôle qui lui restait à jouer, il paraît que l’Italie avait rarement rougi des lupercales; mais plus tard, quand une sagesse, qu’on disait nouvelle, eut aboli ces fêtes scandaleuses, on vit des chèvres descendre des Alpes à la suite des armées.
Les anciens avaient aussi des préjugés politiques, mais sans uniformité. Ils durent sentir qu'il est sage, ou même indispensable, d'accorder beaucoup aux désirs, pour conserver le droit de les modérer dans différentes occasions, et pour s’en réserver les moyens.
En reconnaissant qu’une sévérité plus exigeante ne saurait empêcher de secrets écarts, dont les progrès sont rapides quand on est réduit à les tolérer, ils virent que la naissance