‹ De l'amourChapitre 35 sur 67 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

Le moyen le plus puissant parmi nous, et le seul praticable, sans provoquer l'hypocrisie, palliatif plus funeste que tous les autres écarts,

le vrai moyen de maintenir le mariage, ce .

serait de le faire désirer par les hommes, .

autant que les femmes le désirent encore.

Cest communément pour elles un établissement regardé comme indispensable; il faut aussi, dans le but que nous admettons en ce moment, il faut que cet engagement soit pour les hommes le seul moyen possible d’avoir des fils qui partagent leur sort, qui portent leur nom, qui paraissent suivre leurs desseins.

Est-il un peuple qui ne prît l’heureuse

habitude de respecter la loi, si elle se taisait

par indulgence en beaucoup d’occasions, et si dans les autres on la voyait assez exacte pour la croire presque inviolable? On ne s’attacherait plus à inventer de continuels subterfuges plus contraires à la morale que la licence même, et que l’audace du vice. Les lois paraitraient vénérables si elles réunissaient ainsi la

douceur et la fermeté. Qu’elles restent infle-

xibles lorsqu'il s’agit de réprimer l’intention de les enfreindre, mais qu’elles soient pleines de réserve dans leurs dispositions relatives à de simples faiblesses. La vraie justice admet tout ce qui doit plaire aux uns, sans compromettre en aucun temps le repos des autres, et elle

reconnaît que la voix du plaisir a aussi quelque

chose d’impérieux, ou même de solennel.

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N’exigez pas, au nom de l’utilité générale, l’inutile assujettissement des particuliers; ce! sont eux qui composent ce public invoqué trop! souvent contre lui-même. Il importerait qu’on trouvât dans la loi un moyen de bonheur; pour qu’elle conservât tout son pouvoir il faudrait] qu’elle devint à l’égard du plus grand nombre une chaîne forte, mais légère, que jamais on ne püût, et que presque jamais on ne voulût rompre (*). : |

(*) Voyez la note quarante-quatrieme (du Divorce).

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