ET DE L’ILLÉGITIMITÉ
Lorsque les idées cessent d’être ue chez ceux qui n’avaient aucune habitude de indépendance de la pensée, leur volonté devient déréglée. Des observateurs superficiels attribuant aussitôt le désordre à l’affaiblissement des erreurs, ne voient pas de milieu entre une licence inexcusable, ou une aveugle soumission à des règlemens qui toutefois ne sauraient bien convenir que dans les circonstances les plus communes, puisqu ils furent destinés surtout à la multitude. FA
On ne manquerait pas à la loi, en ne se conformant point aux dispositions qu’elle aurait
prises dans un ordre de choses que son pou-
voir n’embrassait pas. Elle avait à déterminer un mode de naissance pour les nouveaux membres de la famille; dansile reste elle ne
pouvait rien stipuler, excepté en faveur. des
enfans reconnus par elle. On ne peut se dis-
simuler qu’il existera des enfans illégitimes; malgré toutes les mesures et toutes les prohi: bitions. En les supposant, la loi ne sauraiïl dire comment on pourra, comment on né devra pas leur donner le jour : alors ils né seraient plus illégitimes (51). La procréation de ces enfans n’est pas louable; cependant ella n’est pas toujours criminelle. Nés hors de 14 famille, ils commenceront la vie dans un condition moins favorable, et cela paraît sage! mais une rigueur plus grande ne serait pas juste, puisqu'elle serait imutile.
Il en est des nations comme des individus!
elles ont quelquefois l’esprit rebelle. II leu] arrive de tarder beaucoup à reconnaître les droits exclusifs qu’on déclare inséparables dul mariage, lorsqu'on veut que cette unité soil l’image d’une sorte d’unité mystérieuse. Dans l'Orient, dans les contrées anciennement civi: lisées, un homme possède légalement plu:
sieurs femmes, et dans quelques-uns de ces pays une femme est unie à plusieurs hommes/| Chez des peuples qui furent célèbres la com:
munauté des femmes ne parut pas licencieuse et elle ne le parut pas à des hommes dont on vantait la sagesse. Dans Athènes la loi donnai à une femme le droit de s’adresser aux parené| de son mari, si celui-ci ne pouvait pas la rendré| féconde (52). Platon ne voyait rien d’impra!
ticable dans l’échange des femmes guer" rières entre les membres du corps des guerriers
SRE