DES RAPPROCHEMENTS
quences les plus graves, ou d’autres désordres non moins répréhensibles, auront été occasionées par le rigorisme, par les scrupules de gens incapables d’examiner ce qu’il fallait penser, ou persuadés qu’ils devaient le taire ! En n’accordant rien aux désirs, on s’expose à méconnaître bientôt des devoirs qui se trouveront ébranlés pour ainsi dire, par l’extrême agitation des sens. Il ne faut pas confondre avec les convenances qui seront toujours obligatoires, celles qui se rapportent à quelque situation passagère. Si on s’obstine à commander ce qu’on devrait seulement conseiller, quelle autorité réserve-t-on pour les lois que nous ne pouvons enfreindre sans blesser tout ordre et toute justice.
Malheureux de tant de manières, poursuivis par tant de difficultés, et parvenant à peine à aimer une vie dont l'injustice détruirait le repos, mais dont la vertu ne dissipe pas toujours les ennuis, nous voulons encore, apparemment pour mieux déguiser notre faiblesse, qu’on entretienne sans interruption un désir qu’il faut en même temps réprimer, un besoin qu’il est défendu de contenter. La raison n’avait point prescrit ces devoirs austères. L’équité ne se trouve que dans la juste estimation des différentes convenances; souvent elle porte à désapprouver, dans des vues moins circonspectes, ce que d’autres considérations, raisonnables d’ailleurs, mais trop limitées, fai-
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saient d’abord regarder comme un mérite.
N’entraînons pas à désespérer d’elles-mêmes les femmes qui, avec des intentions droites, auront manqué jusqu’à un Certain point de fermeté, de persévérance : on altère les principes quand on en fait une application uniforme et inflexible.. Les vérités relatives deviennent fausses dans cette acception trop générique; elles s’éloignent alors de la vérité morale, c’est-à-dire du point où les principales données cessant d’être en opposition, l’homme sincère parvient à réunir un plus grand nombre de motifs pour des actions irréprochables.
Une considération particulière contribue à faire distinguer, selon les sexes, deux abus qui à d’autres égards paraîtraient semblables.
Au défaut de convenance dans les caresses
entre des êtres dont l’organisation est la même, les hommes joindront l’usage d’organes qui n'avaient pas été destinés aux libres jouissances de l’amour : c’est méconnaître les indications voluptueuses qu’on devait à la pudeur.
On peut néanmoins se rendre raison de ces travers qui empêchent de certains hommes de continuer à préférer les femmes, Le sexe le plus impétueux, et le moins constant, veut du repos avant que la femme en exige ou en demande; mais ce besoin de modération est
presque également réparti durant le cours des |