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certaine de toute union régulière. Quand on examine en général s’il faut beaucoup attendre de ses enfans, on ne conserve cette espérance qu’en demandant l’aide de la fortune.
Notre manière de vivre, ainsi que la perpétuité même du mariage, veulent que, dans les classes élevées, peu d'hommes se marient durant les douze ou les quinze premières années de la jeunesse; mais cela suffirait pour que la plupart des enfans ne fussent pas assez les amis de leurs pères. Une grande différence d'âge doit nuire à l’attachement, à moins.
qu’elle ne soit extrême, et qu'à à défaut d’une autre ‘harmonie, on ne jouisse de celle des contrastes, ce qui n’est guère dans les mœurs modernes. À
Les années favorables commencent à passer pour vous, et ce que vous ne prétendez plus recevoir de votre propre destinée, vous vous le promettez de vos enfans : il vaudrait mieux donner gratuitement vos soins. C’est entre vous, maris et femmes, qu’il faut établir surtout le lien intime, si vous êtes du petit nombre de ces esprits justes qui peuvent le rendre durable. Soutenez-vous mutuellement, et cherchez-vous l’un l’autre, vous qui serez réellement ensemble. Pour vos enfans, 1ls songeront à d’autres appuis; ils se voueront à des amitiés imaginaires, et lorsqu’enfin ils songeront à vous comprendre, vous ne serez plus.
Si nous admettons des circonstances com-
munes, des familles vulgaires, et une certaine opposition d'âge, nous avouerons qu’ordinairement l’amour paternel est un besoin, et que l'amour filial n’est guère qu’un devoir. Ce n’est point qu’il faille en cela se plaindre aussitôt des vices de l’homme, ou des erreurs de la nature : les inconvéniens changent avec les institutions, et la nature n’a pu vouloir que conditionnellement les effets de l’état présent. des choses.
Les enfans peuvent voir dans leur père une puissance qui diminue leur liberté. Quant à lui, il les considère quelquefois comme des agens qui semblent augmenter son pouvoir.
Il ne faut pas oublier cette sorte d’instinct que partagent peut-être les diverses espèces vivantes, et qui tend à séparer un individu.
en état de se suffire à lui-même, de ceux qui l'ont fait naître, afin que la race entière ne s’arrête pas dans les mêmes lieux. Cet empressement pour se jeter dans les hasards, cette disposition à se promettre une autre destinée, ou même à se croire d’une nature supérieure, égare un grand nombre de jeunes gens; mais enfin c’est un penchant naturel chez eux, et il explique souvent leurs imprudences.
Les pères éprouveraient difficilement ce besoin de séparation; la société a déjà fortifié en eux les idées et les sentimens qui convien-
nent à la famille permanente. .
Ceux pour qui la carrière commence ima-