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ENTRE LES PÈRES ET LES ENFANS

gineront rarement de s’associer, de toutes les forces de leur ame, avec celui qui éprouve

déjà de la fatigue. Mais quand vous croyez approcher du terme de vos jours, vous appelez à vous ceux dont la vie continuera; vous vous figurez qu’ils vous imiteront.

Les facultés physiques et morales se développent dans l'enfant, et il est naturel de s'intéresser à ce qui s’embellit; elles diminuent dans le père, et il n’est pas aussi ordinaire de s’attacher à ce qui décline. A la naissance de vos fils, vous êtes dans toute la vigueur de: l’âge; vous prenez sans peine à leur égard.

des habitudes courageuses, parce que vous avez des espérances. Mais lorsque vos pères ont besoin de vous, déjà vous connaissez les difficultés; il faut qu’à la place de quelque illusion, l’amour du devoir vous soutienne, et cela n’est donné que faiblement au commun des hommes.

Vous croyez discerner ce qu’il peut y avoir à faire en faveur de votre fils; c’est un but à concilier avec les autres projets, et c’est un prétexte pour les vues ambitieuses. Un fils ne voit pas de quelle manière il aurait à travailler pour ses parens : il se propose sans doute de les secourir un jour si les circonstances le veulent, mais cette occurrence lointaine n’occupe pas autant la pensée.

Ce que seront les enfans est inconnu, l’imagination s’en nourrit; mais ce que les parens

doivent être, déjà ils le sont, et il n’y a pas là cette incertitude qui passionne. Un temps viendra peut-être où les succès de ceux qui aujourd’hui sortent de l’enfance répandront quelque honneur sur toute la famille; leur père s’occupe beaucoup d’une conduite dont il lui est permis d’attendre cet avantage, et que d’ailleurs il se flatte de diriger. Mais ce que peut, ou ce que fait un père soit pour lhonneur, soit pour l'illustration de ses enfans, ne leur donne guère d'inquiétude, il Pa entrepris avarrt qu’ils fussent d’âge à y songer.

On s'attache par le souvenir des sacrifices anciens, ou même par l'effort que demandent les sacrifices actuels, mais non par l’idée de ceux que l’avenir exigera. Les enfans coûtent des soins, et ils en ont coûté beaucoup; mais les sollicitudes qu’un père doit occasioner restent en perspective, de sorte que l’affection des fils pourra se renfermer, même à leur insu, dans les bornes de la prudence.

Tout paraît volontaire de la part de ceux à qui l’autorité appartient; ils ont le plaisir de se montrer généreux, bien qu’ils aiment naturellement. Cet amour étant au contraire une obligation de la part des subordonnés, ils n’aiment bien que quand ils réfléchissent sur leurs devoirs. Heureusement on aime aussi par une suite des premières habitudes.

Nous voyons de plus qu’un père devant rarement hériter de ses fils, a dès lors tout à

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