Lettres de madame du DetTand, Mémoires de Lauzun
La maîtresse la plus négligée, dès qu’elle nous fait voir qu’elle préfère un autre homme, nous ôte le repos, et jette dans notre cœur toutes les apparences de la passion.
Le courage de l’Italien est un accès de colère, le courage de l’Allemand un moment d’ivresse, le courage de l’Espagnol un trait d’orgueil. S’il y avait une nation où le courage fût souvent une pique d’amourpropre entre les soldats de chaque compagnie, entre les régiments de chaque division, dans les déroutes, comme il n’y aurait plus de point d’appui, l’on ne saurait comment arrêter les armées de cette nation. Prévoir le danger et chercher à y porter remède serait le premier des ridicules parmi ces fuyards vaniteux.
« Il ne faut qu’avoir ouvert une relation quelconque d’un voyage chez les sauvages de l’Amérique- Nord, dit lin des plus aimables philosophes français *, pour savoir que le sort ordinaire des prisonniers de guerre est, non pas seulement d’être brûlés vifs et mangés, mais d’être auparavant liés à un poteau près d’un bûcher enflammé, pour y être, pendant plusieurs heures, tourmentés par tout ce que la rage peut imaginer de plus féroce et de plus raffiné. Il faut lire ce que racontent de ces affreuses scènes les voyageurs témoins de la joie cannibale des assistants, et surtout de la fureur des femmes et des enfants, et de leur plaisir atroce à rivaliser de cruauté. Il faut voir ce qu’ils ajoutent de la fermeté héroïque, du sang-froid inaltérable du prisonnier, qui non seule-