‹ De l'amputation tibio-tarsienne, et, parallèle de cette opération, de l'amputation sus-malléolaire et de l'amputation de la jambe au lieu d'electionChapitre 3 sur 13 · ARTICLE DEUXIEME · texte numérisé non relu

ARTICLE DEUXIEME

Motifs qui ont fait rejeter la désarticulation tibio-tarsienne jusque dans ces derniers temps.

Les auteurs de médecine opératoire ont fait valoir contre l’adoption de l’amputation du pied en totalité les motifs suivants :

1° La plaie est très-irrégulière par la présence des deux

(1) Rapport de M. Verneuil.

(2) Voyez la brochure de M.Sédillot sur l’amputation tibio-tarsienne, 1848.

malléoles, qui se terminent plus ou moins en pointe et qui, étant d’une longueur inégale, non-seulement retarderaient la cicatrisation, mais empêcheraient l’opéré d’appuyer sur le moignon.

2° Les muscles de la jambe sont représentés au cou-de-pied par des tendons logés dans des gaines ostéo-fibreuses, disposition anatomique à la fois peu favorable à une prompte cicatrisation de la plaie et exposant à l’inflammation des synoviales et à des fusées purulentes.

3° Les téguments de la région tibio-tarsienne étant trèsminces, ne peuvent pas matelasser suffisamment le bout du moignon pour permettre la station et la marche directement sur celui-ci.

4° La membrane synoviale de l’articulation tibio-tarsienne communique avec celle de l’articulation péronéo-tibiale inférieure, ce qui expose l’opéré à l’inflammation de ce dernier article.

o° Enfin le principal motif pour lequel les chirurgiens rejetaient l’amputation tibio-tarsienne, c’était l’impossibilité où se trouvaient les malades de marcher sur le bout du moignon, faute d’un bon procédé opératoire et d’un moyen prothétique convenablement construit.

Ces objections contre l’amputation du pied en totalité ne sont que spécieuses. En effet, en abattant d’un trait de scie les malléoles, la plaie prend une surface très-régulière.

Le tissu tendineux n’empêche pas la cicatrisation des plaies. Aussi les chirurgiens ont adopté depuis longtemps l’amputation de poignet, région aussi riche en tendons au moins que le cou-de-pied. L’inflammation des gaines synoviales, les fusées sont certes des accidents à redouter après l’amputation tibio-tarsienne, mais ils pourront être prévenus

en faisant sur le moignon des fomentations nartieo-émollientes, en favorisant l’écoulement de la sérosité sanguinolente et du pus par le mode opératoire, en mettant une mèche dans la plaie et en plaçant l’extrémité du moignon dans la déclivité.

Si l’on fait le lambeau avec les parties molles du talon, le moignon sera parfaitement matelassé au point de permettre la station et la marche, sur celui-ci surtout si l’on a adopté comme règle la résection des malléoles.

La communication de la poche synoviale du cou-de-pied avec celle de l’articulation péronéo-tibiale n’est pas un motif suffisant pour faire rejeter l’amputation totale du pied. On pratique des amputations dans des articulations où les mêmes dispositions anatomiques existent , par exemple, au tarse, au carpe, au poignet, et l’expérience a prouvé que l’inflammation des membranes synoviales communiquant avec celle où l’amputation s’est faite, n’est pas constante et que lorsqu’elle survient, elle est loin d’être toujours dangereuse, surtout dans une articulation aussi petite que la tibio-péronéale inférieure.

Enfin M. Syme a inventé un procédé opératoire et une hotline très-simple, pou coûteuse, qui permettent aux opérés de marcher et de s’appuyer directement sur l’extrémité du moignon.

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