‹ De l'analogie et des différences entre les tubercules et les scrofulesChapitre 16 sur 70 · Les caries diverses qui existent dans les os du carpe · texte numérisé non relu

Les caries diverses qui existent dans les os du carpe

et du métacarpe des deux mains ainsi qu'au gros orteil de chaque pied sont mises à nu par de nombreuses incisions. Les caries des mains offrent une matière tuberculeuse qui a l'aspect et l'odeur du vieux fromage. Mais celles des pieds n'offrent que les caractères des simples caries , de celles qui, ainsi que nous le démontrerons plus tard, marchent de l'extérieur à l'intérieur, du moins dans le plus grand nombre des cas (1).

34. Dans l'observation qui va suivre, nous aurons cette double circonstance, bien remarquable, de la carie scrofuleuse, se manifestant à l'époque de la vie favorable au développement de cette sorte d'affections, puis dix années plus tard, à un autre âge, favorable aussi , mais au développement du tubercule, la maladie tuberculeuse faisant succomber le sujet, qu'on avait préalablement réussi à guérir d'une carie scrofuleuse des os (33).

Dix-huitième observation.

Gonflement avec douleur fixe d'un des os du métatarse ; gonflement et carie des os du tarse; ulcération des parties molles sus-jacenteSy sous forme d'engelures. — Engorgement et ulcération des glandes de Vaisselle. — Guérison. — Quatorze ans après, mort par une affection tuberculeuse des poumons.

Nous fûmes consulté , le 30 septembre 1828, pour le nommé F***, alors âgé de 17 ans, mais très-peu développé pour son âge. Sa mère , qui a eu dans son enfance les

(1) De sorte que cette observation nous offre la réunion d'une carie tuberculeuse et d'une simple carie scrofuleuse.

glandes du cou engorgées, avait alors un squirrhe de l'utérus. L'enfance de F'** a été maladive; il a eu fréquemment des opthalmies et à la suite de l'une d'elles il lui survint, dans l'angle interne de l'œil droit, un petit abcès , qui suppura longtemps. A l'âge de 3 ans , à la suite d'un coup sur le pied droit, abcès qui s'ouvrit spontanément et auquel succéda un ulcère , qui se cicatrisa cependant avec assez de facilité. A 9 ans, ulcération spontanée sur la face dorsale du pied gauche. Vers 10 ans , engorgement des glandes du cou et de l'aisselle gauches; ces engorgements durèrent quatre ans et acquirent, au cou, un tel développement, qu'il y eut plusieurs fois des menaces de suffocation ; pendant cette même période de temps, il arrivait fréquemment que les glandes de l'aisselle gauche s'engorgeaient, une d'elles s'abcéda et fut ouverte avec l'instrument tranchant, Â 14 ans, tous ces symptômes étaient en partie dissipés ; F*** continua seulement d'avoir des engelures aux mains. Mais à la fin de 1828, quand on nous appela, il en avait aux pieds qui avaient un caractère marqué de gravité, surtout au pied gauche où elles étaient ulcérés et où le malade ressentait une douleur profonde , en un point correspondant à l'os cuboïde. Sous l'aisselle gauche, nous retrouvâmes de l'empâtement et un point suppurant encore. Au moindre exercice, toute cette région acquerrait un volume considérable. Un état général fâcheux coïncidait avec tous ces symptômes.

Au mois de juin^suivant F*** était en apparence radicalement guéri à la suite d'un traitement par le perchlorure d'or et de soude, en frictions sur la langue. Huit ans après il continuait de jouir de la plus parfaite santé, se mariait et ne tardait point à avoir des enfants, offrant toutes les appa-

rences de la plus belle santé. Mais dans le commencement de l'année 1840, il commença à cracher du sang, puis il en vomit à plusieurs reprises et après ces vomissements, reprise de l'hémophthysie qui persista pendant plus de dixhuit mois; au bout de ce temps il commença à cracher du pus et du sang. Enfin F*** mourut le 29 octobre 1842, à l'âge de 31 ans, après avoir offert successivement tous les symptômes qui dénotaient évidemment la présence des tubercules dans les poumons et dans cet état de marasme qu'ils déterminent toujours.

SU bis. Avant de parier de la tumeur blanche, il nous faut dire un mot de Yhydarthrose, qui souvent en est le point de départ et souvent aussi la complique (l). L'hydropisie articulaire peut sans nul doute se développer sous l'influence de causes infiniment variables. Ainsi elle peut être la conséquence d'une chute, d'un choc sur Tarticulation , ou bien être le produit d'une inflammation rhumatique, ou

(1) M. le docteur A. Riehet a développe dans sa Th. inaug. {Etudes d'anal. , de ph/siol. et de pathol. pour servir à l'Histoire des lum. blanches. — In-i°, Paris , 1844.) des idées qui rentrent absolument dans notre manière de voir, quant au petit nombre de tissus qui peuvent devenir le point de départ du développement d'une tumeur blanche : C'est toujours, ou la sy noviale ou Vos ! Mais nous ne saurions plus partager son opinion quand il ne veut voir, dans cette cruelle maladie, qu'une Synovite ou qu'une Ostéite. Il y a dans la tumeur blanche autre chose qu'une simple inflammation. C'est une maladie complexe ; c^est une inflammation ou une sub-inflammatiou, mais développée sous l'influence d'un génie particulier, le génie scrofulèux ou le génie tuberculeux.

bien encore d'une métastase blennorrhagique. Dans ces trois circonstances et lorsque les causes que nous venons de signaler d'abord n'agissent pas seulement comme causes occasionnelles, dans ces circonstances, disons-nous, l'hydarthrose est, dans le plus grand nombre des cas, facilement et rapidement curable. Il n'en est plus ainsi lorsque cette même maladie reconnaît pour cause efficiente (et ceci arrive fréquemment aussi) let tempérament, la constitution lymphatiques, ainsi que le génie tuberculeux. C'est alors que l'hydarthrose devient une maladie très-souvent grave, toujours d'une cure difficile, à moins qu'on n'essaie d'abord et qu'on ne réussisse à détruire la cause éloignée et constitutionnelle de l'affection locale. Démontrons maintenant par des faits qu'il peut exister des hydarthroses de ces deux derniers genres.

34 ter. C'est parmi les cas d'hydarthrose dépendant d'un principe scrofuleux qu'il faut faire rentrer celui qui est devenu l'objet d'une discussion qui a eu lieu dans le sein de l'Académie de médecine (séance du 16 déc. 1345) au sujet de l'injection iodée, préconisée par M. le professeur Yelpeau, dans le traitement de cette maladie. Dans ce cas, la cause efficiente était au-delà de la surface exhalante, car le malade ayant succombé, trois mois après, à une fièvre typhoïde, on a pu reconnaître par l'autopsie que le cartilage d'incrustation était aminci, comme érodé. Cette dernière condition pathologique est pour nous la conséquence nécessaire d'une maladie du périoste ou de l'os lui-même, dont le cartilage ressent toutes les vicissitudes (1 ).

(1) Telle est aussi l'opinion de M. le docteur A. Richet, opinion tju'il a soutenue et développée avec un grand talent {loc.cit,)

L'affection de l'os reconnaissait très-probablement chez ce malade une cause scrofuleuse; en effet, la maladie datait de sept à huit ans. Je sais bien qu'en parlant de ce malade, le chirurgien de la Charité n'a pas invoqué celte cause; mais il ne faut pas perdre de vue qu'il n'admet pas de vice scrofuleux, de diathèse scrofuleuse, et que celle manière de voir doit nécessairement réagir sur la manière dont il s'exprime, quand il fait des communications sur des malades, qui se trouvent dans de semblables conditions. Nous ajouterons que chez ce malade, la cause n'était certainement pas dénature tuberculeuse, ainsi qu'on aurait pu le présumer en voyant l'hémoptysie abondante qui avait précédé l'invasion de la fièvre typhoïde. En effet, à l'autopsie, on n'a trouvé aucune trace de tubercules dans les poumons, qui renfermaient de nombreux foyers apoplectiques ( Gaz. des hôp, ann. 1845, nos 152 et 155).

54 quater. L'observation suivante va maintenant nous démontrer l'existence d'hydarlhrose, sinon développée, du moins persistante par suite d'une diathèse tuberculeuse, par conséquent d'une hydarlhrose tuberculeuse.

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